« L’envol du vent II » : Une danse de langage du corps de Tchékpo Dan Agbétou

mars 31, 2010

Dans la soirée du lundi 29 mars dernier, l’Allemagne a présenté la danse « L’envol du vent II ». Cette prestation donnée au  Centre culturel français de (Ccf)  de Cotonou est l’un des tableaux prévus dans le cadre de  la 10ème édition du le Festival international du théâtre béninois (Fitheb).

Il est 20h 18 minutes, tous les spectateurs étaient assis et  attendaient la scène qui va les plonger dans une distraction. Subitement un homme tors-nu, au  pantalon  oval doublé de tissu lin lisse apparait. Tout le public le voyant, s’attendait à une danse accompagnée des rythmes qu’il connaissait. Sur quarante minutes,  l’acteur,  dans ses mouvements, gestes et parfois entrecoupés de quelques murmures, a laissé tous les spectateurs sur leur faim.  Seul sur la scène, il  mélangeait à ses multiples mouvements des sauts spectaculaires. « Une danse oui mais pas comme les autres » chuchotaient  les spectateurs  « Que fait-il exactement sur le podium ? », se demandaient tous. A voir l’ambiance dominée par le silence qui régnait, on  était tenté de dire que la majorité des  spectateurs n’avait  aucune idée sur cette danse.  Ils sont   restés des minutes sans rien comprendre. Ils ne suivaient que les mouvements de pieds des doigts et des orteilles de l’artiste qui ne faisait que suer. A 20h 51 minutes, l’acteur chute son  spectacle  par un éclat de rire et une salutation. De quoi il est question  dans la scène ? A entendre l’artiste de son vrai nom Tchékpo Dan Agbétou à la fin c’est une pièce qui s’inspire de son vécu au moment où il accompagnait sa grande mère  au champ et un peut partout.  L’artiste affirme transmettre dans  cette scène les moments forts qu’il passait en ce temps  sur ces chemins. « J’ai compris qu’il y a de l’esprit dans tout corps. Et notre propre ennemi c’est nous même » dit-il.  A l’entendre, la manière de jouer cette pièce diffère d’un public à l’autre et d’un milieu à un autre. Rappelons que M. Tchékpo Dan Agbétou est un béninois  Il est du département des Collines. Il vit en Allemagne depuis (15) quinze ans. Il  est Président fondateur d’un biennal culturel qui se déroule en Allemagne. Et c’est pour la première fois qu’il danse dans son pays.  Le mardi l’homme était aussi à  Porto-Novo où il a égayé ses frères « Hogbonouto ».

Victorin Fassinou (Coll)

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10ème édition du Fitheb : «Orphée d’Afrique », sur scène, mardi dernier

mars 31, 2010

Les spectacles de la  10ème édition du  Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) se poursuivent. Plusieurs pays planchent  et égayent et le public et  les festivaliers. La Fondation Zinsou de Cotonou, Ouidah, Porto-Novo, Parakou, Bohicon, l’Université d’Abomey-Calavi, Djougou l’Espace Tchif et le Centre culturel français sont, entre autres, les lieux qui abritent les spectacles. Le mardi 30 mars dernier, les spectateurs ont eu droit  au tableau «Orphée d’Afrique »,». C’était au Centre culturel français de Cotonou (Ccf). Tout comme pour « L’envol du vent II » présenté le lundi denier, «Orphée d’Afrique », a aussi suscité  des débats entre  public béninois  et festivaliers. Ce jour jeudi, selon la programmation le Togo, la France, Eitb, le  Bénin et le Niger  vont prester.  «  Un rêve d’Albatros », « Qui a peur du Loup », « Le médecin malgré lui » « Sang papier », « Burocrasserie », et « Devoir de mémoire », sont   les pièces qui vont assurer de grands moments d’émotion. Elles tiendront  en haleine les amoureux du théâtre à ce rendez-vous international du théâtre. L’occasion sera donnée au public de revoir sur scène les grands  créateurs et acteurs du théâtre d’Afrique et du monde entier.

Victorin Fassinou (Coll)

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Grève dans les sociétés et offices d’Etat : La Sobémap paralysée pour trois jours

mars 31, 2010

Les travailleurs de la Société Béninoise de manutention portuaire (Sobémap) sont en grève de trois jours. Ils ont organisé un sit-in et un arrêt collectif de travail, hier dans l’enceinte de la société. Il en sera de même aujourd’hui et demain. Ces travailleurs, réunis au sein du Syndicat national des travailleurs des manutentions portuaires (Synatramap), protestent contre ce qu’ils appellent « l’immobilisme des dirigeants de la Société ».

Au regard des différentes reformes initiées par le gouvernement et des perspectives peu reluisantes qu’elles impliquent, les conseils syndicaux du Syndicat national des travailleurs des manutentions portuaires (Synatramap) s’insurgent et dénoncent l’attitude « passive et coupable » du directeur général de la Société. Après plusieurs tentatives vaines pour rencontrer le chef de l’Etat afin de lui poser le problème, les travailleurs ont décidé de passer à l’acte. Hier, ils ont organisé un sit-in et un arrêt collectif de travail. Ainsi donc, au son des gongs, tam-tams et castagnettes, toute la journée à été passée, dans l’enceinte de la Société, sous les arbres, sur les bancs et tabourets, dans les couloirs, sous les hangars, sur le parking autos et motos. Le Directeur général qui était attendu dans la matinée pour recevoir les grévistes n’était pas  à son poste. Les agents des forces de l’ordre circulaient pour dissuader les manifestants sans gain de cause. La même ambiance sera observée ce jour et demain. Selon le secrétaire général du syndicat, si rien n’est fait pour écouter les travailleurs, le mouvement va se radicaliser et se  poursuivre jusqu’à satisfaction des revendications. Que dénoncent les travailleurs ? Le gouvernement a pris des mesures au niveau du trafic conventionnel, du trafic conteneur et au niveau des infrastructures. Ces mesures visent à « brader la société aux multinationales ». Pour eux, c’est de supposées reformes. Les travailleurs dénoncent également la situation économique et financière critique. Tout se fait au nom de la société sans que les partenaires sociaux que sont les syndicats, le comité de direction et le conseil d’administration ne soient associés.  Dans une lettre adressée au chef de l’Etat, les grévistes exigent d’être reçus par le président de la république pour que leurs doléances soient étudiées.      

