Appui au secteur de la microfinance au Bénin : Bientôt 6 milliards de F Cfa de la Bid pour appuyer le Fnm

décembre 27, 2009

Après la Badea il y a quelques semaines, la Banque islamique pour le  développement s’est engagé à apporter un appui de 6 milliards de F Cfa au Bénin dans le secteur de la microfinance. L’aide-mémoire signé le jeudi 24 décembre 2009 dans les locaux  du Fonds national de microfinance entre le ministre Reckya Madougou, représentant le gouvernement et M. Abdelaziz Slaoui Andaloussi, la Bid,  consacre cet engagement.

Une mission de la Banque islamique pour le développement (Bid) conduite par M. Abdelaziz Slaoui Andaloussi, spécialiste en microfinance vient de séjourner au Bénin pendant 11 jours dans le cadre d’une évaluation du Programme national de microcrédits aux plus pauvres initié par le gouvernement. Durant son séjour, cette mission a travaillé avec la Direction générale du Fonds national de microfinance. Ces 11 jours  d’échanges d’expériences ont  abouti, le jeudi 24 décembre 2009, à  la signature d’un aide-mémoire attestant de la volonté des deux parties de convenir très prochainement d’un accord de financement. La cérémonie de signature de ce document s’est déroulée dans les locaux de la Direction générale du Fonds national de microfinance (DG/Fnm) sous l’autorité du ministre Reckya Madougou et en présence des partenaires stratégiques du Fnm et bien entendu du réseau des bénéficiaires. A l’issue de leurs travaux qui ont eu pour cadre aussi bien les services du Fnm que ceux de plusieurs institutions de microfinance, les émissaires de la Bid ont convenu avec le gouvernement béninois, d’accorder un nouveau financement qui pourrait porter sur un montant probable de six milliards de F Cfa. La spécificité de cet appui, a dit M. Andaloussi, réside dans l’approche de la Bid qui priorise l’accompagnement des bénéficiaires, c’est-à-dire les populations pauvres qu’il faut prendre par les mains.
Déjà dans son discours au début de la cérémonie, M. Koutché Komi, Dg/Fnm, a salué les efforts du gouvernement béninois dans le cadre de la mobilisation de ressources au profit du Fonds national de microfinance. Il a par ailleurs rappelé que c’est sur démarche personnelle du Chef de l’Etat que la mission de la Bid est arrivée à Cotonou. Les différents travaux qui ont conduit à l’élaboration du projet à soumettre à la Bid intègre la vision du gouvernement en matière de microcrédits aux plus pauvres, a dit Koutché Komi. D’ailleurs, les 80 % des ressources du projet seront affectés aux crédits, a-t-il renchéri.
Le discours de Mme Reckya Madougou au cours de cette cérémonie s’est particulièrement adressé aux partenaires stratégiques du Programme de microcrédits aux plus pauvres. Pour elle, le défi à relever est assez grand et chacun doit apporter sa contribution, aussi modeste soit elle, pour que le Fnm continue toujours de bénéficier de la confiance de ses partenaires techniques et financiers.

Affissou Anonrin

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Elargissement de l’échiquier politique national : L’Urd-A3F fait sa rentrée politique (Il n’est ni de l’opposition, ni de la mouvance mais se veut critique)

décembre 27, 2009

L’Union pour la rénovation et le développement – Alliance des 3 Fronts (Urd-A3F), une formation politique au sein de laquelle militent exclusivement des enseignants a effectué le samedi 26 décembre 2009 sa rentrée politique au détour d’une conférence de presse qui a eu pour cadre le Complexe scolaire Gbégamey-Nord de Cotonou. Au cours de cette sortie politique, ce parti qui se réclame du centre et idéologiquement de la social-démocratie n’a pas manqué de jeter un regard critique sur la situation politico-sociale que vit aujourd’hui le Bénin.

