Entretien avec Yahaya DIABI, Professeur des universités en sciences de l’information et de la communication de l’université de Cocody (Côte d’Ivoire) : «J’ai formé des Docteurs de nombreuses entreprises africaines »

août 31, 2011

Professeur des universités en Sciences de l’information et de la communication de l’université de Cocody, le Doyen Yahaya Diabi fait aussi partie du corps professoral du Centre Africain de Formation Professionnel de Journalisme (CAFPJ). Dans cet entretien, il évoque ses expériences en la matière, notamment la formation de nombreux Docteurs d’entreprises africaines.

Présentez-vous et parlez-nous de votre séjour au Bénin
Je suis Yahaya Diabi, professeur des universités en science de l’information et de la communication de l’université de Cocody, parallèlement, je suis le Doyen fondateur  d’une grande école à Abidjan et à Bouaké, l’Esic-Afrique (Ecole supérieur des ingénieurs commerciaux) qui forme des communicateurs également. J’ai créé cette école juridiquement le 02 novembre 1990 suite à un partenariat entre moi et mes amis de Bordeaux. J’enseigne depuis 1969 et depuis, je suis encore à ma tâche. Je suis au Bénin, pays démocratique par excellence, parce que le Bénin apparaît aujourd’hui comme le levier de prédilection pour la formation  des communicateurs professionnels. Je suis au Bénin pour promouvoir l’ISMA et le CAFPJ. J’ai de bonnes relations avec les fondateurs de ces deux établissements,  et je viens régulièrement au Bénin pour apporter ma modeste pierre à la promotion de ces deux grands établissements  de l’enseignement supérieur. Mon école privée est en partenariat avec le CAFPJ.

D’aucuns estiment que le  professeur Yahaya est la source de la crédibilité du CAFPJ en matière de Master
Je pense que j’ai de l’expérience pour avoir ouvert pour la première fois un Doctorat en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Cocody et pour avoir formé de nombreux Docteurs qui sont aujourd’hui mes collègues enseignants et également des Docteurs de nombreuses entreprises africaines. Je pense que par ailleurs, j’ai contribué à l’université de Lomé, à l’ouverture de l’Institut des Sciences de l’information  et de la communication et des arts  de l’université de Lomé. A l’époque, le Président  de l’Université de Lomé monsieur Kaïbord Louis, en tant que Doyen de la Faculté de l’information de l’université de Cocody m’a invité pour la création de cet institut qui fonctionne depuis 2004. Quand on est professeur titulaire, on encadre les Docteurs et ces Docteurs-là proviennent du Master puisque c’est après le Master qu’on prépare le doctorat et je pense que nous sommes qualifiés à encadrer des Docteurs. C’est pour cela que nous sommes  entrés en partenariat  fécond et fécondant avec le CAFPJ.

Quel sens donnez-vous à un partenariat fécond et fécondant ?   
Quand je dis fécond et fécondant, c’est un partenariat qui doit donner naissance à des étudiants bien formés qui vont promouvoir leur entreprise de presse. C’est ça qui est la fécondité d’un partenariat.

Croyez-vous que le CAFPJ a le background pour former des managers de bonne qualité en matière de presse au Bénin ?
Je pense que le patron du CAFPJ est bien informé sur son environnement et dans ces conditions, il  a élaboré des programmes conséquents pour que les étudiants soient formés à la hauteur de  vos attentes et je pense que nous sommes sur la bonne voie.

Au-delà de l’argent, qu’est-ce qui vous a le plus emmené à signer ce partenariat avec le CAFPJ ?
Nous ne sommes pas dans un cadre mercantiliste, mais plutôt un cadre intellectuel. On ne peut pas faire un partenariat entre deux établissements professionnels en se basant sur l’argent. On mise sur la qualité de la formation et c’est ça qui est privilégié. Nous ne sommes pas des commerciaux.

Depuis que vous êtes avec le CAFPJ, qu’est-ce qui vous a le plus impressionné ?
Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que le patron du CAFPJ est à la hauteur de sa tâche. Je n’ai vu ici que des étudiants de très haut niveau, de très grande responsabilité. Cela n’est pas donné à toutes les écoles et je tire mon chapeau au fondateur du CAFPJ pour avoir eu cette clientèle.

Apparemment, le Doyen est pressé de dire quelque chose. En direction du promoteur du CAFPJ ?
Oui, je souhaiterais vivement que le promoteur du CAFPJ se déploie davantage pour la rentrée académique pro-chaine afin que nous créions le cycle du Doctorat en sciences de l’information et de la communication pour son établissement afin de permettre à ses anciens étudiants désireux de faire leur doctorat de ne pas avoir à se tourner vers d’autres écoles.

Qu’avez-vous remarqué de particulier chez les étudiants du CAFPJ ?
J’ai souvent remarqué que les étudiants du CAFPJ sont très studieux, et croient en leur école. Ce n’est pas facile que quand on crée une école tout nouvellement, que les gens viennent s’inscrire. C’est comme une aventure. Je crois qu’aujourd’hui, nous ne sommes plus au stade de l’aventure, mais plutôt au stade des perspectives. Le directeur du CAFPJ a bien visé, il a risqué et on peut affirmer aujourd’hui  que c’est un risque zéro. Les étudiants sont bien partis avec l’encadrement pour être bien formés afin d’être à la hauteur des institutions de presse au Bénin et dans la sous-région.

S’il vous était donné de vous adresser aux parents d’élèves, que diriez-vous à la veille de cette rentrée académique?
Je dirai aux parents d’élèves que le meilleur héritage qu’on puisse laisser à ses enfants, ce n’est pas l’or, ce n’est pas le diamant, ce n’est pas la maison, c’est la formation. Qu’ils misent sur la formation de leur enfant car un enfant bien formé à un bon avenir et est prêt à venir en aide à ses parents par la suite.

