Séminaire entre partenaires sociaux et le gouvernement : Le dialogue social plombé

novembre 29, 2013

Le séminaire sur le dialogue social enclenché hier, jeudi 28 novembre 2013, et qui devrait s’achever ce jour, a déjà du plomb dans l’aile. Les partenaires sociaux, présents à l’ouverture officielle, n’ont pas daigné continuer les travaux. Et pour cause !

Partenaires sociaux et membres du gouvernement ont toujours du mal à s’entendre. Pourtant, ils avaient une bonne occasion pour le faire à l’occasion du séminaire sur le dialogue social qui s’est ouvert hier, jeudi 28 novembre 2013, dans les deux tours administratives. Apparemment, c’est un rendez-vous de plus, un rendez-vous manqué, les partenaires sociaux ayant exigé des préalables afin que les deux parties s’écoutent comme cela se doit. Ayant été antérieurement abandonnés par les ministres concernés par le dialogue, les partenaires sociaux, cette fois-ci, étaient sur leur garde, décidés à discuter en présence des ministres ou ne pas «perdre leur temps». Et ce qu’ils redoutaient est arrivé hier. En effet, entre la cérémonie d’ouverture et le début des travaux, les partenaires sociaux disent avoir constaté les absences des ministres. Comme d’habitude ! Officiellement, annonce-t-on du côté du ministère du travail, les ministres avaient été appelés par le président de la République pour un conseil extraordinaire des ministres. Les représentants des centrales et confédérations syndicales, déjà sur leur garde à cause de ces raisons, ont alors choisi de quitter la salle des travaux. Pour eux, il n’est pas question que les débats se mènent sans les ministres. Ils ont donc quitté la salle aux environs de midi, pour ne pas y retourner dans l’après-midi, malgré l’insistance des organisateurs. Ils promettent d’adopter la même attitude ce jour s’ils constatent à nouveau l’absence des ministres. «La présence des ministres est nécessaire. S’il faut reprendre, il faut que les ministres soient là », a insisté Dieudonné Lokossou, porte-parole des partenaires sociaux au séminaire. Pareil pour la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) qui dénonce, dans une déclaration au boycott des travaux, une campagne de démagogie sur le dialogue social.

Autre grief

Les partenaires sociaux exigent la présence au séminaire des ministres concernés. Mieux, ils ne comprennent pas pourquoi le Conseil national du patronat du Bénin n’a pas été associé à la préparation du séminaire et n’y a été invité qu’au dernier moment. D’ailleurs, le président du patronat, selon les dires du secrétaire général du Csa-Bénin, Dieudonné Lokossou, en a fait la remarque au ministre du travail à travers une correspondance. C’est un handicap et un mépris vis-à-vis de la structure qui tient lieu de syndicat des opérateurs économiques, regrette-t-on dans le rang des partenaires sociaux. La balle est désormais dans le camp des ministres. S’ils veulent de la réussite du séminaire, ils devront se libérer de toutes préoccupations pour aller discuter avec les représentants des syndicats. Mais apparemment, les chances d’une réussite du séminaire sont déjà fragilisées.

Jean-Marie Sèdolo

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Assemblée Nationale : Dieu a enfin éclairé les députés de la mouvance présidentielle (Nago, Aholou Kèkè, Domingo désormais les gardiens du temple)

novembre 29, 2013

Nationalisation de la Sodéco : Nago, Domingo et Aholou Kèkè ont dit non à Yayi. Sur les grands sujets touchant à la survie de la démocratie béninoise, on peut donc espérer que rien ne sera plus comme avant à l’Assemblée nationale, surtout que Dieu a enfin éclairé les députés de la majorité présidentielle.
Le vent a soufflé et la lumière de Dieu a jailli sur l’Assemblée Nationale.

Désormais, le Président Boni Yayi ne pourra plus compter sur certains de ses députés pour violer les lois de la République. De façon claire et franche, le ton en a été donné le lundi 25 novembre au Palais de la Marina au cours d’une réunion convoquée par le Président de la République pour solliciter le soutien des députés de la majorité parlementaire dans le cadre de son hideux projet de nationalisation de la Société pour le développement du coton (Sodéco). Le coup de force tenté par Boni Yayi a tout simplement échoué. Alors qu’on s’y attendait le moins, le Président Mathurin Nago, qui n’a pas l’habitude de refuser quoi que ce soit à Yayi, a donné l’estocade. Les propos qu’il a tenus devant le Chef de l’Etat sont assez édifiants d’ailleurs. Nago n’a pas caché son amertume face au discours tenu par le Président Boni Yayi. Il a souhaité que toutes les informations, toute la documentation en support aux propos qu’il vient d’entendre soient mises à la disposition des députés en vue de leur permettre de mieux comprendre et d’analyser de plus près la situation.
Comme si cela ne suffisait pas, la Présidente Hélène Aholou-Kèkè est montée au créneau pour demander au Chef de l’Etat d’arrêter avec ses violations répétées de la loi. Le ton a été direct. Pour Me Hélène Aholou-Kèkè dont la compétence dans le domaine du droit n’est plus à démontrer, le Chef de l’Etat fera courir des risques à l’économie et la démocratie béninoises s’il advenait qu’il nationalise par la force la Sodéco. Elle a conseillé la saisine de la justice et au besoin en procédure de référé aux fins de la nomination d’un administrateur provisoire dans la mesure où, à son avis et au regard de la loi, notamment des dispositions du Traité de l’Ohada, il ne serait pas indiqué à Boni Yayi de nommer un nouveau Directeur général à la tête de la Sodéco en Conseil des ministres, comme le Chef de l’Etat s’apprêterait à faire. Pour Aholou Kèkè donc, lorsque des lois existent, on ne peut que prendre leurs voies. « Toutes autres voies exposent à des risques sérieux, et il n’est pas souhaitable que du fait d’une seule personne qui de plus est un Béninois, fils de ce pays, on fasse courir des risques à tout le pays », a ajouté la Présidente de la commission des lois de l’Assemblée Nationale.
Dans la foulée, l’honorable Cyriaque Domingo, dont le soutien pour le Chef de l’Etat est resté indéfectible bien qu’il ait été élu sur la liste UN, n’est pas passé par quatre chemins pour marquer son étonnement et refuser d’accompagner le Président Boni Yayi dans sa volonté de transformer le Bénin, un Etat de droit, en Etat de police.
Toute proportion gardée, ces prises de position de ces députés, pas des moindres, de la majorité parlementaire sonnent comme une révolution. Et à l’allure où vont les choses, il n’est pas exclu que la majorité change de camp à l’Assemblée nationale, surtout lorsque les grands sujets d’intérêt national seront abordés. Car en dehors de ces trois députés qui ont osé parler à Yayi les yeux dans les yeux et au Palais de la Marina, il y a d’autres députés de la majorité parlementaire qui ne sont pas d’accord avec le Chef de l’Etat. Ils sont tapis dans l’ombre et n’attendent que le moment opportun pour frapper fort. Il suffit d’analyser certaines de leurs prises de position pour comprendre qu’ils sont prêts à ne plus soutenir aveuglément le Chef de l’Etat. La bonne preuve en a été donnée lors de l’élection de l’honorable Valentin A. Houdé au poste de 2è Questeur de l’Assemblée Nationale. Yayi a choisi Lucien Houngnibo. Ils lui ont dit non en bloc et ont choisi Houdé. Ce sont des signes qui ne trompent pas.

