Palais de la Marina : Nestor Dako a enfin passé service

juillet 31, 2009

M. Nestor Dako, précédemment Directeur du cabinet civil du président de la République, a enfin quitté le Palais de la Marina hier. Après avoir fait durer le suspense, il a passé le témoin à son successeur, Mme Véronique B. Hachémè. C’était au grand soulagement des usagers du cabinet civil du Chef de l’Etat.
Enfin ! Il est parti. Nestor Dako a quitté le Palais. La guerre d’usure qu’il a voulu engager a malheureusement tourné en sa défaveur puisque les interventions et les pressions des milieux évangéliques n’ont nullement émoussé la détermination du Chef de l’Etat à ne plus le voir dans son environnement immédiat. C’est devant un parterre de personnalités composées de cadres et agents du cabinet civil du président de la République que M. Nestor Dako a passé le témoin à son successeur, Mme Véronique Brun Hachémè. Dans le discours qu’il a prononcé au cours de cette cérémonie de passation de charges, M. Nestor Dako a été reconnaissant à l’endroit du Chef de l’Etat qui lui a permis de faire l’expérience de la Direction de cabinet du président de la République. Il n’a pas aussi oublié ses collaborateurs. De sages conseils, il en a prodigué à son successeur à qui il a souhaité beaucoup de bonheur dans ses nouvelles fonctions.
Pour les uns et les autres, le départ de M. Nestor Dako a été senti comme un grand soulagement. Certains sont même allés jusqu’à remercier le Chef de l’Etat qui a pris la courageuse décision de se séparer de lui. Visiblement, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre sur le cabinet civil du Palais de la Marina que dirigera pour la 2è fois une femme, après Mme Célestine Zanou sous Kérékou.

Affissou Anonrin

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Sortie médiatique de la présidente de la «Dynamique du changement» : Célestine Zanou peint en noir les trois ans de Boni Yayi

juillet 31, 2009

La salle Baobab de l’hôtel Novotel Orisha de Cotonou a servi de cadre hier à une conférence de presse animée par Mme Célestine Zanou, présidente de la «Dynamique du changement». Pour cette fonctionnaire internationale à la carte de visite impressionnante, le Bénin a fait un grand bon en arrière à l’ère du changement au point où aujourd’hui, il est aisé de constater qu’il y a eu un net recul du sens des valeurs. A cela, s’ajoute d’ailleurs une constante menace sur les acquis de la conférence nationale et des libertés démocratiques.
Jeudi 30 juillet 2009. La salle Baobab du Novotel Orisha Hôtel de Cotonou a fait sa petite toilette pour accueillir un événement : la sortie médiatique de Mme Célestine Zanou, présidente de la «Dynamique du changement». Petit à petit, les chaises rouges apprêtées pour recevoir les journalistes et plusieurs personnalités politiques s’occupent. 30 minutes se sont déjà écoulées après 9 heures. Drapée dans une robe rouge, Mme Célestine Zanou assise devant l’assistance pouvait alors commencer sa conférence. En face d’elles, il y avait du beau monde. Séfou Fagbohoun, Léhady Soglo, Sacca Fikara, Gratien Pognon, Gaston Zossou, Ginette Goudjo (cette ancienne Directrice générale du Port autonome de Cotonou qui a forcé l’admiration pour son intégrité), Arifari Bako, le Prince Dè Sodji Abéo et plusieurs personnalités de la classe politique béninoise n’ont pas voulu se faire conter l’événement. Il était d’ailleurs de taille. Que va dire Mme Célestine Zanou ?  C’était la grande interrogation. Mais autour de 9 heures 45, chacun a été fixé.