Vous séjournez au Bénin depuis plus d’une semaine, combien de policiers ou de militaires avez-vous rencontrés dans les rues ?
 Quand je suis à Cotonou, je me sens comme à la nouvelle Côte d’Ivoire. Ce pays aujourd’hui ressemble à Cotonou grâce à son Président, son excellence Alassane Ouattara. C’est une Côte d’Ivoire sur les rails, une Côte d’Ivoire qui rebondit comme le Bénin a rebondi. La nouvelle Côte d’Ivoire, c’est  la Côte d’Ivoire de la liberté, c’est la Côte d’Ivoire de la tolérance, la Côte d’Ivoire de la non-violence, c’est la Côte d’Ivoire de l’hospitalité interafricaine et même humaine. C’est la Côte d’Ivoire de l’amour.

Et pourtant certains de vos concitoyens sont toujours derrière les barreaux ?
Vous savez, ce sont les restes d’une guerre. Ce n’est pas du jour au lendemain que ce sera réglé. Je vous invite à venir en Côte d’Ivoire, vous allez tourner partout sans être inquiété. Vous serez comblé. Les cours n’ont pas encore repris à l’université de Cocody parce que tout a été dévasté et donc le président Alassane Ouattara devra mettre les choses sur les rails avant que les cours ne reprennent.

Vous croyez apparemment en la réconciliation lancée par le Président Alassane Ouattara ainsi qu’à la reconstruction ?
Cette réconciliation est incontournable. La  Côte d’Ivoire a toujours été réconciliée avec elle-même. En réalité, la Côte d’Ivoire n’a pas de problème ethnique ni religieux si ce n’est pas l’œuvre des politiciens véreux. On ne va pas parler de vieux démon écarté mais c’est comme le dit Houphouët Boigny, c’est le vieux crocodile qui dort ; il suit tout de près. Beaucoup de chantiers ont été lancés, les infrastructures, et autres. Je crois que la Côte d’Ivoire va reprendre le sommet, nous avons toutes les compétences et nous sommes des intellectuels. Il faut aimer sa patrie et en cela il faut laisser de côté les mauvais compor-tements,penser aux populations et non à sa poche. Vous savez que le Président Ouattara a fait jurer tous ses ministres de se débarrasser de vieilles habitudes, de mauvais comportements et jurer travailler pour le bien-être des populations. Je crois que le Président Ouattara tel que je le connaissais est un homme de parole, de conviction qui est pondéré et appliqué. Donc, comme Houphouët Boigny, la Côte d’Ivoire a une autre chance de repartir.
 
L’ivoirité est elle du passé selon vous ?
L’ivoirité est dépassée. Ceux qui continuent de prononcer ce thème vont nous voir sur leur chemin. Quand on voit l’aspect ethnologique de la côte d’Ivoire, on se rend compte que la Côte d’Ivoire est un peuple dont on retrouve les ramifications au Bénin, au Ghana, au Togo, au Mali, au Burkina Faso, au Libéria, au Niger, partout. La Côte d’Ivoire est une miniature de l’Afrique.  Alors, il y a ceux qui ne veulent pas travailler avant d’avoir leur pain et ceux qui veulent travailler pour gagner leur vie. Ceux qui crient à l’ivoirité sont ceux qui ne veulent pas travailler. Lorsque vous travaillez, vous n’avez pas le temps de penser à de mauvaises choses. C’est pourquoi quand on croit en Dieu et qu’on pense à lui, on ne pense pas à de mauvaises choses. Ceux qui crient à l’ivoirité, si on fouille, on verra que ce sont ceux dont le père ou la mère est hors de la côte d’Ivoire. Ce sont eux qui crient et donc ne sont pas de vrais Ivoiriens. Les exemples, je ne peux pas les publier, mais le moment venu, je ferai un livre là-dessus pour montrer que la Côte d’Ivoire est un peuple réduit de l’Afrique.

Propos recueillis par Euloge Badou

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Présidence du culte vodoun d’Aplahoué : Rigobert Sotohou et ses membres officiellement installés

août 31, 2011

Il y a quelques jours au Ceg de Kaitemey, a eu lieu  l’installation d’un nouveau bureau communal du culte vodoun. C’était  en présence  des élus locaux et des représentants des structures déconcentrées de l’Etat.  Le bureau composé de 31 membres est présidé par son dignitaire Rigobert  Sotohou dit Sonon. Les cérémonies religieuses se sont déroulées en présence du premier adjoint au maire d’Aplahoué, M. Antoine Djohossou. Il était accompagné des chefs d’arrondissements tels que MM. Jean-Claude Kouessi, Justin Sègbédji, Eugène Dekpo Houaga etc. Pour la plupart, ils ont prodigué des conseils aux nouveaux dirigeants du culte vodoun de la commune d’Aplahoué. Quant au président Rigobert Sotohou, il a promis mieux faire que par le passé et a mis l’accent surtout sur la bonne gestion des fonds mis à leur disposition, notamment ceux octroyés le 10 Janvier chaque année à l’occasion de la fête nationale  des religions traditionnelles.    

Bienvenu Ehou (Coll)

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Match Burundi – Bénin : Les Ecureuils déjà à Bujumbura

août 31, 2011

Après le stage bloqué des Ecureuils locaux à Natitingou, l’ensemble de la sélection nationale de football devrait se retrouver ce jour au Burundi. Juste pour travailler la cohésion et s’acclimater avant la grosse explication.
Malgré l’élimination quasi certaine des Ecureuils du Bénin de la phase finale de la Can 2012, le nouvel entraineur Edmée Codjo met un point d’honneur à la prochaine confrontation contre le Burundi. Si tout va bien, son effectif devrait être au complet dès ce jour à Bujumbura.