Médard Essou (Coll)

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Non acceptabilité de la Planification Familiale par les hommes : Un obstacle à la pratique de la contraception

mars 31, 2010

La direction de la santé familiale a réalisé, pour le compte du gouvernement en 2008 et 2009, une étude sur l’acceptabilité de la Planification Familiale. Il ressort de cette enquête que « les hommes constituent un véritable obstacle à la pratique de la contraception au sein du couple ». Le rapport conclu que c’est parce qu’ils ne comprennent pas les contours et les avantages de l’espacement des naissances dans un ménage. 
L’utilisation des méthodes de planification familiale n’a rien à voir avec la limitation des naissances. Vous pouvez avoir le nombre d’enfants que vous voulez, et quand vous le voulez,  tout en utilisant les méthodes contraceptives. La Planification Familiale n’est rien d’autres que l’ensemble des mesures prises pour éviter des grossesses rapprochées ou non désirées. De quoi s’agit-il ? Entre l’accouchement et les nouvelles menstruations de la nourrice, il existe une période relative que le spécialiste appelle « retour des couches ». C’est donc naturel que quand une femme accouche elle doit observer une « pose » avant un autre geste. Malheureusement, cette pose est souvent perturbée par une autre grossesse que l’on n’attend pas, une grossesse non désirée. Devant une telle situation, le couple, pour éviter les regards critiques de la société, décide d’interrompre volontairement cette grossesse surprise. Cet avortement non autorisé par un agent de santé se fait, souvent, de façon clandestine et peut causer la stérilité chez la femme si elle ne meurt pas. C’est dire  que le couple peut éviter «  ce drame ». Et pour l’éviter, il n’y pas meilleure solution que de planifier ses grossesses, c’est-à-dire de choisir le bon moment pour faire ses enfants.

Planification familiale

C’est donc le fait de contrôler les naissances dans la famille qu’on appelle « planification familiale ». Si la femme peut planifier sa famille, elle peut planifier le reste de sa vie. Mais elle ne peut rien faire dans ce sens sans l’accord de son conjoint, de son partenaire sexuel. La planification familiale est l’affaire de deux et elle une arme efficace dans la lutte contre la pauvreté. Certains hommes n’aiment pas qu’on leur parle de « ces choses-là ». Dans certains milieux, ils estiment que l’utilisation de méthode de la planification familiale est une opportunité pour la femme d’être insatisfaite au plan sexuel. Par conséquent, dit-on dans ces régions, la femme qui accepte le principe est de meures légères. Pourtant les parents peuvent planifier à l’avance les naissances et consacrer une plus grande partie de leurs ressources à l’éducation et à la santé de chaque enfant. La planification familiale peut et apporte beaucoup d’avantages aux individus et à leurs pays. Parmi ces avantages, on note, par exemple, à en croire le Professeur René Périn, la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, l’offre aux couples d’un plus grand nombre de choix pour exercer un contrôle sur leur propre fécondité, l’encouragement et l’adoption d’un comportement responsable. Lors de la cérémonie de lancement Officiel de la Campagne sur l’implication des hommes dans l’utilisation des services de Planification Familiale par les Couples, par le Psi au Bénin, des révélations ont été faites sur la question. Dans le discours du Fonds des Nations Unies pour la Population, il a été question des efforts déployés par toutes les parties prenantes dans l’opéra-tionnalisation de l’espacement des naissances.

Des statistiques moins encourageantes

Les indicateurs relatifs à la planification familiale n’ont pas connu une amélioration substantielle mais au contraire continuent de baisser. Selon les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé de 2006, au niveau national, la prévalence contraceptive moderne a baissé entre 2001 et 2006 de 7,2% à 6,2% pendant que les besoins non satisfaits en planification familiale ont connu une hausse allant de 27% en 2001 à 30% en 2006. Dans le monde, jusqu’à 700 millions d’êtres humains pratiquent la contraception; et des millions d’autres le feraient s’ils avaient un meilleur accès à des services de bonne qualité. Bien que les niveaux de fécondité diminuent dans une grande partie du monde, une croissance démographique rapide continue à poser un problème critique dans la plupart des pays en développement, où les besoins sont considérables au regard de moyens réduits. Le Bénin, avec un taux d’accroissement de la population de 3,25% fait partie des 3 pays africains où la population augmente le plus vite. A ce rythme, la population béninoise va doubler tous les 22 ans et atteindra 13 millions d’habitants en 2028, avec une forte pression sur la demande sociale.

La pilule en bref

Comment agit-elle ?
La pilule est un comprimé composé d’hormones qui empêchent l’ovulation. Donc, si aucun ovule n’est libéré, impossible de tomber enceinte.

Comment la prendre ?
Tu commences à prendre la pilule le premier jour de tes règles. Si, par exemple, c’est un mercredi, tu retires un des comprimés « Mer « de la plaquette. Le lendemain, tu reprends la pilule à la même heure et ainsi de suite ! Bref, tu prends un comprimé chaque jour pendant 21 jours, ce qui correspond à toute la plaquette. Ensuite, tu arrêtes pendant 7 jours la prise de la pilule. C’est alors que les règle apparaissent. Au 8ème jour, tu recommences une nouvelle plaquette même si tes règles ne sont pas terminées.

C’est efficace ?
C’est un moyen contraceptif très sûr… à condition de ne pas l’oublier !

Où se la procurer ?
En pharmacie sur prescription médicale. Tu peux donc consulter ton médecin, ton gynéco ou bien te rendre dans nos Centres de Planning Familial.

