Politique et argent au Bénin

avril 29, 2014

Si un éminent philosophe a pu écrire que l’homme pauvre possède un Dieu riche, on peut aussi bien dire à sa suite que les pays pauvres ont toujours des élites riches. Cela est particulièrement vrai des pays d’Afrique : qui ne voit pas qu’il y a dans nos pays, des gens qui vivent de l’oppression des autres  et ces autres qui sont malheureux à cause de cette oppression ? La vieille chanson Guélédé de mon enfance disait : okùsè ko jeun ko yo, apajiba ko sunbè, baba, ki seun rere.  Parce qu’il en est ainsi, notre pays est traversé de divisions qui sont à fleur de peau et qui sautent aux yeux du premier touriste venu, s’il prend le temps de s’intéresser à autre chose qu’au soleil, au Parc national de la Pendjari et à Ganvié1. Ces divisions dessinent la géographie du pays, la sociologie des quartiers, la carte scolaire dans nos grandes villes et déterminent l’accès aux soins de santé pour ceux qui en ont besoin.

Aux esprits sceptiques qui seraient tentés de faire des gorges chaudes en lisant les lignes qui précèdent, on voudrait suggérer de se reporter à l’intéressante enquête, en douze pages, de Jeune Afrique2 sur les riches de nos pays. On est conduit, à longueur de pages, un peu comme à tâtons, pour éviter le vertige, à un…«voyage à l’intérieur du monde onirique des fortunes africaines»3. Du Maroc à l’Afrique du Sud en passant, entre autres pays, par l’Algérie, le Sénégal, la Côte-d’Ivoire, le Burkina-Faso, le Nigeria, le Gabon et le Cameroun, on y voit décrits, sur un mode plus léger que celui de ce texte, «les goûts et les fantaisies de ces heureux favoris de la fortune», vivant hors-sol, un peu comme en serre, insensibles aux intempéries sociales, et pour cela même, au mieux, indifférents, au pire, méprisants vis-à-vis du reste des  populations de ces pays. Une absence regrettable dans ce tableau : l’enquête ne parle pas du Bénin. Mais, toutes choses étant égales par ailleurs, cette absence du Bénin  dans l’enquête de Jeune Afrique a l’avantage de permettre à ceux qui le désirent, de reprendre sans extrapolation, un exercice du genre pour le Bénin et d’en tirer toutes les conséquences. On aimerait pour dissiper tout malentendu, préciser que les journalistes de Jeune Afrique dont certains sont bien établis, ne sont ni des anarchistes ni surtout des révolutionnaires. C’est pourtant eux qui nous suggèrent ainsi de porter un regard, pour le moins circonspect, sur nos riches d’Afrique4. Au demeurant, ce sont les acteurs politiques de nos pays eux-mêmes qui ne cessent de se lancer par-dessus la tête des accusations infâmantes de malversations financières et de détournements de deniers publics. Pour mémoire, il suffit de rappeler qu’une des premières mesures législatives du président Abdou Diouf accédant au pouvoir en 1981, après Senghor, concernait la répression de l’enrichissement illicite, ce qui était sa manière à lui de tuer le père Senghor une fois pour toutes et de tenir en respect, les autres enfants qui  étaient tentés de lui disputer l’héritage. Abdoulaye Wade va reconduire la même mesure législative, 19 ans plus tard avec la même intention de se débarrasser de ceux qui seraient tentés de lui disputer le pouvoir. Après son départ du pouvoir, son propre fils, Karim Wade, va être mis en prison au motif d’avoir profité des deux mandats de son père à la tête du pays, pour s’enrichir illicitement. Marx écrit quelque part que lorsqu’on joue du violon au sommet, il ne faut pas s’étonner que les gens d’en bas esquissent des pas de danse. Symptomatiques de cette contagion de la société par le rapport problématique à l’argent, au sommet de l’État sénégalais, Le mandat de Sembène Ousmane et cette expression désabusée de l’auteur selon qui, l’honnêteté est un vice de nos jours.

Ce texte est un effort maladroit pour essayer de dire ce qu’il en est de l’argent et de la politique dans notre pays et d’apporter un début de réponse à cette question qui me taraude l’esprit, ces temps derniers, à savoir : qu’avons-nous fait au Dahomey-Bénin de notre indépendance? Sa thèse centrale consiste à soutenir que le besoin d’enrichissement qui est surtout le propre des élites ne passe pas par la médiation du travail, la seule qui aurait pu permettre, en même temps que ces élites s’enrichissent, d’enrichir aussi le pays. Comme ce n’est pas le cas, nous vivons dans un pays officiellement pauvre mais dans lequel des élites paradoxalement riches ont des moyens que beaucoup de gens aisés des pays dits riches ne peuvent que leur envier. Nous sommes les habitants d’un pays pauvre dont les élites prennent leurs vacances à Paris, à New York, à Londres, à Montréal, à Dubaï…, et y font leur shopping. Pendant ce temps, le prix prohibitif du litre d’essence à la pompe empêche même ceux qui ont des voitures et qui n’ont pas les fameux «bons d’essence» d’aller de Cotonou à Parakou. Il faut bien pouvoir trouver une explication à ce décalage persistant entre riches et pauvres dans notre pays.

Les riches de chez nous eux-mêmes, lorsqu’on prend la peine de les écouter, parlent souvent comme s’ils devaient leurs richesses à des dons naturels ou à leurs mérites personnels : l’argent qui tombe du ciel ou tout simplement, l’esquisse d’un principe de sélection naturelle à la béninoise, en somme. Si, par la suite, chacun, surtout en milieu adja-fon, peut répéter à l’envi, Dàn dò n’ì, pour justifier le fait d’être riche, chacun, riche ou pauvre, répète ainsi une justification qui a été élaborée préalablement dans les milieux riches. Ce type d’explication n’a qu’une seule fonction : complexer ceux, toujours plus nombreux parmi nous, qui aimeraient être aussi dans les bonnes grâces de Dàn mais qui n’y parviennent pas. Au surplus, cette façon de justifier la richesse aura pour effet de les installera dans une espèce de mauvaise conscience qui comme on sait, est toujours génératrice de paralysie et d’impuissance. Celles-ci, dans une sorte d’enchaînement funeste, vont à leur tour les installer dans la rancœur, l’aigreur et le ressentiment qui font le lit de la sorcellerie et de la course aux différents artefacts ().

Pourtant, les peuples de chez nous n’acquiescent qu’à moitié à ce type d’explication aux effets pervers considérables, puisqu’ils distinguent plusieurs formes d’argent, donc plusieurs mécanismes d’enrichissement : owò jìbìtì, owò lukùdi en yorùba, axìzì kwè en fon, indiquant par là, l’origine plus ou moins frauduleuse de certains enrichissements. Certaines de nos commerçantes veillent particulièrement à ce que l’argent qu’elles estiment avoir honnêtement gagné et, pour ainsi dire, à la sueur de leur front, ne soit pas contaminé par l’argent d’origine frauduleuse. L’argent fait donc l’objet d’une classification, une classification qui rend problématique le statut de certains enrichissements, pour ne pas dire le statut de la richesse en général dans notre pays. C’est, en effet, dans le même pays où on peut dire allègrement Dàn dò n’ì qu’on chante aussi : àkwè nò dé ma d’àkwè tòn, wamònò mé vo. Yatònò é zin dò dò bò dò jè dokùn.

C’est dire que la question de l’origine de la richesse fait l’objet, chez nous, d’un discours contradictoire. Cette contradiction a toutefois une fonction épistémologique, explicative. Elle est même doublement féconde : elle permet de lire les divisions de la société et les conflictualités qui la travaillent. Elle témoigne des efforts entrepris, en son sein, pour donner un sens aussi bien à la richesse qu’à la pauvreté. Mais elle est aussi l’indice du fait qu’à l’intérieur de la société, des forces opposées sont à l’œuvre, les unes pour maintenir et perpétuer les inégalités sociales, les autres pour en réduire le champ. Cette contradiction n’est donc pas seulement d’ordre intellectuel, purement spéculatif.  Elle est autant sociale que politique. Certes, l’argent prend la forme d’un objet, d’une chose sacralisée5 mais les rapports que les hommes entretiennent avec cet objet-fétiche sont toujours l’expression des rapports qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Ce sont ces rapports que tente de masquer l’expression : Dàn dò n’i. Ce sont ces mêmes rapports que tente de mettre à nu, l’expression : àkwè nò dé ma  d’àkwè tòn wamònò mè vò. L’argent est donc, pour tout dire, un fait social. Autant certaines commerçantes procèdent à des classifications, répartissent l’argent en fonction de la manière dont il a été acquis, autant l’argent paie bien en retour ces commerçantes puisqu’il les classe aussi en fonction de son volume dans leurs sacs, comme il assigne à chacun de nous, une place spécifique sur l’échiquier social. Il est, dans notre pays, le critère par excellence de classement des individus, de la distinction6 : il structure les relations hommes-femmes, détourne certains clercs de leur vocation et détermine la capacité de nos femmes et de nos hommes politiques. Le classement auquel l’argent donne lieu dans notre pays et les nominations qui l’accompagnent, àkwè nò, wamamònò, gbajùmò (igba ojù mò), ne sont pas des indices, parmi d’autres, de la lutte des classes. Ils sont les expressions mêmes de cette lutte qui, selon certains, n’existerait pas dans  notre pays. Ainsi, les classes, au Bénin, sont comme le diable dans le Spleen de Paris : leur ruse est de nous faire croire qu’elles n’existent pas. D’où ces formes de «camaraderie horizontale» qui se nouent autour du clan, du village, de la région, de la tribu, qui permettent ainsi de masquer les violences de fait, à l’intérieur de la société, et empêchent toute interrogation sur la légitimité des hiérarchies qui la structurent, faisant, in fine, de  nos populations, les éternelles obligées des notables qui n’ont cure d’abuser de leur confiance. Ce qui revient à dire qu’une véritable analyse de classe de nos sociétés, dont toute politique démocratique doit pouvoir tirer les conséquences, reste encore à faire.