En effet hier nuit, les onze joueurs locaux retenus après le stage bloqué de Natitingou ont embarqué pour la capitale burundaise, via Nairobi. Sur place, ils rejoindront en principe huit Ecureuils évoluant à l’étranger. Ces derniers sont allés directement à Bujumbura pour éviter l fatigue des longs voyages. De sources proches de l’encadrement technique, le groupe au complet doit retrouver la pelouse dès cet après-midi en vue de travailler au mieux la cohésion et surtout de s’acclimater. Dans ce nouveau contexte, le capitaine Stéphane Sességnon a une lourde responsabilité. Avec ses compères venus d’Europe, ils doivent tirer vers le haut les joueurs locaux qui ont travaillé d’arrache-pied pour mériter leur sélection.
Dans le rang des locaux, on peut citer le portier Saturnin Allagbé, les joueurs comme Isaac Louté, Junior Salomon, Seidou Barazé, Lanian Gbingan et Mohamed Aoudou qui connaissent plus ou moins la maison Ecureuils. Par contre, Guy Akpagba, Alain Hounsa, Affissou Tamou, Brice Gozo et Jacques Bessan auront certainement l’occasion de faire leur baptême de feu.
Du côté des joueurs professionnels invités, seul Emmanuel Imorou est quasi certain de ne pas faire le déplacement. Il est actuellement blessé et ne pourra pas assumer son rôle dimanche prochain. Mais, Arsène Ménessou brulerait d’impatience pour démontrer qu’il peut bien faire l’affaire. Quant à Réda Johnson, Khaled Adénon, Seydath Tchomogo, Michaël Poté, Guillaume Bèmenou, sans oublier Stéphane Sességnon, ils devraient être prêts pour bien mouiller les maillots. Voire laver l’affront du match aller à Cotonou. A cette occasion, le Burundi a tenu le Bénin en échec sur ces propres installations (1-1).
Rappelons que le match Burundi – Bénin qui aura lieu le dimanche 04 septembre prochain entre dans le cadre de la 5e journée des éliminatoires de la Can, Gabon et Guinée Equatoriale 2012. Le Bénin, quasi éliminé, partage le même groupe la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Burundi. La Côte d’Ivoire, leader incontestable, est déjà qualifiée. Et il sera miraculeux de voir le meilleur 2e sortir de ce groupe.

Pascal Hounkpatin

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Présidence de la République : Boni Yayi viole les exigences protocolaires

août 31, 2011

Il est souvent reproché à Boni Yayi le profil bas qu’il a l’habitude d’adopter face à n’importe qui se trouvant devant lui. Il s’est encore illustré dans ce registre dernièrement à la faveur de l’audience qu’il a accordée au maire de Cotonou et à son collègue de Nantes (France). Boni Yayi a carrément cédé son fauteuil présidentiel à Nicéphore Dieudonné Soglo. Une humilité excessive, acte politique ou simple méconnaissance des exigences protocolaires à la tête d’un Etat ?

On aura tout vu avec le « règne » de l’actuel président de la République du Bénin.  Boni Yayi veut être proche de ses concitoyens, c’est connu. Et les Béninois s’en félicitent. Mais on a l’impression que c’est une obsession pour lui au point où il en vient à bousculer les règles protocolaires. Parfois on se demande même s’il mesure vraiment les responsabilités que lui confère  sa position. Car, ses faits et gestes amènent à croire  le contraire. Boni Yayi est-il un président différent de ceux que les Béninois ont connus avant lui ? Autant d’interrogations sur ce président finalement énigmatique. En effet, à la faveur de l’audience qu’il a accordée au maire de Cotonou et à son collègue de Nantes (France), Boni Yayi a cédé son fauteuil présidentiel à Nicéphore Dieudonné Soglo. C’est vrai que les sièges occupés par Boni Yayi et Nicéphore Dieudonné Soglo étaient identiques. Seulement, l’actuel maître de la Marina a préféré rester à la gauche du maire de Cotonou plutôt qu’à sa droite, position qu’il a l’habitude d’occuper lorsqu’il reçoit ses invités en audience. Du coup, Boni Yayi était loin du député-maire français. Sur les images montrées par les télévisions de la place, les échanges entre le chef de l’Etat béninois et le député-maire français n’étaient pas aisés. Ils étaient loin l’un de l’autre. Dans le même temps, le maire Soglo était à son aise quand il devait parler avec son hôte français. Chose anormale pour un président de la République. C’est vrai que Boni Yayi, par ce geste, a certainement  voulu rendre hommage à l’ancien président de la République du Bénin, celui dont il a été l’un des conseillers techniques. C’est aussi grâce au maire de Cotonou que Boni Yayi a occupé le poste de président de la Banque ouest africaine de développement (Boad). Alors, le chef de l’Etat a voulu se faire plus petit face à ce grand-homme béninois. Le rapprochement politique entre les deux hommes ne serait pas aussi étranger à ce geste de Yayi à Soglo. Seulement, il n’aurait pas dû. Car, quelles que soient les circonstances, un chef d’Etat doit garder tous ses attributs. Lors d’une visite au Sénégal, alors qu’il venait d’être élu président du Bénin en 2006, Boni Yayi a appelé le président Abdoulaye Wade «papa». Les médias ont largement relayé cette «bourde». Ses compatriotes en étaient frustrés. Ils n’ont pas accepté que leur président se rabaisse ainsi devant un de ses collègues, fut-il un aîné. Depuis 2006, le président béninois n’a jamais corrigé ce geste « d’humilité » qui est d’adopter le profil bas devant n’importe qui. C’est vrai que l’humilité n’est pas une mauvaise chose. Mais un président de la République doit savoir et faire la différence entre ses désirs et le respect dû aux attributs présidentiels.