Du soutien à l’opposition : la fin est proche

Une chose est claire. La bande à Eric Houndété aura du soutien : d’abord celui du Groupe parlementaire « Cohésion nationale et paix » de Candide Azannaï né pour mettre un terme à l’infantilisation de l’humain en politique. Elle aura aussi le soutien de ces députés de la mouvance parlementaire que la lumière de Dieu a enfin éclairés. La fin est donc proche. Boni Yayi même le sait. Et comme l’a dit l’honorable Candide Azannaï qui a animé, le mercredi 27 novembre dernier, une conférence de presse avec son collègue Sacca Fikara, si le Président Boni Yayi ne fait pas marche arrière pour dialoguer, il sera rendu seul et personnellement responsable des actes qu’il aura posés.

Affissou Anonrin

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Conseil des ministres des 26 et 27 novembre 2013 : Une Ag pour désigner les nouveaux administrateurs de la Sodéco

novembre 29, 2013

L’affaire Sodéco a largement occupé les membres du gouvernement lors des conseils des ministres des 26 et 27 novembre 2013. Il est question, entre autres, de convoquer une assemblée générale ordinaire pour désigner les nouveaux administrateurs de la Sodéco, notamment, au titre des collectivités locales et des organisations de producteurs de coton  ainsi que deux autres administrateurs non actionnaires. Lire le compte rendu. .

COMMUNIQUE

Le Conseil des Ministres s’est réuni en séances extraordinaires les mardi 26 et mercredi 27 novembre 2013 élargies aux Maires des Communes des bassins cotonniers.
Au cours des séances, le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le Ministre de l’Economie et des Finances et le Ministre chargé de l’Evaluation des Politiques Publiques, du Programme de Dénationalisation ont présenté au Conseil des Ministres une communication conjointe, relative à la procédure devant conduire à la recomposition du Conseil d’Administration de la SODECO et la nomination d’un nouveau Directeur Général.
De l’examen de cette communication, il ressort que la vision ayant conduit à la création de la SODECO est la démocratisation de l’actionnariat et la participation massive de la communauté nationale, à travers les producteurs de coton et les collectivités locales, à la gestion de ladite société. C’est en prévision de cela que 33,00% du capital de la SODECO étaient portés pour leur compte.
Ayant découvert le plan ourdi par le partenaire privé pour déposséder les masses laborieuses de leurs parts, l’Etat a pris des mesures de préservation de l’intérêt général en reprenant les actions illégalement portées par la Société Commune de Participation (SCP) au-delà du délai de deux (02) ans convenu.
Ainsi, les actionnaires de la SODECO sont revenus à leur situation initiale au moment de la création de ladite société, le 11 octobre 2008.
En effet, à cette date, et ainsi qu’il se dégage des statuts, l’actionnariat de la SODECO se déclinait ainsi qu’il suit :

Actionnaires    Portion du capital détenue
Etat Béninois     66,40%
ONS    0,10%
SCP    33,40%
M. Patrice TALON    0,10%
Total    100,00%

Il convient de rappeler que des 66,4% du capital détenus par l’Etat, 33,00% sont en portage comme suit :
Public béninois et étranger     17,50%
Collectivités locales     8,50%
Organisations de producteurs de coton     6,00%
Personnel SODECO     1,00%

Cette configuration a permis d’avoir un conseil d’administration de cinq (05) membres répartis ainsi qu’il suit :
Etat Béninois     1
Office national de soutien et de stabilisation des prix des produits (ONS)    1
Société Commune de Participation (SCP)    1
M. Patrice TALON    1
Administrateur non actionnaire désigné par M. Patrice TALON    1

Il se dégage de cette configuration que l’Etat et l’ONS n’avaient que deux (02) administrateurs pour 66,50% du capital alors que M. Patrice TALON et la SCP (société appartenant à M. TALON) avaient trois (03) administrateurs pour seulement 33,50% du capital.
Respectant ses engagements, après un (01) an de portage, l’Etat a transféré les 17,5% du capital porté pour le public à la SCP, le 24 décembre 2009. M. Patrice TALON et la SCP sont alors passés majoritaires avec 51% du capital contre 49% à l’Etat et à l’ONS sans modification du conseil d’administration.

Face à la non rétrocession par la SCP au public des 17,5% du capital de la SODECO à la date limite du 24 décembre 2011, et à la réclamation du transfert des 49% du capital détenus par l’ONS et l’Etat, ce dernier a pris ses responsabilités en reprenant, contre versement du prix de cession, soit  6,125 milliards de FCFA, les 17,5% initialement transférés pour être restitués à leurs destinataires finaux. C’est l’objet du Décret n°2013-485 du 18 novembre 2013 portant suspension de la convention de création de la SODECO.
Le capital de la SODECO, réaménagé de ce fait et tel qu’il apparaîtra désormais, ramène les actionnaires et les administrateurs comme suit :
Portion du capital détenue    Actionnaires    administrateurs
Etat Béninois     33,40%    1    1
ONS    0,10%    1    1
SCP    33,40%    1    1
M. Patrice TALON    0,10%    1    1
Collectivités locales    8,50%    1    1
Producteurs    23,5%    1    1
Personnel de la SODECO (actions portées par l’Etat)     1,00%    0    0
–    1 administrateur non actionnaire désigné par M. TALON ;
–    2 administrateurs non actionnaires désignés par l’Etat, les producteurs et les collectivités locales.
Total    100,00%    6    9
Dans la nouvelle configuration ci-dessus de l’actionnariat, M. Patrice TALON a toujours trois (03) administrateurs contre deux (01) pour l’Etat dans le Conseil d’Administration de la SODECO, alors que M. TALON et l’Etat ont souscrit le même montant du capital, soit environ 33,50%.

