Fin du Forum sur les vingt ans de la Conférence Nationale : Boni Yayi boycotte le forum sur les 20 ans de la conférence nationale (Quel sort pour les recommandations ?)

février 28, 2010

Quel sort sera-t-il réservé aux recommandations du Forum sur les 20 ans de la conférence nationale organisée du 25 au 26 février 2010 au Palais des congrès de Cotonou ? La question préoccupe beaucoup de démocrates béninois qui ont été surpris de voir que le Chef de l’Etat a brillé par son absence à la cérémonie consacrée pour transmettre les conclusions de ce forum.

Le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi attendu hier pour recevoir les actes du forum sur les 20 ans de la Conférence nationale a brillé par son absence. C’est le ministre Pascal Koupaki qui a dû délivrer son discours. Beaucoup se sont interrogés sur les raisons de cette absence du Chef de l’Etat qui était pourtant présent sur le territoire national. L’autre aspect du sujet sur lequel les gens n’ont pas manqué de s’interroger est l’issue qui sera réservée aux recommandations faites par les participants à ce forum. Pour certains réalistes, le forum sur les 20 ans de la conférence nationale sera comme les autres rendez-vous que le Bénin a toujours organisés, mais qui sont souvent sans lendemain. D’ailleurs l’absence du Chef de l’Etat pour recevoir les actes de ce forum confirme cette thèse. On ne comprend pas en effet pourquoi le Chef de l’Etat a choisi de ne pas être à ce rendez-vous très important dont l’organisation a été pourtant décidée par ce gouvernement. Est-ce  pour dire que tout ce qui a été retenu comme recommandations ne l’engage pas ? C’est en tout cas la question qu’il convient de se poser en ce moment où beaucoup de démocrates béninois ont des craintes par rapport au respect des acquis de la conférence nationale de février 1990.

Affissou Anonrin

Fin du Forum sur les vingt ans de la Conférence nationale : Désenchantement et recommandations

février 28, 2010

Le forum tenu du 26 au 27 février 2010 sur les vingt ans de la Conférence Nationale de forces vives béninoises a permis de constater que le Bénin court d’énormes risques. Et pour que les acquis démocratiques réalisés ne soient pas remis en cause, des recommandations ont été faites.

Du 26 au 27 février 2010, des Béninois se sont retrouvés à Cotonou pendant 48 heures pour évaluer le chemin parcouru depuis la Conférence nationales des forces vives tenue du 19 au 28 février 1990 au Bénin. Ce fut une occasion pour constater que le Bénin est désormais un Etat démocratique doté d’une Constitution qui fixe les bases de la gestion de la cité. Mais la plupart des participants à ce forum, y compris ceux qui ont suivi la manifestation de loin, sont d’accord que les acquis démocratiques issus de cette grande messe qu’est la Conférence nationale de février 1990 sont menacés aujourd’hui. Même si pour certains c’est une chose normale et que l’on peut dire que la démocratie se porte bien, la majorité pense qu’il faut mettre des garde-fous.   Selon ces derniers d’ailleurs, trois insuffisances majeures ressortent : le mécanisme électoral reste encore peu fiable, le pluralisme démocratique est dévoyé avec une kyrielle de clubs électoraux appelés partis politiques et enfin, l’institutionnalisation de salaires politiques entraîne des crises au sein des travailleurs qui se sentent lésés. En dehors de tout ceci, il est constaté que certaines résolutions ou recommandations de la conférence nationale n’ont pas été respectées.