Médard Essou (Coll)

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Réalisation de la LEPI au Bénin : Et si on s’accordait une trêve ?

mars 31, 2010

Il est des choses qui ne s’accommodent pas d’amateurisme ou de légèreté. Car, le moindre faux-pas peut mettre en péril l’avenir de tout un peuple. Il en est ainsi par exemple de la question de la Liste Electorale Permanente Informatisée, cet outil à la fois technique et politique qui cristallise aujourd’hui toutes les tensions dans notre pays, le Bénin.
La classe politique se livre à une véritable guerre de tranchées sur le sujet. Mieux, elle a réussi à embarquer « la société civile » dans son jeu. Les partenaires au développement qui se sont engagés de bonne foi aux côtés du Gouvernement ne savent plus à présent à quel saint se vouer. Bref, on nage en pleine confusion, on navigue à vue dans un dossier tellement sensible que sa mauvaise gestion peut entraîner des conséquences incalculables pour plus de sept millions d’âmes dont plus de 95% ne comprend même pas un traître mot du charabia que parlent nos politiciens et autres intellectuels autoproclamés techniciens de la LEPI.
En réalité, dans ce dossier de la LEPI, tout le monde ou presque a quelque chose à se reprocher.

1°) lorsque, au lendemain des élections communales de 2008, le Chef de l’Etat a demandé aux partenaires au développement de financer la réalisation d’une étude de faisabilité de la LEPI, la tension était telle dans le pays qu’aucun dialogue n’était possible entre les forces politiques et sociales. Or, s’il y a une condition qui revient de façon constante depuis 2002 sur tous les rapports relatifs à la réalisation de la LEPI, c’est bien sûr celle qui a trait à la nécessité d’un consensus qui en toute logique ne peut résulter que d’un dialogue sincère et constructif.
L’étude a donc été lancée dans ce climat délétère, le rapport a été officiellement remis en grande pompe au Chef de l’Etat et des séances de vulgarisation ont été organisées. Seulement, faut-il le souligner, encore une fois seules les forces politiques acquises au Chef de l’Etat ont assisté à ses séances. Malgré tout ceci, certains députés ont introduit une proposition de loi qui a été votée au forceps et le processus a été lancé.
Mais, très tôt, les failles sont apparues et les forces politiques de l’opposition ont commencé à donner de la voix, d’abord timidement puis de plus en plus fort. Elles ont même réclamé une pause pour évaluer le processus. Peine perdue, le Gouvernement et son Chef ont continué à foncer tête baissée. Il a fallu que l’opposition introduise une proposition de loi pour tout arrêter avant que le Chef de l’Etat consente à convoquer une séance au cours de laquelle tous les acteurs ont été conviés à se prononcer sur le sujet. Malheureusement, le climat était déjà suffisamment vicié et, malgré la mise sur pied d’un groupe de travail chargé d’évaluer les étapes déjà franchies et de proposer des solutions correctives, la loi portant abrogation de la loi portant organisation du RENA et réalisation de la LEPI a été votée.
Ainsi donc, sur toute la ligne, le Gouvernement et son Chef ont confondu vitesse et précipitation et sont restés sourds à tous les signaux annonciateurs d’une impasse imminente. 

2°) les députés, du moins dans leur majorité, ont également fait preuve de légèreté et d’inconséquence dans le dossier de la LEPI. Sinon, comment comprendre que, dans un premier temps, au lendemain des élections communales de 2008, ils ont affiché un scepticisme et une hostilité catégoriques par rapport à la faisabilité de la LEPI, boycottant du coup toutes les séances de vulgarisation organisées à cet effet. Puis, dans un second temps, ils ont voté à l’unanimité ou presque la loi 2009-10 comme si, par un extraordinaire tour de magie, un prestidigitateur avait réussi du jour au lendemain à faire disparaître tous les griefs qu’ils avaient contre le processus. Certes, d’aucuns diront que c’est sous la pression de la société civile qu’ils ont voté la loi pour donner la preuve de leur bonne foi. Mais, n’oublions pas que l’un d’entre eux, en l’occurrence l’honorable Janvier YAHOUEDEOU, a refusé jusqu’au bout de s’associer au vote de cette loi qui ne garantissait pas la transparence du processus. Ceci ne veut-il pas dire que les raisons de ces incessantes volte-face des représentants du peuple sont à chercher ailleurs ? D’autant plus que, ces mêmes députés reviendront quelques mois plus tard sur leur vote en décidant d’abroger la loi, malgré les pressions et menaces de cette même société civile. 
Au total, les députés, surtout ceux de l’opposition, ont péché par leur indécision et leur instabilité, ce qui n’a pas contribué à arranger le sort de la LEPI.

3°) la société civile, quant à elle a été victime de son inorganisation et de la cupidité de certains de ses membres. En effet, le dossier LEPI a porté l’estocade au semblant de cohésion qui restait au sein de la société civile après l’épisode de la CENA 2008 où deux factions se disputaient la représentation au sein de l’institution. Cette fois-ci, c’est FORS-LEPI qui s’est fait proprement dribbler après avoir fait feu de tout bois pour obtenir le vote de la loi 2009-10. Cette division a favorisé l’infiltration, souvent à coup d’argent, des politiciens qui se sont servis de la société civile comme relais de leurs intérêts selon qu’ils sont d’un camp ou de l’autre. Mêmes les religieux n’ont pas échappé à cette instrumentalisation. Du coup, ceux qui devaient être les arbitres sont devenus quasiment les meilleurs joueurs, hypothéquant encore plus l’issue du match.

4°) les partenaires techniques et financiers, présumant certainement de la bonne foi et de la disponibilité des Béninois à réaliser la LEPI, ont accepté d’accompagner le processus et ont, à la demande du Gouvernement, mobilisé les ressources à cet effet. Cependant, à un moment donné, il était devenu évident qu’on était loin du consensus national nécessaire pour la réussite de l’opération. Malheureusement, et c’est là où le bât blesse, les PTF ont continué à injecter les fonds dans un projet qui apparemment  a commencé à battre de l’aile. Mieux, l’ONU a trouvé le moyen de s’inviter dans le débat pour soutenir le Chef de l’Etat au moment même où les passions avaient atteint leur paroxysme.

5°) les organes de gestion du RENA et de la LEPI que sont la CPS et la MIRENA se sont dotés de responsables qui ont conduit le processus de façon plus ou moins cavalière, au point où l’un a fini par être destitué et l’autre a été contraint à la démission.