L’opérateur économique, M. Patrice TALON n’a donc ni été brimé, ni exproprié et la SODECO n’a non plus été nationalisée.
Le nombre d’administrateurs initialement de cinq (05) est porté à neuf (09). Il s’est surtout agi de renforcer la position des producteurs de cette filière et garantir leur présence dans les instances de décision comme cela se fait partout dans les pays de la sous-région.
Au Burkina Faso par exemple, l’Etat et les producteurs contrôlent plus de 80% de l’actionnariat de la Société burkinabè des Fibres Textiles (SOFITEX). Ces producteurs se sentent ainsi concernés par l’avenir et le développement de la filière.
En approuvant cette communication, le Conseil des Ministres a donné des instructions aux Ministres concernés, assistés de l’Agent Judicaire du Trésor (AJT), pour accomplir les diligences et formalités requises par les dispositions légales et statutaires afin de :
1.    transférer aux bénéficiaires finaux les actions portées pour leur compte ;
2.    notifier au Président du Conseil d’Administration de la SODECO, lesdits transferts ;
3.    faire convoquer, conformément à l’article 22 des statuts de la SODECO, une Assemblée Générale Ordinaire pour, entre autres, désigner les nouveaux Administrateurs notamment, au titre des collectivités locales et des organisations de producteurs de coton  ainsi que deux autres administrateurs non actionnaires ;
4.    faire convoquer une réunion du Conseil d’Administration pour :
–    nommer son nouveau Président ;
–    nommer un nouveau Directeur Général de la SODECO.
Le Conseil des Ministres a également adopté :
–    un projet de décret portant approbation des statuts du Festival International de Théâtre du Bénin (FITHEB) ;
–    un projet de décret portant agrément de la Société PEFACO, Industries Limited Sarl Bénin pour l’exploitation de salles de jeux et
–    le Document Cadre de Partenariat  (DCP) entre la République du Bénin et la République Française pour la période 2014-2016, portant sur l’assistance de la France pour un montant évalué à 102 millions d’Euros, soit environ 67 milliards de francs CFA.
Par ailleurs, les Ministres, chefs d’équipes gouvernementales ont rendu compte de la tournée effectuée dans les bassins cotonniers dans le cadre de la sensibilisation du grand public sur la campagne d’égrenage et de commercialisation du coton 2013-2014.
Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a aussi rendu compte au Conseil des Ministres du point des pistes cotonnières à réfectionner dans le cadre de la commercialisation et de l’évacuation du coton graine au titre de la campagne 2013-2014.
Le Secrétaire Général de la Présidence de la République a présenté au Conseil des Ministres deux communications relatives, la première au compte rendu de la mission de vérification des travaux relatifs aux décomptes dus par l’Etat aux prestataires de service au 31 décembre 2012, et la seconde, au point de la mission de vérification des décomptes dus au 31 décembre 2012 dans le cadre de l’exécution du Programme d’Investissements Publics.
Le Conseil des Ministres a aussi approuvé plusieurs autres dossiers, notamment :
?    une communication du Ministre des Travaux Publics et des Transports relative à l’accord de non objection de la plupart des bailleurs de fonds des travaux du projet d’aménagement et de bitumage de la route Kandi-Ségbana-Frontière Nigéria vers Samia. Le lancement des travaux de ce tronçon est donc imminent ;

?    une communication du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche relative au plan d’évacuation du coton graine au titre de la campagne 2013-2014 ;

?    une communication du Ministre du Développement, de l’Analyse Economique et de la Prospective relative à la signature du protocole d’accord entre le Gouvernement de la République du Bénin et le Centre Régional SONGHAI ;
Le Conseil des Ministres a autorisé entre autres :
–    la visite du Chef de l’Etat et l’organisation d’un Forum économique sur le Bénin en Turquie, du 10 au 12 décembre 2013 ;

–    la participation du Président de la République au Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique les 06 et 07 décembre 2013 ;

–    la visite d’Etat au Bénin, de Son Excellence Monsieur Teodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée Equatoriale, les 28 et 29 novembre 2013. Au cours de cette visite, le Chef de l’Etat et le Président de la République de Guinée Equatoriale passeront en revue :
o    la coopération entre les deux pays frères ;
o    les questions d’intérêt commun, en vue de la dynamisation de la coopération bilatérale, grâce à la conclusion d’un Accord-cadre de création d’une Commission mixte de coopération.
Par ailleurs, les deux chefs d’Etat passeront en revue des préoccupations d’ordre international, notamment celles relatives à la nouvelle dynamique à impulser entre l’Afrique et le Monde Arabe après le 3ème Sommet de Koweït, des sujets comme la reprise des négociations du Cycle de Doha avec l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et des réflexions relatives à l’agenda sur les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Ont été également autorisées :
–    la participation du Bénin au 37ème congrès mondial de l’Association Internationale du Développement Urbain (INTA) qui aura lieu à Hanoï au Vietnam, du 02 au 04 décembre 2013  et à la séance de travail du forum « Territoire en Afrique » à Paris le 09 décembre 2013 ;

–    la célébration de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, édition 2013, le 1er décembre 2013 ;

–    l’organisation au Bénin de la réunion internationale sur le financement de la Santé pour la couverture Maladie Universelle du 10 au 13 décembre 2013 ;
–    l’organisation d’un séminaire national sur la problématique du dialogue social au Bénin, en décembre 2013 ;

–    l’organisation à Cotonou du 09 au 11 décembre 2013 de la concertation « Francophonie et Agenda de Développement des Nations Unies pour l’après 2015 : Enjeux et perspectives des Objectifs de Développement Durable pour les Etats et les acteurs de l’espace francophone » ;

–    l’organisation des élections consulaires des Chambres Interdépartementales de Métiers (CIM) et de l’Union des Chambres Interdépartementales de Métiers du Bénin (UCIMB).

Fait à Cotonou, le 27 novembre 2013
Le Secrétaire Général du Gouvernement,

Eugène DOSSOUMOU

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Kiosque de vente de journaux près de la morgue du Cnhu : Boni Yayi tombe très bas dans les sondages

novembre 29, 2013

Le Chef de l’Etat, Dr Boni Yayi n’a aucune illusion à se faire par rapport à sa côte de popularité. Dans le monde des conducteurs de taxi-moto, il est en chute libre dans les sondages.