Dans sa déclaration de politique générale, l’Union pour la rénovation et le développement – Alliance des 3 Fronts (Urd-A3F) a d’abord établi un certain nombre de constats. Au plan politique, les responsables de l’ Urd-A3F ont constaté que depuis son accession à l’indépendance le 1er août 1960, le Dahomey a connu une évolution politique et socioéconomique tumultueuse alors qu’il a investi d’importantes sommes dans l’éducation et la formation de ses cadres tant politiques, économiques que techniques. « Après 18 années de gestion démocratique, notre pays connaît aujourd’hui encore une division de ses fils », ont reconnu les responsables de l’Urd-A3F. Selon eux d’ailleurs, le consensus national dégagé à la conférence des forces vives de la nation en 1990 s’est émoussé du fait des attaques du virus destructeur de la démocratie consensuelle. « Ce virus a tôt fait de transformer cette démocratie consensuelle originelle en une démocratie de rivalités conformistes où deux camps politiques s’affrontent », a estimé le président de l’Urd-A3F qui s’est aussi offusqué du comportement d’une frange de la société civile qui, au lieu d’éduquer le peuple sur les règles du jeu démocratique et d’attaquer les réels défis du développement, se mêle à cette traditionnelle politique politicienne. « Le non respect de la légalité constitutionnelle et le bafouement des lois républicaines sont des indices qui conduisent notre pays vers la dérive. La démocratie tourne mal du fait de l’exclusion, de l’intolérance, du mépris, de la corruption, de l’enrichissement illicite. Il est amer de constater qu’il se développe chez nous l’ascendance de l’esprit ethnique, raciste, clanique ou régionaliste. Et pourtant il est clair que nous ne pouvons pas  construire une démocratie sur le racisme, l’ethnicisme, le régionalisme, l’injustice et la mystification », a dit M. Dohou Hontongnon. «Nombreux sont les Béninois qui s’abandonnent à l’insouciance, à la paresse, à l’oisiveté et au goût du gain facile », dira-t-il par ailleurs. Au plan social, le chômage ne fait que croître et la pauvreté couvre de plus en plus le pays. C’est du moins le constat fait par M. Hontongnon. Selon lui, la cause fondamentale de cette inversion des valeurs réside dans le fait que les principaux acteurs de l’éducation sont négligés et ne peuvent jouer entièrement et pleinement leurs rôles d’avant-gardiste du secteur éducatif. « La politique saine est celle qui a pour finalité l’action en faveur des couches les plus faibles, les plus fragiles et les plus vulnérables de la société qui sont les enfants, les femmes, les jeunes les paysans et les artisans. Le moment est donc venu de recentrer les débats politiques dans l’esprit de la conférence nationale et de redonner espoir au peuple béninois », a dit M. Hontongnon. Pour y parvenir, a-t-il estimé, l’homme reste le premier capital important et incontournable sur lequel il va falloir agir. «Son éducation, sa formation et sa prise en charge devront faire l’objet de grandes préoccupations nationales», a-t-il précisé par ailleurs.

Affissou Anonrin

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Activité politique dans le département des Collines : Timothée Adjitchè crée le Mouvement pour le progrès et la solidarité dans la douleur

décembre 27, 2009

La commune de Bantè dans le département des Collines a enregistré le samedi 26 décembre dernier la naissance du Mouvement pour le progrès et la solidarité. Ce mouvement dont l’initiateur est M. Timothée Adjitchè, ancien préfet des départements du Zou et des Collines n’est malheureusement pas le bienvenu auprès des populations de la commune de Bantè. Ces dernières qui sont sorties timidement  ne veulent pas trahir le pacte qu’ils ont signé le 14 novembre 2009 avec Komi Koutché et Grégoire Laourou lors de la sortie politique organisée par les jeunes de la majorité présidentielle Ifè d’Ilodjin.

Le Mouvement pour le progrès et la solidarité de M. Timothée Adjitchè est né. Mais dans la douleur. C’était le samedi 26 décembre dernier à Bantè. Pour sonner la mobilisation des militants (en fait des curieux) autour de ce mouvement, il a fallu d’abord l’arrivée de l’honorable Grégoire Laourou, président de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp). Les populations de Bantè et de ses environs sollicitées pour l’Assemblée Générale qui a consacré la naissance de ce mouvement ont été en fait prudentes. Elles ont voulu rester fidèles à l’engagement qu’elles ont pris le 14 novembre 2009 à Gouka lors de la sortie politique organisée par les jeunes de la majorité présidentielle de Bantè pour  manifester leur soutien aux actions de Boni Yayi dans une démarche qui prône l’union. Au cours cette sortie politique, les discours prononcés aussi bien par le ministre Nicaise Fagnon, l’honorable Grégoire Laourou, le ministre Christine Ouinsavi, que par es Directeurs Affo Dindé et Koutché Komi ont appelé les fils et filles des départements des Collines à s’unir pour faire réélire Boni Yayi en 2011. Normalement, c’est autour de cet appel que devraient se concentrer les efforts. Mais la naissance du Mouvement pour le progrès et la solidarité de M. Adjitchè semble s’écarter de cet idéal. Et c’est ce qui a amené les populations à traîner les pas avant de venir à son congrès, malheureusement en petit nombre. « C’était le premier faux pas de cette nouvelle sensibilité politique dans l’univers politique béninois déjà riche de plus 115 partis politiques et mouvements », ont remarqué certains observateurs.