Recommandations

Pour trouver des solutions aux différents problèmes actuels et remettre le Bénin dans une forme acceptable de démocratie apaisée, les participants au forum ont recommandé entre autres : l’organisation d’un forum pour un consensus économique; des actions pour la moralisation de la vie publique, politique etc. Le forum a aussi souhaité que la conférence nationale soit vulgarisée et même enseignée dans les établissements au Bénin de même que la Constitution. Il est aussi recommandé de célébrer le 28 février comme la journée du consensus national. Cette journée sera chômée et payée. La mise en place d’un observatoire pour le suivi des actes de la conférence nationale et des conclusions du forum a été recommandée. Il en est de même pour l’organisation d’ateliers  itinérants sur la conférence nationale afin de permettre aux jeunes surtout, d’en comprendre quelque chose. Le forum face à la détérioration du tissu social national a recommandé de sauvegarder l’unité nationale et de lutter farouchement contre le régionalisme et le sectarisme en émergence. Les femmes n’ont pas été oubliées.  Il est recommandé de leur fixer à terme dans la Constitution, un quota de représentation dans les institutions de la Républiques pour les valoriser et assurer leur meilleure participation à la gestion de la chose publique. Il s’agira aussi de tout faire pour les sortir de la précarité. L’éducation de la jeunesse aux valeurs morales, au travail bien fait a été aussi recommandée. La lutte contre la corruption galopante sous le changement a aussi préoccupé les participants au forum qui ont souhaité que la presse béninoise devienne une presse responsable, libre et capable d’informer sans partie pris et pour la préservation de la paix. On constate donc qu’après vingt ans, le Bénin a évolué certes, mais il y a encore des pesanteurs politiques, économiques et sociales qui risquent de faire voler en éclats les quelques acquis sur les droits de l’homme, la liberté de parole et d’association et la participation à la gestion de la cité. C’est d’ailleurs l’avis de tous les participants à ce forum. Il revient donc aux gouvernants d’impulser le dynamisme pour répondre aux attentes des uns et des autres. Mais le discours du Chef de l’Etat cité hier par son Ministre en charge du développement est resté en déphasage avec presque toutes les recommandations du forum et l’on attend désormais d’écouter le Chef de l’Etat sur les conclusions de cette importante rencontre sur les 20 ans de la conférence nationale.

Guy Constant Ehoumi

Passage sur l’émission Zone Franche : Adihou s’oppose à la révision de la Constitution

février 28, 2010

Le Président du parti « Alternative force citoyenne » était hier sur l’émission Zone Franche de la télévision Canal 3. A cette occasion il a fait savoir qu’il n’est pas opportun à l’étape actuelle de réviser la Constitution du 11 décembre 1990.

Alain ADIHOUL’ancien Ministre du dernier gouvernement du  Général Mathieu Kérékou est monté au créneau hier pour donner son point de vue sur la révision de la Constitution. Pour M. Alain Adihou, « Réviser la Constitution n’est pas à l’ordre du jour ». Il ne faut pas, selon lui, changer la Constitution parce que l’on est dans le régime du changement. Il faut plutôt réaliser toutes les réformes institutionnelles nécessaires avec des lois simples complémentaires. La loi fondamentale du Bénin n’est pas encore sujette, selon lui, à une révision tel qu’on veut le faire croire. Les objectifs circonstanciels pour lesquels la révision de la Constitution préoccupe certains ne sont pas pour l’intérêt du peuple et pour la consolidation des acquis contenus dans le texte.
D’ailleurs, il ne trouve pas assez de raisons pour que l’on veuille aller à la révision de la Constitution. Ce qui pose problème à ses yeux aujourd’hui est le multipartisme qui ressemble à un danger. Et par rapport à cela, il souhaite que l’on passe de l’état de micro partis pour créer de grands ensembles. Il y invite les députés pour fixer dans la loi des quotas de dix militants au moins par commune, avant la création d’un parti politique. Ainsi au lieu de 120 militants de départ, chaque parti qui doit naître doit avoir au minimum 770 membres puisque le Bénin a 77 communes. De même, il propose que le point soit fait pour dissoudre les partis politiques qui sont allés plusieurs fois aux élections sans enregistrer des élus conformément aux textes de la République. Et l’autre grand mal est le pouvoir de l’argent qui a pris de l’ampleur, selon lui, depuis l’arrivée des « Cauris ». Il a souhaité que tout cela soit amélioré.
Il en appelle d’ailleurs à la responsabilité du Chef de l’Etat qui doit revoir sa méthode de conduite des affaires de l’Etat teintée de précipitation. Car, s’il n’offre pas le bon résultat à la fin de son mandat, ils seront obligés d’aller trouver un autre homme capable pour le remplacer.

Guy Constant Ehoumi

Célébration du 105ème anniversaire de Rotary international : Le Club Cotonou Marina fait tache d’huile l’événement au Bénin

février 25, 2010

Rotary international  a Commémoré  le mardi 23 février dernier  ses  105 ans d’existence. Le Club Cotonou Marina n’est pas resté  en marge de cet anniversaire. Dans la salle bleue du Palais des congrès de Cotonou, il a organisé une conférence publique. Occasion pour les membres de Rotary Club Cotonou Marina de se rappeler des défis à relever et de réaffirmer leur engagement à toujours servir les autres.

