Célébration de la 1ère Journée Mondiale de l’Hépatite au Bénin : Les satisfécits du ministère de la santé au Point focal Bénin IPLH Pr Kodjoh

juillet 30, 2014

Le Point Focal Bénin de l’Initiative Panafricaine de Lutte contre les Hépatites (IPLH), le Pr Nicolas Kodjoh se conformant à la résolution WHA63.18 de l’OMS de l’année, a organisé, le lundi 28 juillet 2014, au Chant d’oiseau de Cotonou, une série d’activités, lesquelles ont permis aux populations de connaitre à fond ce que c’est que l’hépatite, ses modes de contamination, comment se protéger et quels sont les traitements. Pour le ministère de la santé béninois représenté par une forte délégation conduite par le Dac Moufalilou Aboubakar et, le ministre de l’environnement Raphaël Edou, le point focal Bénin IPLH œuvre efficacement pour que ce mal soit vaincu au Bénin.

Grace au Point Focal Bénin de l’Initiative Panafricaine de Lutte contre les Hépatites (IPLH), le Pr Nicolas Kodjoh, le Bénin n’est pas resté en marge de la célébration de la Journée Mondiale de l’Hépatite, édition 2014. Le lundi dernier, au plan national, cette première commémoration a été marquée par plusieurs activités organisées par le Point Focal Bénin IPLH. Ces activités saluées par plus d’un, ont permis aux diverses couches sociales participantes, d’être largement informées et sensibilisés sur l’Hépatite. La première activité a été celle de la présentation et de la diffusion de messages pour interpeller la conscience de chaque citoyen pour faire face à la menace des hépatites. Elle a permis au public venu nombreux au Chant d’oiseau, de connaitre la maladie et de savoir les raisons qui ont motivé la Communauté internationale à prendre comme thème de la commémoration : « L’hépatite, réfléchissez-y à nouveau ». La deuxième qui a réuni les professionnels des médias, a éclairé davantage la lanterne de ces hommes et femmes de la presse écrite et audiovisuelle venus de tous les coins du pays. En complément à la première activité, cette conférence de presse s’est beaucoup plus appesantie sur les hépatites virales B et C, avant d’indiquer les modes de contamination, comment se protéger et quels sont les traitements. Ainsi outillés, ces journalistes pourront désormais, à travers leurs productions, porter l’information au fin fond du pays pour faire reculer le mal au Bénin. Il faut rappeler que tous les participants aux différentes activités sont rentrés chez eux avec les mains chargées de dépliants d’Information, d’Education et de Communication (IEC) sur les hépatites, notamment sur les facteurs de risque et les moyens de préventions. A l’aide de ces prospectives, beaucoup ont rassuré qu’ils pourront également porter la nouvelle dans leurs localités.

Les mérites du Pr Nicolas Kodjoh reconnus

Toutes ses actions menées par le Point Focal Bénin de l’Initiative Panafricaine de Lutte contre les Hépatites (IPLH), le Pr Nicolas Kodjoh  ont été saluées par les participants et les invités en l’occurrence le Représentant du Conseil des Béninois de France, Docteur Edmond Ahouilihoua. D’ailleurs, le ministre de l’environnement Raphaël Edou représentant son collègue en charge de la santé l’a si bien souligné dans son intervention. « Le professeur Kodjoh et son équipe font  un travail formidable pour aller contre les Hépatites  au Bénin», ont reconnu les membres de la délégation du ministère de la santé, dont, le Dac Moufalilou Aboubakar. A leurs dires, le ministère de la santé va mettre en œuvre dans les prochains jours un vaste programme de lutte contre les hépatites. Un rêve que les béninois attendent de voir se concrétiser. Il faut noter que le Point Focal Bénin de l’Initiative Panafricaine de Lutte contre les Hépatites (IPLH) dans cette série d’activités, a reçu l’appui du Conseil des Béninois de France et la Sobemap.

 Tout savoir sur les Hépatites virales B et C

Lire la communication du Pr Kodjoh

1. La charge de mortalité et de morbidité par hépatite B et C dans le monde et au Benin

1.1. Mortalité

La mortalité par hépatite, comparée à celle des autres grandes endémies mondiales, est reportée sur le tableau 1.

1.2. Morbidité

Dans le Monde : Pour l’hépatite B, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que plus de 2 milliards de personnes ont été infectées. Parmi elles, environ 240 millions ont une infection chronique  et risquent d’évoluer vers la cirrhose et le cancer du foie et d’en mourir. Pour l’hépatite C, 150 millions de personnes souffrent d’une infection chronique.

Pour déterminer l’ampleur de ces endémies au Bénin, une enquête portant sur les nouveaux donneurs de sang de 2012 a été effectuée dans les 12 Départements en septembre 2013. La population des donneurs de sang sert habituellement de population de référence pour la détermination des indicateurs épidémiologiques dans notre pays. Les résultats montrent des taux de prévalence de 9,9% pour l’hépatite B et 4,12% pour l’hépatite C, avec de très grandes variations selon les Départements, les Départements de l’Atacora et de la Donga étant plus de 2 à 3 fois plus touchés que les autres (Tableau 2).

2. Les modes de contamination 

2.1. Virus de l’hépatite B (VHB)

Le VHB se transmet par exposition percutanée ou muqueuse à du sang infecté ou à d’autres sécrétions biologiques. Le germe est présent à des concentrations élevées dans le sang, le sperme et les sécrétions vaginales; on le trouve aussi dans la salive, les larmes, les sécrétions nasales et les urines. Par ailleurs ce virus peut survivre et rester contaminant dans le milieu extérieur pendant au moins sept jours. Les modes de contamination sont :

La transmission verticale de la mère à l’enfant au moment de la naissance.

La transmission horizontale à partir d’une personne infectée aux sujets contacts, principalement les enfants et particulièrement dans la période périnatale, c’est – à – dire dans la première année de vie. La transmission horizontale surviendrait en cas d’expositions répétées par l’intermédiaire de surfaces et d’objets souillés par les sécrétions biologiques, et en présence d’ulcérations ou d’abrasions cutanées ou muqueuses.

Ces deux modes de contamination jouent un rôle prépondérant  dans la transmission et la propagation de l’hépatite B dans les pays d’endémie élevée comme le Bénin où le taux de prévalence de la transmission mère – enfant est de 20%.

La voie sexuelle.

La transmission percutanée comme pour le virus C.

Les populations à risque d’hépatite B sont donc, entre autres : les enfants nés de mère contaminées par le virus B, les personnes vivant au contact de sujets atteints d’hépatite B, les sujets ayant des pratiques sexuelles ou des comportements à risque (multipartenariat, polygamie, homosexualité masculine…).

2.2. Virus de l’hépatite C (VHC)

Le VHC se transmet principalement par exposition au sang, par voie percutanée ou muqueuse : transfusion de sang ou de produits sanguins, injections avec des aiguilles ou des seringues souillées, utilisation de matériel médical contaminé lors de soins, usage de drogue par voie intraveineuse, actes entraînant une effraction cutanée (tatouage, piercing, acupuncture, excision, circoncision non médicalisée…). La transmission verticale ou sexuelle du VHC est exceptionnelle. Les facteurs favorisants sont la pratique des injections parentérales par les non – professionnels de la santé ou en dehors des centres de soins agréés, et l’utilisation abusive de la voie parentérale pour des médicaments qui peuvent être administrés par voie orale.

Les populations à risque pour les deux maladies sont les personnels de santé, les malades transfusés et hémodialysés, ceux qui ont reçu des injections parentérales administrées par un personnel non qualifié ou dans un centre de soins non agréé, ceux qui ont reçu des soins médicaux exécutés à l’aide de matériel souillé (intervention chirurgicale, examens endoscopiques, soins en réanimation…), les usagers de drogue, les personnes vivant ou ayant vécu en milieu carcéral ou dans les garnisons…).

 3. Comment se protéger ?

3. 1. Hépatite B

– La vaccination est l’arme absolue : elle protège de la maladie et peut permettre d’éradiquer l’hépatite B de la planète. Elle concerne prioritairement les nouveau-nés qu’il faut vacciner dans les 24 heures suivant la naissance, les personnels de santé et les femmes enceintes selon les résultats du dépistage.

– Le dépistage et la vaccination des populations à risque désignées ci-dessus.

 3.2. Hépatite B et hépatite C

– La sensibilisation sur les facteurs de risque et les mesures de prévention au moyen de campagnes d’information, d’éducation et de communication au profit des populations à risque.