On voudrait seulement ici poser les linéaments de cette analyse à venir, en examinant de plus près les relations hommes-femmes, la relation que la religion entretient avec la politique, chez nous, à l’aune de l’argent.

Le chansonnier aura beau chanter : «Assiba, tu m’as quitté…, l’amour ne s’achète pas», il sait bien que c’est l’argent qui l’a constitué en époux d’Assiba et que, c’est bien à cause de l’usage qu’ils en ont fait, Assiba et lui, que leur mariage a tourné court,  même si dans un pays comme le nôtre où les préjugés du patriarcat sont toujours tenaces, l’échec du mariage relève de la faute d’Assiba et d’Assiba seule. Ce qui  autorise le chansonnier à nous servir la mise en garde suivante : Yégé, nòvi cè lè mi, mi ma xwè dó ny6nù din ò. C’est que, malgré les apparences, l’argent est au cœur des relations hommes-femmes dans notre pays.  Il est la clé de voûte du système d’oppression des femmes, l’instrument de chantage qui permet de transformer certaines filles du peuple en monnaie d’échange.

On ne viendra pas à bout d’un tel système par la fausse politique de parité, une des nouvelles trouvailles de l’actuel chef de l’État qui laisse intactes les bases matérielles et psychologiques du patriarcat et qui permettra, au mieux, de promouvoir quelques femmes qui étaient déjà confortablement installées, par mariage ou par allégeances de toutes sortes, dans les cercles du pouvoir ou dans son antichambre. Les chauffeurs qui conduisent nos élites, les gardiens de nuit, les filles qui viennent de nos villages du fait de l’exode rural7 et qui servent de bonnes à tout faire à Cotonou, les femmes des milieux populaires qui accouchent dans nos maternités et qui ne sont pas du nombre de celles qu’on appelle, en prenant mille précautions, Maman ou Tantie, connaissent bien ces femmes qui ne sont pas toujours plus tendres à leur égard que leurs homologues masculins. Ainsi, le slogan vite abandonné de Yayi Boni : «Les femmes au pouvoir !», ressemble un peu au célèbre : « Ça va changer, ça doit changer !» qui l’a mené au pouvoir. On a envie de s’exclamer : quel paradis en perspective !

Mais il ne faut pas céder à cette tentation. Toutes les personnes qui ont à cœur le devenir des filles et des femmes du peuple dans notre pays et qui savent qu’on peut utiliser certaines d’entre elles comme butte-témoin, comme des alibis commodes pour masquer l’immense détresse de l’ensemble des filles et des femmes dans le pays, doivent éviter soigneusement d’apporter leur caution à ce slogan, porteur d’illusions, illusions qu’elles perdront aussi vite qu’elles y auront prêté foi. Parce que, même si ce slogan bénéficie d’un puissant effet de mode et justement à cause de cela, il n’a rien de subversif. Pour qu’il soit investi de ce potentiel de subversion, il aurait fallu qu’il cesse d’abord d’être un slogan, puis qu’il s’inscrive dans une politique de lutte systématique contre les différentes poches de privilèges dans notre pays. Cette lutte contre les privilèges aura pour effet  de rétablir l’égalité entre les citoyens et de mettre chacun d’eux, homme ou femme, à égale distance de l’État. Après cela, on pourra parler, sans démagogie, de parité entre hommes et femmes en politique. Pour prendre un exemple éclairant parmi bien d’autres : tant qu’il y aura dans notre pays de «bonnes» écoles privées pour les héritières et les héritiers8 qui vont parachever leurs formations dans les grandes universités européennes  ou américaines, et une mauvaise école publique, avec le boulet des nouveaux programmes d’études ( NPE) pour beaucoup de filles et de garçons du peuple qui en sortent illettrés, le slogan de la parité ne sera qu’une tentative de diversion : il aura peut-être le «mérite», s’il est appliqué, de mettre les héritières et les héritiers à égalité au sommet de l’État. Sur ce point au moins, il faut donner raison au chef de l’État, lui qui n’a de cesse de vouloir donner des gages de fidélité à ses prédécesseurs et qui, pour cela, a dû faire entrer, à un moment donné, leurs héritiers au gouvernement. Il serait temps de faire un peu de place aux héritières. C’est une bonne chose que le chef de l’État s’en soit préoccupé et qu’il nous l’ait fait savoir.

Mais revenons à la question de l’argent. Il n’y a pas jusqu’aux églises qui ne soient prises dans les rets de la toile d’araignée de l’argent.  Saint Paul, le fondateur du christianisme, recommandait aux chrétiens de ne pas se conformer au monde actuel et de vivre en paroisse9 comme s’ils étaient en séjour, nécessairement provisoire dans le monde qu’ils sont appelés à transformer, en se transformant d’abord eux-mêmes. Mais l’attachement au monde prend à ce point le dessus que bon nombre de pagano-chrétiens de chez nous qui voudraient que le pays change ne sont pas prêts à se changer d’abord eux-mêmes. Arc-boutés sur leurs maisons, leurs voitures, sur quelques arpents de terre,  sur le pouvoir qui donne et garantit la richesse, en somme sur ces petits riens, bien ou mal acquis, ils ne veulent justement céder sur rien. La moindre égratignure portée contre ces petites choses auxquelles ils s’identifient et qu’ils sont prêts à défendre, bec et ongles, est vécue comme une atteinte à leur vie. On aurait pu croire que ces chrétiens possèdent ces biens. Non. Ce sont ces biens qui les possèdent. Nous sommes, quoi qu’en pensent nos pagano-chrétiens, en pleine idolâtrie.

Voilà, à grands traits, l’état d’esprit qui prévaut chez bon nombre de nos compatriotes, pagano-chrétiens ou non, surtout s’ils sont petit-bourgeois et qu’ils sont, de surcroît, passés « du col mao au rotary» ou aux nouvelles églises et sociétés secrètes qui font florès dans notre pays, en renonçant, une fois pour toutes, à faire la révolution qui, contrairement aux idées reçues, n’a pas encore eu lieu chez nous. Non pas qu’il y ait une incompatibilité absolue entre ces nouvelles appartenances et la révolution. L’indifférence au pouvoir, l’indépendance face aux pouvoirs de toutes sortes,  sans lesquelles il n’y a pas de génie, sont les thèmes majeurs de La flûte enchantée de Mozart qui fut, semble-t-il, un grand franc-maçon. Les différentes formes de protestantisme qui jouèrent un rôle déterminant dans la modernité européenne deviennent méconnaissables dès qu’elles sont transposées dans notre pays. Il est vrai qu’entre ces protestantismes originels (celui de Luther qui, selon le mot de Henri Heine, créa d’un coup la langue et la culture allemandes ; celui de Calvin) et nous, il y a d’abord le colonialisme qui a instrumentalisé les religions chrétiennes à des fins d’oppression, mais il y a aussi le détour, le passage par l’Amérique du nord et surtout le capitalisme qui ont transformé une religion qui pouvait apparaître, hier encore, comme dynamique en un simple produit de consommation10.

C’est dans cette ambiance générale qu’est intervenu, à la suite de beaucoup d’autres, le scandale dit de l’ICC-Services et Consorts. Ce type de scandale est monnaie courante dans le monde depuis quelques années : Madoff aux États-Unis d’Amérique, Lacroix au Québec, les coopératives en Haïti, les maisons de placement ou «banques volantes» en Côte-d’Ivoire. Dans ce dernier cas, les acteurs et le mode opératoire sont les mêmes qu’au Bénin : des responsables politiques qui semblent avoir fermé les  yeux, des épargnants et des pasteurs que leurs victimes ont pris pour des «hommes de Dieu»11. D’où la tendance à la banalisation de ce qui est arrivé chez nous. Cette tendance a été surtout perceptible dans certaines déclarations de l’Inspecteur général d’État au moment dudit scandale. On voudrait rappeler à son attention que comparaison n’est pas raison.  La nécessaire comparaison avec ce qui se passe ailleurs ne doit pas masquer la spécificité de ce qui est arrivé dans notre pays.