Si vous voulez prendre le pouls de ce qui se passe au Bénin, rendez-vous au Kiosque de vente de journaux près de la morgue du Centre hospitalier universitaire de Cotonou. Très animé du matin au soir, ce lieu de vente de journaux est aussi un baromètre où chaque acteur politique va jauger sa popularité. Hier matin et comme à l’accoutumée, ce coin a été pris d’assaut par les maillots jaunes : les conducteurs de taxi-moto. C’est d’ailleurs leur lieu de ralliement. Faites-y un tour ! Vous allez les voir parler de l’actualité politique nationale avec passion. Hier, jeudi 28 novembre 2013, comme je le disais, le dossier Sodéco qui défraie en ce moment la chronique au Bénin était au cœur des échanges que faisaient ses maillots jaunes. Après avoir jeté un coup d’œil sur les nombreux canards qui ont abordé le sujet, les conducteurs de taxi-moto se font leur opinion et ça y est pour les commentaires. Ces commentaires ne sont malheureusement pas favorables à Boni Yayi. Après environ deux heures d’horloge passées à les suivre, aucun de ces maillots jaunes n’a soutenu le Chef de l’Etat qui a pris la décision de nationaliser la Sodéco. Même des militants du Mozébé, ce fameux Mouvement des Zémidjan du Bénin soutenant les actions du Chef de l’Etat, ont donné leur langue au chat. Ils n’avaient pas d’arguments pour défendre leur champion qui est complètement au creux de la vague. « Nous avons voté pour lui. Nous ne pouvons que subir. Mais en 2016, il faut qu’il s’en aille tranquillement. C’est tout ce que nous lui conseillons », a déclaré Parfait, un conducteur de taxi-moto rencontré sur les lieux. « C’est bien dommage pour notre pays. Qu’est-ce qui nous arrive ? Le militaire qui nous a dirigé pendant la révolution et qui est revenu en 1996 est mille fois mieux que ce Banquier qui plonge au jour le jour le pays dans l’incertitude. Nous ne voulons plus de lui. Ça suffit ! Qu’il s’en aille en 2016 et qu’il ne tente pas de toucher à une virgule de notre Constitution », a ajouté un autre maillot-jaune. « Yayi a montré ses limites et son incapacité à bien gouverner notre pays. Je ne veux pas dire qu’il a échoué. Mais c’est le constat qu’on est obligé de faire. Nous devons faire très attention et le conduire doucement à la porte de sortie en 2016. C’est le conseil que j’ai à donner à tous les Béninois. J’en ai terminé », a dit Paulin, complètement déçu. « Ce n’est pas Yayi même qui a donné la Sodéco à Talon ? Vous avez oublié ? En son temps on avait crié, mais personne ne nous a écoutés. C’est dommage quand il dit aujourd’hui que ce n’est pas lui. C’est la preuve que celui-là n’est pas un Chef d’Etat, du moins pas un président crédible et digne de confiance. Il doit partir en 2016 pour qu’on ait la paix », pense Dossou, les yeux rougis par la brume et la fumée. « Ce n’est pas normal ce que Yayi veut faire. Fermer la Sodéco ? Mais qu’est-ce que les gens vont manger ? Il y a trop de chômeurs déjà dans le pays ! Il faut qu’il mette de l’eau dans son vin. Lorsqu’on a fermé PVI, je sais combien j’ai souffert. Mon petit frère qui avait trouvé du travail là-bas est aujourd’hui à ma charge. Ahhhhhh, ce n’est pas bon. Yayi n’a qu’à revoir les choses si non c’est grave. Ajavon a déjà fermé. Ce n’est pas bon. Noooonnnn ! Yayi n’est pas bon. Il doit partir car on ne l’a pas élu pour créer encore des problèmes à notre pays, mais pour régler les problèmes qui existent déjà », estime Apetoh, le regard absent.

Affissou Anonrin

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Après la suspension de ses mouvements : L’Unamab en grève de 72 heures dès mardi prochain

novembre 29, 2013

C’est par un communiqué que le Bureau exécutif de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) annonce une grève de 72 heures, à compter du mardi 03 décembre 2013 à 00 heure. L’Union exige du gouvernement, entre autres, «la cessation de la filature du juge Houssou Angelo; la mise en place d’un dispositif pour assurer la sécurité de tous les magistrats et la correction sans délai de toutes les nominations irrégulièrement prononcées en 2011 et en 2013.