Au regard de tout ceci, le peuple déboussolé et à la limite traumatisé, se demande à quelle sauce les politiciens et les « akowé » veulent le manger. Car, nonobstant la décision du nouveau Superviseur Général de la CPS/LEPI de poursuivre les opérations comme si de rien n’était, deux événements majeurs autorisent à dire aujourd’hui que si le processus n’est pas dans l’impasse, il n’en est pas loin.

Le premier événement est le vote de la fameuse loi abrogeant la loi 2009-10. Lorsque l’on sait que la LEPI est un instrument à la fois technique et politique, un acte politique de cette envergure n’est pas à négliger. Faut-il le rappeler, 48 députés sur 83 ont voté pour l’abrogation, au risque de mettre leur mandat en jeu aux prochaines législatives. C’est un signal fort qu’il serait dangereux d’ignorer.

Le second événement est la publication du rapport du groupe de travail mis en place à l’issue de la séance d’évaluation tenue le 09 mars dernier au Palais de la Présidence de la République. Ce rapport relève des travers et irrégularités que le bon sens demande qu’on corrige avant de faire quoi que ce soit d’autre. Il est important ici de rappeler que ce groupe de travail est composé des représentants de toutes les forces politiques et de la société civile.

A y voir de près, on se rend compte que c’est en réalité maintenant que commence ce qui aurait dû être fait avant même le lancement du processus de réalisation de la LEPI : le dialogue et la concertation devant aboutir au consensus nécessaire pour une LEPI fiable, transparente et acceptée de tous. Et c’est ce qu’il fallait privilégier au lieu d’installer une tension et une psychose inutiles dans le pays pour ensuite demander à la Cour Constitutionnelle de trancher dans un dossier où elle ne sortira que fragilisée, car elle doit donner une solution juridique à un problème politique.

Eu égard à tout ceci, que faut-il faire ?

A cette question, je répondrai sans ambages, au risque de mettre les pieds dans le plat ou d’être taxé d’opposant, qu’il faut dans un premier temps surseoir purement et simplement à la réalisation de la LEPI. Ceci pour trois raisons fondamentales :
1°) la tension sociale et politique est telle aujourd’hui que toute tentative de réalisation d’un projet nécessitant le dialogue et le consensus est inévitablement voué à l’échec.
2°) le temps qui nous sépare des élections de 2011 est trop court pour qu’on puisse encore espérer corriger toutes les imperfections relevées et réaliser une LEPI sérieuse avant cette échéance.
3°) l’entêtement à poursuivre sur la lancée actuelle aura pour conséquence de fragiliser inutilement nos institutions pour finalement réaliser une LEPI inutilisable.

Dans un deuxième temps, il faudra profiter de l’existence de ce creuset consensuel que constitue le groupe de travail pour s’entendre sur une formule transitoire qui permettra d’aller aux élections de 2011 avec une liste électoral fiable, quitte à relancer plus tard le processus de réalisation de la LEPI en tirant leçon des erreurs et errements passés. Cette solution alternative existe et peut être discutée et parfaite dans un climat plus apaisé et plus serein.

Je me refuse à la présenter ici pour éviter de déclencher des polémiques inutiles sur mon inféodation à un camp ou à un autre. Mais, je me tiens prêt à le présenter au groupe de travail à sa demande et s’il en reçoit un mandat clair de qui de droit.

Je demeure convaincu que la solution aux problèmes du Bénin se trouve au Bénin et qu’aucun expert étranger ne pourra nous tailler un costume sur mesure si nous n’y mettons pas notre génie propre, celui-là qui nous a permis d’organiser avec succès il y a vingt ans la Conférence des Forces Vives de la Nation.
  

Clotaire OLIHIDE
Auteur de l’ouvrage « Elections Communales et Locales 2008 au Bénin : Autopsie d’uncafouillage organisé »
Tél : 95 85 69 13 / 97 54 24 86
Email :
oliclot77@yahoo.fr

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Recours en inconstitutionnalité contre l’application faite de certaines dispositions de la loi 2009-10 : Tidjani Serpos saisit la Cour Constitutionnelle

mars 31, 2010

La fronde contre la loi 2009-10 relative à la réalisation du Rena et l’établissement de la Lépi n’est pas terminée. Hier, c’est l’honorable Ismaël Tidjani Serpos qui a saisit la Cour Constitutionnelle d’un recours en inconstitutionnalité contre l’application de certains dispositions de cette loi. Il s’agit notamment des articles : 6, 17, 24, 25 et 43 qui, selon lui, violeraient la Constitution.

Porto-Novo, le 30 Mars 2010

A
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Membres
 de la Cour Constitutionnelle,
Cotonou.

Objet : Recours en inconstitutionnalité contre l’application faite de certaines dispositions  de la loi 2009-10 relative à la LEPI

J’ai l’honneur  de saisir la Cour constitutionnelle aux fins de  déclarer contraire à la Constitution l’application qui a été faite de la loi n°2009-10 portant réalisation du RENA et de la LEPI  prise en ses  dispositions suivantes :
1/L’article 6 de la loi qui exige la réalisation du RENA selon une démarche progressive par aire opérationnelle dispose:
« Le recensement électoral national approfondi est une opération de collecte des informations qui identifient les électeurs. Il est réalisé selon les méthodes techniques du recensement général de la population et de l’habitat complétées par la technique biométrique de collecte des données faciales et digitales.
Il est conduit suivant une démarche progressive par aire opérationnelle.
Les aires opérationnelles dans lesquelles se déroule  le recensement électoral national approfondi sont au nombre de six (06) à savoir :
* aire opérationnelle Ouémé-Plateau ;
* aire opérationnelle Littoral-Atlantique ;
* aire opérationnelle Mono-Couffo ;
* aire opérationnelle Zou-Colline ;
* aire opérationnelle Borgou-Alibori ;
* aire opérationnelle Atacora-Donga.
Chaque aire opérationnelle est subdivisée en un nombre fixe de zones de dénombrement électoral (ZDE) dans lesquelles opèrent différentes équipes d’agents recenseurs et d’agents enregistreurs ».