Jean-Marie Sèdolo

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Vote de loi à l’Assemblée nationale : Une Autorité à la botte de Yayi pour lutter contre la corruption

août 31, 2011

Le projet de loi portant lutte contre la corruption est adopté dans la nuit du lundi à mardi dernier dans des conditions de précipitation et de fatigue généralisée. Ainsi, les députés ont créé une autorité de lutte contre la corruption autonome mais pas indépendante puisque placée sous la tutelle du Chef de l’Etat. Les observateurs parlent déjà d’une loi non rétroactive examinée sur fond de corruption morale et de pression politique pour lutter contre la corruption.

Les députés ont expédié la loi de lutte contre la corruption. En 12 heures environs, la plénière a étudié et adopté par 61 voix  le projet de loi portant lutte contre la corruption. Un texte de 151 articles, examiné depuis décembre 2010 par la commission des lois qui a tenu 16 séances de travail avant de déposer son rapport. La plénière a en un tour de main validé la copie sans grande circonspection. Que peut faire une autorité de lutte contre la corruption placée directement sous tutelle du président Boni Yayi, chef de l’Exécutif, et dont la majorité des membres sont désignés par le gouvernement et son chef ? A quoi servira une loi contre la corruption non rétroactive ? Que cache la précipitation qui a caractérisé l’adoption de cette loi à 5h25mn du mardi 30 Aout, un jour férié, chaumé et  payé ? Il y a-t-il un coup de corruption en préparation que le législateur veut déjouer dans l’immédiat ? En vérité, les députés ont adopté dans des conditions de course contre la montre une loi ubuesque pour lutter contre la corruption. Et pour cause, les représentants du peuple n’ont pas eu le temps nécessaire de fouiller le rapport de la commission des lois, de le retourner dans tous les sens pour extirper  tous les goulots d’étranglement et compléter au besoin des dispositions pour réprimer par exemple les actes de corruption électorale, déterminants les conditions d’appréciation de la surévaluation etc. Le lundi dernier, les députés ont trainé comme à l’accoutumé les pas. Ils ont abordé l’étude du projet de loi sur la corruption à 16h30mn environ sous la houlette du président Nago pour finir par l’adopter sous l’effet de la fatigue générale à 5h25mn le mardi 30 août De sources proches des deux camps en présence à l’hémicycle, la mouvance a souhaité subtilement que l’opposition sollicite l’ajournement de l’étude de la loi au regard des dispositions du règlement intérieur en l’occurrence les articles 35.5-e et 81.1 du règlement intérieur. L’article 35.5-e dit que « les rapports et avis des commissions doivent être approuvés en commission avant leur dépôt sur le Bureau de l’Assemblée nationale. Ils sont distribués aux députés et envoyés au Gouvernement quarante huit (48) heures avant la discussion générale ». Tandis qu’en son article 81.1, le règlement intérieur dit que « les rapports des commissions doivent être déposés, imprimés et distribués, dans un délai tel que l’Assemblée soit en mesure de procéder utilement à la discussion des projets de lois, propositions de lois et de résolutions. Les rapports peuvent, en outre, être publiés en annexe au procès-verbal de la séance au cours de laquelle ils sont discutés sur décision du bureau de l’Assemblée nationale ». Or, les rapports de la commission, dans le cas d’espèce, sont distribués au-delà de 16h30mn le vendredi 26 août. Certains députés ont témoigné dans l’hémicycle que les huissiers parlementaires les ont joints le vendredi au-delà de 20h pour les exhorter à venir chercher les rapports mis dans leur casier à l’Assemblée. Il est clairement établi que la plupart des députés ont découvert le rapport de la commission et le projet de loi le lundi à leur arrivée à l’Assemblée. Cet état de chose a motivé la demande d’ajournement du député Quenum Epiphane qui, au non de son groupe parlementaire, a souhaité une suspension de 48h pour ne pas dire un ajournement car la session extraordinaire qui était à son terme ce lundi. « Je demande une suspension  de 24heures pour aborder le dossier. Il est rare que je me trompe. Au regard de l’importance de cette loi, et l’esprit très élevé de lutte contre la corruption, il faut donner le temps à chaque groupe parlementaire de bien lire ce projet. Il ne s’agit pas de voter une loi pour faire plaisir à la population. Nous n’avons pas fini au niveau du groupe Nation et développement de lire ledit projet de loi ».  Mais sa demande n’a pas prospéré en dépit des soutiens qu’il a reçus. Les députés Nazaire sado et Pascal Essou ont approuvé sa demande. A cette étape, la minorité parlementaire a évité de se mêler au débat. Elle n’a pas laissé transparaitre sa position. Le président Nago a engagé l’étude de la loi suite aux interventions des députés Chabi Sika et Djibril Debourou qui ont soutenu mordicus l’examen du projet. Ce double langage de la majorité présidentielle n’a pas été soumis à l’appréciation de la plénière. Le président Nago a simulé un consensus autour de l’examen plutôt que l’ajournement de l’étude du projet à défaut d’avoir la caution de l’opposition. C’est dans ces conditions d’hypocrisie politique  doublée de méconnaissance totale du rapport de la commission des lois que les députés ont adopté à l’unanimité la loi contre la corruption contre les délais de procédure parlementaire régis par le règlement intérieur. Ce sont les éléments de précipitation et d’opacité qui caractérisent la loi contre la corruption.