– La sécurisation des produits sanguins

– Le respect des précautions universelles d’hygiène dans les procédures de soins,

– L’utilisation d’aiguilles et seringues à usage unique,

– Le recours aux personnels qualifiés et aux centres de santé agréés pour les soins

– La protection contre les liquides biologiques (vêtement de protection, gants, préservatif en cas de partenaires sexuels occasionnels ou multiples…).

 3. Les traitements

Contrairement à l’idée faussement répandue, il existe des traitements efficaces en médecine conventionnelle pour l’hépatite B et l’hépatite C.

 3.1. Hépatite B

En cas d’hépatite B, le virus ne se multiplie pas et n’entraine aucun symptôme ni aucune complication chez le tiers des malades ; ceux – ci peuvent vivre jusqu’à un âge avancé et mourir d’une autre maladie que de l’hépatite. Ils n’ont pas besoin de traitement à condition d’avoir un suivi médical.

Dans les autres cas, le traitement a pour but de contrôler la maladie, de faire régresser les lésions du foie, de mettre le malade à l’abri des complications mortelles (cirrhose et cancer du foie) et d’améliorer la qualité de vie. En fonction des indications, le médicament utilisé au Bénin est l’interféron pégylé ou le ténofovir. Les deux médicaments peuvent être obtenus à la Pharmacie du Centre National Hospitalier et Universitaire sur prescription spéciale.

 3.2. Hépatite C

L’hépatite C peut être traitée et guérie. Ici également tous les malades ne sont pas obligatoirement traités. Ceux qui ont une hépatite minime peuvent vivre jusqu’à un âge avancé et mourir d’une autre maladie que d’hépatite à condition d’avoir un suivi médical.

Les médicaments utilisés en bithérapie sont l’interféron pégylé et la ribavirine. Les deux médicaments peuvent être obtenus à la Pharmacie du Centre National Hospitalier et Universitaire sur prescription médicale spéciale.

Le principal obstacle à ces traitements est leurs coûts élevés pour l’Etat et les ménages. D’où la nécessité et l’urgence de donner la priorité à la prévention, notamment la prévention de l’hépatite B qui génère plus des deux tiers des hépatites et des cancers du foie dans le monde en général et au Bénin en particulier.

Professeur Nicolas Kodjoh

Point Focal Bénin

Initiative Panafricaine de Lutte contre les Hépatites (IPLH)

Panel Nouvelle-Zélande-PNUD, CCI et du Bénin / Conférence des PMA : Offrir des cadres de partenariat aux PMA pour une agriculture plus productive (Un panel qui a plus drainé du monde dans la journée d’hier)

juillet 30, 2014

Les travaux de la Conférence ministérielle des Pays les Moins Avancés (PMA) de Cotonou démarrée depuis le 28 juillet 2017, se poursuivent. En marge à  cette rencontre,  les participants ont eu droit, hier mardi 29 juillet 2014, dans la salle Laguna 1 du Palais des Congrès de Cotonou, à un panel sur le potentiel économique des Pma à travers des partenariats productifs. Cette initiative parallèle de la  Mission Permanente de la Nouvelle-Zélande auprès des Nations Unies en partenariat avec le PNUD, le Centre du Commerce International et le Gouvernement du Bénin, a offert une rencontre du  donner et du recevoir, laquelle aura été la meilleure de la journée, ont témoigné leurs participants à la fin.

La session parallèle de haut niveau tenue sur le thème : «Accroître le potentiel agricole des PMA par des partenariats productifs: nouveau modèle économique en sciences, innovation et accès au marché», hier, mardi 29 juillet 2014, dans le cadre de la Conférence ministérielle des Pays les Moins Avancés (PMA) à  Cotonou au Bénin, aura été l’un des plus intéressants thématiques de la rencontre. « Tous les participants ont compris l’essentiel de ce panel », c’est le refrain qu’on a pu entendre des uns et des autres à la sortie de cette session. De 08h 20 à 10h 14 minutes, soit environ deux heures d’horloge, les participants ont partagé des expériences sur le potentiel de transformation du secteur agricole à travers plusieurs communications et exposés. La première communication, celle du Professeur Stephen Goldson, Conseiller en stratégie auprès du Conseiller scientifique principal au Bureau du premier ministre de la Nouvelle-Zélande, a   montré que la Nouvelle-Zélande est un petit pays fortement dépendant de la production agricole et des exportations agro-alimentaires, lesquelles   représentent environ 70 % des biens échangés. Ici, il s’agit d’une petite économie interne, qui doit exporter et produire un effet de levier et une valeur ajoutée substantielle pour assurer sa survie. De sa présentation, il se dégage que la Nouvelle-Zélande compte un grand nombre d’instituts de recherche et de formation très ciblés et très efficaces. Elle est dotée de capacités avancées en matière de recherche agricole, qui peuvent contribuer à la sécurité alimentaire mondiale. Une grande partie de ce savoir porte sur la production des pâturages, les cultures et l’horticulture, l’accent étant principalement mis sur la protection des végétaux, la santé animale et la biosécurité. Elle dispose d’excellents équipements pour la formation agricole. La Nouvelle-Zélande est bien placée pour contribuer à la science agricole sur le plan mondial. D’autres exposés ont retenu l’attention des participants dont celui de Mme Karen L. Mapusua, Coordonnatrice de la Communauté océanienne pour l’agriculture biologique et le commerce éthique et, la communication présentée par Mme Gladys Tawema du secteur privé Bénin notamment la Chambre de Commerce et d’Industrie des Bénin. Cette intervention a édifié plus d’un sur l’activité de Karethic Bénin Sarl. La structure qu’elle conduit dans la commercialisation du beurre de karité au Bénin.

 

Une meilleure rencontre de la conférence !

 

Au terme des communications, des débats fructueux ont été menés sous le contrôle de Son Excellence Mme Amanda Ellis, Chef de mission, Ambassadrice et représentante permanente de la Nouvelle-Zélande auprès de l’Office des Nations Unies à Genève. Cette session organisée parallèlement par la Mission Permanente de la Nouvelle-Zélande auprès des Nations Unies en partenariat avec le PNUD, le Centre du Commerce International et le Gouvernement du Bénin a offert des cadres de partenariat aux PMA en vue d’accroître leurs potentialités économiques. Le panel, présidé par Mme Naomie Azaria Honhoui, Ministre de l’Industrie, du Commerce, des Petites et Moyennes Entreprises du Bénin, s’est déroulé sous l’égide du Professeur Abdoulaye Mar Dieye, Administrateur Assistant et Directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement et  Mme Arancha Gonzalez, Directrice exécutive du Centre du Commerce International (CCI)

A l’entame de la session, la  Ministre de l’Industrie, du Commerce, des Petites et Moyennes Entreprises du Bénin Naomie Azaria a reconnu la pertinence du  thème du panel.  Pour elle, la tenue de cette initiative de la Mission Permanente de la Nouvelle-Zélande auprès des Nations Unies,  témoigne de la volonté du gouvernement béninois de promouvoir un nouveau modèle de développement économique des Pma fondé sur une agriculture moderne, durable, innovante, respectueuse de l’environnement et ouverte sur le marché.  A l’entendre, au regard du diagnostic stratégique, le Bénin s’est engagé à faire du commerce à l’horizon 2020, une véritable locomotive de la croissance et du développement socio-économique. Ce panel, pour elle, interpelle le rôle des sciences et de la recherche dans l’accroissement de la productivité agricole notamment pour les pratiques pastorales et le « rôle des chambres de commerce dans la mobilisation des gouvernements et du secteur privé pour créer un environnement favorable à l’agriculture » et le « rôle des partenariats public-privé dans la promotion du développement agricole, point de vue du secteur privé et du secteur public plus productifs.»

 

Message de M. Abdoulaye Mar Dieye, Administrateur Assistant et Directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement, prononcé lors de la session

 

Je suis très heureux de participer à cette manifestation parallèle de haut niveau qui s’articule autour du thème de « L’Exploitation du potentiel agricole des PMA à travers des partenariats productifs : nouveaux modèles d’activité scientifique, innovation et accès aux marchés ». Le PNUD apprécie hautement son partenariat avec le gouvernement de la Nouvelle-Zélande, le gouvernement du Bénin et le Centre du commerce international. S’il me fallait reformuler l’intitulé de cet événement, je dirais qu’il s’agit de la nouvelle monnaie d’échange pour le développement des PMA. Sans innovation sur le plan des politiques et des institutions, sans investissement dans la science et la technologie et sans effort visant à élargir l’accès aux marchés en faveur des PMA, rompre le cycle vicieux engendré par la faiblesse de revenu relève de la pure chimère.