Observations :
Selon cette disposition, le RENA doit être conduit suivant une démarche progressive par ère opérationnelle ; or, le RENA a été réalisé simultanément sur toute l’étendue du territoire  national contrairement  aux dispositions claires et sans équivoque de la loi. Selon cette législation, le RENA devrait être conduit  dans une aire opérationnelle à la fois avant de passer à l’aire opérationnelle suivante. Le cumul de toutes les aires opérationnelles pour une réalisation simultanée du RENA constitue donc une violation flagrante de la loi.
2/ L’article 17 relatif à la sélection  des agents recenseurs et enregistreurs et à l’exigence de la production d’extrait de casier judiciaire pour leur recrutement dispose :
 «  Le recensement électoral national approfondi est assuré par une ou plusieurs équipes d’agents recenseurs et enregistreurs.
Les agents recenseurs doivent avoir au moins le Brevet d’Etudes du Premier Cycle ou un diplôme équivalent.  En outre, ils doivent avoir  une bonne connaissance de l’une au moins des  langues locales parlées dans la zone de recensement.  
 Ils doivent être des citoyens béninois de bonne moralité résidents ou ressortissants de l’arrondissement. A cet effet, ils doivent produire un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois et une attestation de résidence.
 Les agents recenseurs sont recrutés sur appel à candidature par l’organe national chargé du recensement électoral national approfondi parmi les citoyens les plus aptes.
 L’enregistrement des données biométriques et des autres données personnelles des électeurs potentiels est assuré par une ou plusieurs équipes d’agents enregistreurs installées dans des centres de collecte.
 Les agents enregistreurs, outre les critères de diplôme et de bonne moralité exigés des agents  recenseurs, doivent avoir l’une des qualifications techniques et professionnelles nécessaires pour l’opération d’enregistrement (prises de mesure, opération de saisie, techniques de capture d’images, reconnaissance des couleurs). 
              Hormis le préposé d’enregistrement ou l’opérateur de saisie, les autres membres de l’équipe d’enregistrement doivent résider ou être ressortissants de l’arrondissement ou de la commune. A cet effet, ils doivent produire une attestation de résidence.
            Les agents enregistreurs sont recrutés sur appel à candidature par l’organe national chargé du recensement électoral national approfondi parmi les citoyens les plus aptes ».

Observations :
Aux termes de cette disposition, l’une des conditions à remplir, par les citoyens candidats aux postes  d’agents recenseurs et enregistreurs est de produire préalablement à leur recrutement un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois ; or ce document essentiel n’a pas été produit par l’immense majorité des agents recrutés ; il y a donc une violation de la loi.
3/  L’article 24 relatif au recrutement des agents cartographes dispose :
« La cartographie censitaire est une opération de collecte des données géographiques destinées à la confection de la carte électorale et à la planification des moyens logistiques, humains et techniques.
L’établissement de la cartographie censitaire doit permettre d’assurer la fiabilité des découpages électoraux et l’évaluation exhaustive des besoins en matériels, instruments et personnel.
Elle  doit permettre :
–  l’élaboration de la  carte exhaustive avec  la délimitation précise des hameaux, des villages ou quartiers de ville, des villes ainsi qu’une schématisation des bâtiments et des habitations ;
– l’identification des infrastructures administratives, scolaires, sanitaires, culturelles, cultuelles, commerciales et routières ;
– le repérage des centres de collecte ;
– l’indication des coordonnées « GPS » des centres et des bureaux de vote ;
– le dénombrement des ménages et la précision des densités démographiques au moyen de codes.
La carte électorale détermine et fixe :
· les circonscriptions électorales ;
· les zones de dénombrement électoral ;
· les postes d’enregistrement des électeurs ;
· les centres de vote ;
· les bureaux de vote ;
· le nombre d’électeurs par bureau de vote.
L’exécution de la cartographie censitaire  doit être confiée à des  professionnels nationaux ayant des expériences avérées dans le domaine.
Les organismes techniques  compétents  dressent  et communiquent les listes de leurs cadres à  l’organe en charge  du recensement électoral national approfondi qui  procède à  leur sélection et recrutement  sous l’autorité de la Commission politique de supervision ».

Observations :
Le libellé clair et limpide de cette disposition  exige manifestement le recours à l’INSAE et à l’IGN pour l’identification de leurs ressources  humaines qualifiées en vue de leur sélection par  la MIRENA, ce qui n’a pas été le cas dans la mise en œuvre de la loi querellée. Dans le cadre  de la réalisation de la cartographie censitaire, il ne s’agit donc pas de recourir à l’appel public à candidature, mais pour la MIRENA de sélectionner  des professionnels nationaux sur des listes communiquées par des organismes techniques compétents. Il y a donc une violation flagrante de la loi.
4 / Par ailleurs ce même article 24 dispose que la cartographie censitaire doit permettre :
–  l’identification l’élaboration de la  carte exhaustive avec  la délimitation précise des hameaux, des villages ou quartiers de ville, des villes ainsi qu’une schématisation des bâtiments et des habitations ;
– des infrastructures administratives, scolaires, sanitaires, culturelles, cultuelles, commerciales et routières ;
– le repérage des centres de collecte ;
– l’indication des coordonnées « GPS » des centres et des bureaux de vote ;
– le dénombrement des ménages et la précision des densités démographiques au moyen de codes.
La carte électorale détermine et fixe :
· les circonscriptions électorales ;
· les zones de dénombrement électoral ;
· les postes d’enregistrement des électeurs ;
· les centres de vote ;
· les bureaux de vote ;
· le nombre d’électeurs par bureau de vote ».

Observations :
Les responsables de la MIRENA ont admis que la cartographie censitaire  réalisée en application de la loi sur la LEPI a été opérée par échantillonnage. Le caractère exhaustif de la cartographie  censitaire n’a donc pas été respecté. De toute évidence, cette pratique est contraire à l’esprit et à la lettre de la loi parce que ne pouvant pas permettre de réaliser l’exhaustivité de la carte telle que voulue par le législateur ni le dénombrement de tous les ménages. Il y a donc eu une violation flagrante de la loi.
5/ L’article 25, relatif  au recensement des citoyens, pris en son alinéa 6 dispose:
« Les informations collectées lors du recensement des citoyens sont celles relatives uniquement aux données nominatives et personnelles ci-après :
–  nom et tous les prénoms du recensé dans l’ordre de leur inscription sur l’acte de naissance ou sur toute autre pièce  en tenant lieu ;
– nom et tous les prénoms du père ;
– nom et tous les prénoms de la mère ;
– sexe ;
– date et lieu de naissance ;
– profession ;
– situation matrimoniale ;
– numéro du ménage ;
– résidence habituelle (département, commune, arrondissement, village ou quartier de ville».