L’autorité de lutte contre la corruption régentée par l’Exécutif

Lors de l’étude de la loi portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin, les députés ont créé l’organe pour gérer la lutte contre la corruption. Elle est appelée autorité nationale de lutte contre la corruption placée sous tutelle du président de la république. L’autorité nationale de lutte contre la corruption composée de 13 membres dont 9 désignés par le Chef de l’Etat et son gouvernement. Il s’agit d’un inspecteur d’Etat désigné par l’inspection générale de l’Etat (un organe sous tutelle du chef de l’Etat) ; un communicateur désigné par la Haac contrôlé par le chef de l’Etat ; un sociologue désigné par ses pairs dans le corps professoral ; un inspecteur des banques désigné par l’association des banques et établissements financiers ;  un magistrat ayant  au moins quinze ans d’ancienneté désigné par ses pairs ; un expert comptable ; un inspecteur des douanes ; un spécialiste en passation de marché public ; deux officiers de police judiciaire dont un gendarme et un policier tous désignés par l’Exécutif.  Le législateur, pour faire plaisir au patronat lui a concédé finalement une position dans l’autorité ; quant aux Ong qui s’activent dans le champ de lutte contre la corruption, elles ont eu la portion congrue : un représentant qu’elles vont désigner en leur sein. En dépit de ce mode de désignation qui donne déjà la possibilité au pouvoir Exécutif de contrôler l’autorité, la loi précise qu’elle est sous tutelle du chef de l’Etat. Les députés ont refusé une autorité indépendante. Les politiciens ont manifesté leur volonté d’avoir un organe dépendant de leur influence. C’est du moins la version de l’autorité de lutte contre la corruption voulue par le législateur contre l’avis de l’opposition. Les quelques députés de la mouvance  qui ont suggéré l’institutionnalisation d’une autorité indépendante  se sont ravisés très vite dès que les manitous de la mouvance présidentielle à l’hémicycle ont indiqué le chemin à suivre. Cette loi dresse le lit à une lutte contre la corruption à double vitesse. Cette autorité proposée dans la loi et placée sous la tutelle du chef de l’Etat viole les dispositions de la convention internationale sur la lutte contre la corruption. La Convention exige que l’autorité chargée de la lutte contre la corruption soit indépendante de tout pouvoir. Déjà, des voix s’élèvent pour proposer la demande d’une deuxième lecture que le Chef de l’Etat peut solliciter dans les quinze prochains jours. Il y va de la crédibilité du Bénin à vouloir vraiment lutter contre ce fléau.

Tobie P. Ahlonsou

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Ne pas faire du roman

août 31, 2011

L’arsenal de lutte contre la corruption au Bénin s’enrichit d’une nouvelle loi votée par l’Assemblée Nationale. Hier, 30 Août 2011  est une date historique ; en ce sens qu’elle sera associée à un évènement majeur, l’élan du parlement béninois à réprimer la corruption. Le Président de la République s’en réjouit à juste titre. La loi portant lutte contre la corruption met en relief, et ce, en lettres de feu, le respect du bien public, l’obligation de résultats, la reddition des comptes.
Une loi, c’est bien ; mais l’appliquer, c’est mieux. Trouver des hommes et des femmes de qualité pour l’interpréter au sens vrai, c’est meilleur. En réalité, le Bénin dispose déjà d’un nombre impressionnant de textes législatifs qui répriment la concussion, le détournement de biens publics. La lutte contre la corruption, c’est in fine, l’affaire des juges. Ce n’est pas l’affaire des politiques. Ce qui suppose qu’il faille renforcer la capacité des juges. Un juge indépendant, compétent, moralement apte et dont l’éthique est en éveil peut être considéré comme  un maillon sûr de la lutte contre la corruption.
Ne pas faire du roman, c’est refuser de subir, c’est -à-dire passer à l’action judiciaire. Il s’agit de belles empoignades judiciaires.  La loi devient un tableau de bord. Nul n’est sensé ignoré la loi. Il est important qu’un vaste Programme d’Information et de Communication (PIC) soit élaboré dans l’immédiat envers les cibles. En l’occurrence, les gestionnaires de crédits.  La volonté politique est aujourd’hui claire. Il est du devoir des acteurs de se conformer à la loi.
On peut se demander si les députés ont envisagé l’élargissement des prisons lorsqu’ils ont voté la loi sur la corruption. Car, en réalité, il y aura beaucoup d’appelés car la corruption est aujourd’hui tentaculaire. C’est un mal qui nous ronge. En ces instants qui m’inspirent cette chronique, je pense à la fatalité de la régularisation à bonne date des dépenses publiques exécutées par OP. Il est utile de mentionner que les faits suivants peuvent faire l’objet d’enquête judiciaire : le retard dans la production des pièces justificatives par les bénéficiaires d’OP, la mauvaise constitution des dossiers de régularisation des OP, le  retard dans la satisfaction des motifs de rejets.
 Les comptables publics doivent oser dire  » Non  » après la promulgation de la loi en opposant les textes en vigueur à l’autorité. Il vaut mieux perdre son poste que de séjourner durablement en prison.

H_Tauyé

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1ère Foire Nationale des Médicaments Traditionnels Améliorés : Dorothée Kindé Gazard et Madina Sefou visitent les stands

août 31, 2011

Ouvert depuis le mercredi 24 août 2011, la 1ère foire Nationale des médicaments traditionnels améliorés à accueilli vendredi dernier la visite d’une délégation ministérielle composée des ministres de la santé, du commerce et de l’industrie.