23 février 1905 et 23 février 2010. Cela fait cent cinq ans que  Rotary international a été fondé  à Chicago  par Paul Harris.  Pour, Rotary Club Cotonou Marina enregistré sous le n° 53382 dans le district 9100, cet anniversaire ne peut pas passer inaperçu. Raison pour  laquelle il a initié  le mardi dernier une conférence publique à Cotonou.  La projection du documentaire sur les activités de ce club, une  communication animée  par le Professeur Albert  Tévoédjrè et des  questions réponses ont meublés cette conférence publique rehaussée par   la présence de l’Ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin M.  James Knight, et celle du Président  la  cours constitutionnelle  Professeur Robert Dossou.  Tout à commencé par la cérémonie des couleurs au cours de laquelle tous les pays membres du district dont fait  partir Rotary Club Cotonou Marina ont été tous honorés par l’exécution de leur hymne nationale.  Après l’hymne de Rotary international, qui a d’ailleurs   planté le décor de la phase active de cette cérémonie, la   Présidente de Rotary Club Cotonou Marina Mme  Rufine Lima Quenum a rappelé l’objectif que vise cette manifestation donnée par son association. A l’entendre, il s’agit de faire connaître dans un premier temps la raison d’être du Rotary pour une paix pérenne gage d’un  développement souhaitable et durable. Deuxièmement la mission de Rotary  qui consiste à servir les autres. Et enfin de rappeler davantage aux membres  les défis à révéler pour aider les populations   à construire un monde meilleur.  Saisissant cette occasion, Mme Quenum  a réaffirmé l’engagement de son Club Cotonou Marina à toujours faire la paix dans les communautés. Cette option de Rotary Club Cotonou Marina d’aider les  autres a été confirmée par  la projection du  documentaire qui a d’ailleurs fait connaitre les multiples actions menées par ce club sur le terrain.  Dans sa communication intitulée  « Le Rotary et la paix » le conférencier  le Professeur Albert  Tévoédjrè est plusieurs fois revenu sur cette phrase qui a plus  retenu l’attention de tous les invités « Pour faire de bonne chose il faut  pas être au dessus des hommes mais il faut être avec eux ». Dans ses conseils,  il a exhorté les  membres de Rotary Club Cotonou Marina à respecter l’une de leur mission qui insiste à rechercher l’intérêt général de tout le monde.  Aux invités, il leur a demandé de  cultiver le bon sens autour d’eux. La conviction d’amour pour autrui peut contribuer à une  paix durable estime t-il.

Victorin Fassinou (Coll)

Dégel dans le système éducatif au Bénin : Le Synecob se désolidarise de la grève du Front

février 25, 2010

Le mouvement de grève que conduit le Front des syndicats des trois ordres de l’enseignement, paralysant depuis plusieurs semaines les écoles et collèges de notre pays, n’est plus du goût des acteurs affiliés au Syndicat national des enseignants contractuels du Bénin (Synecob). Ils sont outrés de l’attitude qu’affichent les responsables du Front qui usent d’une politique qui biaise leur plate-forme de revendications. Par la voix du secrétaire général dudit syndicat, ils ont exprimé leur désolidarisation du mouvement de grève que conduit le Front. De l’avis de Pierre Koukou le Sg, il y a du flou autour des revendications que brandissent ces responsables du Front. Pour lui et ses camarades du Synecob, il y a des revendications qui en principe ne devraient plus être inscrites comme faisant partie de leurs exigences. Citant par exemple la question relative au reversement des enseignants contractuels comme étant une revendication à satisfaire, les enseignants du Synecob estiment que le Front fait de la surenchère, vu que ce volet est pratiquement réglé. Aussi, pensent-ils que d’autres revendications telles que la revalorisation de la pension de retraite à 25% ou, l’indexation des salaires et des indemnités, ne figurent pas sur le préavis de grève, initialement signé des mêmes responsables du Front. Considérant donc qu’il s’agit d’un jeu malveillant pour le Front des syndicats des trois ordres de l’enseignement qui use d’une politique de chantage, le secrétaire général du Synecob appelle ses camarades à ne s’en tenir dès la rentrée des classes lundi prochain, à leur mot d’ordre qui suspend provisoirement la grève entamée depuis plusieurs semaines.