Le sens du devoir

Dans un ton rassurant qui rappelle le courage des amazones d’Abomey, l’ancienne Directrice du cabinet civil du président Mathieu Kérékou plante le décor. Sa sortie médiatique s’inscrit dans le cadre de la célébration du 49è anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale et internationale. Il n’y avait pas meilleure occasion pour Mme Célestine Zanou d’évaluer la gouvernance à l’ère du changement tant souhaité par 75 % des Béninois, en un moment, de faire valoir son sens du devoir. C’était aussi l’occasion de faire un examen de conscience. Malheureusement, le constat aujourd’hui, trois ans après l’avènement du changement, est à l’échec sur tous les plans. Et le thème de la conférence « Les dérapages du Changement  face aux acquis du Renouveau Démocratique » l’illustre parfaitement. Le mois de juillet qui précède celui de l’indépendance  a été marqué, selon Mme Zannou par un grand recul en ce sens qu’il a enregistré plusieurs actes attentatoires aux libertés chèrement acquises par le peuple béninois aux prix de grands sacrifices. A titre d’illustrations, Mme Célestine Zanou a cité l’exemple de la marche des femmes du Nep-Mixalodo qui a été interdite le 18 juillet 2009, alors qu’elle a été autorisée par la mairie de Cotonou, autorité compétente ; la marche des travailleurs refusée par le ministre Armand Zizindohoué, le limogeage du président du Nep-Mixalodo de son poste après qu’il ait déclaré son opposition au régime du changement… Pour Mme Zanou, ces dérives sont inacceptables et sont symptomatiques de ce que depuis 2006, le Bénin est rentré dans une désillusion qui commence par faire peur. Le bradage des acquis de la conférence nationale, le mensonge d’Etat et bien d’autres contre valeurs sont devenues monnaie courante, a fait remarquer Mme Célestine Zanou. Pour elle, le sens de l’Etat n’existe plus, l’économie du pays est pilotée de façon désastreuse avec de nombreux scandales financiers, le traitement social inégalitaire est devenu la règle, le débat politique est biaisé et tout ceci est chapeauté par un grand recul du sens des valeurs. « L’injure, le mensonge et la mauvaise foi sont devenus la règle, en raison du manque d’arguments pour défendre les actes posés. Les valeurs, telles que la responsabilité, le respect, la dignité, l’humilité, la vérité et la solidarité sont mises à mal », a constaté Mme Zanou. A chaque étape de son développement, Mme Zanou a projeté l’image d’une bonne mère qui ne jette pas le bébé avec l’eau du bain. La preuve, elle a fait des propositions pour un véritable changement.
« Est-ce que c’est parce que le président Boni Yayi a refusé de vous promouvoir au niveau de l’Union Africaine que vous tirez à boulet rouge sur lui ? », s’est interrogé quelqu’un. La réponse servie par Mme Zanou à cette question montre qu’elle ne s’est pas engagée pour ces considérations bassement matérielles, mais pour défendre les acquis de la conférence nationale.

Du soutien, même si les menaces continuent

Du soutien, Mme Zanou en a reçu avant, pendant et après sa conférence de presse. Dans sa déclaration à la presse, le président Séfou Fagbohoun a salué le courage de l’amazone de Logozohè. C’est aussi le cas de l’ancien Ambassadeur Gratien Pognon qui a rapidement constitué autour de Mme Zanou un collège d’anciens Ambassadeurs pour porter loin la réflexion. A côté de ces encouragements, la machine du dénigrement n’a pas manque de se mettre en service. Mais ce qui est réconfortant pour la conférencière, c’est qu’elle a frappé très fort puisque le Chef de l’Etat a été immédiatement sensible à son discours.

Affissou Anonrin

LE RECUL DU SENS DE L’ETAT

Ma conception du sens de l’Etat
C’est l’expérience au service d’un sens élevé du service public. De façon plus précise, c’est l’association d’une partie morale et d’une partie expérience qui ne s’acquiert qu’au contact des réalités des affaires d’Etat; et la maîtrise de l’Administration avec ses rouages objectifs en est un ancrage essentiel et incontournable. Certains pays l’ont si bien compris qu’ils ont érigé un cadre spécial d’acquisition du savoir, du savoir-faire et du savoir-être nécessaires à l’accomplissement de toute haute responsabilité où ce sens de l’Etat est indispensable.
A défaut, l’expérience pratique acquise à divers niveaux pendant plusieurs années de responsabilité reste la règle. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Et les connaissances sans l’expérience ne conduisent qu’à l’inefficacité. Dans le cas d’espèce, les diplômes acquis à l’Université, quel que soit leur niveau, ne peuvent remplacer le sens de l’Etat dont l’absence conduit inévitablement à des errements. Car à danser dans l’obscurité on finit toujours par casser les plats, à commencer par les siens propres.