 

Vos Excellences, Mesdames et Messieurs, cette table ronde nous offre une précieuse opportunité de partage des connaissances et de travail en réseau. La réputation de la Nouvelle-Zélande, connue pour sa riche expérience en matière de transformation de l’agriculture et de développement des filières agricoles, avec un accent particulier sur le pastoralisme, n’est plus à faire. D’autre part, s’il est un domaine dans lequel l’Afrique possède indéniablement un avantage compétitif, c’est bien celui de l’agriculture. En effet, au cours de la dernière décennie, le continent a connu une énorme recrudescence des innovations basées sur l’agriculture. Le Nouveau riz pour l’Afrique (NERICA) introduit à Cotonou, au Sénégal et en Tanzanie, l’agriculture sous contrat au Nigéria, l’e-agriculture au Kenya ou la Bourse Wde marchandises d’Éthiopie ne sont que quelques exemples qui attestent de la profonde transformation que subissent les communautés agricoles en Afrique. Ces expériences sont susceptibles de faire l’objet d’un vaste réseau d’échanges, solides et mutuellement bénéfiques, non seulement en Afrique, mais aussi dans d’autres régions du monde, qui pourrait créer une synergie en faveur de la transformation agricole dans la plupart des PMA.

L’accélération de l’accès aux marchés étrangers est un défi de développement majeur pour la plupart des PMA. La mise en œuvre de l’Accord sur l’agriculture ne s’est pas traduite, pour les PMA, par une progression significative de leur accès aux marchés. Les PMA réclament des négociations susceptibles d’aboutir à des améliorations tangibles de l’accès aux marchés pour leurs exportations, en particulier celles qui présentent un fort potentiel de croissance. Alors que les PMA se félicitent du consensus qui se dessine à l’OMC sur l’accès en franchise de droits et non contingenté aux marchés, octroyé à leurs exportations, ces engagements doivent être prévisibles, contraignants et applicables à tous les produits originaires des PMA. L’optimisation de l’accès aux marchés des produits agricoles issus des PMA exige la réalisation de plusieurs conditions concomitantes : i) la baisse des droits de douane et la réduction ou la suppression des subventions à l’exportation ; ii) la réduction de la progressivité des droits de douane ; et iii) la promotion des flux d’investissements étrangers directs dans les PMA pour améliorer la technologie et le transfert de connaissances au niveau du secteur agricole.

En véritable ami des PMA, la Nouvelle-Zélande pourrait contribuer à la réalisation de ce défi en plaidant en faveur de l’intérêt des PMA pour l’agriculture. La Nouvelle-Zélande est très avancée en matière de technologie et d’innovations fondées sur l’agriculture, en particulier dans le secteur de l’élevage. Son partenariat avec les PMA devrait permettre de libérer le potentiel nécessaire à l’acquisition et au transfert de technologies au profit du développement agricole. Par conséquent, je vous encourage à tirer le meilleur parti de cet événement pour renforcer les réseaux et les partenariats, en vue de stimuler la productivité agricole, d’améliorer les moyens de subsistance et de favoriser le développement des marchés d’exportation.

Cette manifestation offre une excellente opportunité pour le développement et l’échange d’expériences en matière de transformation agricole. Un rassemblement de cette envergure, qui regroupe des experts de Nouvelle-Zélande, du Samoa, du Vanuatu et de différents pays africains, issus respectivement des secteurs public et privé, ainsi que des coopératives et des scientifiques constitue un événement extrêmement enrichissant. Sa mise en place a été rendue possible grâce à l’adoption, par le PNUD, d’une stratégie visant à faciliter le renforcement des capacités dans le monde en développement.

Parmi les pistes de réflexion qui pourraient orienter les débats et mettre à contribution le grand nombre d’experts réunis, on peut citer les questions suivantes :

· Comment exploiter le pouvoir de la science, de la technologie et des innovations pour relever le niveau de la productivité agricole ?

· Comment les PMA peuvent-ils tirer parti des partenariats public-privé, notamment à travers des réseaux tels que les chambres de commerce, afin de créer un environnement favorable pour la transformation et le développement de l’agriculture ?

· Comment les institutions régionales peuvent-elles promouvoir les exportations de produits agro-alimentaires à valeur ajoutée en termes d’assurance qualité ?

· Quels sont les modèles agroalimentaires adoptés en Nouvelle-Zélande et en Afrique, qui seraient susceptibles d’accélérer la transformation agricole et la diversification économique dans la plupart des PMA ?

· Comment les coopératives peuvent-elles servir d’agent de transformation de manière à favoriser les modèles d’activité inclusifs en vue d’améliorer les moyens de subsistance et d’induire la création de richesse ?

 

Vos Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous invite à faire en sorte que cet événement ne s’arrête pas là. Cette manifestation devrait sceller le début d’un réseau et d’un partenariat durables au service de la transformation de l’agriculture, du développement de nouveaux modèles d’activité agro-industriels, de l’augmentation du volume d’exportations des PMA et de leur accès aux marchés des pays développés.

 

En conclusion, je remercie le gouvernement de la Nouvelle-Zélande, le gouvernement du Bénin et le Centre du commerce international d’avoir accepté de travailler en partenariat avec le PNUD pour organiser cet événement. Je vous souhaite à toutes et à tous un enrichissant débat.

Merci.

Rapport sur l’éléphant blanc du siège du parlement : L’audit réalisé n’est pas financier

juillet 30, 2014

Les Béninois peuvent à présent comprendre que l’audit conduit par le gouvernement relatif au siège inachevé du Parlement à Porto-Novo après environ 14 milliards engagé, ne relève pas les incidences financières. Seulement, le rapport présenté au Chef de l’Etat ne certifie que la solidité ou non de l’édifice.

Les Béninois se souviennent que la boutade qui a irrité tout le monde en son temps est la proposition du Chef de l’Etat de raser l’éléphant blanc du siège du Parlement qui trotte à la descente du pont à l’entrée de Porto-Novo. Eh bien, l’idée suit son cours. Et le rapport du cabinet dont il s’agit actuellement n’est rient d’autre qu’un rapport sur l’état physique du bâtiment. On peut donc conclure que l’idée de raser l’édifice existe encore. Car, si le rapport venait à parler de risque au sujet de l’édifice d’un coût d’environ 14 milliards de franc CFA, c’est bien possible que le gouvernement qui fonce tête baissée dans la plupart des dossiers décide ainsi de faire crouler 14 milliards. On en est encore à mille lieux de connaitre les fautifs dans ce dossier en ce qui concerne la manne financière engloutie. Il ne s’agit donc pas d’audit financier pour que l’on constate qui sont ceux qui ont pris de l’argent dans ce processus et pour quelle mission ou quel service. Les Béninois doivent alors attendre encore pour savoir quels sont les ministres qui ont bouffé dans le dossier, quels sont les députés qui ont gagné des marchés, quels directeurs généraux ont été mouillés, quelles sont les hautes et très hautes personnalités qui ont été mouillées de billets de banque dans le dossier. Or, c’est ce qui compte aujourd’hui afin de décourager à jamais les citoyens qui agiraient  maladroitement lorsqu’on leur confie la gestion des fonds publics ou lorsqu’ils prennent des marchés publics. Certainement que cette présentation du ministre de l’Urbanisme pourra amener le gouvernement à œuvrer pour la salubrité publique, afin que la vérité soit sue et que les fautifs répondent de leur bévues dans ledit dossier.

 Junior Fatongninougbo

« Pourquoi les singes vivent dans les arbres et …» : Un recueil de contes présenté au public

juillet 30, 2014

Le week-end écoulé, les amoureux des beaux contes et légendes du Bénin ont eu le plaisir de suivre la présentation du recueil de contes « Pourquoi les singes vivent dans les arbres » de Raouf Mama. La cérémonie a eu lieu à l’Institut français de Cotonou.

« « Pourquoi les singes vivent dans les arbres et autres contes du Bénin ». C’est l’un des chefs-d’œuvre littéraires de notre compatriote Raouf Mama. Il l’a officiellement présenté vendredi dernier à l’auditorium de l’Institut français de Cotonou. La maitresse de cérémonie étant Mme Christelle Noudjinlodo, directrice des « Editions LSM Production » qui a traduit et réédité le recueil en français. L’ouvrage originel étant publié en anglais en 2006.

« Pourquoi les singes vivent dans les arbres et autres contes du Bénin » est un recueil de 14 contes les uns aussi croustillants que les autres. Et les différentes interventions des personnalités qui se sont succédées lors de la cérémonie de présentation-dédicace sont très éloquentes à ce sujet.