Communiqué de presse du Bureau exécutif de l’Unamab

Réunie en Assemblée Générale Extraordinaire le 18 juin 2013, l’Union Nationale des Magistrats du Bénin (Unamab), après avoir constaté l’échec des négociations engagées avec le Gouvernement et le Conseil Supérieur de la Magistrature, a déclenché une grève de protestation de soixante douze (72) heures, à compter du mardi 25 juin 2013 à zéro heure pour exiger du Gouvernement et du Conseil Supérieur de la Magistrature:
1- la cessation de la filature du juge Houssou Angelo;
2- la mise en place d’un dispositif pour assurer la sécurité de tous les magistrats;
3- la suspension de l’application des décrets querellés;
4- la correction sans délai de toutes les nominations irrégulièrement prononcées en 2011 et en 2013.
Le Gouvernement et le Conseil Supérieur de la Magistrature (Csm) ayant, dans un premier temps, fait l’option du bras de fer, le mouvement de grève déclenché a été reconduit jusqu’au jeudi 11 juillet 2013.
Le vendredi 12 juillet 2013, une délégation du Csm conduite par le Président de la Cour Suprême a entendu, en ses revendications et propositions, le Bureau Exécutif de l’Unamab (Be/Unamab).
Ayant estimé qu’ils ne sont pas en mesure de corriger immédiatement les décrets querellés et ayant récusé la proposition d’un décret suspensif à eux faite par le Be/Unamab, le Gouvernement et le Csm, par l’organe du Garde des Sceaux, ont notifié le samedi 13 juillet 2013 au Be/Unamab une lettre circulaire de sursis à l’exécution des décrets attaqués.
Convoquée en Assemblée Générale le mardi 16 juillet 2013 et après une analyse minutieuse et approfondie de la situation, l’Unamab, quoique consciente qu’une simple lettre circulaire ne peut suspendre un décret et, malgré le silence du Gouvernement sur les deux premières revendications inscrites dans sa motion de grève, a décidé de suspendre le mot d’ordre de grève lancé et d’impartir jusqu’au 15 octobre 2013 au Gouvernement et au Csm pour corriger les irrégularités dénoncées.
Advenu ce délai, le Be/Unamab a tacitement prorogé celui-ci de deux semaines.
Pendant cette période d’accalmie, le Gouvernement, après avoir vainement cherché à déstabiliser la magistrature béninoise, a fait procéder à l’examen par le Csm des dossiers de reconstitution de carrière et d’avancement en instance au Csm depuis plusieurs années.
Prenant acte de cette timide avancée, préalable aux corrections qu’elle a exigées, l’Unamab, réunie en Assemblée Générale le 30 octobre 2013, a décidé de proroger la suspension du mot d’ordre de grève jusqu’au 29 novembre 2013 à l’effet de permettre au Gouvernement et au Csm de parachever, par le prononcé en Conseil des Ministres de nominations correctives, le processus enclenché. Passé ce délai, si aucune nomination corrective n’est intervenue, l’Assemblée Générale a donné pleins pouvoirs au Bureau Exécutif pour relancer, à compter du 03 décembre 2013 à zéro heure et ce, pour soixante douze (72) heures, le mot d’ordre de grève suspendu.
A quelques heures de l’échéance de ce délai supplémentaire, le Be/Unamab constate avec amertume que du 28 mai 2013 au 29 novembre 2013, soit durant six (06) mois, le Garde des Sceaux a, fait examiner par le Csm les dossiers d’avancements et de reconstitutions de carrière, procédé à quelques consultations sans parvenir à soumettre au Csm les corrections sollicitées. Or les collègues en attente de ces nominations souhaitent, depuis plusieurs mois, être fixés sur leur lieu d’affectation afin de choisir l’école ou le collège où ils inscriront leurs enfants.
Mieux, le Gouvernement a, à nouveau, retiré au juge Houssou le seul garde de corps qu’il lui a retourné après les vives et multiples protestations de l’Unamab; laissant ainsi le collègue à son triste sort.
Pire, à la sécurité des autres magistrats, en dépit des menaces persistances qui pèsent sur nombre d’entre eux du fait des luttes de l’Unamab et de certaines décisions rendues, le Gouvernement semble avoir banalisé cette question aussi cruciale que capitale.
Face à cette nouvelle provocation, le Be/Unamab informe l’opinion publique, notamment les détenus, les investisseurs et autres justiciables, victimes innocentes des grèves occasionnées en milieu judiciaire par le Gouvernement et le Csm, que l’Unamab a fait tout ce qui est en son pouvoir et devoir pour éviter de nouvelles difficultés entre elle, le Gouvernement et le Csm.
En application des résolutions issues de l’Assemblée Générale Extraordinaire tenue à Cotonou le 30 octobre 2013, le Be/Unamab décide de mettre un terme à la suspension du mot d’ordre de grève décidé le 16 juillet 2013 et invite par voie de conséquence les magistrats et auditeurs de justice membres de l’Unamab à observer une grève de soixante douze (72) heures pour compter du mardi 03 décembre 2013 à 00 heure au jeudi 05 décembre 2013 à minuit pour exiger du Gouvernement et du Csm :
1- la cessation de la filature du juge Houssou Angelo;
2- la mise en place d’un dispositif pour assurer la sécurité de tous les magistrats;
3- la correction sans délai de toutes les nominations irrégulièrement prononcées en 2011 et en 2013.
Le Be/Unamab exhorte les magistrats et les auditeurs de justice à la détermination en cette période d’angoisses et de rudes épreuves où, la magistrature béninoise, à la croisée des chemins, a l’historique devoir de s’affirmer ou de s’affaisser face aux diverses manœuvres de domestication du pouvoir judiciaire orchestrées par le Gouvernement.
Convaincu que l’Unamab dispose en son sein de ressources capables de relever, contre vents et marées, les défis que lui imposent le Gouvernement et le Csm, le Be/Unamab invite ses membres à rester vigilants et mobilisés pour de nouvelles luttes.

Fait à Cotonou, le 28 novembre 2013
Le Be/Unamab

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Entretien avec John Arcadius : Dans la douceur de la «conquête noire» d’inspiration vaudou

novembre 29, 2013

Hier, jeudi 28 novembre 2013, à 19h, à l’Institut Français de Cotonou, le top de la 2è édition du «Festival Cotonou Couleurs Jazz» a été donné. En prélude à cet événement culturel de dimension internationale, John Arcadius, l’un de ses promoteurs et fondateur du label Vod Records, se livre à travers cet entretien. Artiste-musicien et guitariste de double culture afro-belge de renommée mondiale, il évoque notamment la nature de ses rapports avec le Vodou qui reste le principal temple de son inspiration musicale.

John Arcadius : J’aime croire qu’il n’y a aucune mauvaise musique. En plus, c’est à nous les artistes qu’il revient d’imposer aux gens ce qu’ils doivent entendre. Même s’il est vrai que cela doit se passer en travaillant et en respectant des standards qui montrent qu’il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi. Souvent, je reçois un appel d’une voix intérieure qui m’impose parfois ce que je dois faire, ce que je dois dire. Et quand il m’arrive de vouloir changer, selon mon propre désir, cet appel me dit non, il n’en est pas question. Finalement, l’esprit qui se révèle en moi me dit: «Laisse les choses couler de source!». Ce n’est pas parce qu’on crée soi-même une chanson, que l’on ne comprend pas – et Dieu sait si cela arrive souvent- que d’autres ne la comprendraient pas. Et s’il y a une seule personne pour avoir de l’admiration pour ta création, tu auras déjà atteint ton objectif de servir ce quelqu’un, de nourrir son âme. J’ai fait une chanson intitulée: Hui Dé Xû». De toutes les paroles débitées dans ladite chanson, il n’y a en que deux à trois mots fon, ma première langue maternelle, que je comprends. Qu’on n’aille surtout pas me parler d’onomatopées. Pour moi, tous les mots se valent pour signifier des choses. Ce sont des paroles. Ces paroles, comme on en entend dans les églises et par rapport auxquelles on parlerait en langue, c’est pareil dans mes créations. C’est une langue qui me vient de loin, du plus profond de moi, du divin tout court. Il s’agit de la respecter et de la transmettre, en ayant réussi à l’apprivoiser. Que j’en ai compris ou non tous les mots n’est pas le problème. Pourvu que dans le public, il y en ait qui comprenne. Ce dont, d’ailleurs, je suis convaincu.

En faisant allusion au Vodou et, sans aller à son culte, auriez-vous des craintes qu’il fasse de vous un vrai prêtre Vodou?
Le culte Vodou ne procure que du bonheur à ses fidèles. C’est exactement comme dans le cas de quelqu’un qui ouvre la Bible et qui y lit des Psaumes pour souhaiter du bien ou du mal à quelqu’un. Pour moi, le Vodou reste positif. Il protège et c’est cet aspect que je prends de la chose. La force du Vodou est tout le côté mystique ou mystérieux incarné dans l’art ; ce côté artistique qui pourrait être exploité et qui ne l’est justement pas parce que les gens en ont peur ; moi je le regrette et je dis qu’on ne devrait pas avoir des craintes. Que le Vodou fasse de moi son prêtre, pour exprimer cette force qui pourrait nourrir tout un peuple, en transformant tout un monde, je n’y vois aucun inconvénient. Si le Vodou me désigne pour ce rôle, je n’hésiterais pas à être un prêtre Vodou sur scène. Ce que je suis déjà, je crois. Et il n’y a pas meilleure façon de l’assumer que comme je le fais en ce moment.