Péril sur l’union

Comme on peut donc le constater, c’est la présence du président Laourou qui a sauvé Adjitchè qui a pu porter sur les fonds baptismaux sont mouvement, mais malheureusement sur un goût d’inachevé. Ce nouveau mouvement n’est pas encore doté de textes fondamentaux. Le congrès du samedi 26 décembre dernier n’en a adopté aucun. A dire vrai, l’arrivée du Mouvement pour le progrès et la solidarité de M. Timothée Adjitchè constitue une menace pour l’union que prônent les forces politiques du département des Collines autour de Boni Yayi. On comprend alors pourquoi des personnalités comme Francis Amoussou qui est pourtant son mentor politique n’ont pas honoré de leur présence cette sortie politique organisée par l’ancien préfet du Zou et des Collines. Visiblement, M. Timothée Adjitchè a sans doute créé son mouvement pour se faire voir par le Chef de l’Etat et gagner une place au soleil car, depuis qu’il a été dégommé de la préfecture d’Abomey, il n’a pas encore trouvé un point de chute.  Si ce n’était pas le cas, il aurait rejoint le creuset créé par Koutché Komi, Affo Dindé Adam, les populations Ifè d’Ilodjin, de Tchètti et d’ailleurs pour soutenir le président Boni Yayi.

Affissou Anonrin

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Invalidation par la Cour Suprême des deux sièges de Zinvié : Les Cauris tournés vers Aïcha Mana Lawani

décembre 27, 2009

La Cour Suprême a rendu son verdict sur le contentieux électoral à Zinvié le jeudi 24 décembre 2009. Pour l’essentiel, les deux sièges de conseillers communaux de Zinvié ont été invalidés de même que celui du Chef de village de Zinvié-Centre, fief de l’ancien ministre Soulé Mana Lawani.

Les élections communales seront reprises à Zinvié. Ainsi en a décidé la Cour Suprême le jeudi 24 décembre dernier. Félix Dansou et Ludovic Boco (ancien CA de Zinvié) ont perdu leurs sièges de conseillers au conseil communal de Zinvié. Ces deux conseillers avaient été élus sous la couverture politique de l’Alliance «Le Réveil». Le camp adverse conduit par Me Aïcha Mana Lawani, pour plusieurs raisons avait saisi la Cour Suprême. Son recours a fini par être enrôlé. Mais le hic, c’est que depuis le jeudi 24 décembre dernier, la famille cauris de Zinvié qui devrait se réjouir de cette victoire qui ne dit pas son nom est toujours malheureuse. Selon des indiscrétions, cette situation serait due au fait que les forces cauris de Zinvié n’ont plus aucune chance de relever le défi. Elles ne cachent pas qu’elles sont abandonnées depuis le retrait de Mme Aïcha Lawani de la chose politique. A l’époque en effet, cette dame s’est beaucoup investie dans la localité pour faire triompher les Forces cauris pour un Bénin émergent. Des délégations seraient mises sur pied pour tenter de la ramener à Zinvié afin qu’elle leur apporte son soutien tant matériel que financier dans la reconquête de ces deux sièges de conseillers communaux en ballotage. D’ores et déjà, cette mission  s’annonce difficile compte tenu du sort que Yayi a réservé à son époux. Et comme si un malheur n’arrive jamais seul, on annonce que Force Clé a aussi récupéré l’un des piliers cauris de Zinvié, ce qui compromet à jamais les chances de Yayi dans cette localité. « Après toutes les œuvres sociales qu’elle a réalisées dans notre localité, il n’y a pas de raison qu’elle ne compte pas pour nous. C’est notre maman et elle le demeurera, n’en déplaise aux politiciens » a confié jeudi dernier un militant Fcbe de Zinvié qui a fait le déplacement sur Porto-Novo au siège de la Cour suprême. Un sentiment qui cache tout de même une interrogation : quelle sera l’attitude de Aïcha Mana Lawani.

Grégoire Amangbégnon

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Tractations autour du budget général de l’Etat exercice 2010 : Echanges houleux entre Boni Yayi et les députés Fcbe le samedi dernier