Il y a déjà eu dans l’histoire, des prophètes complaisants vis-à-vis des pouvoirs établis et qui, au lieu de prévenir leurs peuples des malheurs à venir, les ont précipités dans l’abîme. Mais de là à ce que des gens qui se présentent comme des pasteurs et qui sont suivis comme tels par leurs brebis, succombent à l’esprit des affaires triomphant dans le pays, et ce, en connivence avec certaines sphères du pouvoir qui ont estampillé leurs activités du sceau de la légalité, on n’aura  pas eu le temps d’y penser. Ce sont pourtant des pasteurs qui, dans cette affaire, ont surpris des brebis passablement dévotes, une première fois, en leur promettant plus qu’elles n’espéraient et une deuxième fois, en ne tenant pas leurs promesses. Ce sont des pasteurs qui ont organisé de propos délibéré et en toute bonne conscience, cette vaste escroquerie dite de l’ICC-Services et Consort pour se constituer une solide base de classe au détriment de la communauté des croyants qu’ils sont censés protéger. Ainsi, chez nous, on peut, contrairement au précepte évangélique, servir deux maîtres à la fois et on les sert allègrement : On peut y  faire de bonnes affaires et gagner le ciel.

 Toutefois, à y regarder de près, ces pasteurs ne sont que des boucs émissaires qu’on livre en pâture à l’opinion publique. Je ne sais plus quel Général d’armée a dit que chaque fois qu’il était confronté à un début d’incendie, il «faisait sauter une dynamite». La dynamite, dans son souffle, éteignait l’incendie. C’est ainsi qu’on fait aussi chez nous : faire sauter des fusibles pour protéger le système. Nos élites militaires et civiles sont coutumières du fait. Les différents coups d’État qui ont ponctué l’histoire politique du pays, de 1960 à 1972, faisaient le même effet que la dynamite du Général. Il s’agissait d’abord d’éteindre un début d’incendie. L’écran de fumée qui accompagnait, chaque fois l’explosion, nous brouillait la vue. En 1972, le chef de bataillon, Mathieu Kérékou, avait affiché son intention de mettre un terme à l’injustice dans notre pays : «Je gagne quinze francs, disait-il. C’est ma solde et elle me suffit. Je veux seulement que tu saches qu’il y a eu dans ce pays, trois hommes, trois politiciens qui gagnaient chacun inutilement vingt-cinq francs. Désormais et à compter du vingt-six octobre 1972, les soixante-quinze francs resteront dans les caisses de l’État.12». Nous y avons cru  et nous l’avons, pour cela, soutenu malgré toutes les ambigüités de son discours et même si les plus clairvoyants parmi nous, n’ont pas cessé de nous mettre en garde : à une période de relâchement relatif des libertés démocratiques, disaient-ils, allait succéder une période de fascisation du régime. Cela ne tarda pas à venir. Après une « drôle de guerre» qui dura du 26 octobre 1972 au mois d’avril 1974, le pouvoir appuyé en cela,  par certains transfuges de la Jeunesse unie anti-impérialiste du Dahomey (JUD) prit les premières grandes mesures liberticides de notre histoire. Nous n’en connaissons que trop bien la suite : le marabout Mohamed Cissé qui a trouvé des points d’ancrage dans des pratiques qui avaient déjà cours avant lui, au sein de la Banque commerciale du Bénin ( BCB) et dans la vénalité de certains de nos cadres, n’a pas pu se contenter des soixante-quinze francs du Conseil présidentiel. Le président Mathieu Kérékou voulait liquider l’ancienne politique ! Comment pouvait-il le faire en privant le pays et en se privant lui-même de toute lumière, en réprimant férocement tout esprit critique qui aurait pu lui permettre de voir clair et nous avec lui? C’est pourtant ce qu’il fit.

L’ histoire autant que la coutume que nous venons de rappeler devraient nous inciter à nous méfier des écrans de fumée, en ce qui concerne nos pasteurs et leur implication réelle dans le scandale dit de l’ICC-Service et consorts : au bout du compte, ces pasteurs apparaissent davantage comme de bons élèves, appliquant scrupuleusement les leçons qu’ils ont apprises à l’école de nos élites politiques, élites qu’ils fréquentent assidûment et dont ils prétendent assurer la protection et l’invincibilité à coup de récitation de psaumes, de postillons et d’eau bénite. On est tenté de dire : pour si peu ! Toujours est-il que, armées de ces boucliers de l’invincibilité, les psaumes que certains savent à peine murmurer, mais surtout les postillons des pasteurs ainsi que l’eau bénite davantage porteuse de germes qu’on ne le soupçonne, nos élites politiques qui jurent leur grand Dieu, d’avoir tourné le dos à la prétendue idolâtrie de nos traditions, se sentent à l’abri de tout mauvais œil pour organiser, en toute impunité, la grande braderie des ressources du pays. Nous sommes en présence d’un échange classique de bons procédés : des élites qui vivent, en permanence, dans l’âge de la peur, malgré ou à cause de toute l’armada et de l’arsenal de textes juridiques dont elles disposent pour étouffer toute velléité de révolte dans le pays, laissent les coudées franches, au prix de quelques intentions de prière et de quelques étrennes sonnantes et trébuchantes, à des pasteurs qui ont renoncé à leur vocation pour dépouiller les populations de leurs petites économies.  Toutefois, ce qui est en jeu dans le scandale de ICC-Service et Consort dépasse les petites économies. On aimerait savoir un jour qui sont les gros épargnants de l’affaire et où ils ont puisé les épargnes qu’ils ont déposées dans les structures de l’ICC- service.

        Ces pasteurs constituent la face inversée de nos élites politiques. C’est pourquoi, il faut refuser de les isoler les uns des autres, si l’on veut bien comprendre ce qui s’est joué dans ce scandale. Le plus étonnant, c’est que les uns et les autres sont convaincus d’être sous la protection du Dieu qu’ils prétendent servir et dont ils auraient entendu la voix… Il est vrai qu’il y a là, -entendre la voix de Dieu ou de ses anges-,  tout un bonheur et un privilège qu’on ne peut que leur envier, mais ces élites politiques et leurs pasteurs devraient prendre garde : même s’il est écrit qu’il ne dort ni ne sommeille, le Gardien d’Israël13, il y a toujours un danger à se prendre pour le nazir de Dieu. Samson, celui qui croyait à la vertu des cheveux longs, l’avait appris à ses propres dépens.

       Pour le moment, ce qui fait la force de toutes nos élites, de tous ces pasteurs ainsi que d’autres, c’est moins la présence de Dieu qui les accompagne que la crédulité de nos populations, cette foi naïve que nous mettons dans les capacités de ces élites à nous aider à changer la vie, notre vie.  Cette foi naïve nourrit et entretient la domination qu’exercent nos élites sur nos populations.  C’est pourquoi elle est aussi nourrie et entretenue par nos élites. L’illustration la plus frappante de cette crédulité et du fait que ces élites en tirent profit, c’est qu’on s’apprête, dans deux ans,  à nous rejouer le coup. En 2016, nous serons appelés à choisir les mêmes, dans un camp ou dans l’autre, pour continuer à faire les mêmes choses.

           Les mêmes choses ? Oui, en effet. Il suffit de réactiver deux ou trois slogans pris, au hasard, dans notre histoire, pour s’en  convaincre. On voudrait, pour cela, rappeler à l’attention  des jeunes  générations, que l’Union Démocratique Dahoméenne (UDD-RDA) est née en  1955, à Atchoukpa, avec  le slogan «Il faut que ça change !». Puis, l’UDD-RDA qui était de  loin, le  parti le  plus progressiste de l’époque, a fini par s’adapter au statu quo régionaliste, idéologie encore largement dominante, dans notre pays, aujourd’hui. Le «vrai démocrate» nous a promis, en 1968, le renouveau avec son Union pour le Renouveau du Dahomey (URD). En  fait de renouveau, nous aurons eu droit à une véritable chasse à courre dans les rues de Cotonou et à une confiscation de toutes les  libertés démocratiques dans le pays. Maga et le Conseil présidentiel nous ont promis « le papillon tricolore, symbole d’une véritable aube nouvelle » et nous avons eu droit à « une  bienheureuse anarchie » au sommet de l’Etat avec son lot de scandales financiers. L’actuel renouveau démocratique lui-même aura tout juste fait l’effet d’une aubaine, une mine de fortune pour quelques-uns : la fameuse prime à la démocratie aura plutôt contribué à vicier ce qu’il s’agissait de promouvoir, avec son cortège d’ONG, par-ci, d’ONG par-là…et de « petits projets » mis en chantier sans cohérence les uns avec les autres. Jaurès disait que quand on ne peut pas changer les choses, on change les mots.  Chez nous,  les slogans changent pour que rien ne change. Ainsi, plongés  dans une ambiance d’attente permanente, nos peuples sont régulièrement récompensés en monnaie de singe.