Cette délégation qui a fait le tour des différents stands installés au stade de l’amitié de Kouhounon s’est imprégnée des réalités que vivent les praticiens de la médecine traditionnelle. En effet, le recours à la médecine traditionnelle est une réalité universelle, en ce sens qu’elle a été utilisée depuis l’existence de l’humanité dans tous les pays.  Selon Dorothée Akoko Kindé Gazard, malgré l’insuffisance des preuves de son efficacité, la médecine traditionnelle est utilisée par 80% de la population pour la gestion des différentes maladies. « Compte tenu de son importance, les Etats africains ont adopté une résolution sur la promotion du rôle de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé à Ouagadougou en août 2000. A partir de cette résolution, des actions ont été retenu pour renforcer la sensibilisation et le plaidoyer en faveur de notre médecine ancestrale. Depuis lors, dans l’optique de faire de la médecine traditionnelle une pratique médicale imposante et solidement implantée au Bénin, notre pays a mis en place une politique nationale, un cadre réglementaire et un code d’éthique et de conduite pour la pratique de ladite médecine.  Cette disposition rend aujourd’hui possible la production en quantités commerciales des médicaments traditionnels standardisés, dans la perspective de l’intégration de la médecine traditionnelle dans le système national de soins de santé publique.  Dans un contexte de ressources limitées, le besoin de tirer partie des expériences acquises en médecine traditionnelle est bien perçu par le Gouvernement béninois pour éviter surtout la destruction du tissu social, des systèmes de relations et de croyances », a souligné le ministre de la santé. A l’en croire,  des efforts restent à fournir pour assurer l’intégration de cette médecine, du point de vue de l’offre de soins, de l’éducation, de la formation et de la réglementation. A ce propos, l’accent devra être également mis sur les mesures à prendre pour garantir la qualité, l’efficacité et l’innocuité des médicaments traditionnels à base de plantes, a-t-elle souligné.  Madina Séfou dira, pour sa part,  qu’il est essentiel de réfléchir sur les mécanismes susceptibles d’améliorer la collaboration, le respect et la compréhension mutuels entre les praticiens conventionnels et les praticiens de la médecine traditionnelle.

Cell com/M. Santé

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Ramadan 2011 à Abomey-Calavi : L’Imam Moutawakil et les siens ont sacrifié à la tradition

août 31, 2011

Le jeûne musulman démarré le 1er août 2011 a pris fin hier  par la fête du ramadan. Comme dans les autres localités du pays, les fidèles musulmans  de la Mosquée Centrale Nourou-Dine  d’Agori-Plateau II, sous la direction de leur père spirituel, El Hadj Moutawakil Boukari Malik, ont dit ensemble une prière  sur la place Idi de la localité. Cette prière a connu la présence de l’actuel Directeur général de la Sobemap, Soumanou Toléba, de l’ancienne honorable Affo Djobo et de  l’intendant du palais.

Conformément aux prescriptions du Saint Coran  et en suivant le calendrier lunaire, tous les musulmans ont observé  du 1er au 30 aout d’intenses séances de prières et de jeûne. Chaque jour, ils ont eu à  exécuter  les cinq prières fondamentales. Ils ont eu à s’abstenir de tout ce qui peut souiller l’esprit. La fête de ramadan célébrée hier vient mettre un terme à ce temps d’abstinence et de jeûne. Selon le Coran, le Ramadan marque la renaissance du fidèle musulman. «  Louange à Allah Seigneur des mondes, nous le remercions pour avoir accepté nos prières durant ce mois de carême. Aussi, nous lui disons merci parce qu’il nous a comblé des bienfaits abondants ». C’est la prière que les fidèles musulmans de  la Mosquée Centrale Nourou-Dine  d’Agori-Plateau II  et  leur père spirituel, El Hadj Moutawakil Boukari Malik,  ont dit ensemble hier.  Cette prière a donné le top de la fête de Ramadan dans tous les ménages à Calavi et environs.  Au cours de la célébration, l’Imam Boukari Malik, dans son sermon, a démontré que le messager de Dieu qui a rempli tous les critères et par qui toute l’humanité sera sauvée est le Prophète Mohammad. Dans son message, il a invité ses fidèles à marcher dans les pas du Prophète Mouhammad en évitant la corruption, et en contribuant efficacement au développement de la Nation. « Le Ramadan ne marque pas la fin d’intense prière de communion avec le Dieu Allah », a fait savoir l’Imam Boukari Malik. Alors, il les a exhorté au  respect des commandements de la religion musulmane et d’implorer en tout temps la clémence de Allah tout miséricordieux pour que la paix soit pérenne et que le développement soit désormais une réalité.

L’appel de l’ancienne honorable Affo Djobo

Plusieurs personnalités ont pris part à cette fête de la  renaissance du fidèle musulman. Au nombre de celles-ci, l’actuel Directeur général de la Sobemap, Soumanou Toléba, l’ancienne honorable député à l’Assemblée nationale, Affo Djobo, et la Ministre de la famille des Affaires Sociales, de la Solidarité Nationale, des Handicapés et des Personnes de troisième Age, Fatouma Amadou Djibril. Saisissant cette occasion, Mme Affo Djobo Amissetou a  invité  tous les Béninois à un dialogue politique. Pour elle, ce qui compte actuellement c’est l’intérêt du Bénin. « Ce qui se passe actuellement dans les autres pays nous  interpellent tous », a-t-elle dit avant de remettre les pays en tension dans les mains de Allah tout miséricordieux. « Nous devons tous  nous lever comme un seul homme pour relever les grands défis qui s’imposent au pays. Chacun doit jouer à son niveau sa partition pour que le pays évolue ».

Victorin Fassinou

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Contrôle de la tuberculose et des maladies respiratoires : Des médecins africains prennent part au 19ème cours international à Cotonou

août 31, 2011

De 29 août au 16 septembre 2011, se déroule à Cotonou au Bénin, le 19ème cours international sur la lutte contre la tuberculose. Une vingtaine de médecins issus de huit (08) pays africains dont le Bénin, y prennent part depuis lundi dernier à l’hôtel du 15 janvier à Akpakpa. Mme Dorothée Yèvidé, Directrice de cabinet au ministère de la santé a représenté la ministre Dorothée Kindé Gazard vendredi dernier, à l’ouverture des travaux.

