Malaise au sein du football béninois : Responsables, joueurs et autres acteurs expriment leur ras-le-bol (Ils exigent l’annulation des décisions de l’Ag du 15 avril)

avril 29, 2011

Comme annoncé, les acteurs du football béninois ont marché pour exprimer leurs desiderata quant à la tournure que prend la crise dans notre pays. C’était hier jeudi 28 avril 2011 à Cotonou.

« … Anjorin hélouééé… Anjorin démissionne… Boni Yayi au secours…». Voilà quelques-uns des slogans hostiles au président de la Fédération béninoise de football scandés par la foule impressionnante qui a marché hier à Cotonou. De la place de l’Etoile Rouge au ministère de la jeunesse, des sports et des loisirs, responsables de clubs, joueurs, entraineurs, associations de supporters et autres acteurs du football au Bénin ont battu le macadam pour exprimer leur ras-le-bol par rapport à la situation délicate que connait le sport roi dans notre pays. Les pancartes portées par les manifestants renseignent que la quasi-totalité des clubs de 1ere et 2e divisions étaient représentés. Et sur l’une des banderoles déployées, on pouvait lire un message évocateur qui traduit le désarroi des acteurs du football au Bénin : « Non à la prise en otage du football par une minorité… Non à l’ingérence de la Caf et de la Fifa… Corvaro-Abéga, semeurs de conflits… ». En outre, « Plus de 3000 emplois en péril, Président Boni Yayi au secours » reste le message le plus poignant et qui invite à une sortie rapide de crise.  Sur place au ministère des sports, en absence du ministre, c’est M. Martin Lougbégnon, Secrétaire général qui a reçu les manifestants. Trois motions de protestions sont lues par Mme Ginette Johnson, Rémy Dayato et Ludovic Alla, respectivement Secrétaire exécutif du Front béninois de défense du football, et représentants des responsables de clubs et des joueurs. Pour la plupart, ils ont déploré la situation actuelle du football béninois et dit haut et fort qu’ils ne sauraient accepter qu’une minorité prenne cette discipline en otage avec la complicité de la Caf et la Fifa. En clair, les clubs de D1 et D2 contestent les résultats de l’Ag extraordinaire du 15 avril 2011 et demandent son annulation pure et simple. En réponse, le Secrétaire général du ministère qui avait à ses côtés les autres cadres du cabinet a félicité les manifestants pour la voie pacifique choisie. Il invite cependant les uns et les autres au calme et à la patience pour une sortie de crise heureuse. Car, aucun problème n’est insoluble et les services compétents du ministère sont à pied d’œuvre pour y arriver. Martin Lougbégnon a promis rendre compte à qui de droit.

MOTION DE PROTESTATION DES CLUBS DE LIGUE 1 ET DE LIGUE 2
 A  MONSIEUR LE MINISTRE DE LA JEUNESSE, DES SPORTS ET LOISIRS
Depuis quatre (04) mois environs, le football béninois traverse une crise inédite s’empirant de jour en jour. A l’origine de cette situation se trouvent comme toujours Monsieur Moucharafou ANJORIN, ses complices de l’intérieur et ses protecteurs extérieurs. L’objectif diabolique qu’ils se sont fixés à des fins égoïstes, est de remettre en cause le football professionnel du Bénin qui a déjà en si peu de temps, montré ses avantages incontestables par rapport au relèvement du niveau de notre football, aux milliers d’emplois générés (Joueurs, staff technique et médical, commissaires aux matches, arbitres, inspecteurs d’arbitres, superviseurs, distributeurs de billets, conducteurs de véhicule, restaurateurs, journalistes sportifs…) pour ne citer que ceux là et la fierté qu’il confère à notre pays et au peuple béninois.
Un résultat aussi concluant ne saurait être remis en cause. Les acteurs du football, le gouvernement et tous les patriotes béninois ne peuvent permettre cela.
Ainsi, nous ne pouvons accepter :
1- Les attaques contre les différents acquits du renouveau du football que sont entre autres, les statuts de la Fédération Béninoise de Football  adoptés par l’Assemblée Générale du 23 novembre 2010, paraphés, signés et cachetés page par page par les sieurs Moucharafou ANJORIN et Bernard HOUNNOUVI respectivement Président et Directeur Exécutif  de la Fédération Béninoise de Football.
2- L’influence de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) en violation des articles 20.6 et 68.2 des statuts de la Fédération Béninoise de Football et de l’article 17 de ses propres statuts.
3- La convocation et l’organisation de l’Assemblée Générale du 15 avril 2011 dernier par un Directeur Exécutif illégalement nommé par Monsieur Moucharafou ANJORIN.
4- La non participation à l’Assemblée Générale du 15 avril 2011 de trente trois (33) délégués  sur cinquante et un (51) régulièrement mandatés mais délibérément écartés par les organisateurs de ladite Assemblée Générale et la mission FIFA-CAF.
Il faut noter que ces délégués officiels écartés avaient participé régulièrement aux précédentes Assemblées Générales de la Fédération Béninoise de Football, notamment celle d’Août 2009 qui a consacré l’élection du président ANJORIN Moucharafou ; celle du 23 Novembre 2010 au cours de laquelle les nouveaux statuts de la Fédération Béninoise de Football ont été adoptés et celle du 15 décembre 2010 qui a examiné les rapports de fin de saison sportives 2009-2010.
5- La participation à l’Assemblée Générale du 15 avril 2011 de plusieurs délégués fictifs non mandatés par les présidents de clubs et d’associations en remplacement de ceux ayant droit.
6- L’humiliation essuyée par les Présidents et Secrétaires Généraux des clubs à Porto-Novo le 15 avril 2011 devant le siège de la Fédération Béninoise de Football debout au soleil de 8h à 17h soit au total 9heures d’horloge.
Face à cette situation, les clubs de ligue 1 et de ligue 2 :
1- Contestent les résultats issus de l’Assemblée Générale du 15 avril 2011.
2- Demandent avec fermeté l’annulation pure et simple des décisions de ladite Assemblée Générale.
3- Soutiennent les cinquante deux arbitres suspendus injustement.
4- Encouragent et soutiennent le gouvernement du Docteur BONI YAYI et demandent que les dispositions idoines soient prises, pour sauver  une fois pour de bon le sport roi au Bénin.
Vive le Bénin, vive le football, je vous remercie
Les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2