Junior Fatongninougbo (Coll)

Exigeant le reversement des agents contractuels de l’Etat 1997-2007 : La Cstl marche les 9 et 12 mars prochains

février 25, 2010

Ils sont mécontents, ces agents contractuels de l’Etat de la promotion 1997-2007, de la lenteur administrative que connaissent leurs dossiers de reversement dans la fonction publique. Et pour amener l’autorité suprême à prendre ses responsabilités, ces agents réunis au sein de la Coordination des syndicats et travailleurs en lutte (Cstl), ont tenu le mardi 23 février dernier une assemblée générale C’était à la Bourse du travail de Cotonou. Selon les conclusions retenues à l’issue de ces assises, la Cstl exige du Ministre du travail et de la fonction publique, Kint Aguiar  conformément au décret n° 2008-377 du 24 juin 2008 portant régime des agents contractuels de l’Etat, l’installation  de la commission interministérielle du reversement. Mais déjà, ils annoncent crier leur ras-le-bol dans la deuxième semaine du mois de mars. Il s’agit notamment d’une marche suivie d’un sit-in le 9 mars prochain au Ministère de la fonction publique pour, entre autres, exiger le transfert de leurs cotisations de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) au Fonds national des retraités du Bénin et d’une autre le 12 mars prochain  sur le siège du Fonds monétaire international. Ceci pour prendre l’opinion publique à témoin de leurs revendications et dire non à la manœuvre dilatoire dont ils accusent le Gouvernement dans la gestion de leur dossier.

Victorin Fassinou (Coll)

Polémique sur les récents accidents de trains à l’Ocbn : Des cheminots réfutent la thèse de sabotage

février 25, 2010

Les derniers événements malheureux survenus lundi et mardi derniers, avec le déraillement respectivement de la locomotive BB 621 transportant les produits de Cajaf-Comon et de la plate-forme 70-001 avec des roches à bord pour le port sec de Zongo, ont fini par convaincre de ce que la situation à l’Organisation commune Bénin-Niger des chemins de fer (Ocbn), est trouble.

Du moins, en ce qui concerne l’atmosphère de travail, elle est viciée. Pendant que les uns soupçonnent, comme c’est la position de la Direction générale, des actes de sabotage dans le système d’aiguillage des rails, les autres cheminots soutiennent que ces accidents, conséquences de la mauvaise gestion des ressources existantes et du matériel déjà vétuste, peuvent s’expliquer autrement.
Il y a lieu de prendre au sérieux ce qui malheureusement se passe ces derniers jours à l’Ocbn. Encore qu’il est dit « jamais deux sans trois », les inquiétudes ont commencé à se faire quant à ce qui pourrait éventuellement se produire, comme pour justifier cet adage. Mais loin de ce mauvais présage, ce qui inquiète pour le moment, c’est l’ambiance délétère qui règne au sein de la maison Ocbn, s’agissant des commentaires qui fusent de certains cheminots maladroitement indexés dans les supposés actes de sabotage sur les rails. La conférence de presse organisée mardi dernier par les responsables de la structure de transport ferroviaire, pour tenter d’expliquer à l’opinion publique ces événements regrettables, a fini par apporter de l’eau au moulin de la majorité des cheminots, qui ne se reconnaissent pas dans les actes de sabotage évoqués antérieurement. Pour ces cheminots, la raison se trouve être plutôt le mauvais état des rails qui ont suffisamment connu des aléas. C’est vrai ont-ils dit que ces parallèles sont en acier, mais cela ne les exempte pas des intempéries qui pourront les fragiliser au fil des années, ont-ils confirmé. Et c’est de là qu’ils ont fait la déduction pour expliquer que les fonds alloués au volet entretien des rails, sont suffisamment mal gérés. Par ailleurs, pour la grande majorité des cheminots qui, selon eux, ont déjà compris le jeu qui se joue pour faire douter d’une situation nouvelle, il n’est pas exclu que ces événements soient savamment orchestrés par ceux du camp d’en face qui les soupçonnent d’actes de sabotage. Se référant à des voix qui s’étaient élevées entre-temps pour exprimer leur mécontentement face à la concession de l’Ocbn, ces cheminots qui savourent l’acte de concession posé par le gouvernement pour les sortir du gouffre, disent ne pas se reconnaître dans les actes de sabotages évoqués par la Direction générale. Pour eux, ils ne peuvent pas souhaiter une chose et, œuvrer à détruire cette chose.  » Nous ne pouvons pas vouloir de quelque chose et son contraire « , ont affirmé ces cheminots. Ils pensent plutôt que les vraies causes sont ailleurs.  » Afin d’éviter que des événements du genre se reproduisent, nous souhaitons que les enquêtes se poursuivent pour déterminer les tenants et les aboutissants, afin de sanctionner effectivement « , ont-ils conclu.

Junior Fatongninougbo (Coll)

Réduction nécessaire des portefeuilles ministériels : Yayi aura des difficultés à dépasser le mois de mars

février 25, 2010

Le Président de la République a des difficultés pour remanier son gouvernement à cause des  remous politiques au sein de ses partisans et de sa volonté d’avoir d’autres politiciens avec lui pour 2011. Mais, de sources officieuses, il ne peut plus aller au delà du mois de mars, à moins de choisir l’impasse.