décembre 27, 2009

Le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi a rencontré le samedi 26 décembre dernier les députés de la mouvance présidentielle. Cette rencontre qui entre dans le cadre des concertations en prélude au vote du budget exercice de l’Etat 2010 s’est déroulée en présence de certains membres du gouvernement. Les échanges ont été houleux et ne rassurent guère le Chef de l’Etat quant au soutien de ses députés pour le vote de la loi de finances exercice 2010.
Ce n’est plus la lune de miel entre le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi et une frange non moins importante de députés élus sur la liste Fcbe lors des législatives de 2007. Aujourd’hui, les positions se sont radicalisées au point où le pire n’est plus à exclure. Les échanges qui ont eu lieu le samedi 26 décembre dernier par rapport au budget général de l’Etat exercice 2010 montrent à souhait que des députés Fcbe ne sont pas d’accord avec leur Chef sur la manière dont le pays est géré. Les propos tenus par certains ministres du gouvernement qui ont dénié   aux députés le droit d’avoir des positions contraires à ceux du pouvoir du changement sur un certain nombre de dossiers dont celui du budget ont fait monter le mercure. Au cours des échanges, les mêmes préoccupations sont revenues sur le tapis. Les députés Fcbe ont reproché au Chef de l’Etat et à certains ministres le fait de ne pas les associer dans la prise des décisions engageant le régime du changement. Ils ont dénoncé le fait que certains ministres utilisent les ressources de l’Etat pour les détruire sur le terrain alors qu’ils sont avec eux membres d’une même mouvance présidentielle. Certains d’entre se sont demandés pourquoi ils doivent continuer par soutenir le pouvoir si les mêmes pratiques qui les excluent des centres décisionnels doivent se poursuivre. Visiblement, le soutien tacite des députés Fcbe pour le vote du budget général de l’Etat exercice 2010 n’est pas un acquis. Le Chef de l’Etat a d’ailleurs pris acte de ce fait et attend de voir si ses députés mettront à exécution leur menace.

Euloge Badou

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Conférence de presse au siège de l’Upr : Basile Ahossi, Assan Seybou et Claude Djankaki attaquent le budget de Yayi Boni

décembre 27, 2009

Après les travaux en commission budgétaire, les députés vont bientôt se pencher en plénière sur le projet de budget général de l’Etat exercice 2010. En prélude à cet exercice dont l’issue est encore incertaine, l’honorable Basile Ahossi, entouré pour la circonstance de l’ancien député Assan Seybou et de M. Claude Djankaki, a donné le samedi 26 décembre 2009 une conférence de presse pour analyser dans ses moindres détails ce projet de budget.

L’honorable Ahossi et ses compagnons se sont interrogés, entre autres, sur les raisons qui ont amené le gouvernement à augmenter son budget par rapport à l’année dernière alors que les recettes ont baissé en termes de réalisations.
Le projet de budget de l’Etat exercice 2010 a-t-il la chance de recevoir le soutien des députés à l’Assemblée Nationale ? A l’allure où vont les choses, il serait en tout cas difficile de répondre à cette question. Les positions varient et ne sont pas forcément en faveur d’un vote à l’unanimité de cette loi de finances. Les signes avant-coureurs sont là et ne trompent d’ailleurs pas. En dehors de certains députés de la mouvance qui n’entendent pas apporter de façon tacite leur soutien à l’Exécutif, des voix s’élèvent déjà pour s’attaquer ouvertement au projet de budget général de l’Etat exercice 2010. C’est en effet le cas de l’honorable Basile Ahossi qui a organisé le samedi 26 décembre 2009 une conférence de presse pour apporter le point de vue du G13 sur cette loi de finances.
« Pour l’exercice 2010, le budget général de l’Etat soumis à l’attention des députés s’équilibre en recettes et en dépenses à 1.346 milliards de F Cfa contre 1.238 milliards de F Cfa en 2009. Eu égard au contexte économique mondial qui se remet timidement d’une récession économique causée par la crise financière internationale et la gestion hasardeuse des fonds publics par le gouvernement (utilisation abusive et fantaisiste des moyens de l’Etat, surfacturations comme c’est le cas dans le dossier Cen/Sad, délivrance anarchique des ordres de paiement) l’on pourrait se poser trois questions : Pourquoi avoir augmenté les dépenses alors qu’en termes de réalisations, les recettes ont baissé ? Pourquoi la contribution financière de nos partenaires au développement dans un budget aussi sensible n’a pas été négociée au préalable ? Dans un tel contexte, l’Assemblée nationale est-elle en mesure de voter un budget non équilibré en recettes et en dépenses ? » A cette différentes interrogation, la réponse, selon l’honorable Basile Ahossi, est sans équivoque : l’Assemblée Nationale ne peut voter qu’un budget en équilibre conformément à l’article 110 de la Constitution. Et ceci se justifie d’ailleurs puisque sur la question des charges de l’Etat, l’analyse révèle que les dépenses de qualité telles que la part de l’agriculture ont connu une baisse. Pour 2010, seulement 4,1 % ont été retenus contre 4,7 % en 2009 alors que la Cedeao et l’Uemoa préconisent un seuil minimum de 10 à 15 % dans le cadre de la relance de la production agricole pour l’autosuffisance alimentaire. Ceci prouve, a dit l’honorable Ahossi, que l’Etat n’a aucune ambition pour l’agriculture, si ce n’est des marchés d’achat d’outils agricoles sur fonds de pratiques douteuses, de corruption…
« Dans le domaine de la décentralisation, le gouvernement prévoit de n’apporter que 19 milliards de F Cfa pour un ensemble de 77 communes, soit une moyenne de 246.753.000 F Cfa alors qu’une ville comme Dakar au Sénégal est à plus de 10 milliards de F Cfa », a constaté l’honorable Ahossi qui a indiqué que le paradoxe résulte du fait que le gouvernement ne modifie pas son option pour l’augmentation de la masse salariale malgré les avertissements du Fmi.