MOTION DES FOOTBALLEURS PROFESSIONNELS DU BENIN

– Depuis quelques temps, le football béninois est en proie à une profonde crise de la Fédération, avec une incidence fâcheuse sur la pratique du football professionnel initiée il y a seulement 19 mois dans notre pays, à la grande joie de la jeunesse béninoise.
– Outre les nouvelles performances que cette réforme a commencé à imprimer au football du Bénin qui devient progressivement une référence du football professionnel en Afrique, son championnat a déjà permis de régler de nombreux problèmes de chômage dans nos rangs, sans compter l’opportunité  qu’il nous offre de nous faire valoir aux plans national et international.
– Nous, joueurs des clubs professionnels de la Ligue 1 et de la Ligue 2, venons exprimer notre vive indignation et notre déception, contre cette crise et tous ses instigateurs.
– Remercions nos Présidents de clubs qui ne nous ont pas abandonnés, malgré la crise.
– Prions expressément l’Autorité de tutelle et tout le Gouvernement de la République de bien vouloir intervenir  le plus tôt possible, pour sauver le football béninois, afin que renaisse l’espoir de la jeunesse, fer de lance du développement national.
« L’oisiveté est la mère des vices. »
Les joueurs professionnels et tous ceux que le championnat professionnel nourrit ne veulent pas retomber dans la misère !
Sauvez-nous !
Monsieur le Ministre, MERCI

Les joueurs des clubs professionnels du Bénin.

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Une démocratie dans le coma

avril 29, 2011

La démocratie béninoise vit-elle ? Est-elle encore cliniquement apte ? Ce qui fait la vitalité d’un processus démocratique, ce sont les institutions et la qualité des hommes appelés à animer  les structures. Le cas du Bénin est pitoyable. Et pour cause.
La démocratie, c’est le choix du peuple par le peuple. Ce choix se fait à travers des élections libres et transparentes. L’organisation des élections est le point angulaire de l’appréciation de ce processus. Ensuite, vient  le débat électoral nécessaire pour engager l’opinion à prendre position.
L’organisation des dernières élections a montré les limites de la capacité du régime à organiser une élection de qualité. La Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi) est toujours en construction. Des cartes d’électeurs continuent d’être distribuées à l’heure où nous mettons sous presse. Le scrutin des élections législatives est pour le samedi 30 avril 2011. C’est une hérésie électorale. Pire, la Commission Electorale Nationale Autonome (Cena) majoritairement contrôlée par la mouvance. Elle improvise et innove dans le ridicule et l’incompréhensible. Au commencement était la création des bureaux fictifs de vote, justifiés, en bon avocat, par le Président de la Cour Constitutionnelle. En suite, comme pour montrer que la pagaille est une vertu de la Céna 2011, l’institution invente le vote par témoignage, une incongruité façonnée pour arrondir le taux de participation. L’histoire démocratique  de notre pays retient avec tristesse que l’organisation des élections présidentielles et législatives  a été des plus malheureuses. Le peuple a souffert de l’approximation du savoir des cadres. Ce qui permet d’affirmer sans ambages que la demi-formation est plus dangereuse que l’absence de formation. C’est une plaie qu’il convient de cautériser pour espérer plus grand pour cette discipline. L’impression qui se dégage de l’implication des institutions dans l’organisation des élections est dramatique :  » Quand la Céna dit, ‘Pipan’, la Cour Constitutionnelle répond, ‘Panpou’ « .  C’est un signe supplémentaire que le processus démocratique est cliniquement mort, le coma est profond, intense et quasi irréversible, à moins d’un sursaut intellectuel.
Le débat législatif n’a pas été de mise. Le service public de presse est toujours sous l’emprise du pouvoir d’Etat. Ce qui annihile toute initiative de proposition de confrontation d’idées en vue de la formation d’une opinion nationale. A cela s’ajoute la qualité des hommes proposés sur les listes. Par exemple, on y retrouve des  » beautés « , expertes en malversations financières, régulièrement relevées de leurs fonctions et des illettrés dangereux, commerçants de produits prohibés. Ce ne sont que des illustrations qui prouvent que le processus démocratique est enrhumé. Lorsque des candidats parlent de leur future mission, on tombe des nues.  Ils ne comprennent pas ce qu’est un parlement, une loi organique, un projet de loi ou une proposition de loi. C’est un signe symptomatique du  » cancer  » qui ronge la démocratie au Bénin

H-Tayé

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Elections législatives du 30 avril 2011 : Une campagne électorale sur fond d’achat massif de conscience des électeurs

avril 29, 2011

Depuis hier 28 avril 2011 à zéro heure, la campagne pour les élections législatives de 2011 a officiellement pris fin. Chacun des candidats en compétition y est allé de ses moyens pour charmer l’électorat. Le bilan qu’on peut aujourd’hui faire est que, contrairement à ce qui devrait être, cette campagne électorale s’est déroulée sur fond d’achat massif de conscience des électeurs. Et la question qu’on est en droit de se poser est de savoir si les électeurs vont voter pour l’argent ou vraiment selon leur conscience.