Initiative conjointe de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (Uictmr), le Programme national tuberculose du Bénin (Pnt) et l’Agence française de développement (Afd), le 19ème cours international sur le contrôle de la tuberculose organisé depuis lundi dernier, se veut essentiellement un cadre de renforcement des connaissances théoriques et des approches pratiques de la lutte contre la tuberculose dans nos pays. M. Arnaud Trébucq, représentant de l’Uictmr et chargé des cours, a d’ailleurs été clair dans son mot introductif. Il s’agira, a-t-il indiqué, d’apporter aux participants venus cette fois-ci du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la Côte-d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, de Madagascar, de la République démocratique du Congo, du Togo et bien évidemment du Bénin, les éléments théoriques ayant conduit au développement des méthodes modernes de maîtrise de la tuberculose, en insistant sur l’épidémiologie de la maladie, base d’une approche rationnelle des méthodes de lutte et de gestion des programmes. C’est dire qu’au terme des cours, que ce soit sur la sélection des régimes thérapeutiques, la gestion des médicaments, comment évaluer la multirésistance chez des patients, comment mesurer les relations entre tuberculose et Vih, la prévalence de cette pandémie chez les tuberculeux, leur prise en charge, chaque participant aura des connaissances approfondies sur ces aspects, lesquels doivent lui permettre, à l’aide d’outils spécifiques, de mener à bien un programme de lutte contre la maladie. En effet, c’est connu que, relativement, la tuberculose continue de poser des problèmes aux pays africains, malgré les efforts qui sont continuellement déployés par les programmes nationaux de lutte contre la maladie. Les statistiques à ce sujet révèlent que la tuberculose est directement responsable de 26% de décès évitables dans les groupes d’âge actifs (15-59 ans). Pour l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, les nombreuses recherches et expériences qu’elle a menées, depuis sa création en 1920, pour l’amélioration de la lutte contre la tuberculose dans le monde, ne sauraient être profitables si elles ne sont pas partagées avec les acteurs sanitaires qui s’y exercent. Et c’est à ce propos que le 19ème cours international de Cotonou, comme ceux précédemment organisés en Tanzanie, au Vietnam, en Chine et au Salvador, vient pour partager avec les participants les expériences acquises dans la lutte contre la tuberculose. Pour la Directrice de cabinet représentant la ministre de la santé Dorothée Kindé Gazard, ce 19ème cours international sur le contrôle de la tuberculose est une excellente occasion de concertation et d’échanges entre acteurs de terrain qu’ils sont, sur la problématique de la maladie. « Ce sera pour chacun de vous, l’occasion de confronter ses expériences personnelles avec celles des collègues des autres pays représentés» a précisé Mme Dorothée Yèvidé, avant d’inviter les participants à cette rencontre du donner et du recevoir, à une contribution mutuelle efficace de laquelle ils sortiront respectivement aptes à mieux agir, afin de réduire l’ampleur de la tuberculose dans leur pays en particulier et, sur le continent en général.

Dénis Magnidet

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Après son vote par les députés : Yayi prend l’engagement de vulgariser et d’appliquer la loi sur la corruption

août 31, 2011

Le Président de la République s’est adressé au peuple béninois hier mardi 30 août 2011. Après avoir souhaité bonne fête de Ramadan aux musulmans, il a félicité les députés pour avoir voté tôt hier matin la loi sur la corruption et ses effets connexes. Il a pris l’engagement de prendre les décrets d’application et d’appliquer ladite loi pour instaurer la bonne gouvernance et éviter d’hypothéquer l’avenir de la génération montante. 

Après le vote de la loi sur la corruption au Bénin, le Président de la République s’est imposé un message de félicitation aux députés. A travers cette sortie, il a voulu montrer qu’il était content que la loi soit votée. L’acte posé par les députés annonce une meilleure gestion des ressources limitées de l’Etat. Au nom du peuple béninois, il a adressé ses vives félicitations aux députés pour ce vote qui redonne espoir au peuple.  C’est un instrument, entre autres, de lutte contre l’impunité, l’enrichissement illicite, les détournements. Le Chef de l’Etat a rappelé aussi que le renforcement de la cohésion et de l’unité nationale, l’approfondissement de la culture démocratique, la paix et la sécurité des personnes ne peuvent avoir de sens que si les ressources de l’Etat sont bien gérées. Dans le même sens, la meilleure gouvernance  devrait être une exigence quotidienne. Le gouvernement selon le Chef de l’Etat est déterminé à œuvrer sans équivoque dans la ligne imprimée par la nouvelle loi votée. C’est pour cela qu’il rassure le peuple béninois que les réformes inscrites dans son programme de société présenté pendant la campagne électorale pour la présidentielle de mars 2011 sont incontournables. Lesdites réformes ne font d’ailleurs que commencer. Il appelle le peuple à accepter les sacrifices que cela pourrait lui imposer. Il a enfin rassuré la population béninoise qu’il prendra dès la promulgation, les décrets d’application de la loi et fera vulgariser le texte de loi  pour éradiquer ce fléau qu’est la corruption.