Un budget de soutien à la corruption

Sur tout un autre plan, l’honorable Ahossi a remarqué que les dépenses de transfert qui n’ont aucun impact sur l’activité économique passent à plus de 161 milliards de F Cfa, soit 12 % du budget. Ces fonds concernent généralement les subventions, les aides de solidarité, la distribution massive d’argent dans les meetings, les marches de soutien et de remerciement au Chef de l’Etat. A l’analyse de l’importance de ces fonds consacrés à cette rubrique, l’honorable Ahossi n’a pas hésité à qualifier le budget général de l’Etat exercice 2010 de budget de soutien à la corruption, de budget de campagne électorale. Il a d’ailleurs apporté des exemples qui montrent son opacité et son côté tabou qui valide la mal gouvernance à travers, entre autres, l’aliéna 5 de l’article 246 nouveau de la loi de finances exercice 2010. « A compter du 1er janvier 2010, les remboursements de Tva s’effectuent les 15 jours suivant la réception des demandes y relatives à concurrence de 75 %. A la fin de leur instruction, les soldes validés pourront être remboursés aux entreprises bénéficiaires. En cas de surplus de remboursement, la Tva remboursée à tort est mise au rôle avec exigibilité immédiate. La liste des entreprises pouvant bénéficier de cette facilité est établie par la Direction générale des impôts et des domaines au début de chaque année en fonction de leur situation fiscale ». Pour l’honorable Ahossi, cette nouvelle disposition est une escalade dans la pression fiscale pour ruiner les opérateurs économiques déjà très fragilisés par une situation économique délétère.

Un budget suicidaire pour le secteur privé

Selon Basile Ahossi, l’accroissement des recettes fiscales est très important, soit plus de 100 milliards de F Cfa par rapport au budget 2009 et de près de 214 milliards de F Cfa par rapport aux estimations de réalisation à fin décembre 2009. Les objectifs visés par l’instauration de nouvelles taxes en 2010 pourront-ils être atteints au regard des performances des régies financières et du contexte de crise économique, s’est-il interrogé par ailleurs avant de faire remarquer que la pression fiscale  a fait un bond quantitatif de 5 points (17 % à 23 %) sans tenir compte de l’inquiétant ralentissement des activités économiques. « Alors qu’à la date d’aujourd’hui aucune évaluation sérieuse n’a été faite sur la réforme du secteur des Gsm engagée en son temps à grand bruit, le gouvernement a décidé pour l’année 2010 d’instaurer une redevance sur les communications GSM, soit 15 F la minute à l’appel international entrant et 2 f la minute pour tous les appels en interne au mépris de la pauvreté criarde et de la détresse des populations », a par ailleurs remarqué le conférencier. « Dans ces conditions, les populations ne sont pas à l’abri d’une hausse de l’indice général des prix en 2010 par les effets de coût excessif des appels téléphoniques, a-t-il ajouté.

Retour dans le passé et étude comparée

« Un tableau synoptique des ressources budgétaires et extra budgétaire sur les 15 dernières années montre la gloutonnerie du gouvernement du changement à avaler les milliards du contribuable béninois sans se soucier  de sa promesse de reddition des comptes », a dit l’honorable Ahossi. En 1995, le budget général de l’Etat sous le Président Soglo n’était que 158 milliards de F Cfa contre 293 en 1996 sous Kérékou. Ce budget a évolué de 1996 à 2006 sous Kérékou de 286 milliards de F Cfa à 614 milliards de F Cfa. Le premier budget de l’ère du changement (2007) s’est équilibré en recettes et en dépenses à 873 milliards de F Cfa. Il est brutalement passé à plus de 1000 milliards de F Cfa en 2008 pour atteindre 1.238 milliards de F Cfa en 2009. Le budget général de l’Etat de 2008 dépasse à lui seul tous les budgets de l’ensemble du quinquennat de Soglo. Mais il est à remarquer que les réalisations du Président Boni Yayi  en 2008 ne dépassent pas celles de Soglo. Sous le régime Kérékou, le montant total des budgets exécutés en 10 ans s’élève à 4.144 milliards de F Cfa alors qu’en 4 ans de gestion, le montant total des budgets du Président Yayi s’élève à 5.235 milliards de F Cfa sans les quatre emprunts obligataires d’un montant de 161,5 milliards de F Cfa. C’est dire donc qu’en dix ans, Kérékou n’aura dépensé que 79, 15 % du montant que Boni Yayi aura dépensé en quatre ans. Et pourtant, lorsqu’on évalue les réalisations entre les deux périodes, c’est sans commune mesure. C’est en tout cas le constat établi par l’honorable Basile Ahossi.
Pour conclure son analyse, l’honorable Basile Ahossi a indiqué que la sagesse et les principes budgétaires en finances publiques recommandent de ne pas bâtir des dépenses pérennes sur les ressources ponctuelles ou accidentelles. Pour lui, l’Assemblée Nationale devra prendre du recul face au refus des bailleurs et les incertitudes évoquées dans les recettes, jusqu’à s’assurer du niveau d’engagement réel des partenaires au développement dans le soutien au budget. Le gouvernement doit cesser de confectionner des budgets pour se bomber le torse et usurper au sein de l’Uemoa un rang auquel on n’a pas droit, surtout que tous ces budget manque de réalisme dans la définition des ressources.