La campagne pour les élections législatives du 30 avril 2011 n’a pas échappé à la règle. Certes, il n’y a pas eu de géants meetings à l’image de ce qu’on a vécu pendant la campagne pour la présidentielle du 13 mars 2011. Cependant, les hommes politiques qui sont allés à l’assaut des électeurs n’ont pas manqué de souffrir dans leurs poches. De l’argent, on en a vraiment distribué au cours de cette campagne qui s’est achevée hier 28 avril 2011, conformément au programme établi par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Sur le terrain, l’argent a circulé dans les deux camps. Et mouvanciers, et opposants ont mis la main à la poche pour séduire de diverses manières les électeurs. La corruption électorale pourtant décriée par les organisations de la société civile s’est abondamment invitée au débat. Et sur le terrain, c’est au plus offrant que les électeurs ont dressé le tapis en attendant le vote du 30 avril 2011. Dans ce jeu, la mouvance au pouvoir a rendu la tâche très difficile à l’opposition. Là où l’opposition étanche la soif des électeurs avec 10.000 F Cfa, la mouvance donne 1.000.000 F Cfa voire plus pour les mêmes besoins. Pour se faire élire député, ces hommes politiques ont tout simplement choisi de jouer sur la misère des populations. A Lokossa, il y a quelques jours, ce sont les sandwiches d’un candidat de la mouvance qui ont créé la zizanie parmi les enseignants. A plusieurs kilomètres de Lokossa et plus précisément à Porto-Novo, un autre candidat de la mouvance au pouvoir a mobilisé les électeurs avec de l’argent et des tee-shirts. Toute chose punie pourtant par la loi. Comme on peut en tout cas le constater, la 6è législature sera à l’image de celle qui l’a précédée. Et selon certains observateurs, elle sera pire puisqu’elle sera remplie de députés qui auront acquis leur siège à coup d’argent, comme l’ont révélé les pratiques au cours de cette campagne électorale. Et ce qui fait froncer les sourcils, c’est que ce sont les mouvanciers qui appellent de tout leur vœu à barrer la route de l’Assemblée Nationale aux députés mangeurs d’arachide, frondeurs, tam-tameurs et qui demandent d’aider le chef de l’Etat à disposer d’une majorité pour conduire la refondation qui se sont fortement illustrés dans l’achat de conscience au cours de la propagande électorale pour les législatives de 2011.

Affissou Anonrin

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Scrutin du 30 avril 2011 : Risques d’une abstention considérable

avril 29, 2011

Des faits majeurs risquent d’agir sur la participation des Béninois au scrutin de demain samedi 30 avril 2011. Il y a d’abord le désintéressement des militants de la mouvance à cause de la guéguerre des listes se réclamant de l’obédience du chef de l’Etat et l’ignorance de la tenue des élections demain samedi.

Le scrutin de demain samedi 30 avril 2011 risque de ne pas connaitre une participation à la mesure de l’engagement des Béninois pour la présidentielle du 13 mars 2011. Deux causes essentielles sont à la base de cette situation. Il y a d’abord le découragement des électeurs. Essentiellement des électeurs de la mouvance présidentielle qui ne veulent pas voter pour une liste dite celle du président  pourraient s’abstenir. Car, estimant que leur vote ne puisse pas permettre aux candidats de leur choix de passer, ils vont simplement rester chez eux. C’est un ressentiment politique qui agira sur le taux de  participation au scrutin. A leur suite, les militants de l’opposition. Déçus, ils redoutent une réédition de la machination de la présidentielle, et peuvent choisir de ne pas perdre leur énergie.
A ceux-là, il faut ajouter la catégorie de ceux qui ignorent que le scrutin n’est pas  prévu pour le dimanche 31 avril mais plutôt le samedi 30 avril. Ils sont nombreux et même parmi ceux qui sont aux côtés de certains candidats pour battre campagne. On a déjà entendu des gens en pleine campagne demander aux populations de sortir massivement le dimanche prochain pour voter. Cette ignorance de leur part peut bien induire d’autres électeurs en erreurs, surtout des analphabètes qui avaient encré dans leur tête que les élections se déroulent le dimanche. Pour corriger le tir, il revient à la Cena d’organiser une communication pour inviter expressément les électeurs à sortir massivement pour le vote de demain.

Guy Constant Ehoumi

Législatives du 30 avril 2011 : La campagne cède  place au retrait des cartes

La campagne pour les élections législatives est terminée hier pour tous les candidats aux élections. L’heure est actuellement au retrait des cartes d’électeurs qui aurait commencé hier jeudi 28 avril 2011 et qui prend fin ce jour vendredi 29 avril.

Le retrait des cartes est la préoccupation majeure des Béninois qui n’ont pas encore en main le sésame pour voter. De sources proches de la Cena, c’est aujourd’hui que prend fin la distribution des cartes. L’affluence est certes remarquée par endroits mais plusieurs personnes restent encore sous informées. Cela risque d’entrainer d’autres déconvenues dans la mesure où, plusieurs personnes qui se sont inscrites pour la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ne disposent pas d’autres pièces d’identité. Si l’information ne passe pas bien, ce n’est pas exclu que des électeurs se présentent demain avec les fiches d’identification sur les lieux de vote. Dans ces conditions, il va falloir rendre disponibles dans les bureaux de vote de ces personnes, leurs cartes pour qu’elles puissent les retirer et voter. Tout cela est le fruit de la lenteur et de la pagaille qui ont caractérisé tout le processus électoral au Bénin depuis l’élaboration des lois électorales, leur vote, la désignation et l’installation de la Cena et de ses démembrements. Sans oublier la mésaventure de la réalisation de la liste électorale permanente informatisée, l’organisation et le déroulement des élections sous différents diktats et confiscations des libertés démocratiques par une minorité qui a l’avantage de garder les ficelles et de les manipuler à son avantage.