Pour Florent Couao-Zotti, écrivain et critique littéraire béninois, il s’agit d’une œuvre de grande culture et multidimensionnelle. Elle est riche de sa diversité de sources (adja, batoonou, idatcha, fon etc.) et de personnages, diversité dans l’approche et la présentation. A l’en croire, le talent de conteur de Raouf Mama est indéniable. Seul petite note de déception : l’auteur s’est trop collé aux principes du conte et n’a pas pu laisser libre cours à son inspiration et à sa créativité. Si Mme Evelyne Caného Sossouhounto, enseignante et ancienne ministre chargé de l’enseignement primaire et secondaire, a souligné le caractère éducatif et l’utilité du conte dans le monde scolaire, Robert Azdé, président de l’association Ayé Culture a rappelé les valeurs que véhiculent les contes.

Ainsi, humilité, amour, amitié, espoir, loyauté, vertu, bravoure, justice etc. sont aussi magnifiés par Raouf Mama, explique-t-il. Les nombreux témoignages n’ont pas contrasté avec la démonstration de l’auteur qui a également fait montre de talent d’acteur, de chanteur, de danseur. Cerise sur le gâteau, il a raconté un conte agrémenté au rythme et danse Zinli. Comme tout bon conte béninois et africain, sa moralité se traduit comme suit : la prospérité ou le déclin du Bénin dépendra des actes et autres comportements des Béninois.

Mais avant, le conteur a remercié tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réussite de cette soirée. Pour lui, la culture est au départ du développement durable. « Les contes nous replongent dans nos cultures. Ils mettent le doigt sur la sagesse de nos peuples … », dit-il.  « Pourquoi le bouc sent mauvais et autres contes du Bénin », « Comment le lièvre but de l’eau chaude et épousa la belle princesse », « Les contes des tropiques », « Pourquoi les hommes ont deux oreilles et une seule bouche », « Perles de sagesse », Comment Caméléon devint source de sagesse etc. sont autant d’ouvrages écrits en anglais par Raouf Mama et traduits. Ce qui lui a valu beaucoup de distinctions et prix littéraires. Notamment le prix  « Storytelling world » pour « Comment le lièvre but de l’eau chaude et épousa la belle princesse ».

Conteur, titulaire d’un master d’anglais et d’un doctorat de langue et littérature anglaises de l’Université du Michigan, Raouf Mama est Enseignant d’anglais et Professeur de chaire à l’Eastern Connecticut University aux Etats-Unis.

 Pascal Hounkpatin

Au sujet du retrait de droit de grève aux magistrats : Wanep- Bénin alerte l’opinion, interpelle le parlement et la Cour

juillet 30, 2014

Le réseau ouest africain pour l’édification de la paix en Afrique (Wanep-Bénin) vient d’afficher sa position au sujet de la proposition de loi actuellement sur la table des députés  interdisant le droit de grève aux magistrats. A travers une déclaration lue par la présidente du Conseil d’administration Fatoumatou Batoko Zossou, Wanep-Bénin tire sur la sonnette d’alarme en alertant l’opinion sur les graves menaces.  Aussi,  dénonce-elle  de graves menaces sur la démocratie et les institutions  politiques. Pour  le Réseau Wanep-Bénin,  il  s’agit d’une  situation de  très grandes  inquiétudes pour  la paix  par  ces  temps  difficiles  que  traverse  déjà  le  Bénin.  D’après cette déclaration, il   est  d’autant  plus  inquiet  que,  cette proposition  de modification, malgré qu’elle soit rejetée, le 9 juillet 2014, après étude en commission des lois, se retrouve enrôlée  pour  une  session  extraordinaire  pour se tenir hier   mardi  29  juillet  2014 nonobstant  les critiques populaires et    les 3 marches populaires de protestation organisées sur initiative de l’Union Nationale des Magistrats du Bénin (Unamab).  « L’heure  est  grave », estime- wanep-Bénin  qui  invite les élus du peuple,  tous bords confondus, à  faire du 29  juillet 2014 une  journée de consolidation  de  la  paix  en  votant  contre  cette  proposition  de  modification  de  l’article 18 de la loi n° 2001-35 du 21 février 2003. Tout autre geste sera un précédent historique malheureux qui retiendra des noms d’individus et celui d’une mandature,  la 6ème. Il invite  la  Cour  Constitutionnelle  à  se  tenir  prête,  au  cas  où  le  rubicon  sera  franchi  au  Parlement,   pour confirmer  ses nombreuses  jurisprudences en ces matières car, un revirement serait comme une mutilation dommageable à la paix relative au Bénin. Pour  le  Réseau,  les  honorables  députés  initiateurs  de  la  loi  modificative  auraient  pu s’informer  officiellement  des  tenants  et  aboutissants  des  grèves  et  débrayages  dans  le secteur  de  la  justice  en  adressant,  par  exemple,  une  question  au  gouvernement  et  en rencontrant  le bureau de  l’Union Nationale des Magistrats du Bénin (Unamab). Pour avoir fait économie de méthode, Wanep-Bénin demande au   parlement  béninois,  s’il  en  avait  encore  le  temps,  à  user  des  dispositions  de l’article  120  de  son  règlement  intérieur  qui  veut  que  le  député  considère l’environnement social et surtout l’opinion publique avant de voter une loi.  Et dans le cas  présent,  le  parlement  est  invité  à  initier  un  dialogue  dépassionné  visant, éventuellement,  un  encadrement  légal  du  droit  de  grève  des  magistrats  dans  le respect de l’Etat de droit rêvé par le Constituant béninois.   Voter cette fameuse loi  qui retire le droit de grève aux magistrats, pour Wanep-Bénin, c’est tuer la démocratie béninoise.

Victorin Fassinou

Conférence ministérielle des Pma : La réalisation du dividende démographique au cœur des débats hier

juillet 30, 2014

Les travaux de la conférence ministérielle des Pays les moins avancés (Pma) se poursuivent au Palais des congrès de Cotonou. Hier, mardi 29 juillet 2014, le Fonds des Nations Unies pour la Population (Unfpa), à travers son programme de coopération, a animé une conférence de presse sur le thème «Session sur le développement du capital humain et réalisation du dividende démographique dans les Pma».

Aujourd’hui, la crise économique et financière mondiale tend à effacer les gains acquis sur les plans éducatifs et sanitaires dans les pays les moins avancés. Pour réduire les inégalités et améliorer les niveaux de vie de tous, de nouvelles manières de penser, d’agir et de nouer des partenariats sont nécessaires et vitales. C’est pour cela que l’Unfpa a jugé bon de partager avec les pays membres prenant part à la conférence ministérielle sur les Pma qui se tient  depuis le 28 juillet dernier à Cotonou, sa vision sur le développement du capital humain et la réalisation du dividende démographique entre leurs frontières. Au cours de cette conférence de presse, les membres du gouvernement et les partenaires au développement présents à la rencontre ont reconnu que, pour le développement du capital humain et la réalisation du dividende démographique dans les Pma, le secteur de l’éducation doit être pris en compte, surtout l’éducation des jeunes filles. Pour le ministre du développement, Marcel de Souza, cette conférence offre l’occasion aux participants de réfléchir sur la réalisation du dividende des Pma. Pour Koffi  Randolph, représentant la première dame du Bénin, cette conférence est une opportunité de réflexion et de prise de décisions sur comment réaliser le dividende démographique. L’occasion a été donnée aux partenaires et aux représentants des pays membres des Pma de partager les expériences de leurs pays respectifs sur le développement du capital et la réalisation du dividende démographique. Plusieurs recommandations ont été formulées au  terme de cette conférence de presse, dont l’investissement dans le capital humain, avec un accent particulier sur l’éducation, la santé et l’emploi des jeunes, l’investissement dans les infrastructures routières et sociales, l’octroi des crédits aux jeunes et la formation adéquate dans nos universités et collèges.

 Boniface Kabla (Stg)

 

Invité Sous l’Arbre à Palabre de « L’évènement Précis » : Sa majesté Yéto Kandji déplore la mésentente entre les rois du Bénin

juillet 30, 2014

Sa majesté Yéto Kandji, Roi d’Agonlin était dans les locaux du journal « l’Evènement Précis » le dimanche 27 juillet 2014. Occasion pour lui de faire le tour d’horizon sur certaines questions brulantes de l’actualité.