De sources proches du gouvernement et des partenaires au développement, le Bénin ne peut pas aller au-delà de la mi-mars avant de procéder à un remaniement ministériel qui diminue la taille du gouvernement de changement. Car, aujourd’hui, ses caisses sont au rouge face aux besoins à satisfaire.
Cet acte, même s’il n’est pas chanté par les partenaires au développement, est bien connu  des hauts responsables béninois  qui en mesurent la portée. Car, il est un secret de polichinelle que le Bénin est en difficulté économique et financière. Les partenaires au développement sont bien prêts à accompagner le gouvernement, mais selon des conditionnalités. Au nombre de ces conditionnalités figure en bonne place, une meilleure gestion des finances publiques qui associe la réduction du train de vie de l’Etat. C’est dans cette optique que beaucoup pensent que des directions ont été érigées en ministères et cela revient cher au budget national. Et pour améliorer la gestion, les Ministères écartelés doivent se reformer.
Comme le Bénin a été interpellé sur sa démarche qui n’a pas associé les bailleurs au Budget 2010  envoyé au parlement et mis en exécution par ordonnance, c’est pour lui le moment de se rattraper. Au mois de mars prochain, les partenaires seront à Cotonou pour une revue trimestrielle. Or, cette étape devra connaître l’expression ferme des bailleurs pour accompagner le Budget 2010 et la libération des moyens. C’est cette échéance qui fait dire que le Chef de l’Etat peut prendre tout son temps pour faire son gouvernement. S’il attend l’accompagnement des bailleurs, il est quelque part lié par le respect de leurs attentes pour une gestion optimum des finances publiques. Le Bénin n’ayant pas d’autres sources pour combler actuellement le déficit de son budget, il va sans dire que le Président Boni Yayi ne peut pas ne pas se plier à cette recommandation des institutions partenaires. Il est donc à espérer que d’ici la mi-mars, un remaniement ministériel ait lieu, même si ce ne sera pas le gouvernement de combat pour 2011 que recherchent le Chef de l’Etat et ses partisans. Mais si le gouvernement que certains pensent souverain trouve les moyens de sa politique ailleurs, il peut se passer des institutions internationales et aller à la revue à mi-parcours sans remanier le gouvernement. Le Chef de l’Etat aura ainsi pris ses responsabilités.

Guy Constant Ehoumi

L’Onu-Lépi

février 25, 2010

Une équipe d’experts de l’Organisation des Nations Unies (Onu) séjourne à Cotonou pour évaluer le processus d’élaboration de la Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi).  Cette implication en amont de l’Onu est une forme de prévention des conflits postélectoraux. Partout, la liste électorale est la pomme de discorde  qui mobilise les énergies. On peut dès lors comprendre  l’inquiétude de la communauté internationale. Son action est préventive. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) est un partenaire du Bénin pour la réalisation de la Lépi. En tant que coopérant technique, en principe neutre, le Pnud observe et constate qu’il y a des incompréhensions liées à des dysfonctionnements de communication.
 Les experts à la fin de leur mission auront à répondre sans équivoque aux questions qui taraudent l’esprit de plus d’un. Il s’agit de : 1-. Le processus d’élaboration de la Lépi est-il contesté par les acteurs (opposition, mouvance et centristes) ?2-. Les opérations menées dans le cadre de l’élaboration de la Lépi sont -elles fiables ? 3- La lépi actuelle est-elle crédible au point d’être opérationnelle pour la présidentielle 2011 et les législatives de la même année ? 4-. Au cas où l’expertise onusienne constatera  des défaillances graves, quelle sera la formule la mieux adaptable au contexte béninois pour limiter les fraudes  électorales ?
 La mission de l’Onu  devra répondre de façon expresse à ces différentes questions.  Il est important de savoir l’opinion de la communauté internationale. L’enjeu, ce n’est pas le capital financier. L’enjeu, c’est d’aplanir les mésententes afin que la concorde civile soit de retour. L’environnement géostratégique est perturbé par des crises politiques et institutionnelles suffisamment préoccupantes (Guinée, Côte d’Ivoire, Togo). C’est donc une alerte précoce. On aurait pu attendre une telle attitude de la Cedeao. Mais la question de crédibilité des hommes pose un énorme problème. On peut affirmer sans se tromper que la mission de l’Onu vise à calmer la tension. Elle vise à éclairer l’opinion internationale sur la nécessité de conduire ou d’arrêter le processus tout de même coûteux !  L’Union Africaine  qui aurait pu mettre en branle son comité de sages  est dans une léthargie.
 L’Onu sait que la justification de la lépi n’est plus à démontrer. Elle a fait l’objet de grandes discussions avant l’adoption de la loi l’ayant  instituée.  La question qui se pose est celle de la confiance et de la délégation à agir. Au niveau de la commission politique de supervision, il y a une crise grave de confiance. Lorsque la confiance déserte l’instance de préparation d’une élection, tout finit par la tricherie, l’hégémonie d’un camp sur un autre.  C’est dire que si la mission de l’Onu, c’est de déclarer la victoire d’un camp sur un autre, elle aurait raté son déplacement.  L’Onu-Lépi doit pouvoir réconcilier les parties en conflit de suspicion. La vérité est universelle. L’aspiration profonde de notre peuple est de participer à une élection libre et transparente.
 L’Onu-Lépi  a la double mission de faire comprendre aux acteurs l’importance ou l’urgence d’un document consensuel qui ne sera pas sujet à la contestation. La mission de l’Onu-Lépi, c’est aussi d’éviter de cautionner un gaspillage des ressources. L’avenir du processus   » Lépi  » est beaucoup plus lié à la nature et à la compréhension des hommes politiques du pays. Quoi qu’il en soit, l’Onu-Lépi a déjà joué son rôle. Il appartient aux Béninois par l’entremise de leurs représentants à différentes structures d’organisation des élections de vouloir la paix. Elle est possible, il suffit de le vouloir. La solution est endogène. Jamais exogène.