Guy Constant Ehoumi

Menacés de destitution sans délai : Les démembrements de la Cena se plient à la décision  de la Cour

Les démembrements de la Cena n’ont plus organisé leur sit-in hier jeudi 28 avril comme prévu.  Selon certains leaders de la protestation, ils ont décidé de se plier à la décision de la Cour Constitutionnelle.
La Cour ayant demandé au Président de la Cena de destituer les membres des Ced et des autres démembrements défaillants et de les remplacer en cas de besoin, tous ont décidé de se plier à la décision des sages. Ils se présenteront dans leurs différents postes pour remplir leur mission dans la mesure où certains ont déjà touché des avantages liés au travail à faire. En bon citoyens, ils iront travailler. Mais dès la fin du scrutin, ils reprendront la lutte pour se faire mieux écouter. Même si certains parlent de solution arbitraire, ils ont tous le devoir de se plier pour le moment à la décision qui n’est susceptible d’aucun recours. Ce revirement  de situation au niveau des démembrements confirme ainsi la tenue effective du scrutin du samedi. La date du 30 avril ayant  été retenue dans un délai juridico-politique, le scrutin doit se tenir quelle que soit l’impréparation des organisateurs. A 48 heures de l’échéance, voilà des démembrements démobilisés qui vont repartir sur le terrain sans réelle préparation  pour organiser les élections. Le pire à redouter serait de remplacer ces démembrements aussi par des néophytes en application de la décision de la Cour constitutionnelle. Les plus grands perdants de cette situation sont les candidats. Ils risquent de subir les affres des fiches de dépouillement mal remplies, de plis ou cantines mal scellées etc. Vaille que vaille on tiendra les élections demain samedi 30 avril 2011. Et ce serait terminé des tribulations politiques  liées aux élections présidentielle et législative de 2011 au Bénin.

Guy Constant Ehoumi

Renforcement des capacités du système judiciaire béninois : Des greffiers en formation sur la mise en œuvre de la procédure préjudicielle

La salle de conférence de l’hôtel du Lac de Cotonou sert depuis hier 28 avril 2011 de cadre à un séminaire de formation des greffiers béninois sur la mise en œuvre de la procédure préjudicielle dans les greffes des juridictions de base. Initié par la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest africaine (CJ/Uemoa), ce séminaire a été officiellement  ouvert par Mme Geneviève Boko Nadjo au nom du ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme du Bénin.

Pendant deux jours, les participants venus des différentes juridictions du Bénin vont acquérir des connaissances sur la présentation générale du droit communautaire de l’Uemoa et sur la procédure préjudicielle devant la Cour de Justice de l’Uemoa. Il leur sera aussi fait une brève présentation de la Cour de justice de l’Uemoa créée le 10 janvier 1994 par le traité de Dakar. Et pour la conduite pédagogique de cette formation, la Cour de justice de l’Uemoa a bien voulu compter sur l’expertise de Me Abraham D. Zinzindohoué, juge à la CJ/Uemoa et M. Fanvongo Soro, Greffier en Chef à la CJ/Uemoa. Dans les deux discours qui ont été prononcés à l’ouverture de ce séminaire, un accent particulier a été mis sur l’importance de cette formation qui vient après celles qui ont été organisées au profit de certains magistrats et avocats du Bénin. Pour la représentante du ministre béninois de la justice, de la législation et des droits de l’homme, cette formation vient à point nommé en ce sens qu’elle complète les efforts déjà consentis par le gouvernement dans la dynamisation de son système judiciaire. Me Abraham Zinzindohoué qui représentait le Président de la Cour de Justice de l’Uemoa à ce séminaire s’est dit heureux de constater que les efforts consentis dans la vulgarisation du droit communautaire portent leurs fruits. Ces efforts ont en effet commencé par avoir leurs effets par l’augmentation de la saisine de la Cour de justice de l’Uemoa, a-t-il souligné. Pour lui, cette évolution est assez rassurante et laisse penser que le mécanisme de coopération entre la Cour communautaire et les juridictions nationales peut encore s’améliorer en s’appuyant par exemple sur les acteurs clés que sont les greffiers dans la mise en oeuvre de la procédure préjudicielle.

Affissou Anonrin

Bilan de la campagne pour les  législatives 2011 dans l’Ouémé-Plateau : Le porte-à-porte, une stratégie prisée par tous

Les partis et alliances de partis politiques en compétition pour les législatives du samedi 30 avril prochain ont opté globalement pour une campagne de proximité. C’est le constat général qui a été fait dans les départements de l’Ouémé et du Plateau.

Contrairement à la présidentielle du 13 mars 2011, la campagne électorale pour les législatives s’est déroulée sans accrochage dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. La maturité a gagné tous les camps en compétition dans ces deux départements où aucun incident majeur n’a été signalé. Ce résultat est la conséquence de la stratégie adoptée par la plupart des formations qui sont allées à l’assaut des électeurs. Du côté de l’UN, les candidats qui ont l’habitude des grands meetings, ont pris leur bâton de pèlerin pour aller expliquer aux électeurs les raisons pour lesquelles ils sollicitent leurs suffrages. Les porte-flambeau de la liste principale du Chef de l’Etat se sont soumis au même exercice. Outre les caravanes et le concert public organisés par la direction de campagne de l’honorable Sofiath Schanou, le reste de l’action politique menée par la liste Fcbe est basée sur la campagne de proximité. Dans la 20ème circonscription électorale, chacune des chapelles politiques a battu le rappel des troupes  afin de démultiplier les équipes sur le terrain. Chacun des camps y est allé de sa stratégie politique et de mobilisation pour rallier à sa cause les électeurs. Si l’ordre et la discipline ont été de mise, il est à regretter cependant que les différentes normes qui devraient gouverner cette campagne électorale et qui sont contenues dans les différentes lois électorales n’ont pas été respectées. La campagne est maintenant terminée. Place donc au scrutin du 30 avril 2011 au terme duquel  on saura qui est fort.