Lors de l’interview accordée par Sa majesté aux journalistes de la rubrique «sous l’Arbre à Palabre», plusieurs sujets ont été  débattus, dont le premier est relatif au  bien-être des populations de la monarchie d’Agonlin. Pour lui, le royaume d’Agonlin se porte à merveille, la paix et la cohésion règnent entre ses filles et fils. Ensuite, il s’agit de la célébration en début 2014, des 20 ans du règne de Sa majesté. A ce sujet, 200 millions ont été  investis pour réhabiliter le palais royal, sans aucune subvention du gouvernement, dit-il. Autre sujet important abordé au cours de cet entretien, l’éventuel troisième quinquennat du Président de la république. A ce niveau, le roi Yéto Kandji a été direct. Pour lui, tout dépend de ce que le peuple aura décidé. Mieux, dira-t-il, Yayi Boni peut quitter le pouvoir après son second quinquennat et peut revenir pour un autre pouvoir, afin que la population sache la différence dans les œuvres qu’il a faites. De l’autre côté, il affirme que tous les rois n’ont pas le soutien du Président de la république comme cela se doit. En ce qui concerne la marche des magistrats pour contester leur retrait de grève, Sa majesté dit que c’est un mécontentement à l’endroit du Président de la république. Selon lui, avant d’aller à des mouvements de protestation, les magistrats devraient d’abord écouter l’autorité. Le sujet ayant trait à l’aménagement de l’avenue Cardinal Bernardin Gantin d’Agonlin a été également abordé. Dans ses explications, le roi a fait savoir  que le projet a été abandonné par le gouvernement qui avait pris l’engagement d’œuvrer pour sa réhabilitation. Dans son intervention, Sa majesté Yéto Kandji a déploré la mésentente qui règne entre les rois du Bénin qui, selon lui, devraient en principe travailler ensemble. Il faut noter que Sa majesté Yéto Kandji dirige un royaume qui regroupe trois communes dont, Zagnanado, Covè et Ouinhi. Yéto Kandji est le soixante dix-neuvième (79è) roi d’Agonlin. Il a été intronisé le 24 Février 1993.

Thierry S. Azagba (Stag)

Réalisation du Pta 2014 : Le point des activités à mi parcours préoccupe le Mdaep

juillet 30, 2014

Les membres du cabinet, les directeurs généraux et techniques du Ministère de Développement, de l’Analyse Economique et de la Prospective (Mdaep) se sont retrouvés  hier, mardi 29 juillet 2014, au Chant d’Oiseau à Cotonou. Objectif, procéder à mi-parcours à la revue de la mise en œuvre du Plan de Travail Annuel  (Pta) 2014 dudit ministère.

La revue de la mise en œuvre du Pta 2014 qui a réuni les membres du cabinet, les directeurs centraux, généraux et techniques du Mdaep hier, au chant d’oiseau à Cotonou, s’est tablée sur le point des activités réalisées au cours des six premiers mois de l’année 2014. De façon précise, il s’agit d’examiner le degré de mise en œuvre des recommandations issues de la revue du Mdaep au 31 mars 2014, de partager avec les différents coordonnateurs de projets et programmes les problèmes rencontrés, puis, d’échanger les enseignements tirés de la mise en œuvre du Pta au titre du premier semestre de l’année 2014. Il s’agit également au cours de cet exercice de capitaliser les forces et par ricochet, traduire les faiblesses, objets des contres performances enregistrées, en mesures ou actions nouvelles pour lesquelles les participants devront faire diligence en vue de leur exécution. A l’entame des activités de la revue, le directeur de la programmation et de la prospective du Mdaep, Oscar Mètéhoué a fait savoir que le Mdaep avance patiemment, mais sûrement dans la réforme budgétaire notamment dans le suivi évaluation. Pour lui, les performances n’ont pas été atteintes comme souhaité. A l’entendre, au 30 juin 2014, le taux d’exécution physique est de 35,47% et, le taux d’exécution financière base engagement est de 46,37%. En termes de performances, aux dires du Dpp, le ministère affiche un taux d’efficacité de 86,10% pour l’exécution physique et, 66,72% pour l’exécution financière. Au-delà des objectifs classiques assignés à leurs revues périodiques, selon le ministre Marcel de Souza, la rencontre d’hier donnera également aux acteurs l’occasion de disposer d’éléments pertinents à exploiter judicieusement dans le cadre de l’élaboration du budget général de l’Etat gestion 2015. Pour lui, l’engagement de son ministère doit être déterminant surtout dans le contexte actuel de l’après table ronde dont la mobilisation des ressources importantes obtenues auprès des partenaires techniques et financiers exige de son ministère un travail assidu et de qualité dans l’accompagnement des autres ministères et ceci, pour un meilleur suivi des recommandations qui y sont issues.

 Boniface Kabla (Stg)

Vote à l’Onu sur l’occupation israélienne : Le Bénin «abandonne» la Palestine bombardée

juillet 30, 2014

Le Bénin, par son vote au sujet de la résolution (A/HRC/S-21/L.1) sur le respect du droit international dans les territoires palestiniens occupés, n’a pas soutenu le peuple palestinien dans les pires moments qu’il vit actuellement. Heureusement, la majorité des votants est allée du côté de la Palestine.

C’état une question de vie ou de mort. Il fallait donc choisir son camp. Le Bénin ne s’est pas décidé. La représentation béninoise à l’Onu s’est abstenue pour le vote de la résolution sur le respect du droit international dans les territoires palestiniens occupés. Et pour une question du respect du droit international dans les territoires palestiniens occupés, on comprend mal la position de ce vote du Bénin. D’abord, il faut souligner que le rapport du Conseil des droits de l’homme de l’Onu du 23 juillet 2014 ne mentionne nulle part une intervention du Bénin dans les déclarations des pays. Donc, on ne saura réellement ce qui a poussé le Bénin à ce vote. Le Niger, voisin du Bénin au Nord, a tenu à dénoncer cette occupation israélienne. «Le Niger a déclaré que la gravité de la situation ne pouvait laisser la communauté internationale indifférente, alors qu’Israël est responsable de violations massives des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Le Secrétaire général des Nations Unies a été invité à poursuivre ses efforts pour parvenir à un cessez-le-feu et ramener les parties à la table de négociation, dans la reconnaissance du droit des Palestiniens à vivre dans leur propre pays », mentionne le rapport de la séance. LIsraël, selon le même rapport, a demandé pourquoi le Conseil estime qu’accuser nommément Israël permettrait de parvenir à quelque résultat que ce soit. Il a montré la plus grande retenue et convenu d’un certain nombre d’accords de cessez-le-feu, mais n’a eu d’autre choix que de commencer l’opération en cours. Israël n’a aucun intérêt à être présent dans la bande de Gaza, d’où il s’était retiré en 2005. Les opérations de Tsahal dans la bande de Gaza visent exclusivement des cibles militaires du Hamas et tout est fait pour éviter les dommages collatéraux. Une commission spéciale d’enquête a été établie par Israël pour se pencher sur d’éventuelles violations des droits de l’homme. Le Hamas est l’agresseur, celui qui a commis des crimes de guerre – le Conseil devrait s’ouvrir les yeux.

La Palestine veut un minimum de justice

La Palestine, quant à elle, a remercié les États qui ont appuyé la convocation de la session en cours, et tous ceux qui ont appuyé le projet de résolution tel que présenté. Il s’agit en Palestine d’une violation flagrante des droits de l’homme. L’opération en cours est la cinquième de ce type contre la bande de Gaza. La Palestine est toujours disposée à trouver une solution, mais la puissance occupante et ceux qui la soutiennent ne peuvent exiger de la Palestine qu’elle accepte l’occupation. La Palestine exprime l’espoir d’un minimum de justice pour les civils tués, dont de nombreuses familles décimées. Une commission d’enquête doit identifier les responsables afin qu’ils puissent être traduits en justice. Vingt-cinq Palestiniens ont été tués pour chaque Israélien tué, a rappelé la Palestine. La puissance occupante doit protéger les civils, ce qui n’est pas le cas actuellement. La Palestine aimerait la fin immédiate de l’effusion de sang. La Palestine a demandé à tous les États d’appuyer le projet de résolution et de venir à son aide.

Le Parti Communiste Béninois condamne

La majorité des pays n’a pas attendu le vote du Bénin pour adopter ladite résolution. Selon le rapport de la séance, le Conseil condamne dans les termes les plus forts les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l’homme et des libertés fondamentales découlant des opérations militaires israéliennes menées dans le territoire palestinien occupé depuis le 13 juin 2014, qui pourraient constituer des crimes internationaux, lesquels ont directement causé la mort de plus de 650 Palestiniens, la plupart des civils dont plus de 170 sont des enfants, plus de 4000 blessés et la destruction sans motif de maisons, d’infrastructures essentielles et de biens publics. Le Conseil condamne toutes les violences contre les civils où qu’elles se produisent, y compris le meurtre de deux civils israéliens à la suite de tirs de roquettes. Le Conseil appelle à la cessation immédiate des attaques militaires israéliennes dans tout le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et la fin des attaques contre tous les civils, y compris des civils israéliens. Le Conseil invite par ailleurs la communauté internationale à fournir une assistance et des services humanitaire d’urgence au peuple palestinien dans la bande de Gaza. Le Parti Communiste Béninois (Pcb) a fermement condamné ce qu’il appelle «agissements du gouvernement de Yayi Boni dans les organisations internationales et a appelé le peuple béninois à la vigilance face ce qui se fait en son nom à l’étranger. Dans la bande de Gaza, le massacre se poursuit. Malheureusement !