Guy Constant Ehoumi

Le discours de Boni Yayi sur le vote de la loi sur la corruption

BENINOISES, BENINOIS, MES CHERS COMPATRIOTES
Aujourd’hui 30 août 2011, jour marquant la fin du jeûne musulman, je voudrais avant toute chose, m’associer à nos concitoyens de la communauté islamique pour leur souhaiter une bonne fête de Ramadan. En effet, ils viennent  d’achever un mois de privations diverses à la Gloire de Dieu Tout Puissant Allah ; la nation leur est  reconnaissante pour les prières qu’ils ont fait remonter vers le Créateur pour implorer sa miséricorde sur notre cher pays afin qu’il poursuive sa marche vers le progrès et la prospérité pour chacune, pour chacun et pour tous.
Mes chers compatriotes,
Notre parlement vient de voter tôt ce matin la loi portant lutte contre  la corruption et les infractions connexes. Ce vote traduit si besoin en était, la volonté et la détermination du peuple béninois à travers sa représentation nationale d’assurer une meilleure gouvernance et une meilleure  gestion de nos ressources limitées.
Ainsi, l’on peut dire sans risque de se tromper qu’avec cette avancée significative, la culture démocratique, le respect du bien public, l’obligation de résultats et la reddition des comptes s’enracinent progressivement dans notre pays.
C’est le gage de notre marche vers le progrès et la modernité.
C’est pourquoi en votre nom à tous et en mon nom personnel, j’adresse à nos honorables députés à l’Assemblée nationale, mes vives et chaleureuses félicitations pour leur courage, car le vote de cette loi redonne espoir à notre peuple et constitue un instrument privilégié de lutte contre l’impunité, la mal gouvernance, les détournements de deniers publics, l’enrichissement illicite, l’injustice, et j’en passe.
Mes chers compatriotes,
Vous le savez autant que moi, que le pacte liant les gouvernants à notre vaillant peuple repose entres autres sur des fondamentaux que sont :
1- le renforcement de la cohésion et de l’unité nationales
2- l’approfondissement de la culture démocratique
3- la paix et la stabilité politique et sociale
4- la sécurité des personnes et des biens
Toutes ces questions ne peuvent avoir de sens que si nous gérons avec parcimonie les biens publics, c’est-à-dire si nous évitons que certains d’entre nous s’enrichissent sur le dos de nos pauvres populations en profitant de leur ignorance et de leur misère ; elles n’auront également  de sens  que si la meilleure gouvernance devient une exigence et entre désormais dans nos pratiques ; elles ne pourront enfin avoir de sens que si la question de la  lutte contre la corruption devient une préoccupation nationale et est abordée sans complexe  dans le dialogue avec la communauté internationale.
En tout état de cause, la détermination de mon Gouvernement est sans équivoque.
A ce sujet, l’occasion me parait propice de rappeler une fois encore quelques unes des actions qui ont été menées dans le cadre de la lutte contre la corruption, le rançonnement et la mal gouvernance depuis avril 2006.
Il s’agit en effet de la création de l’Inspection Générale d’Etat (IGE) ; de la nomination des Inspecteurs Généraux des Ministères par le Président de la République et non plus par les Ministres, de la nomination des Auditeurs internes auprès de nos entreprises publiques ainsi que de l’instauration d’une ligne verte à la Présidence de la République à travers laquelle tout citoyen peut dénoncer des faits de corruption et de mal gouvernance dont il a connaissance.
S’inscrivent également dans cette rubrique, la création de l’Observatoire de Lutte Contre la Corruption, la mise en place de la structure nationale du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs, l’élaboration du référentiel des prix dans l’administration publique, l’assainissement des mesures de passation des marchés publics sans oublier les réformes en cours au Port de Cotonou avec la mise en place notamment du Guichet Unique et du Programme de Vérification des Importations de nouvelle génération (PVI).
Le vote de la loi sur la lutte contre la corruption par la représentation nationale vient renforcer l’arsenal d’importants instruments déjà existants dont notre peuple se dote progressivement pour combattre cette gangrène sociale.
A partir d’aujourd’hui, le Bénin notre pays s’inscrit donc sur la liste restreinte des pays africains en général et de ceux de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en particulier qui disposent de textes législatifs de lutte contre la corruption, et de ce fait, fait partie des huit pays de notre sous région ayant ratifié le protocole de lutte contre la corruption. 
Tout ce dispositif institutionnel est appuyé par diverses initiatives prises par ailleurs par différentes organisations de lutte contre la corruption.
Mes  chers compatriotes,
Comme je l’ai annoncé et répété dans mes messages précédents, la mission  que le peuple béninois m’a confiée en adhérant massivement à mon projet de société pour ce  quinquennat, est très bien perçue par mon Gouvernement. Les réformes contenues dans notre programme d’actions sont maintenant incontournables si nous ne voulons pas compromettre la marche de notre pays vers le progrès et  la modernité, et si nous ne voulons pas prendre le risque d’hypothéquer l’avenir des générations montantes. La survie de notre chère Nation en dépend.
Je puis donc vous rassurer que je suis et demeure fidèle à mes engagements et dans cette logique, ces réformes ne font que commencer ; d’autres suivront immanquablement car elles concourent toutes à restaurer les valeurs spirituelles, éthiques et morales qui jadis étaient le socle de notre République.
C’est pourquoi je voudrais bien compter sur votre engagement pour faire aboutir lesdites réformes mais aussi sur votre disponibilité quant aux sacrifices que leur mise en œuvre appellera. Dans cette perspective, j’invite également les députés de la sixième législature de notre parlement à s’inscrire dans cette noble et exaltante mission républicaine.
Je n’ai aucun doute sur la détermination de notre représentation nationale à poursuivre l’œuvre de renforcement de notre processus démocratique qu’elle a su si bien engager.
Bienheureux donc soient nos députés et toutes les autres forces politiques et sociales qui s’engageront dans ce combat salvateur pour faire de notre cher pays « un pays phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien être social.» 
Béninoises et Béninois,
Je ne terminerai pas mes propos  sans rassurer mes compatriotes des villes et des campagnes qu’après la vérification de la conformité de la nouvelle loi avec notre Constitution et sa promulgation, mon gouvernement veillera tant à la prise des décrets d’application qu’à sa vulgarisation afin que chacun de nous s’approprie cet instrument juridique et veille à son application dans le sens de l’éradication de ce fléau qu’est la corruption et ses conséquences fâcheuses sur notre société et sur l’économie nationale. Il y va de notre avenir à tous.
Dans la discipline, la solidarité, la responsabilité et l’amour de la patrie, continuons de bâtir notre commune Nation dans la crainte de Dieu.
Que le Seigneur vous bénisse !
Bonne fête à nos sœurs et frères musulmans
Vive la démocratie béninoise,
Vive la République,  
Je vous remercie.

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