Herbert Houngnibo

Interview du Représentant Résident de la Banque Mondiale : « Nous avons des retards importants au niveau de la passation des marchés »

février 25, 2010

Au terme de sa mission en République du Bénin, le Représentant Résident de la Banque Mondiale, M Joseph Baah-Dwomoh  a fait le point des appuis de l’Institution au Bénin. Il en a profité pour préciser les obstacles à la réussite desdits appuis, notamment  les retards dans la mise en vigueur des projets. Après la signature des accords de financement, on   met généralement plus de 9 mois pour satisfaire les conditions de mise en vigueur au lieu de 3 mois. On a l’impression, déclare-t –il aussi, qu’il est nécessaire de procéder à une reforme profonde des mentalités, améliorer la responsabilisation des individus et des institutions dans le service public, et demander à chacun de rendre compte de ce dont il a la charge.

Monsieur le Représentant, vous êtes en fin de mission au Bénin.  Quel bilan faites-vous de votre séjour et quelle est la situation du portefeuille de la Banque mondiale au moment actuel ?
Le portefeuille de la Banque au Bénin se porte relativement bien et s’est élargi au cours des trois dernières années.  En effet, nous comptons à ce jour, 8 projets en cours d’exécution dans les domaines suivants : développement communautaire ; développement urbain ; énergie ; santé (lutte contre le paludisme et VIH/SIDA) ; éducation ; sécurité alimentaire ; environnement ; et développement du secteur privé. Nous avons également pu appuyer la mise en œuvre de certaines réformes structurelles de l’économie nationale, à travers des crédits d’appui budgétaires et des crédits sectoriels. Un projet pour développer l’accès à l’énergie moderne a déjà été approuvé par le Conseil d’Administration de la Banque mais n’est pas encore en vigueur.
Il faut noter aussi que d’autres projets sont actuellement en préparation, entre autres pour la modernisation du secteur des télécommunications, la gestion de l’environnement urbain et des déchets solides, le renforcement du système de santé, et la poursuite de notre appui au développement communautaire. Il y a également un certain nombre de projets régionaux auxquels participe le Bénin.
Ainsi, en  faisant le bilan de nos actions sur les 3 dernières années, nous pouvons nous réjouir du progrès accompli dans le cadre de certains projets et qui ont eu des impacts significatifs sur les populations. Dans ce cadre, je voudrais mentionner notamment le Projet de Développement Conduit par les Communautés (PNDCC), le Projet d’Appui à la Lutte contre le Paludisme (PALP), le deuxième Projet de Gestion Urbaine Décentralisée (PGUD-2) et bien d’autres encore. 