D’une double-culture, vous parlez du Vodou comme pour le dédramatiser… tout naturellement.
S’il y a une chose qui est restée aux Africains, notamment aux Béninois, la seule chose que l’Europe nous respecte en ayant peur d’elle à la fois, celle que personne n’a pu nous voler et qui aide à nous restituer notre dignité bafouée, c’est ce culte Vodou. Nos ressources du sous-sol nous ont été volées. Mais pas le Vodou. Que des gens viennent d’ailleurs fouiner dans nos couvents pour leurs pseudo-recherches, ils ne réussiront jamais à s’approprier ce qui ne peut leur appartenir. Le Vodou leur a résisté à jamais. S’il y a un message à envoyer à mes chers compatriotes, Béninois et Africains, c’est de leur dire que l’hypocrisie à propos de ce culte doit disparaître de leurs comportements. Et moi, ce qui fait ma musique, c’est sa sincérité. Elle restera brute. Même si c’est pour choquer, pourvu qu’elle soit vraie, sincère et authentique. Elle devrait m’aider à exprimer des émotions enfouies et des pensées.

Quand vous exprimez ce moi culturel, quel effet produit-il sur le public en Occident?
A chaque fois, le public européen se sent guéri et réconcilié avec la peur accumulée pendant des siècles et sur plusieurs générations. Ce qu’ils ont longtemps entendu du Vodou relève du négatif, de l’ordre du mauvais esprit. Dès lors, ils ne s’attendent plus à le voir se manifester sur scène. Quand je suis sur scène, il y a de la transe, il y a de la guérison et non des oiseaux qui, dans leur esprit, devraient se mettre à voler. C’est plutôt une voix mystique en live, faisant son œuvre de délivrance, qui se révèle en cash. Pas de CD à jouer qui va plonger les gens dans un état second.

Lors de vos concerts, le public européen s’est-il déjà comporté de manière bizarre?
Des gens sont restés scotchés sur leur siège dans une église protestante luthérienne, à Genève en Suisse. Ils n’ont pas pu bouger. Je n’ai jamais vendu autant de disques que ce jour-là! Tous les cartons se sont envolés en un rien de temps. Le lendemain, ceux qui n’ont pas pu s’en acheter étaient là, à attendre dans une file. Quand j’entends des Asiatiques qui viennent avec des bouteilles me raconter ce que je raconte-moi dans mes chansons sans comprendre, et qu’ils me demandent si je ne racontais pas telle ou telle chose, qui est vrai, dans ma chanson, je m’exclame: «nom de Dieu, que ce n’est pas possible!». A la question: «Qui vous l’a expliqué?», ils répondent l’avoir ressenti. Pour moi, dès lors, le travail est accompli. Le message est passé. Lorsqu’on me dit: «Quand vous chantiez, on voyait une araignée descendre sur votre tête. Je réponds que si, il y avait une araignée. Que je l’ai vue ou non, oui il y avait une araignée. Il y avait tout ce à quoi les gens pouvaient penser. Chacun pouvait voir le réel qu’il a à l’esprit.

Les gens se comportent-ils comme s’ils étaient à l’église, en ayant par moment les yeux fermés?
Au Bénin ici, chaque fois que je donne un concert, il y a des gens qui sont en larmes tout simplement parce qu’ils se voient réconciliés avec quelque chose qui est à l’intérieur d’eux. A travers ma chanson, ils ont l’impression que le jour tant attendu est là et que Dieu les a écoutés. Il y a une thérapie qui se produit comme par alchimie pour voler à leur secours. Quand on en arrive là, j’estime que ma mission est accomplie.

Et pourquoi n’irez-vous pas carrément au Vodou pour vous l’approprier en bonne et due forme?
Dieu est partout. Pas que dans les églises, les mosquées, ni que dans les couvents. Jésus nous enseigne qu’il est partout où nous l’invoquons. Moi qui suis au contact de la nature, je ne tolère pas de me faire traiter d’animiste. Avoir la connaissance de la nature, c’est une chose; être en rapport avec elle en est une autre. Une des chansons que j’ai composée, il y a dix ans aujourd’hui, est l’évocation du retour aux sources dans laquelle je m’en remets à la nature et à ses éléments (la mer, le ciel et la terre, le soleil, la forêt…) que je respecte. Celui qui ne nie pas leur existence et qui les respecte vivra tranquille.

Votre musique est-elle finalement engagée, elle qui vulgarise les éléments de votre culture africaine?
Les rappeurs le font assez, en rouspétant et en disant les choses de façon trop directe et brute. Mais je pense qu’il y a une autre manière de communiquer. Quand on dit les choses, c’en est une des manières, mais quand on les fait voir, c’en est une autre manière. Et je préfère que les gens découvrent d’eux-mêmes. Je n’ai pas besoin de m’habiller comme un villageois ou un prêtre Vodou africain, sous prétexte que je suis Africain. J’ai grandi à Cotonou qui est une grande ville et j’ai vécu et passé vingt ans de ma vie à Bruxelles. Je suis comme monsieur Tout-le-Monde. Je reviens avec cet accoutrement derrière lequel il y a une philosophie, des pensées. C’est ce que je juge utile de partager avec les gens. Une manière pour moi de revenir en «colon noir» avec ma culture, par opposition aux colons blancs venus avec la religion catholique pour l’imposer à nos ancêtres. Il s’agit pour moi de revenir retrouver des adeptes. Il faut savoir que j’ai reçu ici un fonctionnaire international de l’Union européenne venu découvrir le Bénin, après m’avoir écouté dans «Ouidah Blues» à Bruxelles. Et pour moi, c’était déjà gagné. Dans ce titre, je peins Ouidah en ville hantée à cause de son passé d’esclavagiste peu glorieux. On se souvient du départ forcé des milliers de bras valides qui laissaient derrière eux des familles en larmes. Parmi elles, une petite fille abandonnée à la désolation qui cherchait ses parents au bord de cette plage de Ouidah. La voix de la fillette est celle de Ouidah Blues, le titre de mon prochain album. Ma colonisation à moi ne se fait pas à l’européenne, mais dans la douceur du partage agréable de ce que chacun y apporte. En dehors de toute violence née de l’usage du bâton et du canon, de la chaîne aux pieds et aux poignets attachés après avoir aspergé des êtres humains à l’eau bénite pour les avoir stigmatisés comme ayant le diable au corps. Ma mission est celle-là.

Entretien réalisé par Emmanuel S. Tachin

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Violences faites aux femmes : Olga Anassidé, avocate à la Cour, en parle

novembre 29, 2013

Chers lecteurs, nous nous proposons dans ce numéro d’éclairer l’opinion sur un sujet brûlant de l’actualité. Il s’agit des violences faites aux femmes et de la loi y afférente. A ce titre, Mme Olga Anassidé, avocate à la Cour, donne quelques précisions.