Où a-t-on jamais vu un pays se développer à coups d’ONG et de « petits projets » ?  Où a-t-on jamais vu un pays compter sur la prodigalité de l’extérieur pour se développer ? L’Espagne enfoncée aujourd’hui dans une crise profonde fait les frais de l’illusion d’être riche du fait des investissements étrangers pour ne rien dire de la Grèce et surtout, sur notre continent, du Mozambique cité depuis peu en exemple par les fameux bailleurs de fonds. Chez nous aussi, l’argent qui vient massivement de l’extérieur a toujours été et reste une fausse monnaie14 plutôt dédiée à satisfaire ce qu’un grand penseur haïtien, Jean Price-Mars, a appelé le bovarysme de nos élites15. C’est aussi de l’argent qui retourne par toutes sortes de canaux à sa source. En tout cas, pour le peuple, le bilan de toute cette agitation du renouveau démocratique est si ténu qu’on  ne peut que rétrospectivement donner raison, même si on ne partage pas ses attendus implicites, à Me  Robert Dossou qui dans un accès de colère, aurait déclaré dès 1990 que la Conférence nationale était un coup d’État civil16. Nous sommes donc aujourd’hui aux prises avec le lot de désillusions qui a, de tout temps, accompagné les coups d’État dans notre pays. Comment peut-on  faire confiance17 à des gens qui nous ont toujours trompés par de fausses promesses et qui ont surtout intérêt, à continuer de nous tromper ?

De ce que, pour emprunter une expression de Rabelais, il faut se résoudre à appeler le tourniquet des fausses promesses, il va falloir essayer, un jour, de se sortir. Mais comment ? Et à quelles conditions ? À condition de commencer ici et maintenant, sans faux-fuyants, à comprendre que le véritable enjeu de la démocratie, dans notre pays, n’est pas d’abord un enjeu politique. Il est encore moins économique. Tant s’en faut. L’enjeu premier de la démocratie est d’ordre culturel : c’est celui des lumières que Kant définit comme la sortie de l’homme de l’état de minorité dans lequel il se maintient par sa propre faute.  Le mot d’ordre des lumières, c’est : ose penser par toi-même. Un tel mot d’ordre n’a rien de spécifiquement occidental. L’assignation à résidence des Lumières qui permet d’en faire un mouvement essentiellement européen ou occidental procède d’un tragique  malentendu. Qui ne voit pas que dans ce scandale de l’ICC-Service et Consorts comme dans beaucoup d’autres, c’est la faculté de juger de nos populations, -celle qui aurait pu leur permettre de distinguer le vrai du faux et d’échapper aux vendeurs d’illusion- qui a été prise en défaut. La faculté de juger de chacun est fondatrice de l’appartenance et de l’espace public eux-mêmes, dans une société démocratique. Il suffit de voir toutes les conséquences politiques et sociales de cette affaire de l’ICC- Service et Consorts pour s’en convaincre. Il est vrai aussi que le flot de la misère de nos populations monte tellement vite qu’elles sont tentées comme bien de nos élites de prendre des chemins de raccourci pour s’en sortir. Nous sommes ici en plein désir mimétique. Un désir mimétique qui entraîne un comportement mimétique dont l’effet a été déterminant dans le succès des affairistes de l’ICC- Service et Consorts. Comment  aider nos populations à sortir de ce mimétisme ? Comment rompre le charme que nos élites exercent sur nos populations ? Voilà les questions brûlantes auxquelles nous sommes confrontés dans notre pays aujourd’hui, celle de l’émancipation de nos populations du joug de nos élites : cette émancipation est d’abord auto-émancipation. D’abord parce que s’émanciper, c’est-à-dire s’arracher des mains de celui qui opprime ne peut se faire que par l’opprimé lui-même. Ensuite, parce qu’il n’y a plus de Messie dans notre pays si par Messie (Mashiah), il faut entendre le guerrier qui meurt au combat. Tous nos adjuvants, à l’exception notable de quelques-uns, sont morts au pouvoir. Le PRPB a été leur tombeau18. Ceux qui, parmi nos élites, ont conservé la fraîcheur de leur jeunesse, peuvent aider à initier et à accompagner nos populations sur le long chemin de l’émancipation. Jamais, ils ne feront le bonheur des populations à leur place. Notre conviction est que cette émancipation des populations de chez nous va exiger des réformes hardies dans tous les domaines mais prioritairement dans le système éducatif. Aucun de nos gouvernements ne semble s’être engagé sur ce chemin depuis 1960. On ne peut même pas dire que les nouveaux programmes d’études (NPE) nous en rapprochent. Est-il nécessaire de rappeler que ces nouveaux programmes trouvent leurs origines, leurs concepts et leurs modalités de mise en application dans les mutations survenues dans les pays occidentaux ces cinquante dernières années ? La notion de programme qui permettait au départ de donner une cohérence et une unité à la formation a perdu son sens originel. En réalité, il faut dire programmation, comme on dit en informatique pour bien rendre compte de ce dont il s’agit, avec tout ce que mot de programmation charrie de rigidité, une rigidité difficile à mettre en œuvre dans des sociétés encore «souples» comme les nôtres où l’imprévisibilité en toute chose reste largement dominante. L’obsession des compétences permet d’achever la transformation des enseignants et de l’école elle-même en de simples auxiliaires de l’entreprise capitaliste. Le présupposé de cette approche par compétences est que la démarche  pédagogique ne peut être efficace que si elle est découpée en morceaux. C’est le travail pédagogique en miettes qui fait perdre toute autonomie à l’enseignant. L’ingénierie, le processus, le côté mécanique des choses, la gestion interactive de la classe, le savoir-faire prennent le pas sur le savoir19 et paralysent sa transmission que le pédagogisme officiel prétend, malgré tout, vouloir favoriser. On a dans ces conditions des raisons de douter que des enseignants auxquels on enlève à ce point toute autonomie, puisse former, en retour des élèves autonomes. Mais qui a dit que la société de consommation a besoin de travailleurs autonomes ? Cette absence d’autonomie prend encore un tour plus tragique dans notre pays où l’indépendance représente moins un présent qu’une chose à conquérir. Il ne s’agit pas de soustraire notre pays à toute influence étrangère mais, de là, à en faire un pays-sans-qualités20, un pays-éponge21 dont les habitants seraient comme des êtres humains par  défaut, en permanence, à l’affût du dernier prêt-à-porter pédagogique à la mode, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir et que nos élites ont déjà franchi plus d’une fois. Qui donc les réveillera  de leur sommeil sur cette question comme sur bien d’autres22 ?

Notes de bas de page

1 Le paradoxe sera même déjà perceptible à Ganvié plus que partout ailleurs où les héritiers des peuples dont on donne ainsi à voir l’esprit de créativité et d’inventivité, bénéficient à peine des produits de l’activité touristique. Et cela, pour ne rien dire du Parc de la Pendjari, lui-même. Les dirigeants de notre pays mettent un zèle inexplicable à protéger la nature, dans un environnement où on se moque de la vie de l’homme comme d’une guigne. Certaines populations de chez nous expriment l’inanité d’une telle politique en ayant, de temps en temps, l’audace de s’opposer aux prétentions des garde-forestiers qui tentent, contre toute logique, de les empêcher de pratiquer la chasse aux gibiers qui leur servent, au quotidien, de maigres pitances.Tout laisse penser que nos dirigeants réfléchissent à peine aux impacts des  politiques qu’on leur propose-impose de l’extérieur. Pour nous, l’obligation de protéger la nature doit être pensée de façon globale, en prenant en compte les besoins  de l’homme.

2 Jeune  Afrique, numéro 2528,  21- 27 juin 2009

3 Ibid.

4 On lira également avec intérêt Jeune Afrique, numéro 2744-2745, du 11 au 24 août 2013.

5 Sur les mécanismes de cette sacralisation, on relira toujours, avec intérêt, le premier livre du Capital de Marx.

6 Bourdieu Pierre , La distinction : critique sociale du jugement, Minuit, Paris 1979, 670 pages.

7 L’exode rural est le fait social majeur de ces trente dernières années dans notre pays. De la ville de Cotonou qui a fait, au cours de ces trente dernières années, l’objet d’une urbanisation  sauvage et mal maîtrisée, on peut déjà prendre la mesure de la misère qui sévit dans nos campagnes. D’un point de vue historique qui est le sien, on peut lire, pour se faire une idée de

 l’histoire de  la ville de Cotonou elle-même, l’intéressant travail de Sotindjo Dossa Sébastien, Cotonou : l’explosion d’une capitale économique (1945-1985) L’Harmattan, Paris 2010, 336p.

8 Bourdieu Pierre et Passeron Jean- Claude, Les héritiers : les étudiants et la culture, éditions de minuit, Paris 1964, 192 pages.