Observations :
La cartographie censitaire par échantillonnage telle que réalisée par la MIRENA est incompatible avec l’exigence du numéro du ménage ; en effet les membres des ménages, qui ne font pas partie des échantillons sélectionnés, ne disposent pas de numéro de ménage et par conséquent ne peuvent  légalement se faire recenser, puisqu’il  leur manquerait cette donnée essentielle exigée par la loi. Il y a donc une violation de la loi.
6/ L’article 43, relatif à la composition de la MIRENA, dispose :
 «  La Mission indépendante de recensement électoral national approfondi  est composée de neuf (09) personnalités reconnues pour leur compétence, leur probité, leur impartialité, leur sens patriotique et désignées sur appel à concurrence par la Commission politique de supervision.
 Elle est composée de :
– un (1) démographe,
– un (1) sociologue,
– un (1) informaticien,
– un (1) statisticien,
– un (1) spécialiste en cartographie,
– un (1) spécialiste en gestion et planification,
– un (1) spécialiste des techniques biométriques,
– un (1) spécialiste des questions d’élections,
– un (1) magistrat ayant au moins dix (10) ans d expérience.
 A l’exception du spécialiste en gestion et planification, du spécialiste des questions d’élections et du spécialiste des techniques biométriques, les candidats aux fonctions de membres de la Mission indépendante de recensement électoral national approfondi doivent justifier d’une expérience d’au moins dix (10) ans dans leur domaine de compétence respective.
                La Mission indépendante de recensement électoral national approfondi est assistée de l’opérateur de la technologie biométrique.
                Elle est dirigée par un bureau de trois (03) membres :
–  un (01) président ;
–  un (01) gestionnaire-comptable ;
                   –  un (01) secrétaire-rapporteur chargé de la communication.
              En dehors du président qui est nommé par la Commission politique de supervision conformément à l’article 40 alinéa 5 ci-dessus, les autres membres du Bureau sont  élus par leurs pairs.
             Les six (06) autres membres sont désignés chacun, délégué au recensement de l’aire opérationnelle.
              Le délégué au recensement de l’aire opérationnelle siège au chef-lieu du département pendant la période de déroulement du recensement.
             La Mission indépendante de recensement électoral national approfondi exécute sa mission sur une durée de dix huit (18) mois. Elle dépose le rapport final de ses  activités à la Commission politique de supervision trente (30) jours après la publication de la liste électorale  permanente informatisée ».
Observations :
 Aux termes de cet article, la MRENA comprend neuf membres ; or, elle a fonctionné avec huit. Ce nombre n’a pas été fixé au hasard par le législateur ; en effet, trois d’entre ces membres constituent le bureau de la MIRENA et les six (06) autres  sont désignés chacun, délégué au recensement d’une des six aires opérationnelles. Manifestement, la non désignation du neuvième membre avant de lancer la MIRENA est une violation flagrante de la loi.
Conclusion : 
              Au bénéfice des observations ci-dessus, je sollicite qu’il plaise à la Cour de déclarer les faits et pratiques dénoncés contraires à la Constitution.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de la Cour Constitutionnelle, l’expression de ma haute considération.

Ismael TIDJANI-SERPOS
Député à l’Assemblée Nationale
BP 21 Porto-Novo

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Le Président Abdoulaye Bio Tchané pourra t-il devenir un frein au clivage politique Nord – Sud au Bénin?

mars 31, 2010

Depuis au moins un an déjà, des informations données par les médias et certaines personnalités politiques proches de l’actuel Président de la BOAD, Abdoulaye Bio TCHANE, laissent envisager que ce dernier sera candidat aux prochaines élections présidentielles de 2011 dans notre pays.
Les déclarations personnelles de l’intéressé sur les médias aussi bien nationales qu’internationales laissent croire qu’il briguera les fonctions du Président de la République du Bénin en 2011. Cette présomption se confirme de plus en plus lorsqu’on observe les actions des partisans du Président Abdoulaye Bio TCHANE rassemblés dans la « coalition ABT 2011. Comme tout le monde le sait, l’actuel Président de la BOAD est natif du département de la Donga, département appartenant à la région septentrionale de notre pays. A ce jour, il n’a pas encore dit oui je serai candidat; mais cette ambition non encore déclarée officiellement par l’intéressé lui-même, serait pourtant l’objet d’intimidations, de menaces, contre lui par le régime de l’actuel Président de la République, parce que ce dernier, natif lui-même de Tchaourou, département du Borgou, est aussi de la région septentrionale considérée comme son fief politique naturel. Lesdites intimidations viseraient à décourager le Président de la BOAD, à nourrir son ambition, l’entretenir et se déclarer candidat le moment venu. Le cas échéant, cela entraînerait du coup le partage de l’électorat de la région Nord du pays, habituellement acquis majoritairement aux candidats natifs de ladite région; ce qui réduirait la chance d~ la réélection de l’actuel Président de la République. En dépit de tout ce ‘qui précède, comme certainement beaucoup d’autres béninois démocrates épris de paix et nationalistes, j’ai du mal à croire aux manœuvres d’intimidations, de menaces, etc., imputées au Président Boni YAYI et à son régime contre le Président Abdoulaye Bio TCHANE et ses sympathisants. Mais voilà que dans sa parution du mercredi 31 mars 2010, le journal « La Presse du jour» publie en sa page 3 un communiqué de presse ‘du 30 mars 2010 de la « coalition ABT 2011 », «qui met en garde contre les intimidations et les tentatives de démobilisation de la base de soutien du Président Abdoulaye Bio TCHANE par le régime de Boni YAYI.» Ce communiqué de presse, lu par les compatriotes, lecteurs du journal «La Presse du jour» qui vient de manière notoire, confirmer ce qui pouvait être considérer comme rumeur, recèle des étincelles d’une situation explosive que la classe politique cautionne volontairement ou non pour 2011, si l’on y prend garde, car: le tournant de 2011 reste délicat, dangereux, grave, et requiert des acteurs politiques- un amour illimité pour le pays et des comportements de démocrate avéré.
En effet, je crois que l’enjeu capital des élections présidentielles de 2011 reste et demeure ce que – décidera le Président Abdoulaye Bio TCHANE, c’est-à-dire être candidat ou non aux prochaines élections présidentielles.