Quelles sont les domaines prioritaires aujourd’hui pour la Banque Mondiale au Bénin ?
Les priorités de la Banque sont tirées de celles du pays telles que définies dans la Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (SCRP). Les opérations que nous finançons tiennent compte des programmes d’action prioritaires définis dans la SCRP, et que nous avons reflétés dans notre Stratégie d’Assistance au Bénin.  Etant donné que nous avons des ressources limitées, nous ne pouvons pas financer toutes les priorités de la SCRP. Ainsi, celles que nous avons retenues et que nous finançons sont basées sur les domaines où nous avons des avantages comparatifs et où nous pouvons jouer un rôle catalyseur pour avoir un impact direct sur la réduction de la pauvreté.  Dans ce cadre, notre Stratégie d’Assistance qui couvre la période 2009-2012 a mis l’accent sur les secteurs de l’énergie, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, du développement communautaire, le secteur privé et des reformes structurelles pour permettre la croissance économique. Nous insistons aussi beaucoup sur les questions de gouvernance et de transparence qui sont également très importantes.
Selon vous, quels sont les impacts des opérations financées par la Banque mondiale sur la vie quotidienne des Béninois ?
Les impacts des opérations que nous avons financées ont été importants et varient selon les secteurs.  Juste pour vous citer quelques exemples :
· Les investissements qui ont été faits dans le secteur de l’énergie ont beaucoup aidé à stabiliser le secteur et améliorer la disponibilité de l’électricité par rapport aux situations que le Bénin a connues en 2006 et 2007. 
· Le Projet national de développement conduit par les communautés (PNDCC) que nous avons financé a fait plusieurs réalisations (salles de classe, dispensaires, marchés, pistes de desserte, activités génératrices de revenus, formations des communautés à la base, etc.) au niveau des communes et des communautés sur toute l’étendue du territoire.  De nombreuses salles de classes ont été également construites dans le cadre du projet « Education Pour Tous ». 
· Le deuxième Projet de Gestion Urbaine Décentralisée (PGUD-2) a financé des travaux de drainage, de pavage et d’assainissement, de traitement des déchets solides, et de construction de digues, qui ont permis de mettre des centaines de milliers de personnes à l’abri des inondations récurrentes dans les principales villes du pays. 
· Le Projet d’Appui à la Lutte contre le Paludisme a distribué environ 2 millions de moustiquaires imprégnés au bénéfice des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes ; le même projet a mis à la disposition des formations sanitaires publiques sur toute l’étendue du territoire les nouveaux médicaments de lutte contre le paludisme qui sont plus efficaces pour le traitement des malades. Avec le même projet, nous avons contribué à former environ 10.000 agents de santé dans le traitement des différents cas de paludisme, et le projet a offert des équipements pour le diagnostic rapide des cas de paludisme.
· Le projet d’appui à la sécurité alimentaire qui a fourni des engrais subventionnés et des semences améliorées aux paysans et contribué à l’augmentation de la production des céréales que nous connaissons actuellement. 
Ainsi, comme vous pouvez le constater à travers ces quelques exemples, la Banque a pu, à travers ces opérations et d’autres activités encore, contribuer à améliorer les conditions de vie des populations béninoises bénéficiaires. Et nous nous en réjouissons.

Quels sont les obstacles à la réussite des appuis de la Banque au Bénin ?
Les principales contraintes à l’exécution des opérations financées par la Banque au Bénin sont :
· les retards dans la mise en vigueur des projets : au Bénin, après la signature des accords de financement, nous mettons généralement plus de 9 mois pour satisfaire les conditions de mise en vigueur (qui sont généralement de 3 mois ailleurs !) ;
· nous avons des retards importants au niveau de la passation des marchés, et qui entraînent corrélativement des retards dans les décaissements.  
Vous comprenez qu’avec tous ces retards, l’exécution des projets prend du temps et par conséquent les bénéfices tardent à venir.  De plus, depuis quelques temps, nous constatons aussi des problèmes liés à la disponibilité des fonds de contrepartie qui représentent la contribution du gouvernement dans le financement des projets. Et il y a aussi des projets où la bonne gestion et la bonne gouvernance font quelquefois défaut, contribuant ainsi à compliquer les choses.  Je pense que l’exécution de certains projets se ferait dans des meilleures conditions si des efforts pourraient être faits pour éliminer progressivement ces problèmes.