9 Le mot paroisse vient du grec paroikein qui signifie « être en séjour ».

10 On sait que Marx aussi voyait en Luther plus qu’un  grand théologien. C’était pour lui, un  grand Allemand, un véritable marqueur anthropologique. Calvin était, lui-même, dans son genre, cette sorte de marqueur anthropologique dont les fidèles se sentaient comme appelés, saisis par quelque chose qui les  dépassait et qui les engageait sur ce chemin des  Amériques, avec pour mission, la  fondation de la Nouvelle  Jérusalem. Nous autres Africains, nous avons payé un prix lourd pour l’accomplissement de cette promesse. Mais ce n’est pas de cette histoire dont il s’agit ici. D’entrée, le  calvinisme a toujours posé un  problème qui est d’actualité, dans notre pays: celui de  la confiance et de sa  signification. Comment peut-on se sentir appelé par quelqu’un, sans d’autres critères, d’autres cautions que l’appel lui-même? Il est vrai que tous les prophètes du judaïsme, du christianisme et de l’islam ont eu à faire face, chacun pour son propre compte, à cette énigmatique question. Mais au moins pensaient-ils obéir ou parfois même, désobéir à leurs voix intérieures, à Dieu. Mais à qui ont donc obéi les fidèles qui, dans notre pays, ont déposé leurs épargnes dans les structures de l’ICC-Service et Consort? Pour répondre à une telle question, avec toute la rigueur qui s’impose, il faut d’abord prendre acte du glissement, du tournant historique qui a transformé, sur le sol américain, le calvinisme en capitalisme. Mais pour cela, nous aurons besoin d’apprendre  dans un premier temps à distinguer l’un de l’autre : cette distinction doit s’effectuer au travers de l’histoire qui les a reliés. Une appréhension correcte de  cette  histoire pourrait nous aider à mieux comprendre le calvinisme fraîchement tropicalisé qui sévit, aujourd’hui, dans maint pays d’Afrique. Et surtout  à faire attention à tous les émules des pharaons qui, chez nous, se présentent, tantôt comme Joseph, tantôt comme

Moïse.

11 Chacun conviendra qu’il  y a, ici, matière pour une  interrogation plus profonde sur la fonction, le rôle social et la légitimité de certaines églises et de leurs pasteurs dans notre sous-région.

12 Je cite de mémoire

13 Psaume 121 verset 4

14 On lira, avec profit, La fausse monnaie, in Baudelaire Charles Le Spleen de Paris

15 Jean Price-Mars, Ainsi parla l’oncle, Port-au-Prince, Imprimeur II, 1998, p. XXXVII

16 En réalité, Me Robert Dossou n’était pas seul à avoir pensé ainsi. C’est ce que pensait Kérékou lui-même. C’est aussi ce que pensait paradoxalement l’actuel candidat de l’UN, Adrien Houngbédji qui espérait ardemment, à l’époque, devenir le premier Ministre de Kérékou. Sur cette question de coup d’État civil, on se reportera avec intérêt à Noudjenoumè Philippe, La démocratie au Bénin : bilan et perspectives, L’Harmattan, Paris 1999,  pp 160-161

17 On aura deviné tout au long de ce texte, une hypothèse dont il restera à faire une démonstration plus large dans un projet en chantier, à savoir que notre  société est une société de confiance,  confiance sans laquelle, elle aurait été déjà disloquée, depuis longtemps, par les conflictualités qui la travaillent. Un  scandale comme celui de l’ICC-Service et  Consort est le produit même de l’état de confiance qui règne dans notre société. Mais la question de la confiance elle-même est une question purement secondaire. La tâche urgente à accomplir est celle d’une mise à nu théorique des liens visibles et invisibles dans lesquels s’enracine la confiance, dans notre pays. Quels sont ses ressorts, ses points d’ancrage à l’intérieur de la  société?  Ce qui revient à dire que les questions de la confiance ou de la  méfiance considérées indépendamment de ces points d’ancrage ne sont pas essentielles, même si elles  ne sont pas anodines : La confiance, l’absence de doute ne sont que des représentations, des signes, des symptômes sociaux. C’est Sigmund Freud, plus radical en ces choses que nous, qui  se demandait, avec pertinence : pourquoi les enfants  se détestent-ils? Est-ce  parce qu’il y a un problème d’héritage que les enfants  se  détestent? Est-ce parce que les enfants se  détestent qu’il y  a un problème  d’héritage? Les populations Péda de chez  nous qui n’ont pas  lu Freud n’en  renchérissent pas moins : Amugo nè wè son lò….Amugo nè wè son là? C’est ce type de questionnements qui doit nous préoccuper.

18 On lira sur la question des intellectuels et du pouvoir Lyotard Jean-François, Tombeau de l’intellectuel at autres papiers, Galilée 1984, 96 p.

19 Waters Lindsay, L’éclipse du savoir, Allia 2008, 137 pages

20 Musil Robert, L’homme sans qualités, Seuil, Paris 1995, 864 pages

21 J’emprunte cette image d’éponge à Bachelard Gaston, La formation de l’esprit scientifique : contribution à une psychanal

yse de la connaissance objective,. Librairie philosophique J. Vrin, 2000

22 On nous propose aux dernières nouvelles pour toute réponse de sanctuariser cette école de l’inégalité et de la soustraire pour jamais aux mouvements de grève des enseignants. Non, ce n’est pas ainsi qu’on triomphe de la fatalité. Nos charlatans doivent relire avec toute l’attention requise ce passage de la proclamation du 26 octobre 1972, lue à la radio par le Chef de bataillon Mathieu Kérékou : «Dans l’enseignement public et privé, parents, maîtres et professeurs s’interrogent sans cesse sur le sort de leurs enfants hypothéqués par une réforme hâtivement conçue et mal élaborée. Ces promoteurs n’ont même pas le courage et la loyauté de l’appliquer scrupuleusement » (Je cite de mémoire). Ce passage est encore plus vrai encore aujourd’hui qu’en 1972. Ne pas en avoir conscience d’un pur aveuglément.

 Daniel Eléguédé

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Palais de la Marina : Lilian Thuram présente son livre à Yayi

avril 29, 2014

Plusieurs délégations se sont succédé dans la journée de ce lundi 28 avril 2014 au cabinet du président Boni Yayi. Au nombre des sujets ayant meublé ces audiences figure en bonne place la présentation du livre de l’ex footballeur français d’origine antillaise, Lilian Thuram, intitulé «Mes Étoiles noires». Selon le footballeur guadeloupéen en provenance de Guinée Conakry, les échanges sur cet ouvrage  avec le président Boni Yayi ont été très riches et empreints de convivialité. Il s’est dit heureux de fouler à nouveau le sol béninois qui fait raviver ses racines. «Chaque fois que je viens dans un pays africain, c’est comme si je suis à la maison», a-t-il affirmé avant de plaider pour une meilleure connaissance de l’identité africaine, au-delà des clichés calqués sur la traite négrière et la colonisation. Pour lui, «le plus puissant racisme de notre temps est de faire croire que l’Afrique est le continent le plus pauvre».

Bruno Otégbéyé Cell/Com PR

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Président Cup 2014 : Comment le Bénin enlève le majestueux trophée

avril 29, 2014

La finale de la coupe cadette de l’Ufoa B s’est jouée dimanche dernier au stade municipal de Lomé. Et c’est le Bénin qui a fini par s’imposer au Mali sur le score de 2 buts à 1.

La finale de la coupe cadette de l’Ufoa B dite « Président Cup 2014 » qui a mis aux prises le Bénin et le Togo a tourné à l’avantage du Bénin. Après les prolongations (2-1). Au terme du temps réglementaire, le score était de parité.

Et pourtant, ce sont les Maliens qui ont eu l’occasion d’ouvrir la marque sur penalty. Sheyi Damilola, l’excellent portier béninois, bloque le tir (22e). Déjà à l’entame de la rencontre, les Maliens ont imposé leur rythme. Les Béninois, un peu trop sur leur garde, ont réussi à desserrer l’étreinte avant de porter le danger dans le camp adverse. A la pause, le score était nul et vierge. C’est donc à la reprise que les Ecureuils cadets obtiennent un penalty suite à une faute de main d’un défenseur malien. Gaston Houngbédji n’a pas tremblé. Il transforme la sentence. Les Aiglons, blessés dans leur amour-propre, sortent la grosse artillerie. La défense béninoise est mise à rude épreuve. Tant bien que mal, elle tient le coup jusqu’à un quart d’heure de la fin de la rencontre. Sur une action bien menée, Sidiki Maïga frappe en pleine lucarne. La Mali refait son retard. Malgré les attaques de part et d’autre, le score ne changera pas. Il a fallu les prolongations pour voir une sélection béninoise plus incisive. Et suite à un beau mouvement d’ensemble, Aaron Ibilola trompe le portier malien. Les Béninois défendent bec et ongles cet avantage. Ils tiennent ainsi le trophée de la Président Cup. Cerise sur le gâteau, Aaron Ibilola est désigné meilleur buteur de la compétition avec trois réalisations.

Le président Fédération béninoise de football qui a effectué le déplacement a exprimé sa joie et sa fierté. Augustin Ahouanvoéba a rendu hommage à tout l’encadrement des Ecureuils, et surtout aux entraineurs Emile Enansouan et Stanislas Akélé pour cette prouesse. Il a demandé le soutien des Béninois afin que notre pays aille plus loin. « C’est une première pour le Bénin qui gagne enfin une coupe régionale. Le travail doit se poursuivre pour des victoires plus grandes… », dit-il. Rappelons que la « Président Cup 2014 » est une initiative du Comité exécutif de l’Union des fédération ouest-africaine de football (Ufoa B) en collaboration avec la Fédération togolaise de football.