Le résultat de la votation

En faveur (29): Algérie, Argentine, Brésil, Chili, Chine, Congo, Costa Rica, Côte-d’Ivoire, Cuba, Éthiopie, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Kenya, Koweït, Maldives, Maroc, Mexique, Namibie, Pakistan, Pérou, Philippines, Fédération de Russie, Arabie Saoudite, Sierra Leone, Afrique du Sud, Emirats Arabes Unis, Venezuela et Viet Nam.

Contre (1): Etats-Unis d’Amérique.

Abstentions (17) : Allemagne, Autriche, Bénin, Botswana, Burkina-Faso, République Tchèque, Estonie, France, Gabon, Allemagne, Irlande, Italie, Japon, Monténégro, République de Corée, Roumanie, ex-République Yougoslave de Macédoine, et Royaume-Uni.

 Grégoire Amangbégnon

Examen de la proposition de loi portant modification de l’article 18 de loi portant statut de la magistrature : Les débats ont été très houleux hier au Parlement

juillet 30, 2014

Les débats sur l’examen de la proposition de loi portant modification de l’article 18 de la loi relative au statut de la magistrature au Bénin, ont eu lieu hier, mardi 29 juillet 2014, au Palais des Gouverneurs. Ces débats ont été très houleux.

Le démarrage a été laborieux. La première étincelle a été allumée par l’honorable Sacca Fikara. Dans ses propos, il a relevé les conditions confuses dans lesquelles la plénière a été convoquée. «Les gens de l’Assemblée Nationale ont été appelés au téléphone pour nous informer de la tenue de la présente session extraordinaire. Mais nous n’avons pas vu l’ordre du jour et encore moins la liste des députés qui ont demandé la session extraordinaire», a déclaré l’honorable Fikara. Il a été tout de suite relevé par le Président Mathurin Coffi Nago. «Tous les députés ont été prévenus. La demande de convocation de la session a été déposée le 11 juillet à 15h22 et a été affectée à la Commission des lois le 21 juillet. Cette demande est en conformité avec nos textes», a dit le Président de l’Assemblée Nationale. La parade a été trouvée. La Présidente de la commission des lois et son rapporteur sont invités à prendre place pour la présentation du rapport adopté en commission. Après la lecture de ce rapport qui a fait cas d’une jurisprudence de la Cour Constitutionnelle, l’avis de la commission de l’éducation a été demandé. Epiphane Quenum déclare qu’il y a eu des documents nouveaux qui ne sont pas parvenus à sa commission, mais que cela ne l’empêche pas de s’aligner sur la position de la commission des lois. Malheureusement, le bout de tunnel n’est pas encore franchi.

 

Un rapport contesté

 

A la première étincelle allumée par Sacca Fikara s’ajoute une réaction inattendue du président Idji Kolawolé. Il demande une motion de procédure. «Je m’inscris en faux contre ce que je viens d’entendre, car ce n’est pas le rapport que nous avons adopté en Commission. Ce que je viens d’entendre est incroyable…Je demande une suspension… ». Le président Nago donne la parole à la plénière pour entendre un autre son de cloche. Sacca Lafia ne boude pas le plaisir de réagir. «Je me sens maladroitement accusé, indexé et faussement mis en cause. Ce que le Président Idji a dit, je l’aurais accepté de tout autre membre sauf de lui, de Houndété, de Fagnon, de Akoffodji au moment où on adoptait ce rapport. Je ne trouve pas juste et responsable de sa part. La procédure qu’il propose est nouvelle. C’est pour la première fois que je l’entends. La procédure est mal venue, car à cette étape le rapport devient la propriété de la plénière», a déclaré le vice-président de la Commission des lois. A sa suite, Chabi Sika a estimé que l’intervention du Président Idji  est une diversion. Il a conseillé au président Nago de poursuivre la procédure déjà engagée. Nicaise Fagnon, pour sa part, a évoqué les insuffisances du rapport présenté en mettant l’accent sur les omissions qui ont été faites relativement à la mission  d’information temporaire qu’il a suggérée. Candide Azannaï, prenant la parole, a relevé trois choses. Il a soutenu que ce rapport n’a jamais été adopté conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale. Le 10 juillet 2014, a-t-il révélé, la Commission des lois s’est réunie le même jour où l’Assemblée Nationale clôturait sa première session ordinaire. Mieux, a poursuivi l’honorable Azannaï, celui qui a signé la convocation de la réunion de la Commission n’a pas qualité. La séance de la Commission aurait aussi été tenue en violation des dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, a  révélé l’honorable Azannaï. «A la dernière séance de la commission tenue le 11 juillet, il n’y a jamais eu adoption du rapport qui a été présenté par M. Akoffodji », a poursuivi l’honorable Azannaï pour qui le rejet d’amendements ne signifie pas l’adoption de rapport. «Cette littérature est rédigée hors commission. C’est de la tricherie !», a conclu Azannaï.

Blessé dans son amour propre, l’honorable Akoffodji a estimé qu’on ne peut pas faire de la politique en mentant de façon effrontée. «Je défie quiconque de relever des points de contre vérité dans le rapport qui a été présenté. Je ne peux pas accepter qu’on dise que le rapport présenté a été tronqué… », a dit le rapporteur de la Commission des lois.

Face à cet imbroglio, Mathurin Coffi Nago tranche. Il passe la motion du Président Idji au vote. 25 voix pour le rejet, 42 contre, 00 abstention. La cause est entendue. La suspension demandée par le Président Idji est rejetée. Place donc au débat général. Il sera long, houleux. 30 députés sont inscrits pour parler. Le président Nago a choisi de ne pas limiter le temps de parole. Chacun y est allé de son éloquence et de son inspiration. Cela donne ce qui suit.

Déclarations de chaque député

Francis Loko (Député RB) : «  Le groupe parlementaire auquel j’appartiens est membre de la majorité parlementaire, mais il n’a pas été associé à cette proposition de loi. En l’absence de la Présidente Aholou Kèkè, j’ai été surpris par le caractère forcé des travaux de la Commission des lois. Il y a un manque de sérénité. Nous ne savons pas quel est l’objectif poursuivi. Au Ghana, le droit de grève existe et le pays avance. Le Président Soglo a géré ce pays avec des grévistes de tout acabit. Ce qui me parait important, c’est de pratiquer la bonne gouvernance. Sur le droit de grève, la Constitution est claire. Elle est issue du consensus établi à la Conférence nationale. Il est important que les principes cardinaux de la Constitution soient respectés. Nous avons des inquiétudes. Une Nation se construit autour de mythe. La conférence nationale est un mythe fédérateur. Certes le droit de grève n’est pas un droit dont on doit abuser. On ne peut pas dire qu’on peut supprimer le droit de grève. Nous émettons des réserves par rapport à cette proposition de loi… »

 

Boniface Yèhouétomey (Député RB) : Le dossier visant la modification du statut de la magistrature doit être vu sous l’angle que les députés sont dans leur rôle et que les travailleurs aussi sont dans les leurs. La grève est l’arme ultime quand on a épuisé toutes les voies de recours. La problématique de la grève se pose avec acuité dans notre pays. Notre premier mal est l’application des textes qu’on se donne. Les magistrats ont des droits et devoirs. Sur la proposition qui suggère qu’on ôte aux magistrats le droit de grève et autres, nous pensons qu’il vaut mieux de revoir les choses. L’essence de notre démocratie, c’est la liberté. Quand le droit est acquis et il faut le supprimer, cela pose un problème. Il faut permettre aux gens de jouir de leurs droits acquis, mais il faut encadrer ces droits. La France que certains citent n’est pas la meilleure référence à prendre en compte… »

 

Nazaire Sado (Député RB) : « …Nous sommes dans un pays où il y a beaucoup d’intellectuels. Je pense que pour s’engager dans un tel processus, il faut faire des études pour voir comment les grèves impactent la performance judiciaire. Ce qui crée les problèmes au niveau des juridictions n’est pas la grève. Ce qui crée le problème, c’est le nombre insuffisant en quantité et en qualité des magistrats. Ce sont ces problèmes qu’il faut régler au lieu de soigner l’apparence… »

 