Tobie P. Ahlonsou (Coll)

Campagne pour les élections législatives : Le repli identitaire s’est invité au débat

La campagne pour les élections législatives a été apaisée dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. Mais pas pour autant. Car, un discours rétrograde, prônant le repli identitaire, a été utilisé par certains candidats.
L’incitation au repli identitaire a trouvé une place de choix dans la campagne électorale des législatives de 2011. De Sèmè-Podji dans l’Ouémé à Kétou dans le Plateau en passant par plusieurs autres communes, des candidats ont fait recours à un discours rétrograde pour tenter d’accrocher les électeurs. Ils ont basé leur communication sur l’ethnocentrisme comme thème principal de campagne. Chaque commune ou chaque groupe ethnique doit avoir, selon la logique de ces politiciens, son représentant à l’Assemblée nationale. C’est à croire qu’ils ne savent pas que le député a un mandat national et non un mandat impératif. Une fois encore, tous se bousculent pour aller à l’Assemblée Nationale pour le compte de cette 6è législature mais ne savent pas pourquoi ils y vont.

Tobie P. Ahlonsou (Coll)

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Formation du prochain gouvernement de Boni Yayi II : Voici le portrait robot des ministres à dégager par le Chef du changement

avril 29, 2011

Le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi n’aura plus de difficulté à constituer sa prochaine équipe gouvernementale. Des indiscrétions indiquent que les noms de certains ministres sont déjà rayés du calepin du Président de la République. Et parmi ceux qui vont devoir faire leurs valises se trouvent ceux qui lui ont tenu tête en ne ralliant pas la liste Fcbe et accessoirement ceux qui ne réaliseront pas un bon score à l’issue des élections législatives du 30 avril prochain.

Après les élections législatives qui vont se dérouler sur toute l’étendue du territoire national du Bénin le samedi 30 avril 2011, le plus gros chantier auquel le Chef de l’Etat va s’attaquer sera la formation de son équipe gouvernementale. Outre l’épineuse question du poste de premier ministre qu’il aura à régler de façon convenable, le Dr Boni Yayi va s’atteler à former une équipe de combat qui lui permettra de relever les grands défis de son second quinquennat. Selon des sources proches du Palais de la Marina, beaucoup de gens se bousculent déjà au portillon. Ceux qui n’ont pas pu trouver une place sur la liste Fcbe ou sur ces multitudes listes mais qui se réclament de la mouvance présidentielle attendent avec impatience la formation du gouvernement pour jouir des délices de la victoire du Président Boni Yayi à l’issue de l’élection présidentielle du 13 mars 2011. Les couleurs avaient été déjà annoncées avec les nombreux messages de félicitations adressés au Président Boni Yayi après la proclamation des résultats définitifs du scrutin du 13 mars. A l’allure où vont les choses, des sources indiquent que le Chef de l’Etat ne se fera nullement de souci pour constituer son équipe pour laquelle il y aura forcément des sorties et des entrées. Pour ce qui est des heureux qui seront élus pour entrer dans cette équipe gouvernementale, rien n’est encore sûr. Mais pour ce qui est des partants,  il n’y a pas à aller chercher loin. Ceux qui ont tenu tête au Président Boni Yayi en ne ralliant pas la liste Fcbe qu’il soutient seront dégagés quelle que soit leur compétence. A ceux-là qui se connaissent déjà s’ajouteront ceux qui ont été positionnés sur la liste Fcbe et qui vont faire piètre figure. Ce sont là les critères sur lesquels le Chef de l’Etat veut se fonder pour constituer son équipe gouvernementale. Par pudeur, nous nous gardons de mettre sur ce portrait robot des ministrables des noms. Mais une chose est sûre, chacun se retrouve parfaitement dans ce schéma tracé par le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi. C’est dire donc que certains ministres de l’actuel gouvernement ont intérêt à mouiller correctement le maillot pour se mettre à l’abri de toute surprise désagréable. Ils doivent en tout cas s’attendre à la colère du Chef de l’Etat qui sait prendre sa vengeance si jamais ils échou-aient pour les élections législatives.
Euloge Badou