Au total, 22 buts ont été marqués au cours de 09 matches. Soit, 2,44 buts par match. Ce qui est une belle moyenne, même s’il faut stigmatiser la faiblesse incroyable du Togo, pays organisateur. Si le Malien Mohamed Haidara a été élu meilleur joueur, le Béninois Aaron Ibilola est désigné meilleur buteur (03 buts) du tournoi. Le Nigéria a gagné le trophée de meilleur gardien et celui l’équipe fair-play.

Les Ecureuils cadets qui sont rentrés hier à Cotonou ont été reçus dans la soirée par le ministre chargé des sports.

Tous les résultats

Poule A

Togo-Bénin                          : 2-1

Bénin-Côte d’Ivoire           : 2-1

Togo-Côte d’Ivoire            : 1-1

Poule B

Nigéria-Mali                         : 2-0

Mali-Nigéria                         : 0-2

Demi-finales

Nigéria-Bénin: 1-1 et 1 tab à 3

Togo-Mali                            : 0-4

Match de classement

Nigéria-Togo                        : 3-0

Finale

Bénin-Mali                           : 2-1

Classement final

1er Bénin

2e Mali

3e Nigéria

4e Togo

5e Côte d’Ivoire

 Le Togo dans la désunion

La première édition de la « Président Cup » s’est jouée du 19 au 27 avril 2014 à Lomé au Togo. Tout le monde s’attendait à ce que les jeunes Eperviers gagnent leur compétition. Mais curieusement, c’est le contraire. Le Togo a été en échec total. Bien que ce soit sur ses installations, la sélection hôte a bu le calice jusqu’à la lie. En quatre matches, le Togo a encaissé 09 buts contre 03 seulement de marqués. Ce qui est catastrophique pour le pays organisateur. Mais à y voir de près, on se rend compte que la division au sein des responsables du football togolais n’est pas étrangère à la situation. La « Président Cup 2014 » serait organisée sans le consentement du président de la Fédération togolaise de football. L’Ufoa a dû composer avec le vice-président de la Ftf et ses « amis ». Et cela s’est ressenti sur le terrain. Non seulement le Togo a occupé la 4e place sur 05 équipes, mais il n’a gagné aucune distinction honorifique. Même pas le trophée du fair-play en tant que pays organisateur. C’est inquiétant. C’est dramatique ! On parle de la « Président Cup 2014 » dont la finale s’est jouée le jour de la fête de l’Indépendance du Togo. Mais ce qui est curieux, on n’a vu nulle part le chef de l’Etat togolais. Et selon des sources concordantes, un autre tournoi présidentiel a été organisé et la finale s’est jouée le même jour. Cela fait désordre et démontre à suffisance le niveau de pourriture dans la gestion du football togolais. Vivement que cela cesse afin les Eperviers retrouvent leur place dans le gotha du football africain, voire mondial.

Pascal Hounkpatin

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Vente d’articles dans les feux tricolores : Une activité aux grands risques à Cotonou

avril 29, 2014

Les principaux feux tricolores de Cotonou servent de lieux de vente d’articles de toutes sortes. Une activité qui n’est pas sans danger pour les vendeurs.

Se faufiler entre voitures, motos et camions, c’est l’exercice quotidien de certains Béninois qui ont choisi les feux tricolores pour écouler leurs articles. C’est le cas d’Hermann, un vendeur de produits cosmétiques qui vient chaque matin dans les feux tricolores de Cadjèhoun pour  écouler ces produits. Il le fait quotidiennement pour pouvoir satisfaire ses besoins. Une fois  arrivé sur les lieux avec ces produits, il les accroche au cou tout en prenant soin de garder d’autres en main. Ainsi, il guette le feu rouge en jetant des coups d’œil incessants sur la voie. Dès que le feu rouge s’allume, il se faufile entre les usagers tout en présentant aux motocyclistes et automobilistes ces produits de toutes sortes étalés sur son corps. Si certains le revoient dès qu’il s’approche d’eux, d’autres par contre l’observent avec attention même s’ils ne sont prêts  à acheter, surtout les femmes qui regardent plus les produits cosmétiques. Dès que le feu est au vert, c’est de la désolation, il court, s’arrête un moment tout en regagnant le trottoir. Il renfrogne la mine parfois, notamment lorsque les clients ne paient pas et partent avec le produit dès que le feu au vert. Mais il garde toujours espoir. Parfois, ils accusent sur certains qui ne veulent pas acheter mais qui lui font perdre du temps tout en discutant du prix des produits. Chaque fois qu’un client interpelle Hermann, il se dirige vers ce dernier. Mais toujours est-il que le temps que les clients achètent et payent, le feu est souvent au vert. Ce qui fait qu’Hermann n’arrive pas toujours à prendre son argent. Cela suscite des insultes et des cris de la part des uns et des autres. Sur ce, les usagers qu’il gêne dans leur circulation le traitent de tous les noms. « Tu veux mourir jeune », lui lance-t-on parfois. Certains lui reprochent de ne pas se soucier de sa vie, d’autres lui bloquent le passage. Certains vendeurs font la sourde oreille lorsque le feu est au vert et les usagers n’attendent pas pour leur donner des coups ou proférer à leur encontre des injures. Ils deviennent parfois un obstacle pour nous les motocyclistes et automobilistes qui n’arrivons pas à vite démarrer lorsque le feu est au vert, a confié un zémidjan  avec amertume.

Boniface Kabla (Stg)

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Conavab inter 2014 : Les candidats du Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire et du Ghana connus

avril 29, 2014

Le compte à rebours pour la  Coupe nationale du vainqueur des artistes du Bénin (Conavab) édition 2014 a commencé. Des artistes représentant des pays participant à cette grand-messe de la musique africaine sont désormais connus.  Il s’agit des candidats du  Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire et du  Ghana.

La première étape de la 17ème édition de Conavab a démarré le 02 Janvier 2014 par la sélection des artistes de la sous-région. Au Ghana où le top a été donné, c’est le Duo J. F. Conconsa 28 ans et 21 ans d’âge qui a mérité l’attention des membres du jury. Ils ont été sélectionnés grâce à leur travail impeccable et leur présence régulière sur les chaînes de télévision ghanéenne. Ils vivent à Accra, l’un est Coiffeur et l’Autre Chauffeur de profession. Ils ont chanté en Anglais et en Twi. L’un répond au nom de : N’tiédu Baffour et l’autre Tchihoundro Félix. Ensuite, cap a été mis sur le Burkina faso, plus précisément sur  Bobo-Dioulasso, deuxième grande ville du pays. Car l’année dernière, lors de la 16ème édition, le représentant du Burkina Faso résidait à Ouagadougou. Les Promoteurs culturels ont  aidé le comité de la Conavab à sélectionner cette fois-ci l’artiste Tiekorkora, de son vrai nom Sanou Domba, artiste musicien de profession. Il vit à Bobo-Dioulasso (République du Burkina-Faso) et chante en langue Dioula. Il a 34 ans. En Côte d’Ivoire, il a été sélectionné l’artiste Grâce Lucie, de son vrai nom Kouassi Adja Bio. Grâce Lucie épouse Kouamé, âgée de 45 ans, est artiste chanteuse. Née à Bondoukou (République de Côte-d’Ivoire), elle vie à Abidjan et chante en français, en koulango et en lingala. S’agissant de la  deuxième étape de l’organisation de la Conavab Inter 2014, le comité d’organisation est à pied d’œuvre pour lancer l’appel à candidatures des artistes béninois de musique moderne. L’inscription couvrira la période du 05 au 28 Mai 2014. Les membres du jury procèderont, sur  l’ensemble du territoire national, à la présélection de 64 artistes parmi les inscrits. La compétition des artistes retenus démarre du Lundi 16 Juin et prendra fin le Jeudi 21 Août 2014. Au finish, l’on aura les 08 finalistes. La troisième étape sera consacrée à la grande finale, qui rassemblera les 08 artistes finalistes du Bénin et les 03 de la sous-région, le dimanche 07 septembre au Palais des Sports de Cotonou. La quatrième étape sera la réalisation et le lancement de l’album du Champion béninois.