Alors que fera le Président Abdoulaye Bio TCHANE ?

En effet, une lourde responsabilité pèse de plus en plus désormais sur sa tête quant au renforcement des valeurs démocratiques et de l’unité nationale dans notre pays. Et pourquoi donc ?­
. Imaginons que le Président Abdoulaye Bio TCHANE décide de ne pas être candidat aux élections présidentielles.
Dans ce cas, le Président Boni YAYI qui sera normalement candidat à sa propre succession, aura le champ libre et sera à tort ou à raison le candidat du Nord. Ce qui laisserait croire que le Nord s’est entendu pour avoir un seul candidat et pour avoir la chance de gagner avec la complicité du retrait silencieux de Abdoulaye Bio TCHANE de la course si ce n’est un manque d’audace, de courage, de convictions, de vision face aux intimidations et aux menaces de l’actuel régime comme ledit le communiqué de presse de la «coalition ABT 2011» ci-dessus rappelé.
Dans un sens çomme dans l’autre, ce sera un dysfonctionnement grave et mortel pour cé que nous considérons aujourd’hui comme la démocratie au Bénin.
En tout cas, malgré lui, le Président Abdoulaye Bio TCHANE devient un personnage particulier dans la sphère politique béninoise aujourd’hui d’autant qu’il est un prétendant à prendre au sérieux.
. Imaginons que le Président Abdoulaye Bio TCHANE décide d’être candidat Ce serait d#abord un acte d#audace, de courage, de conviction et de vision, celle du refus de l’idée d’appartenir à un département ou à une région, mais d’être un citoyen de la Nation déterminé à gérer les solidarités en tout temps et partout s’il succède au Président Boni YAYI. L’espoir pourra renaître et les vieux démons du régionalisme, du clivage Nord-Sud, et leurs corollaires pourront se taire, se calmer. Mais si en 2011, ni le Président Boni YAYI, ni le Président Abdoulaye Bio TCHANE n’est élu, Abdoulaye Bio TCHANE et ses partisans seraient tenus responsables de la perte du pouvoir par le Nord et pourraient être en conséquence sanctionnés à l’avenir, car il ne faut pas que les Béninois se fassent d’illusion. Le prochain Président de la République du Bénin en 2011 sera entre les Présidents Boni YAYI, Abdou-laye Bio TCHANE et le candidat de l’Union fait la Nation, qui sera nécessairement de la région méridionale du pays, à moins que Abdoulaye Bio TCHANE et UN, entre temps, fassent cause commune et’ que le candidat de l’Union fait la Nation soit Abdoulaye Bio TCHANE au premier tour ou au second tour des élections à venir. J’ai parlé tantôt de sanction pour Abdoulaye Bio TCHANE, je ne me trompe pas de mot, car ce sera ça si ni Abdoulaye Bio TCHANE, ni Boni YAYI ne prenait le pouvoir en 2011. Je le dis et je le crois, si Abdoulaye Bio TCHANE est candidat et qu’il ne succède pas au Président Boni Y A YI qui perd en ce cas le pouvoir, eh bien, Abdoulaye Bio TCHAN E sera celui par qui le pouvoir aurait échappé au Nord; de même si Abdoulaye Bio TCHANE n’est plus candidat et que le Président Boni YAVI garde le pouvoir face à un candidat du Sud, il sera perçu comme celui qui a joué contre le candidat qui serait du Sud et qui ne prendrait pas le pouvoir. Alors Abdoulaye Bio TCHANE n’est-il pas devenu un enjeu capital pour les prochaines élections et du coup acteur politique particulier; car il est manifestement dans une situation délicate ‘liée à sa région natale et à son envergure personnelle.
Il faut être courageux, ,nationaliste et homme de conviction, aimant les risques pour être à sa place.
Bien entendu, ce n’est pas la première fois qu’un citoyen du Nord brigue la magistrature suprême face à un compatriote de la même région, mais les élections présidentielles de 2011 cpnstituent à plusieurs égards un challenge élevé, un défi majeur sans précédent dans notre pays.
Il faut le reconnaître, elles seront une épreuve, un test difficile pour tout le peuple béninois; c’est pourquoi, je crois que dès à présent, les institutions de la République, la classe politique elle-même, la société civile, les personnalités et notables dotés d’une autorité morale, religieuse, mystique quelconque doivent faire preuve de responsabilité, de.courage, de vérité pour manifester à chaque coup contre la paix, la démocratie, leur -désapprobation, et en appeler au respect des principes et valeurs qui servent de pilier à notre nation et qui permettent sa construction patiente.
A l’heure où la question du régionalisme, est posée au grand jour, et que le débat sur le sujet devient inévitable et fait son petit bonhomme de chemin à quelque mois des présidentielles de-20Il, les choix du Président Abdoulaye Bio TCHANE, probable candidat aux prochaines élections présidentielles de 2011 seront déterminants dans l’évolution de la situation politique nationale et de la survie tant de notre démocratie que de notre unité nationale.
C’est pourquoi, ïe Président Abdoulaye Bio TCHAN E, devient un personnage particulier et mon interrogation est s’il peut devenir un atout pour ralentir le clivage politique Nord – Sud, désormais bien réel dans pays, le Bénin?