Nous avons vu récemment des syndicats des travailleurs s’élever contre la Banque mondiale, en fustigeant son ingérence dans l’élaboration du budget national, et aussi pour son acharnement à faire privatiser Bénin Télécoms.  Que dites-vous de ces critiques ?
La Banque mondiale est un partenaire du Bénin, au même titre que les autres. Nous avons, tout comme les autres, un rôle d’appui financier et technique et en aucun cas, nous ne pouvons nous substituer au gouvernement, ni lui imposer quoi que ce soit. Nous avons remarqué que d’une façon générale et pour une raison ou pour une autre, les gens attribuent parfois à la Banque mondiale un rôle qu’elle n’a pas.  Et laissez-moi vous dire que très souvent,  lorsque les choses ne vont pas bien, on le met très facilement sur le dos de la Banque mondiale…  Par contre, lorsque les choses se passent bien grâce aux mêmes appuis technique et financier de la Banque, l’on s’en félicite à des degrés divers, et personne ne mentionne le rôle que la Banque a joué pour aider à avoir les bons résultats. C’est un peu dommage !! 
Ceci dit, parlons un langage de vérité pour ce qui concerne le cas du Bénin. Les Etats, tout comme des individus, doivent vivre selon leurs moyens, et il s’avère que le Bénin se trouve dans une situation où des choix stratégiques doivent être faits en termes de dépenses publiques.  Nous suivons avec beaucoup d’intérêt les mouvements syndicaux actuels, mais la gestion de ces situations relève de la responsabilité du gouvernement, et non de la nôtre. Et je tiens à le clarifier. Il appartient au gouvernement d’expliquer la situation réelle des finances publiques et de dialoguer avec les centrales syndicales, de leur expliquer ce qui se passe réellement et trouver des solutions aux problèmes qui sont soulevés. 
Des syndicats sont effectivement venus nous remettre des déclarations et des lettres qui dénotent franchement une méconnaissance totale du rôle de la Banque mondiale vis-à-vis du pays. 
Nous avons pris acte des préoccupations des syndicats, mais leur règlement n’est pas de notre ressort.  Ceci étant, nous avons pris soin de les transmettre à qui de droit, c’est-à-dire au Gouverneur de la Banque mondiale pour le Bénin pour les actions qu’il jugera utiles de prendre. Nous n’avons pas plus d’autorité que cela.

Quels sont les comportements de gouvernance qu’il faut améliorer pour le développement du Bénin ?
C’est une question difficile selon la perspective qu’on prend.  Entre 2006 et 2007, il y a eu beaucoup d’efforts de la part du Gouvernement pour améliorer la gouvernance économique, la gestion des ressources publiques et promouvoir la lutte contre la corruption. Dans le même temps, les autorités ont adopté des stratégies qui visaient à améliorer la croissance et jeter les bases pour une transformation de la manière dont les choses se passent au Bénin. Beaucoup de gens avaient applaudi cette initiative.  Cependant en écoutant plusieurs personnes aujour-d’hui, et en observant la manière dont l’administration fonctionne actuellement, on a l’impression qu’il est nécessaire de procéder à une reforme profonde des mentalités, améliorer la responsabili-sation des individus et des institutions dans le service public, et demander à chacun de rendre compte de ce dont il a la charge.
Cela nécessite une forte volonté politique avec des actes concrètes, notamment : (i) mettre fin à l’impunité et appliquer les règles et les sanctions nécessaires ; (ii) promouvoir une forte collaboration entre des institutions comme l’IGE, les Ministères, la Chambre de Comptes, la Justice, etc. ; (iii) renforcer l’indépendance des corps de contrôle et de justice ; (iv) promouvoir plus de transparence dans la gestion des affaires publiques ; (v) informer les citoyens sur les actes de mauvaises gouvernance ; et (vi) dépolitiser la fonction publique et restaurer l’autorité des Ministres.
Je pense qu’il y a du travail à faire dans ces différents domaines.

Quel bon souvenir gardez-vous du Bénin, et que regrettez-vous le plus ?
Le Bénin est un pays attachant et on est rapidement séduit par son charme, la vivacité de son peuple, et surtout l’esprit du travail acharné de la population rurale. Avec des incitations conséquentes, cette population peut contribuer effectivement au développement du pays. Il serait donc souhaitable que le Gouvernement et les partenaires accordent beaucoup plus d’attention à cette majorité silencieuse qui constitue une richesse inestimable et qui peut aider à redynamiser l’économie du Bénin.

Qu’allez-vous faire après votre départ du Bénin ?
Je compte rester actif dans les questions de développement et de transformation économique de l’Afrique.  Il reste beaucoup à faire sur le continent pour assurer son émergence.  J’espère retourner au Ghana, mon pays, dans environ un an et je vais certainement me joindre à des collègues qui, avant moi, ont commencé par réfléchir sur la meilleure façon d’aider les pays africains à transformer leurs économies.  J’espère aussi trouver du temps pour me reposer et peut-être cultiver mon champ dans mon village natal au nord de Kumasi au Ghana.

Propos recueillis par Guy Constant Ehoumi

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