Promouvoir des artistes de par leurs œuvres

 Il faut noter la  Conavab a pour objectif, non seulement de primer, de décorer et d’égayer, mais surtout de promouvoir les artistes béninois sans distinction de race, d’ethnie, de sexe, de religion, de condition sociale, en les confrontant à leurs propres insuffisances qui doivent être corrigées afin que, d’amélioration en amélioration, ils deviennent des Stars et de dignes Ambassadeurs de l’art et de la musique béninoise.  La promotion et la diffusion de la musique béninoise s’inscrivent bien dans ce schéma. Il faut noter que la Coupe Nationale du Vainqueur des Artistes du Bénin (Conavab) est une organisation non gouvernementale à but non lucratif créée en 1998 par M. Patrice Ahouloumè, Directeur de l’Agence Postebe Promotion. La Conavab est une initiative culturelle privée d’envergure nationale et internationale qui permet la promotion des artistes de par leurs œuvres et, par conséquent, promeut la culture béninoise tant sur le plan national qu’à l’international. La  Conavab n’est donc pas que musique mais d’abord l’art, ensuite  la culture et enfin la promotion de l’art et de la culture béninoise. Elle amène les artistes béninois à peaufiner la qualité de leurs œuvres. Depuis  la 15ème  édition en 2012, la Conavab  a commencé à s’intéresser à la promotion et à la production des groupes d’artistes de la musique traditionnelle ou moderne tant nationaux qu’internationaux. C’est une manifestation qui contribue énormément à l’animation des espaces culturels et qui rapproche également les artistes de leur public. Cette initiative a fait jusqu’en 2012 la promotion de plus de 700 artistes musiciens, tant modernes que traditionnels de tous les douze départements du Bénin (nouveau découpage) et a primé environ 200 parmi eux. La Conavab, initiative culturelle privée d’envergure nationale et internationale, permet de promouvoir des artistes à travers  leurs œuvres et, par conséquent, promeut la culture béninoise aux plans national et international. Rappelons que la Conavab inter s’étend au-delà des frontières nationales et fait concourir les artistes des pays de la sous-région ouest africaine.

Victorin Fassinou

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Promotion de la musique béninoise : Le Bénin inaugure son premier institut de musique

avril 29, 2014

Le vendredi  25 avril 2014, l’ensemble du monde artistique et les universitaires béninois ont procédé à l’inauguration à Cotonou de l’Institut régional de musique et de chant choral. Une majestueuse cérémonie, présidée par le Directeur de la promotion artistique et culturel, qui a enregistré  la présence du Docteur Christian Pariot, président de l’Institut.  

Maître Simon Dédji  a enfin réalisé son rêve. Le professeur certifié de Mathématiques qui, depuis 1984 préside les formations en technique vocale à la Direction de la musique sacrée de l’Eglise catholique, a porté sur les Fonts baptismaux l’Institut régional de musique et de chant choral. Une initiative saluée à sa juste valeur par l’ensemble du monde artistique et les universitaires béninois qui ont été nombreux à honorer de leur présence la cérémonie d’ouverture de ce qu’il convient d’appeler la première école supérieure d’enseignement formel de la musique.  Le ministre de la culture s’est fait représenter par le Directeur de la promotion artistique et culturel. Au premier rang des invités, on pouvait noter la présence du docteur Abel Dossoumou, lui-même musicologue, ancien Directeur du Cpu et parrain de la cérémonie ; le docteur Bienvenu Akoha, universitaire et Président du Conservatoire des danses et rythmes cérémoniels d’Abomey ; le Docteur  Placide Clédjo, enseignant à la Flash à l’Université d’Abomey-Calavi et  grand praticien de la musique. Les allocutions de circonstance et divers témoignages ont été entrecoupés de prestations des étudiants de l’Institut.  Félix Nansi a fait une démonstration publique des formations qu’il donne puis, sous la houlette du professeur  Apollinaire Mèdagbé, enseignant de la musique africaine à l’Institut, les étudiants ont exécuté à merveille l’hymne national du Bénin en langue fongbé ponctué des pas de danse du rythme Houngan. Le représentant du ministre de la culture a non seulement témoigné l’adhésion du gouvernement à l’initiative et félicité le promoteur, mais il a surtout annoncé qu’à partir de l’année prochaine, le gouvernement béninois enverra 100 artistes se perfectionner chaque année dans l’Institut. Sosthène Sèflimi, l’un des administrateurs de l’Irmcc, interrogé à la fin de la cérémonie, a indiqué que le plus dur commence maintenant car selon lui : « l’Institut devra pouvoir assumer la responsabilité de la révolution musicale que sa création induit au Bénin.»

 Athanase Dèwanou (Coll)

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Positions divergentes au sujet de la grève : Des invectives entre syndicalistes

avril 29, 2014

La guerre est désormais déclarée au niveau des responsables des Centrales et Confédérations syndicales, la Fésyntra-Finances y compris. Les amis d’hier s’invectivent aujourd’hui. Le ton monte. La cassure est réelle et profonde. Qui l’eût cru ?

C’est à peine croyable. Les responsables des Centrales et Confédérations syndicales se parlent désormais par presses interposées. Avec des propos loin d’être ceux de la camaraderie.  Les camarades d’hier sont devenus des ennemis d’aujourd’hui. La sortie médiatique conjointe de la Fésyntra-Finances et de la Cstb hier, lundi 28 avril 2014, est le signe que le monde syndical au Bénin est en lambeau. C’est désormais du tac au tac. Lors de leur sortie médiatique hier, Paul Essè Iko et Laurent Mètongnon ont rapporté des propos que Pascal Todjinou aurait tenus sur les ondes des radios et télévisions. Pascal Todjinou, selon eux, aurait dit que « les Confédérations qui ont suspendu la grève constitueraient la majorité de quatre (04) contre deux (02) qui appellent à la poursuite». Sur ce point, la Cstb et de la Fésyntra-Finances ont répliqué : «…En évoquant une majorité bureaucratique de secrétaires généraux contre une majorité démocratique de militants et de travailleurs à la base, ceux qui ont suspendu la grève pensaient présenter la motion de poursuite de la grève par la Cstb et la Fésyntra-Finances comme anti-démocratique. Mais ils ont plutôt montré qu’ils sont des adeptes et soutiens d’une gouvernance bureaucratique». Toujours dans ce registre, Paul Essè Iko et Laurent Mètongnon ont rapporté des propos des secrétaires généraux Pascal Todjinou et Noël Chadaré selon lesquels leurs militants qui poursuivent la grève le feraient à leurs risques et périls et qu’eux autres ne les défendraient pas en cas de répression. A cela, le duo Mètongnon-Iko a répondu  qu’«on croirait entendre un ministre du pouvoir de Boni Yayi ou Boni Yayi lui-même et non un Chef syndicaliste ! (…) Il faut être tombé du côté du gouvernement pour menacer des travailleurs de risques et périls à cause de la poursuite d’une grève ! ». Selon les conférenciers d’hier, les responsables de Confédérations et Centrales syndicales ayant suspendu la grève ont aussi tenu les propos qui suivent : «Nous autres, nous ne sommes pas dans le schéma de l’insurrection populaire, nous ne faisons pas grève pour le départ de Boni Yayi du pouvoir ». A cela aussi, ils ont apporté leurs réponses. «Aux journalistes qui ont osé leur demander où a-t-il été inscrit dans les motions de grève des appels à l’insurrection populaire, Todjinou et ses compagnons de trahison des intérêts des travailleurs ont fait du dilatoire, pensant pouvoir cacher leur accointance de fait avec le pouvoir de Boni Yayi qui crie depuis janvier 2014 que la grève en cours a d’autres objectifs et relèvent d’autres mobiles. Pire, en insinuant que ceux qui soutiennent la poursuite de la grève s’inscriraient dans un schéma d’insurrection populaire et reprenant à leur compte cet argument du pouvoir, Todjinou, Lokossou, Chadaré se constituent en témoins à charge et en soutien du pouvoir de Boni Yayi pour une répression des grévistes et des responsables de la Cstb et de la Fésyntra-Finances au motif que ceux-ci attenteraient à la sûreté de l’Etat…». La rupture entre la Cstb et la Fésyntra-Finances d’un côté, la Csa-Bénin, la Cgtb, la Cosi-Bénn et la Cspib de l’autre, est plus que jamais consommée. Et là, l’on se demande à qui profite la cassure ?

 Grégoire Amangbégnon

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Sortie de l’ex-ministre de la fonction publique à propos du concours annulé : La Fesyntra-Finances trouve provocateurs les propos de Mèmouna Kora Zaki (Elle exige de transmettre la liste des acteurs de cette fraude à la justice)

avril 29, 2014

La Fédération des syndicats des travailleurs du Ministère de l’économie et des finances (Fesyntra-Finances) était face à la presse hier, lundi 28 avril 2014. Dans la salle de conférence dudit ministère, elle a jugé provocatrice la dernière sortie médiatique de l’ex-ministre Mèmouna Kora Zaki de la fonction publique au sujet du dernier concours de recrutement d’agents au profit du Mef. Pour la Fesyntra-Finances, le numéro 1 qu’on devrait punir dans ce dossier est bel et bien l’ex-ministre de la fonction publique, Mèmouna Kora Zaki.