Donnez-nous une idée du contenu de la loi sur les violences faites aux femmes
Je vous répondrai en indiquant la substance de ce que la loi appréhende comme violences faites aux femmes. Déjà, il faut se référer à l’article 2 de la loi n°2011-26 du 09 janvier 2011 pour s’en faire une idée. L’alinéa 1er de l’article cité retient comme violences faites aux femmes, « tous actes de violences dirigés contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologique, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou la vie privée. » On s’aperçoit bien que même la menace de poser un acte qui pourrait causer des souffrances à une femme peut désormais faire l’objet de poursuites et de sanctions. Egalement, aux termes des alinéas 2 et 3 du même article, la loi incorpore aux violences faites aux femmes certains comportements, malheureusement courants dans nos familles, et qui avaient déjà été pris en compte dans la loi 2003-03 du 03 mars 2003 portant répression de la pratique des mutilations génitales féminines en République du Bénin ; il s’agit notamment du viol conjugal, des mutilations génitales et autres. Aussi, il faut souligner avec intérêt que la loi a retenu que le manque de diligence dont un agent du corps médical ou paramédical pourrait se rendre coupable à l’égard d’une femme pendant l’accouchement, pourrait s’analyser comme une violence qui peut donner lieu à des poursuites et à des sanctions. Il me plait enfin de préciser que cette loi a le mérite d’avoir défini certaines incriminations de sorte à les rendre intelligibles à tous les acteurs. Toutefois, il faut regretter que le législateur n’ait pas défini « la violence » et se soit contenté de l’indiquer comme « tous actes de violence » ; en somme, en définissant le mot par lui-même.

Quelles appréciations faites-vous de cette loi ?
C’est une avancée législative qui mérite d’être saluée. Il faut avoir le courage d’avouer que beaucoup de femmes, toutes tendances confondues, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos villes et villages, sur les lieux de travail, etc. souffrent le martyre en silence, en raison des violences de toutes natures dont elles font l’objet. Il faut donner à celles qui ont le courage de revendiquer leur droit, la possibilité de le faire.  Cette loi vient combler un vide juridique pour donner une base légale à ces incriminations. En effet, en matière de répression, il y a le principe intangible de la légalité des incriminations qui veut qu’un juge pénal ne puisse appréhender un fait et le punir que si le législateur en a décidé ainsi au préalable.
Selon cette loi, tout homme qui violente sa femme pour avoir des relations sexuelles avec elle doit répondre de son acte. Or selon les coutumes de notre pays, la femme se marie pour « garder le lit ». Alors, ne pensez-vous pas que cette loi va à l’encontre de nos coutumes ?
L’acte sexuel est une obligation du mariage qui pèse de la même manière sur les deux époux. Et il n’y a pas que la coutume qui fait de l’acte sexuel une obligation du mariage ; le mariage civil le reconnait aussi comme tel. Mais il faut surtout préciser que l’exigence d’accepter l’acte avec son conjoint n’est pas à l’égard de la femme seule, elle est valable dans les deux sens. Pour finir sur ce point, l’acte sexuel doit être vécu dans le couple comme un moment de plaisir partagé. Il ne doit en aucune manière se résumer aux seuls désirs de l’homme. Si, pour une raison ou une autre, l’un des époux ne s’y sent pas disposé, il n’y a pas à crier au scandale, pas plus qu’il ne faut en faire un prétexte pour aller chercher dans le registre de la violence ; il faut plutôt voir derrière le manque d’enthousiasme de l’autre, peut-être un point d’ombre à élucider dans la relation, une préoccupation à exprimer, un besoin de dialogue, etc.

Au cas où une épouse victime de ce genre de violences sexuelles trainerait son conjoint devant la justice, il est clair qu’elle devra faire face à une réaction fâcheuse de la part de sa belle famille et même de sa propre famille. Sur ce, quelles sont les dispositions prises dans ladite loi pour protéger la femme plaignante ?
On se retrouve devant les juridictions pour ces genres de choses lorsque le dialogue n’est plus possible entre les deux époux et, au-delà, entre les deux familles. Dans une telle hypothèse, celui des époux qui prend l’initiative du procès l’assume. La loi ne me semble pas avoir pris de dispositions particulières pour protéger la femme contre d’éventuelles réactions aussi bien de son époux que des deux familles. Les lois répressives, de façon générale, agissent à deux niveaux : la prévention et la sanction. La prévention permet d’avertir par le seul fait d’intégrer un comportement punissable dans les actes répréhensibles et d’informer des sanctions encourues en cas de violation de la loi. Mais si la prévention ne réussit pas à empêcher le comportement, la sanction interviendra pour dissuader par l’exemple. Il ne reste qu’à éprouver cette loi pour en dégager les limites.

Réalisée par Olphyz Koundé

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Assainissement du secteur de la microfinance au Bénin : Six SFD partenaires du FNM reçoivent leur agrément

novembre 29, 2013

Les responsables des systèmes financiers décentralisés (SFD) que sont Padme, Alidé, Fesprod, Finadev SA, Asmab et Fidevi n’ont plus de souci à se faire pour exercer dans le secteur de la microfinance au Bénin. Dans l’après-midi d’hier, jeudi 28 novembre 2013, ils ont reçu leur agrément au cours d’une cérémonie présidée par M. Kassim Taba Chabi, Directeur adjoint de cabinet du ministère de l’économie et des finances.

Pour les récipiendaires comme pour les autorités présentes, notamment M. Jean Panti, Directeur général du Fonds national de la microfinance, cet acte marque un nouveau tournant puisque désormais, aux termes de la loi N° 2012-14 du 21 mars 2012 portant règlementation des SFD au Bénin, aucune institution de microfinance ne peut exercer au Bénin si elle n’a pas été agréée. Pour M. Louis Biaou, Coordonnateur de la Cellule de surveillance des systèmes financiers décentralisés, c’est un signal fort qui est lancé en direction des autres structures qui ne se sont pas encore conformées à la loi. « A la date butoir du 20 mars 2014, les règles seront appliquées et les structures qui traînent encore verront leurs portes se fermer », a averti M. Biaou qui a remercié le ministère des finances, le Consortium Alafia et surtout le Fonds national de la microfinance pour l’accompagnement des SFD depuis le vote de la loi 2012-14 du 21 mars 2012. En effet, après la promulgation de cette loi et la prise du décret N°2012-410 du 6 novembre 2012, le Fonds national de la microfinance a très tôt pris l’initiative d’accompagner ses SFD partenaires à travers divers appuis et assistance aux fins de les amener à opérer conformément à la nouvelle réglementation en vigueur. C’est du moins ce qu’a rappelé dans son discours M. Jean Comlan Pantin, Directeur général du FNM. Au nombre des actions menées, il a cité l’organisation, le 25 octobre 2013, d’un atelier pour faire le point du processus et dégager les difficultés rencontrées par certains SFD. « Ce séminaire, qui a été organisé en collaboration avec le Consortium Alafia, la Bceao et la Cellule de surveillance des SFD, a eu le mérite de faire bouger les choses puisque des SFD qui traînaient les pas ont pu aujourd’hui déposer leur dossier et attendent d’être agréés », a dit M. Jean Panti qui a saisi l’opportunité de la cérémonie pour féliciter les récipiendaires et leur dire que l’obtention d’un agrément n’est pas une fin en soi. A l’endroit des SFD qui ont déjà transmis leur dossier à la Cellule de surveillance, M. Panti a émis le vœu qu’ils obtiennent eux-aussi leur agrément afin de pouvoir exercer dans la légalité. Quant à ceux qui n’ont pas encore déposé leur dossier, le DG/FNM leur a demandé de se hâter pour le faire puisqu’à la date butoir du 20 mars 2014, la loi sera impitoyable.