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Ingénierie de la confusion

avril 28, 2011

La Commission Electorale Nationale Autonome (Cena) innove dans l’ingénierie  du cafouillage, du désordre et de la pagaille. L’organe administratif en charge de l’organisation des élections législatives vient d’inventer un mécanisme supplémentaire de vote. Ceux qui auraient égaré leur carte d’électeur peuvent voter sur témoignage ou avec leur carte d’identité. C’est une porte ouverte pour la  confusion. Sinon, comment comprendre que sur simple témoignage, on puisse voter ? Qui est le témoin ? En quoi sa parole a une valeur de droit ? Le jour du scrutin, y a-t-il un temps, un espace pour organiser le témoignage ? La réponse est négative, sans détour. En fait, l’éventualité de perte de carte d’électeur est inventée pour faire émarger ceux qui ne feraient pas le déplacement. Avec cette technique de vote par témoignage, on aura un taux de participation rocambolesque. La Cena innove dans la tension, la contestation. Ceux qui ont égaré leur carte d’électeur restent à la maison et suivent la télévision nationale. Il n’y a pas de miracle. Ce n’est pas sérieux de vouloir leur accorder un privilège pour une situation dont ils ne doivent pas se prévaloir. Lorsque je perds ma carte d’électeur, soit je l’ai vendue ou je n’en connais pas la valeur. Par conséquent, je n’ai pas de faveur à quémander auprès d’une institution républicaine. Celui qui perd sa carte d’électeur n’est pas sérieux. Il est un négligent et devrait assumer sa négligence. Cet homme-là devrait être rangé dans la catégorie de ceux qui n’ont pas un sens civique. Par contre, s’il est détenteur d’une carte d’identité nationale régulièrement établie par des autorités légales, il peut atténuer son inconscience en votant. Cela ne devrait pas être le cas du témoignage qui, en l’espèce n’a rien de fiable et ne saurait remplacer la carte d’identité. Voilà pourquoi, cette affaire de témoignage  est un mécanisme qui pèserait sur la crédibilité du scrutin. On devrait s’en rendre  compte pour élever une vive protestation contre cette mauvaise innovation.
La Cour constitutionnelle qui n’a jamais repris la Cena dans ses innovations va sans doute corroborer cette nouvelle expédition contre le bon sens démocratique. C’est à ce niveau que le doute devient épais. Si la Cour a justifié la création des bureaux de vote qui sortent de l’ordinaire, elle ne peut que légitimer le vote par témoignage, un nouveau concept inventé pour ridiculiser le génie béninois. Depuis le renouveau démocratique, jamais on a vu cette scène  » démocratique  » qui consiste à témoigner que tel nom correspond à telle personne sur la liste électorale. La Cena 2011 nous renvoie dans les profondeurs  de l’âge du vote artisanal dans le précambrien électoral. Le quartier latin est cliniquement mort. Il ne lui reste que la messe de requiem. Jusqu’où ira la Céna dans le processus de mise en veilleuse de la raison collective ? Le seul réconfort qu’on peut avoir, c’est celui régional, en ce sens que le peuple voisin du Nigéria, dans un sursaut d’orgueil refuse que la raison ne sommeille assez longtemps. La mission de la Céna 2011 rentrera dans la voirie de l’histoire avec des stigmates dans la mémoire collective.

Herbert Houngnibo

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Elections législatives de 2011 : La syndicaliste Monteiro appelle à voter pour Boni Yayi

avril 28, 2011

Au Bénin, la démarcation entre le syndicalisme et la politique n’est plus facile à faire. Tous les jours, les farouches responsables syndicaux en apportent la preuve. Après les responsables de la Cstb qui flirtent parfois à visage découvert avec le Parti communiste du Bénin dont ils sont d’ailleurs majoritairement membres, c’est désormais le tour de Mme Laurence Monteiro de la Cosi de descendre dans l’arène politique. Cette dame de fer, comme certains aiment l’appeler, s’est en effet illustrée il y a quelques jours dans la commune de Pobè où elle a appelé les femmes de cette localité à faire en sorte que le Chef de l’Etat ait beaucoup de députés acquis à sa cause à la prochaine Assemblée nationale. Dans son nouveau rôle de politicienne, Mme Monteiro a rappelé les différents résultats obtenus par le Chef de l’Etat à Pobè lors des élections présidentielles et législatives qui se sont déroulées avant 2011. Elle a félicité les femmes de Pobè pour les efforts qu’elles font pour améliorer d’échéances électorales en échéances électorales ces résultats. Elle les a par ailleurs rassurées que le Chef de l’Etat ne les oubliera pas. Comme on pouvait s’y attendre, cette sortie politique de Mme Monteiro n’est pas restée sans susciter des commentaires. Et déjà, certains s’interrogent sur ce que fera la Centrale syndicale à laquelle elle appartient s’il arriverait que le Chef de l’Etat, pour qui elle a appelé à voter, restait sourd aux revendications des travailleurs qu’elle représente au sein de cette centrale syndicale.

Affissou Anonrin

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Élections législatives de 2011 : Houngbédji, Yibatou et Ahouanvoébla à l’assaut final des électeurs

avril 28, 2011

Le leader de l’Union fait la Nation (Un) accompagné de l’honorable Yibatou Glèlè et  de plusieurs autres ténors de l’UN est allé le mardi dernier au contact des populations de la 19e circonscription électorale. Le duo a sorti les électeurs de leur découragement et de leur torpeur. Au même moment, l’honorable Ahouanvoébla, qui a mené une dizaine de jours de campagne de proximité et de communion avec les structures de base de l’UN, a entamé hier  une campagne à l’américaine.

Houngbédji et Yibatou Glèlè poursuivent leur porte à porte dans la 19è circonscription électorale. Le mardi 26 avril dernier, le duo a sillonné les quartiers du plus vaste et peuplé arrondissement de Porto-Novo. De Hounvié à Dowa en passant par Louho, Tokpota, Akonabouè, Da-djrougbé, le Président Adrien Houngbédji a exhorté son électorat à donner beaucoup de députés à sa formation politique en se mobilisant le jour du scrutin législatif. Le leader de l’UN s’est montré très engagé, motivé et très déterminé à continuer le combat politique. Il ne perd pas l’espoir de retrouver le fauteuil présidentiel. C’est du moins par ce discours qu’il a abreuvé son électorat tout au long de son périple. Le Président Adrien Houngbédji continue en effet de soutenir que c’est lui qui a été élu le 13 mars dernier par les Béninois. Mais ceux qui ont le pouvoir militaire en ont décidé autrement. « Le pouvoir nous est destiné et non aux autres. Ils nous ont arraché cela avec la fraude. Mais pour nous, justice sera faite car l’heure de Dieu est la meilleure », a-t-il déclaré d’un air très convaincu. Une déclaration qui a suscité un  tonnerre d’applaudissements. Profitant de l’occasion qui lui a été offerte, Me Adrien Houngbédji a appelé ses militants à faire le déplacement massif le samedi prochain pour donner à l’UN les cinq députés de la 19ème circonscription électorale.

Pourquoi Yibatou Glèlè conduit la liste UN ?