L’ex-ministre de la fonction publique Mèmouna Kora Zaki, dans une interview accordée à Canal 3, a donné sa version des faits sur le dernier concours de recrutement d’agents organisé au profit du Ministère de l’économie et des finances (Mef). Concours à polémique et annulé par le gouvernement, le mercredi 26 mars 2014, en Conseil des ministres. L’ex-ministre, saisissant l’occasion, a fait connaître à la face du monde qu’elle n’en est pour rien dans ce dossier. Pour la Fédération des syndicats des travailleurs du Ministère de l’économie et des finances (Fesyntra-Finances), cette sortie de l’ex-ministre de la fonction publique est honteuse et provocatrice, en ce sens qu’elle est le premier responsable à interpeller dans ce dossier. Pour le porte-parole de la Fesyntra-Finances, Laurent Mètongnon, la ministre Mèmouna Kora Zaki, qui a tenté de se blanchir lors de l’interview sur Canal 3, mérite une sanction. Selon la Fesyntra-Finances, la fraude au niveau de ce concours dénoncé par les travailleurs du Mef depuis des mois, et par la suite confirmée par la commission Moïse Mensah, n’a pas commencé à la signature d’un ou de deux communiqués, le 31 décembre 2012. Elle affirme que cette fraude a bel et bien commencé dès la conception de l’idée de recrutement, et s’est peaufinée tout au long de la préparation, du déroulement, de la correction, de la délibération pour être parfaite à la signature du communiqué. Saisissant l’occasion, Laurent Mètongnon a démontré la responsabilité de chacun dans ce dossier de fraude. A l’en croire, la Fesyntra-Finances avait déjà à maintes reprises dénoncé la situation à travers plusieurs manifestations de protestation et autres conférences de presse, en l’occurrence celle du 10 décembre 2013, organisée à la Bourse du Travail de Cotonou. Dans ses propos, le Sg Mètongnon est donc revenu sur les différentes mises en garde que la Fesyntra-Finances avait faites en son temps sur les irrégularités qui ont été constatées dans l’organisation du concours. D’après ses explications, l’ex-ministre de la fonction publique est bien responsable de cette fraude. « Si tant est que l’ex-ministre de la fonction publique est clean pour laver son honneur, elle doit se mettre rapidement à la disposition de la justice de son pays », a martelé le Sg Mètongnon. Quant à Jean-Baptiste Elias, président du Fonac, présent à la conférence de presse, il a confirmé les propos de Laurent Mètongnon, ajoutant par ailleurs que les responsables de cette fraude ont été soumis à un questionnaire en 26 points par le Fonac et l’Olc aux fins de situer les responsabilités de chaque acteur. A l’instar de Jean-Baptiste Elias, le Sg Mètongnon a demandé que le gouvernement publie la liste des acteurs de la fraude et que ces derniers soient punis dans un bref délai.

 Victorin Fassinou

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Bruno Amoussou lors de la tournée de l’UN dans le septentrion : «L’Alibori occupe la dernière place sur le plan de l’éducation»

avril 29, 2014

La salle du centre des Jeunes et de Loisirs de Kandi était devenue trop petite, le samedi 26 avril 2014, à l’occasion de la rencontre entre les dirigeants de l’Union fait la Nation et les militants UN de Kandi. Dans un langage de vérité, le président Bruno Amoussou a remercié les populations de Kandi pour l’accueil. Mais il a aussi appelé à une prise de conscience des populations. Pour illustrer ses propos, chiffres à l’appui, le Dadjè national a démontré à l’assistance que l’Alibori occupe la dernière place sur le plan de l’éducation. Tenez, l’Alibori est le département le moins scolarisé de notre pays. Le peu d’enfants de l’Alibori qui vont à l’école fréquentent dans des conditions défavorables. Les classes des écoles du département de l’Alibori sont les plus surchargées. La moyenne nationale en ce qui concerne le ratio nombre d’élèves par enseignant est de 44,1 élèves par enseignant. L’Alibori occupe la dernière place avec 61 élèves par enseignant. Bien d’autres chiffres ont été révélés au public par le président de l’Union fait la Nation. Ceci a suscité l’émoi chez l’assistance. Et il a poursuivi : «Les chiffres et le document que je vais vous laisser, c’est le gouvernement qui nous les a envoyés. Vous verrez le cachet de l’Assemblée nationale dessus. Et vous verrez les chiffres émanant du ministère de l’Education nationale. Que disent ces chiffres ? L’Alibori est le département le moins scolarisé de notre pays. Je vais vous laisser les chiffres, le tableau que le gouvernement nous a envoyé. Le taux brut de scolarisation. La moyenne nationale, c’est 120, celui de l’Alibori est 67,50, de la rentrée 2006-2007 jusqu’à la rentrée 2011-2012. Sur ces six années à aujourd’hui, l’Alibori est le département le moins solarisé du Bénin. Deuxième chose que je voudrais vous dire, on a demandé au gouvernement de nous dire là où il manque des classes pour voir quelle est la charge par classe. La moyenne nationale d’élèves par classe est de 43, 2. L’Alibori, c’est 61, au-dessus de la moyenne. Cela signifie que les classes sont surchargées dans ce département, et c’est le département où les classes sont les plus surchargées du Bénin. Dans ces classes surchargées, y a-t-il des enseignants ? Combien d’élèves y a-t-il par classe par enseignant ? La moyenne nationale, c’est 44 élèves par enseignant. L’Alibori, c’est 61. Chaque enseignant de ce département doit encadrer 61,8 élèves. Cela veut dire que les enfants dans l’Alibori ne vont pas à l’école. Le peu d’enfants qui y vont, sont dans des classes surchargées dans lesquelles il n’y a pas de maître. C’est ça que nous combattons et c’est cela que vous devez combattre à Kandi aussi. C’est de cela qu’il s’agit. Vous aurez le document tout à l’heure, et vous verrez le cachet de l’Assemblée là-dessus.  Et c’est ce combat que nous menons, combat pour la justice, combat pour élever le niveau des filles et des fils de notre pays. C’est contre cela que l’Union fait la Nation se bat. Et si vous choisissez de soutenir ce que je veux de dire, c’est-à-dire qu’on ne scolarise pas les filles et fils de l’Alibori, qu’on les entasse dans les salles de classe, qu’on ne leur donne pas d’enseignant, si c’est cela que vous soutenez, nous ne pouvons rien, mais nous ne pouvons que vous plaindre et vous dire que non seulement vous compromettez votre avenir, mais vous vous placez aussi, vous et vos enfants, dans une situation intenable, et vous serez responsables demain, face à cette génération-là. Nous sommes venus vous le dire, pour qu’après personne ne dise qu’il ne l’a pas entendu. Si vous ne le saviez pas, vous le savez maintenant », a clarifié Bruno Amoussou.

 Euloge Badou

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Présidentielle de 2016 : La plaisanterie reprend pour un autre K.O

avril 29, 2014

Le peuple béninois n’est visiblement pas au bout de ses peines, vu les plaisantins qui animent la vie politique béninoise. Alors que la fonction de président de la République est une fonction capitale, certains s’en amusent pour replonger le pays dans une nouvelle spirale de gouvernance hasardeuse.

Le Chef de l’Etat béninois de mars 2016, personne ne peut à la date d’aujourd’hui dire avec certitude qui ce sera. Même un devin ne pourra pas donner son nom avec certitude. Mais alors, il faut bien que les Béninois se prennent au sérieux par rapport à cette échéance capitale qui rythmera la vie de tout un peuple pendant cinq ans à partir d’avril 2016. Pour le moment, certains plaisantins amusent la galerie faisant croire qu’ils sont candidats à la présidentielle de 2016. Suffit-il de clamer que l’on veut être président pour occuper le fauteuil de la Marina ? Ceux qui avancent ces idées saugrenues, sans d’abord entrer en eux-mêmes, travailler personnellement puis avec des collaborateurs pour élaborer un document cohérent de projet avec les sources potentielles de recherche de moyens pour appliquer leur politique, ne devraient pas avoir voix au chapitre. Tout individu qui s’amuse avec l’avenir du peuple en proclamant du vent ne devrait avoir personne derrière. C’est pour cela que les Béninois doivent faire très attention dès maintenant aux amuseurs de la galerie qui n’ont pour seul métier que de distraire le peuple.

Certains parmi eux sont démarchés par des esprits retords qui les financent pour mener une frange de la population en bateau. Et le moment venu, lorsqu’ils ne toucheront plus les promesses, ils se retireront de la course à la magistrature suprême, laissant en rade leurs partisans.

Le peuple doit désormais être éveillé par rapport à tous les vendeurs d’illusion qui proclament leur candidature à travers le pays.  Les vrais candidats doivent être des gens qui s’engagent vraiment et qui mettent en débat des éléments de projet ou des projets de société sur lesquels le peuple a le temps de discuter. Certes, le degré de pauvreté du peuple aujourd’hui montre que les citoyens ne votent que pour l’argent. Mais la situation pourrait bien changer si le débat sur le profil et le contenu du projet de société du bon candidat démarre maintenant et se développe à travers tout le pays. On pourra, en comparaison à ce qu’ont fait tous les Chef d’Etat jusque-là, savoir comment ne plus se laisser prendre au piège de l’illusion. Les leaders d’opinion, les jeunes et les femmes doivent commencer à interpeller les potentielles personnes pressenties pour leur demander si elles veulent vraiment candidater et qu’est-ce qu’elles proposent pour le pays. Cela pourra permettre d’éliminer les aventuriers pour enfin disposer de la crème de personnalités parmi lesquelles on pourra choisir l’homme ou la femme qui sera plus proches des attentes du peuple, avec des capacités réelles de pouvoir honorer ses engagements.

 Junior Fatongninougbo

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