Appui à la décentralisation

M. Claude Djankaki, auteurs de plusieurs réflexions sur la décentralisation, est revenu sur l’appui du gouvernement aux 77 communes du Bénin dans la loi de finances exercice 2010. Pour lui, la provision de 19 milliards de F Cfa prévue est complètement insignifiante et montre que le gouvernement n’est vraiment pas préoccupé par le développement et l’autonomisation des communes du Bénin. Il veut toujours les maintenir sur son tutorat. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il s’évertue à les contrôler en leur imposant des Chefs qui n’ont pas été désignés par les populations.

Affissou Anonrin

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Après 72 heures de garde à vue : Simon Pierre Adovèlandé sera fixé sur son sort aujourd’hui

décembre 27, 2009

Le Coordonnateur national du Millenium Challenge Account, M. Simon Pierre Adovèlandé n’a pas pu fêter avec ses enfants l’édition 2009  de la fête de Noël. Depuis le vendredi 25 décembre 2009, il a été privé de sa liberté et gardé à vue par les Raid, une unité spécialisée de la police nationale.

Adovèlandé internetAujourd’hui, tous les regards des Béninois seront tournés vers le tribunal de première instance de Cotonou qui décidera du sort qui sera réservé à M. Simon Pierre Adovèlandé interpellé depuis le vendredi 25 décembre 2009 dans une affaire pénale. C’est en effet ce jour que le Coordonnateur national du Millenium Challenge Account sera fixé sur le sort qui lui sera réservé après trois jours de garde à vue. Arrêté depuis le 25 décembre 2009 et gardé dans les locaux des Raid, une unité spécialisée de la police nationale, M. Simon Pierre Adovèlandé dont la capacité managériale et les qualités d’un bon gestionnaire de la chose publique ne souffrent d’aucune insuffisance serait poursuivi dans une affaire pénale qui met en cause une société de gestion immobilière dont il a été le Président du conseil d’administration. Cette société spécialisée dans la construction et la vente d’habitations économiques aurait emprunté de l’ragent auprès du fonds Opep pour construire mille villas à Abomey-Calavi. Sur les 1000  villas prévues, 400 auraient été effectivement construites à ce jour. Que sont alors devenues des 600 autres surtout que la société pour laquelle M. Simon Pierre Adovèlandé avait assuré les fonctions de Président du Conseil d’administration a déjà fait faillite ? Et c’est justement pour apporter une réponse à cette question qu’une action a été engagée contre les dirigeants de cette société dont M. Simon Pierre Adovèlandé. Des sources échappées indiquent qu’en dehors du Coordonnateur national du Mca, le Directeur général de société de gestion immobilière mise en cause a été aussi privé de sa liberté pour s’expliquer devant la justice.
Pour certains observateurs de la vie politique, cette arrestation de M. Simon Pierre Adovèlandé a des sous entendus politiques. C’est le cas de l’honorable Assan Seybou qui, lors de la conférence de presse organisée le samedi 25 décembre 2009 par l’honorable Basile Ahossi pour analyser le budget général de l’Etat exercice 2010 a déploré le contexte politique dans lequel M. Simon Pierre Adovèlandé a été arrêté. Pour Assan Seybou, cela rappelle l’histoire de ce Pharaon à qui on a dit que celui qui va le remplacer est né et qui a ordonné qu’on commence par tuer tous ceux qui sont nés au moment où la nouvelle lui a été apportée.