Au cour de la tournée, Me Adrien Houngbédji s’est évertué à expliquer aux militants le choix porté sur Mme Yibatou Sanni Glèlè pour conduire la liste UN dans la 19ème circonscription électorale. A en croire le président Houngbédji, l’honorable Yibatou est une femme très engagée dans les œuvres caritatives et humanitaires au sein de la population béninoise. Ses réalisations témoignent de son altruisme, a-t-il dit. En effet, c’est à Mme Yibatou Glèlè qu’on doit la construction du bloc de médecine générale du Centre hospitalier départemental de l’Ouémé-Plateau. Elle a aussi assisté les sinistrés des nombreux cas d’inondations connus à Porto-Novo et ses environs. Au plan politique, l’honorable Yibatou Glèlè est, selon Me Adrien Houngbédji,  celle qui a remplacé à ses côtés feu Gbadamassi Moucharaf. Il a avoué que c’est avec son soutien qu’il gère le Prd depuis des lustres.
Alors que Me Adrien Houngbédji et Sanni Yibatou Glèlè ratissent large dans la 19è circonscription électorale, l’honorable Augustin Ahouanvoébla, qui a fait un sans faute parfait à l’UN lors de la présidentielle du 13 mars 2011, donne de l’insomnie à ses adversaires dans la 20è circonscription électorale. Il est descendu lui aussi dans son Avrankou natal après avoir soutenu les autres candidats de sa liste dans les autres communes de la 20è circonscription électorale. Son objectif est de prendre les 5 sièges en jeu dans la 20ème circonscription.

Tobi Ahlonsou

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3ème journée de diffusion des comptes extérieurs du Bénin : La balance des paiements 2009 est déficitaire

avril 28, 2011

Pour la première fois depuis 2004, la balance des paiements s’est avérée déficitaire en 2009. C’est ce qui ressort de la présentation  faite hier mercredi 27 avril 2011, au Novotel de Cotonou, des comptes extérieurs de la République du Bénin au titre de l’année 2009. Les comptes extérieurs du Bénin ont enregistré un déficit de 48.891,0 millions f CFA en 2009 contre un excédent de 36.923,0 millions en 2008. Cette surprise indique qu’il y a des réformes à faire pour ne plus demeurer des consommateurs endurcis des productions extérieures.

La troisième journée de diffusion des comptes extérieurs du Bénin a révélé hier que, pour la première fois depuis 2004, la balance des paiements ressort déficitaire. Le déficit structurel du solde des transactions courantes (qui regroupent les biens, services, revenus et les transferts courants) s’est aggravé de 66.396,0 millions de f CFA pour s’établir à 306.419,0 millions sous l’effet conjugué de la détérioration de la balance des services et des revenus ainsi que la baisse des transferts courants. Même si la balance commerciale s’est améliorée, le déficit de la balance des biens s’est contracté de 29.819,0 millions en liaison principalement avec la baisse des importations. Les autres variations entrainent qu’au total, les comptes extérieurs du Bénin ont enregistré un déficit de 48.891,0 millions en 2009 contre un excédent de 36.923,0 millions en 2008. Dans la présentation des comptes extérieurs du Bénin en 2009, M. Bello Abdou Rafiou du service des études et de la statistique de l’Agence nationale de la Bceao à Cotonou a simplement conclu que l’état des lieux illustre la fragilité de l’économie béninoise qui demeure vulnérable aux chocs externes. Pour preuve, l’évolution des comptes en 2009 révèle une dégradation des comptes extérieurs du Bénin. Cela est imputable, a-t-il précisé, à la mauvaise conjoncture internationale. Il a fait constater que le compte courant est structurellement déficitaire, même si le compte de capital et d’opérations financières est excédentaire.

Urgence d’une autre politique économique 

Cette présentation a suscité chez les chercheurs, entrepreneurs, investisseurs et autres cadres participants, des réflexions pour réorienter la politique économique du Bénin.  Pour plusieurs personnes, il est temps d’agir parce que le Bénin a déjà fait assez d’études diagnostiques et les solutions sont d’ailleurs contenues dans plusieurs documents. Il faut que le gouvernement ose engager les réformes nécessaires, ont dit les participants. Pour l’opérateur économique, M. Raphé Loko, il faut repenser le développement économique en repensant le développement industriel. Car, on ne saurait développer le Bénin avec des aides extérieures. L’économiste Epiphane Adjovi,  estime qu’il faut réfléchir à un choix de politique économique, et arrêter avec les discours axés  sur la dorsale, l’épine dorsale ou le pôle de développement  que l’on ressasse depuis 2006 mais qui ne sont suivis d’aucune action concrète. Les choix économiques actuels sont mauvais et il faut oser le dire pour les corriger, a-t-il insisté. Le Directeur de cabinet du Ministre en charge de la prospective et du développement, M. Antonin Dossou  a aussi regretté le choix de politique de recette opérée depuis 1982 et qui maintient le Bénin dans une situation inconfortable. Il faut oser changer cette situation, a-t-il proposé. Car, par exemple il n’existe dans aucune étude économique la filière véhicules d’occasion. Et pourtant le Bénin en parle et focalise certains calculs économiques sur cette filière qui ne répond à rien en économie.  Il a rappelé la leçon du « consommons local » qu’avait donné le Président nigérian Olusegun Obasanjo au peuple béninois en 2004, en promettant d’accueillir dans son pays tous les produits qui seront fabriqués au Bénin avec les matériaux béninois. Pour le Directeur  national de la Bceao Bénin, M. Roger Agbozognigbé, qui a organisé la journée, le Bénin a pour défi de s’engager dans l’industrie pour le potentiel marché de 150 millions d’habitants qu’est le Nigeria. Pour ce faire, il faut engager des réformes nécessaires. Si l’on veut de l’internet à haut débit, il faut investir. A titre d’exemple, il a dit qu’il faut aussi changer les pratiques qui veulent que l’on attende des jours avant d’avoir une simple ligne téléphonique. Le directeur de la banque de l’habitat a aussi fait constater que les pays africains ont déjà trop exporté les matières premières et importé les produits manufacturés. Il faut à présent réfléchir à comment transformer les matières premières et comment attirer autrement les investisseurs. Certains ont rappelé comme l’économiste André Félix Sossou qu’il faut revoir la pratique de la veille économique et financière qui permettait au Bénin d’améliorer ses performances. Les Béninois sont champions du diagnostic, mais ils ne savent pas appliquer ce qu’ils écrivent eux-mêmes a rappelé M. Antonin Dossou qui invite les Béninois à se donner la main pour avancer. Car, les Béninois savent où ils veulent aller et l’ont même déjà écrit dans les documents dont se servent des partenaires pour asseoir leur coopération avec le pays. Chacun est invité à donner l’exemple où il se trouve pour que les réformes conséquentes soient engagées pour produire par nous –mêmes au lieu de demeurer des consommateurs qui enrichissent les autres tout en s’appauvrissant. La journée d’hier a aussi permis d’apprécier l’analyse de l’évolution des envois de fonds des travailleurs migrants dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine.