Luc Martin Hounkanrin
Avocat

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Après l’amère pilule de l’électricité : Le gouvernement prépare celle de l’eau et des Gsm

mars 31, 2010

Le gouvernement du Bénin serait certainement au pied du mur ou dans le mur et ne peut plus tenir ses engagements. Après avoir assommé les Béninois avec la rumeur de l’augmentation du prix de l’électricité confirmée par le Dg/Sbee, l’augmentation des prix au niveau de l’eau et des Gsm vient au galop. De quoi asphyxier les populations aux ressources déjà amenuisées par la crise économique. Alors que la population ne digère pas encore bien l’augmentation du prix de l’électricité qui commencerait ce jour, celle du prix de l’eau à la pompe et de la communication par les Gsm est aussi agitée. Pourtant, c’était des domaines que le gouvernement devrait prendre en compte avec les programmes d’investissements publics pour que les populations vivent mieux. Aujourd’hui, il semble que le gouvernement ne peut plus satisfaire ses engagements. Et au lieu de le déclarer et de préparer les populations sur une période raisonnable pour opérer les réformes, c’est plutôt sans ménagement que les contribuables béninois aux caisses de l’Etat sont traités. Dans l’intervalle d’une semaine, le bruit a couru que l’électricité augmenterait de prix. Le directeur de la Société béninoise d’énergie électrique est monté au créneau pour le confirmer et expliquer sans convaincre les Béninois que l’on doit passer à l’acte. A peine a-t-on fini de débattre de cette question que la folle rumeur d’augmentation des factures d’eau et des Gsm est lancée. Décidément, le peuple qui n’a pas de choix est aujourd’hui mis devant le fait accompli sans le moindre respect de son droit à bénéficier de la mise à disposition des toutes ces prestations par l’Etat dans la proportion raisonnable et soutenable pour les populations. Il va falloir se convaincre de l’incapacité du pouvoir exécutif aujourd’hui à assurer le social pour le peuple. Et se préparer à vivre peut-être pire que les mesures d’augmentation actuelle.

Guy Constant Ehoumi

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La boîte de pandore ouverte sur les revendications : La crise sociale est loin de prendre fin

mars 30, 2010

La crise sociale est loin de prendre fin au Bénin. Le gouvernement ayant choisi de discuter par secteur avec les travailleurs malgré le cadre général de concertation avec les partenaires sociaux, d’autres mouvements pointent déjà à l’horizon pour replonger le pays dans la crise.

Le gouvernement du changement a mis les pieds dans les chiottes et il lui sera difficile de s’en débarrasser. La brèche qu’il a ouverte avec les enseignants du supérieur a permis aux enseignants du primaire et du secondaire de lui forcer la main pour avoir gain de cause. A peine a-t-il fini de prendre les deux actes réclamés que les contractuels donnent déjà de la voix pour revendiquer. Et dans le même temps, la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) est aussi montée au créneau pour dire de ne pas penser qu’elle a accordé une trêve au sujet des revendications de ses membres.
Chaque camp est désormais en lice pour arracher au gouvernement ce qu’il lui doit. Et le pire est désormais à craindre surtout par rapport aux travailleurs membres de la Cgtb qui peuvent aussi bloquer l’administration pour avoir gain de cause.
Concrètement, le gouvernement qui a choisi de régler les problèmes secteur par secteur en oubliant le cadre général  de dialogue social s’est mis la corde au cou et devra gérer les agitations des travailleurs.
Si le Secrétaire de la Cgtb , cadre du milieu des finances, a crié haut et fort qu’il y a les ressources pour régler les problèmes et dans l’urgence, il n’est pas exclu que ses militants renouent avec les marches ou les débrayages pour avoir satisfaction.
Le Bénin n’est donc pas encore au bout de la crise sociale à quelques mois de la fin du régime du changement.
Comment s’en sortir puisque le cadre du dialogue social est désormais rangé au profit des règlements sectoriels des problèmes des travailleurs ?
Va-t-on réellement vers une crise généralisée dans l’administration béninoise parce que chacun veut voir ses revendications satisfaites?
Au lieu d’observer que les travailleurs commencent par donner de la voix avant de réagir, le gouvernement devrait anticiper par un dialogue permanent pour essayer de convaincre les travailleurs et les rassurer avec un minimum d’actes  prouvant que leurs revendications seront prises en compte. Il y va de la sauvegarde de la paix sociale.

Guy Constant Ehoumi

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Partenariat entre Banque et médias au Bénin : La banque UBA dans les locaux de «La Presse du Jour»

mars 30, 2010

Une délégation de United Bank for Africa Pic ( Uba) était hier, en fin d’après midi, au siège de la rédaction de votre journal « La Presse du Jour ». Conduite par M. Emmanuel Obeta, Directeur Marketing, la délation a échangé avec la Direction de Publication du journal, sur les éventuelles modalités d’un partenariat entre les deux structures. Une visite de courtoisie qui a pris l’allure d’un début de mariage de raison.

Composée de quatre personnes, la délégation de United Bank for Africa Pic, en abrégé Uba, était porteuse d’un message d’encouragement à l’endroit de l’équipe rédactionnelle de « La Presse du Jour ». Selon M. Emmanuel Obeta, Directeur Marketing et chef de la délégation, la presse béninoise joue un rôle prépondérant dans la croissance de l’économie nationale. Au nom de ses collègues, M. Obeta a salué les efforts du journal « La Presse du Jour » en matière d’équilibre de l’information et, du respect de la déontologie du métier. Il a fini son mot introductif par son souhait de signature d’un contrat de partenariat entre les deux structures. Le Directeur de Publication du journal, M. Pascal Hounkpatin s’est dit ému par la démarche et est disposé à toute collaboration, si les bases du contrat sont biens définies. Pour lui, il n’y aura pas d’obstacles, si un tel partenariat venait à voir le jour. United Bank for Africa Pic, en abrégé Uba, est la nouvelle banque qui a racheté la Continental Bank Bénin. C’est une banque dont la vision est d’être le leader incontesté des services financiers en Afrique. Elle veut être une banque modèle dans le monde des affaires en Afrique, par la création de valeurs ajoutées pour tous ses partenaires, dans le respect des normes professionnelles et de l’éthique qui régissent une institution durable. Le Bénin compte parmi les 19 pays africains où cette grande banque est présente. On la trouve également en Europe, en Asie et aux Usa. 

Médard Essou (Coll)

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