El-Hadj Issa (Député FCBE) : « Quelle République voulons-nous construire ? Le Bénin est devenu un Etat où nous allons sectoriser le pays en trois types de citoyens… »

 

Daouda Takpara (Député FCBE) «…Il n’y a jamais une loi qui satisfait tout le monde. Nous avons des militants en prison. Rien ne prouve qu’ils sont coupables. Pourquoi je devrais refuser de signer cette proposition de loi. Oter le droit de grève aux magistrats ne conduira pas le Bénin en péril… Cette loi viendra modérer les choses au niveau de la justice… »

 

Ourou Sé Guéné (Député FCBE) : « Oter le droit de grève aux magistrats et laisser les fonctionnaires judiciaires ne règle pas le problème. Je souhaiterais qu’on élargisse cette interdiction à tous les fonctionnaires judiciaires. Je voterai pour cette loi car aucun magistrat n’a voté pour que je sois député. Mes militants ont été jetés en prison sans avoir commis une faute. En tant que plaignants, des gens se retrouvent en prison. Et après avoir enfermé les gens on déclenche des grèves illimitées. Nous pensons que le travail de l’Assemblée Nationale est de concilier tous les droits des citoyens. En interdisant le droit de grève aux magistrats, ce n’est que justice… »

 

Candide Azannaï (Député FCBE) : « …Ce qui est en jeu, c’est l’Etat de droit. La justice est plus profonde que ce que nous voyons. La justice est l’essence de la politique. Selon Aristote, la justice, ce n’est pas les magistrats ou l’institution…C’est la base de la morale. Elle doit être vue comme équité, égalité, liberté…Celui qui s’attaque à la justice s’attaque à la morale. Au-delà de tout, nous devons faire attention, car la justice est la clé de voûte de la société. Si nous nous attaquons à l’indépendance de la justice, il n’y a pas Etat de droit. La grève des magistrats est une conséquence. La conséquence, c’est le Chef de l’Etat qui ne respecte pas les règles basiques de la magistrature. S’il respectait ces principes, il n’y aurait jamais eu grève… Les initiateurs de cette proposition de loi devraient empêcher le Chef de l’Etat de s’attaquer aux fondamentaux de la magistrature. Il n’y a pas de liberté aux prédateurs de la liberté. L’article 18 de la  proposition de loi sur la magistrature que proposent les signataires constitue les premières armes de la dictature contre l’ordre public. Nous devons décourager les entreprises de ce genre. Ce qui se passe est un attentat contre la démocratie. On ne légifère pas sur un coup de colère ou de vengeance. Ceux qui l’ont fait  ailleurs en ont pris pour leur grade. Il n’est pas bon de vouloir avoir raison par la force…Les dictateurs fonctionnent par la distribution de la peur. Où a-t-on vu tout un peuple en grève ? Il n’a  pas péril en la demeure. Des gens veulent nous enlever toutes les libertés au nom de la dictature du développement. La bataille va continuer. Elle peut prendre une autre forme…Il est encore temps que les gens fassent machine arrière…Il y a un lien entre ce qui se trame et les prochaines élections. On prépare une mise en condition par rapport aux élections. Il y a un complot contre la République…. »

 

Nicaise Fagnon (Député FCBE) : « …L’heure est grave…La problématique des grèves est préoccupante dans notre pays. L’article 11 de la loi qu’on veut modifier n’est pas respecté au point où on considère les députés comme des protecteurs du pouvoir Exécutif…Nous sommes face à notre responsabilité. Le texte proposé se contredit de façon flagrante…Je m’inscris en faux que ce soient les grèves qui font que les gens sont en prison. Soyons honnête ! La contradiction flagrante dont je parle est dans le Code électoral qui fait des magistrats des membres à part entière de la CENA et de ses démembrements. La CENA n’est-elle pas une instance de délibération politique ? Je suis embrouillé. Ce que nous voulons faire risque de compromettre la démocratie béninoise. Les hommes passent, les institutions restent…Attention ! On a fait un plagiat. Le contexte béninois est inapproprié pour plagier la France. Si on veut aider Yayi, il ne faut pas mettre les choses du genre dans une loi. Nous devons avoir le courage de revisiter le processus de mise en œuvre du dialogue social. Allons d’abord vérifier comment les textes sont appliqués. Ces grèves, quoique critiquables ont besoin d’être analysées et non supprimées. Légiférer sur un droit acquis ne veut pas dire supprimer. Privilégions la paix … »

 

Epiphane Quenum (Député FCBE ) : « …Nous sommes installé dans un débat de fin de règne…La grève est un moyen précieux pour contrecarrer le pouvoir absolu du Chef. Ce n’est pas en faisant la volonté du roi qu’on peut sauver la démocratie…Lorsque le roi s’enrage, il faut trouver des moyens pour l’arrêter…Lorsqu’on fait voter des lois arbitraires, il faut trouver des moyens pour l’arrêter…La grève a une explication. Lorsque le peuple ployait sous les charges du régime totalitariste de Kérékou, on a fait recours à la grève et c’est grâce à cette grève des travailleurs qu’on parle de démocratie aujourd’hui. Il faut traiter la cause et non la conséquence. La République est malade. Cette affaire-là ne nous amènera pas loin. Nous en serons les premières victimes de la bêtise que nous nous apprêtons à commettre. Ils veulent faire plaisir au roi contre les intérêts du peuple. Avec cette loi, les espaces de liberté seront détruits. Nous avons le devoir de faire entendre raison à ceux qui veulent arracher aux magistrats les droits acquis. Ils veulent tout vendre pour quelques écus. On n’est contre personne. La sagesse recommande qu’on peut mieux faire. Je m’insurge, je proteste, je conteste qu’on puisse régler les choses au coup par coup… »

 

Lucien Houngnibo (Député FCBE) : « Je suis cosignataire de cette proposition de loi. Je me félicite de l’avoir signé puisqu’au niveau des magistrats, il y a beaucoup de dérives à travers les motions de grève déposées. Il y a du chantage dans leur démarche. Je voterai pour dire aux magistrats que je suis dans mes droits. Ce n’est pas les magistrats qui m’ont envoyé ici. Moins de trois cents magistrats ne peuvent pas prendre en otage tout un peuple. Les magistrats ne sont pas au-dessus des lois. Lorsque les seigneurs se mettent dans la rue, que deviendra le peuple ? Pourquoi on s’en prend au Chef de l’Etat ? Il faut qu’on cesse de dire que nous avons pris de l’argent. Il faut qu’on s’asseye pour échanger au lieu de marcher. Ils peuvent se syndiquer, mais ils ne doivent pas faire la grève comme les douaniers. Je vais déposer une plainte au Conseil supérieur de la magistrature contre les magistrats pour abus d’autorité pour avoir affiché nos noms dans les tribunaux… »

 

Zéphirin Kindjanhoundé (Député FCBE) : «  Ma conviction politique ne m’empêche pas de travailler avec une  certaine objectivité. Je trouve que ce que nous voulons faire est dangereux. C’est très dangereux que de chercher des solutions précaires aux problèmes sociaux que nous rencontrons. Je ne sais vraiment pas le rôle que jouent les organes de médiation créés par le Président Boni Yayi. Trois mois de grève c’est trop. Mais je pense que ce n’est pas retirer le droit de grève aux magistrats qui est la meilleure solution. Pourquoi ne pas écouter les magistrats. Leurs droits acquis depuis sept ans ne sont pas réglés…Les députés que moi j’entends soutenir cette loi sont des trouillards, car ce qu’ils déclarent devant les caméras n’est pas la même que ce qu’ils disent dans les couloirs de l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas digne d’eux. Ce que nous voulons faire n’est pas juste. Nous ne devons passer notre temps à restreindre les libertés des travailleurs. Nous ne devons pas travailler tous les jours à l’échec de la démocratie. On est où là ? On fait quoi là ? Les magistrats ne vont plus rien faire en matière politique alors que le Code électoral fait d’eux des membres de la CENA.