Guy Constant Ehoumi

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Appui budgétaire additionnel contre la pauvreté : La Banque Mondiale accorde 22 millions de dollars au Bénin

avril 28, 2011

Le 21 avril 2011, le Conseil d’administration de la Banque Mondiale a accordé un don de  22 millions de dollars en faveur de la République du Bénin. Cet appui entre dans le cadre  d’un financement additionnel pour le sixième crédit à l’appui de la réduction de la pauvreté. Le présent communiqué de presse en précise le contenu.

COMMUNIQUE DE PRESSE
La Banque mondiale accroît le volume des ressources affectées pour répondre aux besoins de financement engendrés par les inondations catastrophiques de 2010 au Bénin.
 Le Conseil d’Administration de la Banque mondiale a approuvé aujourd’hui un don de 22 millions de dollars en faveur de la République du Bénin au titre d’un Financement additionnel pour le Sixième Crédit à l’appui de la réduction de la pauvreté (PRSC Poverty reduction strategy credit-6).
Ce don d’appui budgétaire a pour objectif d’augmenter le volume des ressources fournies au Bénin dans le cadre du PRSC-6, afin de répondre à l’accroissement des besoins de financement occasionné par les inondations catastrophiques survenues à la fin de 2010. Le PRSC-6 appuie la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté du Bénin, en soutenant : (i) la modernisation du cadre réglementaire et des politiques publiques relatives aux investissements privés et aux infrastructures, notamment l’achèvement des réformes du secteur du coton et des infrastructures ; (ii) l’intensification des efforts en vue de l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement, à travers l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des services sociaux de base, et l’accès à ces services ; et (iii) l’amélioration de la gouvernance grâce à des réformes de la gestion des finances publiques.
Les pluies torrentielles qui ont provoqué la montée record des eaux de toutes les grandes rivières à la fin de 2010 ont provoqué de graves inondations dans tout le Bénin, et causé d’importants dégâts aux habitations et de graves pertes au niveau du cheptel, des cultures et des infrastructures sociales et économiques. Selon une évaluation de l’impact macroéconomique et budgétaire des inondations réalisée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, les pertes économiques pourraient dépasser 36 millions de dollars, ne serait-ce que pour la production agricole. Le Gouvernement a annoncé que les engagements budgétaires non prévus mais rendus nécessaires par les inondations se chiffreront au total à 5 milliards de francs CFA (10 millions de dollars) pour 2010. Il est toutefois probable que les dépenses pour 2011 seront nettement supérieures à ce montant. Le financement additionnel pour le PRSC-6 qui vient d’être approuvé a été préparé pour aider les autorités nationales à faire face à la crise et à réduire l’impact des inondations sur le budget de l’État.
Ce nouveau don vient compléter d’autres projets d’investissement qui ont été développés ou dont les ressources ont été augmentées pour répondre directement aux besoins engendrés par les inondations dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’infrastructure urbaine et l’éducation. Ces investissements supplémentaires permettront de faire face aux besoins à moyen terme associés à la réparation des infrastructures endommagées, et aux besoins alimentaires actuels et à moyen terme des populations affectées ; ils appuieront aussi des activités de préparation aux catastrophes et d’atténuation de leurs impacts. Ces différentes opérations constituent, conjointement, un programme coordonné et cohérent de soutien au Bénin après les inondations.
Le Directeur des opérations pour le Bénin, M. Madani. M. Tall, s’est félicité de l’approbation du don par les Administrateurs : « La Banque a réagi rapidement à la demande d’aide du Bénin à la suite des inondations. L’évaluation initiale de nos équipes a confirmé l’ampleur de la catastrophe. Je suis heureux que nous ayons pu mobiliser ces ressources rapidement pour aider les autorités béninoises à faire face de manière adéquate à certaines des répercussions de la crise engendrée par les inondations ». Étant donné la situation d’urgence, M. Tall recommande la prise des mesures nécessaires pour une entrée en vigueur rapide du don pour aider les populations pauvres.
Le PRSC fait partie intégrante de la Stratégie d’Assistance de la Banque mondiale au Bénin (CAS) pour 2009-2012. Le CAS réitère l’importance de la poursuite d’opérations à l’appui de la politique de développement couplée à des crédits d’investissement pour assurer un appui cohérent aux réformes structurelles. Les PRSC sont donc des instruments essentiels dans le cadre du dialogue de la Banque avec le Gouvernement et les partenaires de développement sur les actions à mener. Ce financement additionnel contribuera à assurer la poursuite de progrès en direction des objectifs et des indicateurs retenus, compte tenu de l’impact des inondations.

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