Un régime unique d’agrément

Dans son discours, M. Kassim Taba Chabi, qui représentait le ministre Jonas Gbian, a fait le rappel de la situation d’avant l’avènement de la loi 2012-14 du 21 mars 2012. Avant cette loi, a-t-il précisé, c’est sous le régime de la loi 97-017 du 8 août 1997 encore appelée loi PARMEC que se menaient au Bénin les activités de microfinance. Trois régimes d’autorisation étaient en vigueur. Il s’agit de la reconnaissance accordée aux groupements d’épargne et de crédits, de l’agrément délivré aux mutuelles et aux coopératives d’épargne et de crédits, et des conventions que le ministère de l’économie et des finances pouvait signer avec les associations, les ONG et les sociétés. Avec la loi 2012-14 du 21 mars 2012, le législateur a prévu un régime unique d’agrément pour toutes les natures juridiques de SFD. En conséquence donc, les anciennes dispositions relatives à la convention et aux reconnaissances sont abrogées. Il est utile de rappeler que les associations et sociétés autorisées doivent se conformer aux dispositions de la loi 2012-14 du 21 mars 2012 qui prévoient que : « à l’exception des groupements d’épargne et de crédits, les SFD en activité dûment autorisés avant l’entrée en vigueur de la présente loi conserve leur autorisation d’exercice ».
Le chemin qui reste à parcourir est long car sur 17 SFD, 06 se sont conformés à la nouvelle réglementation. Et c’est pour cette raison que le représentant du ministre Jonas Gbian, tout comme le représentant du Consortium Alafia, a insisté sur la nécessité pour les SFD qui sont encore régis par des conventions de régulariser leur statut avant le 20 mars 2014.

Affissou Anonrin

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Tournoi de football de l’Ufoa : Le Ghana gagne son tournoi (Les Ecureuils ratent le podium)

novembre 29, 2013

Le tournoi de football de l’Union des fédérations ouest-africaines (Ufoa) a pris fin hier, jeudi 28 novembre 2013, au stade Baba Yara de Kumasi, avec la victoire du Ghana sur le Sénégal. Le Bénin laisse la 3e place au Togo.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, dit-on. Le Ghana a tout fait pour gagner son tournoi. En tout cas, il a remporté la 3e édition du tournoi de football des nations de l’Ufoa. Hier à l’occasion de la finale jouée au stade Baba Yara de Kumasi, il a battu le Sénégal sur le score de 3 buts à 1. Dès la 2e minute, les Ghanéens ont ouvert le score sur penalty par Kwabena Eduse. Mais rapidement, les Sénégalais relèvent la tête. A la conclusion d’une belle action collective, Roger Gomis décoche un tir puissant qui fait mouche (22e). La seconde mi-temps, très animée, a tourné à l’avantage du Ghana. Abdul Latif profite d’un mauvais dégagement de la défense sénégalaise pour marquer un 2e but (77e). En fin de partie, les Black Stars profitent d’un second penalty généreux pour prendre le large et s’imposer.
En match de classement, les Ecureuils, visiblement démotivés, ont concédé la 3e place aux Eperviers du Togo. Ces derniers se sont imposés sur le score de deux buts à un (2-1). Menés dès la 14e minute, les Béninois sont revenus à la marque grâce à un magnifique but de Jodel Dossou. Tout le monde s’accommodait d’une séance des tirs au but quand, à la faveur d’un cafouillage devant le camp béninois, Dadjié Kodjo marque le but de la victoire. Le Togo accroche le bronze, mais Jodel Dossou, une fois encore, est désigné « Homme du match ». Il a reçu aussitôt un chèque de 500 dollars US, soit environ 250. 000F.CFA. Si tout va bien, la délégation béninoise va rentrer à Cotonou ce jour.

Pascal Hounkpatin depuis Kumassi

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Cinquantenaire de l’Institut Français de Cotonou : GG Vikey et Gnonnas Pédro honorés

novembre 29, 2013

Dans le cadre de la célébration de son cinquantenaire, l’Institut Français de Cotonou a organisé, samedi 23 novembre dernier, un concert pas comme les autres. C’était en hommage aux monuments de la musique béninoise et africaine que sont le Gentleman Vikey et el Maestro Gnonnas Pédro.

C’est une initiative de l’Institut Français qui a eu la noble vision d’honorer la mémoire de ces géants du monde musical au cours des festivités marquant ses cinquante ans d’existence. A l’occasion, le privilège était donné à Gilles Gnonnas, dans ses grands jours, d’exécuter le riche répertoire de son père, avec une maîtrise digne d’un fils qui rendait hommage à son père. Un premier tableau dédié donc au Maestro Gnonnas Pédro au cours duquel son fils servit au public un melting-pot, des titres cultes et à succès de son feu père. Tout ceci sur des mélodies ensorcelantes du célèbre orchestre Black Santiago qui a fait résonner le cuivre par les différents instruments.  Et puis vint le tour d’un autre phénomène de la musique béninoise. Il s’agit de Dag Jack qui était là pour interpréter le monument Vikey.  Exercice pas trop difficile pour lui, le connaissant et sachant qu’il avait déjà fait pareil sur les compils Bénin Passion. Il confirme alors son potentiel, avec un timbre vocal qui laissait croire que c’est le Gentleman Vikey même qui était au microphone. Très à l’aise, sur les airs du grand Vikey, Dag Jack a donné du plaisir au public avec un melting-pot, des mélodies immortelles du Gentleman Vikey.  Ce concert en hommage à ces deux grandes figures de la musique africaine et béninoise, le public le doit à un homme, Sylvain Treuil, Directeur de l’Institut Français du Bénin.

Olphyz Koundé

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