Des implications politiques
Qu’on le veuille ou non, l’arrestation de Simon Pierre Adovèlandé ne manquera pas de susciter un tôlé général dans les milieux politiques. Les commentaires vont déjà bon train. Dans certains milieux diplomatiques et religieux, c’est avec indignation que la nouvelle de l’arrestation de M. Simon Pierre Adovèlandé a été accueillie. Beaucoup de Béninois parlent déjà d’une arrestation politique même si au niveau du pouvoir, on s’en défend. Du coup, la popularité de ce potentiel candidat à la présidentielle de 2011 est montée dans les sondages. On vient en tout cas de créer un martyre que les Béninois n’auront aucune gêne à adopter. Simon Pierre Adovèlandé est qu’on le veuille ou non l’espoir d’un peuple. Au Bénin, une chose commence par faire école. C’est l’arrestation des personnalités politiques les jours de fête. Si la loi ne l’interdit pas, il reste tout de même évident que notre société ne l’accepte pas. Il est question de s’y pencher pour que cela ne devienne pas la mode.

Euloge Badou

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2010 : Ecouter et soigner

décembre 24, 2009

Pour éradiquer un mal, il faut en connaître les origines et en mesurer l’étendue avec précision. Sinon, on intervient dans le flou, on arrondit les angles et le mal perdure plus ou moins, au risque de s’aggraver et de provoquer un débordement incontrôlé. Que peut-on recommander au chef du gouvernement en cette veille de l’année 2010 ? Il s’agit d’une année sensible, décisive, où on espère que la concorde civile ne sera pas mise à rude épreuve. Du moins, c’est le vœu de la société civile non partisane. Pour cette année qui ressemble beaucoup à l’année des réformes à réussir, le gouvernement doit s’engager résolument dans la politique de développement régional pour espérer corriger les disparités. Et ce faisant, il a toutes  les chances d’actionner les leviers locaux de la prospérité.  S’il n’est plus possible de ramener l’euphorie de l’année 2006, il est en revanche possible d’inscrire à l’agenda gouvernemental au compte du premier semestre, la  lutte contre la misère et la bataille du développement régional avec la mise en route de la réforme territoriale administrative, avec à la clé, les territoires de développement  qui sont des entités géographiques constituées de plusieurs communes qui s’associent librement en vue de faire valoir leur potentiel de développement.
 L’Etat, en grand architecte,  peut et doit assurer la péréquation entre riches et pauvres en faisant des transferts sociaux en matière d’éducation, de santé, d’eau et l’électricité. Les  statistiques au niveau national ne sont pas reluisantes. 4 /10 des ménages n’ont pas accès à l’eau potable ; 6/10 n’ont pas de toilette ; 22% de nos concitoyens disposent de l’électricité. Plusieurs d’entre eux  vivent de l’électricité artisanale tirée par des bambous  pourris créant des risques d’incendie dans les banlieues de Cotonou et d’Abomey-Calavi. . En 2010,  on doit attendre du gouvernement des subventions sur des denrées alimentaires de base, sur le pain et les pâtes, sans oublier une incitation raisonnable à la production du maïs et du manioc.
 En décembre 2010, seul le résultat peut justifier un changement de programme politique.  Dès lors, le chroniqueur d’actualités pourra chercher à savoir, si l’intérieur du pays a été désenclavé  par des infrastructures (Routes, eau, électricité, écoles, universités) ; le raccordement des villes et les villages les plus reculés au courant électrique, aux télécommunications, à l’eau, à l’assainissement.  Ce serait démagogique de s’attendre à un taux de réussite de 100%, mais l’essentiel est qu’on sache que le gouvernement est dans l’effort à 85%, chiffre arbitraire qui n’engage que l’auteur. Qu’on ne s’y méprenne pas. Tout cela ne résoudra pas tous les problèmes. Cela va même en créer de nouveaux, car l’amélioration du niveau de vie est une quête perpétuelle. Et les syndicalistes nous le démontrent tous les jours : on veut toujours plus.
 Ecouter et soigner, c’est à la fois un défi et un challenge, car le mal est profond. Plusieurs régions de l’intérieur se dépeuplent. Les villes s’agrandissent et les quartiers spontanés se multiplient. 2010  est à nos portes. Accueillons-la avec Aimé Césaire :  » C’est le moment de se ceindre les reins comme un vaillant homme « . Bonne et heureuse année à vous tous !

Herbert Houngnibo

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Polémique autour de la Lépi : Le discours dangereux des ministres de Yayi (Jettent-ils le doute sur l’élection de leur Chef ?)

décembre 24, 2009

La liste électorale permanente informatisée (Lépi) continue de faire courir les ministres du gouvernement. Hier 23 décembre 2009, les téléspectateurs ont suivi le compte rendu de la tournée effectuée par le ministre du tourisme dans certaines communes de l’Atacora pour informer et sensibiliser les populations sur la réalisation de cette liste. Dans ses propos et parlant de la Lépi, Mme Mamata Djaouga a indiqué qu’elle permettra d’obtenir des élections transparentes. C’est à croire qu’elle met en doute celles qui ont été organisées jusque-là y compris la présidentielle de 2006.