 

Rachidi Gbadamassi (Député FCBE) « ….Certaines personnes souffrent d’un déclin politique  qui se justifie par le fait qu’ils ont signé leur mort politique…La souveraineté appartient au peuple. Nous sommes dans un Etat de droit et aucun pouvoir ne doit imposer sa suprématie aux autres. Avions-nous pris la mesure des menaces qui pèsent sur chacune de nos têtes par l’affichage de nos noms dans les tribunaux ? Les mots sont très forts et la menace est plus qu’évidente. Où est le principe de la neutralité si les magistrats dansent avec nos opposants. La Constitution du Bénin n’a pas prévu un régime des juges. A-t-on privatisé la justice ? Nous avons trop monté les enchères à dessin. Nous espérons de ce syndicat des magistrats meilleure attitude. Pourquoi cherche-t-on à subordonner l’issue d’un procès au retrait de ma signature ? Si l’adoption de cette loi doit me conduire en prison, je l’assumerai. L’homme politique ne doit pas avoir peur de la mort ou de la prison. Cette proposition de loi, je la conduirai quoique cela me coûte, car depuis quelques temps, je ne vis plus pour moi-même. Jamais je ne retirerai ma signature… »

 

Chabi Sika : La question c’est la liberté de ceux qui croupissent en prison. Que les collègues regardent les cameras et disent que les

magistrats sont plus importants que ceux qui sont en prison. Les gens sont en prison et ils n’ont pas accès au jugement. C’est ce que j’ai

vécu dans la prison de Ségbannan qui se poursuit. Ce débat nous divise en deux camps diamétralement opposés. Parmi les magistrats, il en a d’excellents. Mais il faut que cette minorité prenne le dessus pour insuffler la dynamique aux autres… Que les collègues qui vont voter comme moi restent sereins. La démocratie béninoise appartient à nous tous.

 

Djibril Mama Débourou : Le 17 juillet 2014, un manifestant a déclaré où sont les députés

signataires… Selon Taléran, les opposants croient qu’ils deviennent sourds parce qu’ils n’entendent plus parler d’eux… Sur quelle planète sommes-nous ? On dit que notre loi est liberticide. Je vous lie une perle publiée partout dans le monde. Elle est écrit par un certain Michel Adjaka…J’écrirai un livre sur ces perles. J’en ai 10.000. Vive la démocratie et vive le Bénin.

 

Valentin Aditi Houdé : Universellement reconnu  comme 3ème pouvoir  après l’Exécutif et  le Législatif, le pouvoir judiciaire est devenu indépendant grâce aux luttes des humanistes qu’il serait suicidaire de remettre en cause ici au Bénin comme ailleurs. La problématique de la proposition pose un problème sociétal. La République se laisse tenter par la sirène de l’arbitraire parce qu’elle confond citoyen et sujet. On demande à l’Assemblée nationale de voter une loi assassine de la liberté et de la démocratie. Si la loi actuelle venait à être votée et promulguée, elle ne règlera pas les problèmes des magistrats mais supprimerait les symptômes d’un mal. Cette loi court le risque de ne pas être respectée.

 

André Okounlola : Pourquoi les défenseurs de droit de l’homme qui défendent les magistrats ne trouvent pas que depuis huit mois il y a des citoyens, des sans voix qui n’ont pas accès à la justice. Lors de notre tournée parlementaire, il y a une dame qui a dit « après la loi

des magistrats, il faut penser aux médecins ».  On parle de liberté et on pense que le Bénin est extraordinaire. Ce que je n’ai pas compris, l’Assemblée est une institution. Il y a la solidarité de groupe.  Que des collègues vont applaudir des insultes contre nous, cela me surprend…

 

Lazard Sèhouéto : Le sens de notre présence ici c’est de sauver la démocratie. Le type de parlement dans lequel nous sommes nous impose de défendre bec et ongle la démocratie. Hitler a été bel et bien élu par une Assemblée nationale. Mais il a rogné peu à peu les libertés pour installer la dictature. Est-ce que ce que les magistrats ont fait à précéder la proposition de loi ? De 90 à aujourd’hui, les magistrats

ont fait combien de grèves ? Et pourquoi c’est maintenant qu’ils sont allés en grève ? Par rapport aux frais de justice criminels pourquoi ils n’ont pas fait grèves ? Ils sont responsables et savent qu’ils ne peuvent pas défendre le faux. C’est à cause des nominations arbitraires qu’il y a grève. Si c’est du pays qu’il s’agit alors il faut s’assoir et discuter avec les magistrats. C’est la panne de dialogue social qui est la cause des grèves dans le pays…Je ne suis pas défenseur de grèves intempestives mais de liberté de manifestation… Vous pouvez prendre toutes les lois mais vous ne pouvez pas faire taire ces magistrats.

 

Léon Comlan Ahossi : Les douaniers ont fait grève contre le PVI dans ce pays parce que

c’est une pourriture. On a dit que jamais ils ne doivent pas faire ça. On a dit que l’avion ne fait pas marche arrière. Après on a embrassé les douaniers au palais… C’est nous qui avons créé l’Amab ? Mais le problème n’est pas réglé. J’ai écouté l’ambassade des USA le 30 juin dernier. Il a parlé de la corruption et des élections. Il a dit que malgré tout l’argent qu’ils ont injecté dans le système judiciaire, ça ne va pas à cause de la corruption. Et il y a les élections qui ne sont pas tenues à bonne date. La solution n’est pas la suppression des droits de grève.

 

Edmond Zinsou : Le risque qui me parait majeur c’est de mettre la justice sous ordre. Je le dis parce qu’il a des faits. Les temps sont graves. Mon collègue Akotègnon a été vilipendé par le commissaire de Cotonou qui l’a pris et présenté à la justice. Il a fallu que la justice soit indépendante pour qu’il soit libéré. Il y a des militants Prd de Porto-Novo, d’Adjarra et de Porto-Novo arrêtés arbitrairement lors des élections passées. Il y a l’affaire Dangnivo dans laquelle notre justice a errée. L’Affaire Icc-service, il y a un procureur qui a menacé d’arrêter les pauvres populations qui ont placé leur sous dans la structure.

 

Eric Houndété : J’ai été témoin des rassemblements ici, du soutien que certains députés ont apporté à ces manifestants quand il fallait corser les conditions pour être président de la République. Le droit qu’ils ont hier c’est le même droit que les manifestants d’aujourd’hui (magistrats) ont. Ils nous disent d’être noble et de laisser la

démocratie mourir…Pourquoi on s’entête ? La proposition a été rejetée par notre commission par 4 voies contre 2. Les discussions ont avancé et on a dit qu’il faut avoir une mission temporaire pour aller s’informer sur les conditions d’application des textes des magistrats. Mais la décision de notre commission a été bafouée. Il y a des contre-vérités. Dans quel pays vous avez vu le rapport qu’on vous a présenté ? Qu’est ce que  nous voulons étudier en plénière ? Les amendements, où est le texte que la commission a proposé…. ? Je dis que le rapport qu’on a présenté est bel et bien tronqué.

 

Saka Fikara : Il y a beaucoup de mensonges dans la proposition de loi. Ils ont fait allusion à un texte qui n’est pas une loi mais une ordonnance prise en période d’exception. C’est leur référence. La grève c’est pour inciter le dialogue. Parce qu’il y a des désagréments. Il faut supprimer la grève. D’ailleurs mon ami Thomas Ahinnou a dit qu’il faut supprimer le droit des magistrats et après on verra peu à peu pour les autres. Cela veut dire qu’on va supprimer le droit de grève à tout le monde. Non, il y a des gens qui ne vont pas permettre ça…

 

Emmanuel Golou : Nous faisons un débat sérieux. Ce n’est pas un débat banal parce qu’il s’agit d’un des trois pouvoirs inscrits dans notre constitution… Je ne sais pas le feu qu’il y a dans le pays pour que nous courions pour l’éteindre. Est-ce qu’on ne peut pas attendre les états généraux de la justice, rapprocher les positions  et régler le problème ?

 

Justin Gbènamèto : Avoir le droit de se syndiquer n’est pas forcement synonyme d’aller en grève. Vous qui êtes artisans chevronnés de la diplomatie supposez que vous avez la capacité de discuter, de négocier. Je suis peiné que vous n’ayez pris aucune disposition pour enclencher

une discussion avec les magistrats. La thérapie d’amputation systématique que nous pratiquons dès qu’on nous présente un cas, nous amènera à supprimer le droit de grève à tous les corps.

 

Louis Vlavonou : Il suffirait que les greffiers se mettent en grève et le système est paralysé. C’est le même cas dans le système sanitaire ou au port. Il suffit qu’un maillon du système se mette en grève et

tout est paralysé… Je m’en réfèrerai à la Cour si la loi est votée. Je la saisirai comme je l’ai fait lors de la suppression de grève aux douaniers.

 

Sanni Glèlè : Que les auteurs de la proposition remettent sur table leur proposition pour le réexaminer.  Les magistrats sont très responsables. En prenant cette loi, on assistera à une autre grève sauvage. On ne peut pas empêcher les magistrats d’aller en grève… J’exhorte  mes collègues qui ont signé la proposition à voter contre la proposition car c’est ce que je m’en vais faire tout à l’heure.

 Propos recueillis par Tobi P Ahlonsou et Affissou Anonrin

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