Malgré les nombreux dossiers qui s’empilent sur leur table, les membres du gouvernement appuyés par certains collaborateurs directs du Chef de l’Etat poursuivent toujours leur croisade sur la Lépi. Après la zone des 2KP (Kouandé, Kérou et Péhunco) où elle a même réussi à ramener dans le camp présidentiel certains élus locaux, le ministre Mamata Djaouga a poursuivi sa tournée d’explication sur la Lépi dans la commune de Natitingou. Devant la population amassée pour la circonstance, le ministre du tourisme a donné des explications sur les avantages qu’offre la Liste électorale permanente électorale (Lépi) pour la démocratie béninoise. Pour Mme Djaouga, avec la Lépi, on aura désormais des élections transparentes et plus personne ne viendra voler les suffrages des électeurs. Avant elle, beaucoup de membres du gouvernement ont tenu le même discours dans leurs différentes localités. Ces différents discours fortement relayés
par les médias portent malheureusement des sous-entendus. Aujourd’hui, on ne sait vraiment pas là où veulent en venir les ministres du gouvernement lorsqu’ils disent qu’avec la Lépi, on aura désormais des élections transparentes. Veulent-ils ainsi remettre en cause la sincérité les différentes élections qui se sont déroulées au Bénin, y compris celles qui ont conduit le Président Boni Yayi au pouvoir en 2006 ? C’est la grande interrogation. Les ministres de Boni Yayi doivent se faire beaucoup plus clairs dans leurs déclarations. Avant de servir pour des élections transparentes, la Lépi doit être d’abord réalisée dans une démarche consensuelle. Et c’est justement à ce niveau que se situe tout le débat qui défraie aujourd’hui la chronique. Tel qu’il est conduit, le processus devant aboutir à la réalisation de la Lépi est biaisé. C’est du moins ce que dénoncent les députés de l’opposition et certains responsables de la société civile.

Affissou Anonrin

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Clarification sur les dossiers de ratifications au parlement : Le gouvernement a acquis trois locomotives sans autorisation

décembre 24, 2009

Deux demandes de ratifications d’accords de prêt suscitent des polémiques au parlement. Le passage hier mercredi des députés Grégoire Laourou et Eric Houndété ont permis de retenir que le gouvernement a préfinancé l’acquisition de trois locomotives sans l’autorisation préalable du parlement.

Grégoire Laourou internetDeux projets sont objets de polémiques. Le premier est le  projet de loi portant autorisation de ratification d’un accord de prêt entre le Bénin et le Fonds africain de développement, le second porte autorisation d’un accord de prêt entre une banque indienne et le gouvernement du Bénin. Sur les 7 milliards de prêt devant permettre d’acquérir  du matériel ferroviaire, pour un montant de 5 milliards de FCFA, selon le député Grégoire Laourou, même des parlementaires membres des (Fcbe) se sont demandés pourquoi le gouvernement a acquis des locomotives mises à la disposition de l’Ocbn avant de venir demander la ratification des accords. Cette avance de fonds faite par le gouvernement est qualifiée de mauvaise gestion et non de pragmatisme par le député Eric Houndété de « Force Clé ». M. Houndété a déclaré que lorsque le Ministre avait dit qu’il a acquis trois locomotives, il avait écrit pour demander sur quels fonds et comment il les avait acquis. Mais le ministre n’avait pas répondu à la question. C’est donc en toute logique qu’il s’insurge contre ce genre d’endettement du pays, et pense que cela ne doit pas être avalisé. Car, pour lui, le comportement du gouvernement n’est pas bon. Mieux, il ajoute que le Bénin est à 58 milliards de dettes en 2009 et les recettes de l’Etat n’ont pas comblé les attentes. Pourquoi alors le gouvernement dans le budget veut aller jusqu’à 140 milliards de dettes en 2010, s’est-il demandé. C’est donc cette façon de faire qui est récusée par les députés toutes tendances confondues et confirmé hier par Grégoire Laourou et Eric Houndété.
Cela rejoint des griefs que les députés avaient toujours eus contre le gouvernement notamment dans le dossier de  construction de route allant de la place des martyrs à Akosombo que le gouvernement a engagé avant de venir demandé les ratifications. Le Président de la Commission des finances Grégoire Laourou a retiré les deux projets de lois pour permettre au gouvernement de revoir sa copie et il a répondu, selon M. Laourou. On attend de voir la réaction du parlement dans quelques heures.

Guy Constant Ehoumi

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