Mon Constat
Le manque du sens de l’Etat au niveau des dirigeants actuels se traduit par :
·  L’absence d’une conscience claire de la souveraineté.
· Le choix des hommes à des postes de responsabilité est sujet au clientélisme et à l’appartenance à la même chapelle.
· Le manque de clairvoyance dans l’établissement d’une échelle des priorités de l’Etat justifie les engagements hasardeux, précipités et inconséquents.
· Le non-respect des lois et des institutions de la République.
Cas des élections locales, communales et municipales jamais conduites à terme depuis plus d’un an, ce qui n’émeut guère le garant de la constitution; caporalisation des institutions de la République sans état d’âme.

Mes propositions
· Faire le choix définitif et responsable d’une diplomatie qui force le respect.
· Responsabiliser chaque acteur de l’Administration publique, notamment les ministres et autres hauts cadres, afin de les associer aux prises de décision pour les rendre comptables de leur gestion.
· Respecter les lois et les institutions de la République afin de graver dans l’esprit des citoyens, le sens d’un Etat véritablement démocratique.
· Se comporter en véritable chef d’orchestre pour rendre effectif le leadership tant prôné.
Un adage de chez nous dit : « On ne refuse pas à un enfant de labourer le champ la nuit. Quand il aura perdu la trace des sillons, il reviendra tout seul à la maison. » Nous attendons donc le grand retour…

PILOTAGE ECONOMIQUE DESASTREUX
Ma conception du pilotage économique
C’est un mode de gestion des affaires publiques qui contribue au renforcement de la démocratie mais aussi et surtout à l’établissement de la confiance publique dans l’action et l’administration de l’Etat. Il implique:
·  la budgétisation, l’exécution et le contrôle des dépenses publiques;
· le respect des procédures administratives et financières de passation des marchés publics;
· la lutte contre la corruption;
· une utilisation optimale des ressources humaines;
· la mise en place d’un cadre d’actions.

Mon Constat
· La gestion hasardeuse des finances de l’Etat. Les OP sont passés de 10 milliards en 2006 à plus de 22 milliards en 2008; les décaissements non autorisés par l’Assemblée
Nationale en violation de toute orthodoxie financière.
· La passation des marchés gré à gré est devenue la règle, sous prétexte de prétendus travaux urgents, prioritaires et indispensables (cas des travaux de réfection du CIC et du Palais des Congrès dans le cadre de la CEN-SAD).
· Pour la lutte contre la corruption, l’échec est patent, et pour cause : la non publication des audits de gestion réalisés aux frais du contribuable, l’opacité autour des recettes issues de la gestion de l’escorte des véhicules d’occasion, la banalisation des alertes lancées par les députés sur la mauvaise gestion des ressources de l’Etat, etc.
· Un secteur privé national sacrifié ou marginalisé, quand ses acteurs ne sont pas tout simplement contraints à l’exil.
· Absence d’un Programme de Gouvernement, c’est-à-dire des objectifs clairs déclinés en actions avec des échéances et des indicateurs de performance.

Mes propositions
· Restaurer la discipline budgétaire en respectant le Parlement dans son rôle d’autorisation préalable des dépenses publiques.
· Lutter contre la corruption en faisant des choix clairs: engager un cabinet d’audit international pour faire la lumière sur le dossier CEN-SAD et faire l’option de la séparation des fonctions et des gains politiques et économiques, car derrière les sociétés adjudicataires se cachent bien de noms.
·  L’amateurisme et l’improvisation doivent faire place à une gestion planifiée et efficiente des ressources humaines et financières.
·  Au nom de la transparence, de la fin de l’impunité et de la reddition de comptes, traiter au mieux les dossiers SBEE, SONEB, Loterie Nationale du Bénin, Microcrédits, GSM et
Fonds de l’Escorte.
·  Le secteur privé doit prendre toute sa place pour un développement économique harmonieux et durable.

TRAITEMENT SOCIAL INEGALITAIRE

Ma conception de la justice sociale
Il s’agit impérativement de gérer les ressources de l’Etat au profit du peuple sans distinction de sexe, de région, de religion, ni d’appartenance politique. Le bien-être et la prospérité sont dus aux Béninois sans exiger d’eux en retour un culte de la personnalité ou une adhésion aveugle à une vision politique; c’est un principe élémentaire du développement et le fondement inhérent au pluralisme démocratique.

Mon Constat
· Des politiques sociales improvisées et à relents électoralistes sont devenues monnaie courante.
· Les Ministres et autres hauts fonctionnaires sont réduits à des microcosmes villageois, leur enlevant tout sens de l’Etat et créant des frustrations chez ceux qui n’ont pas les leurs promus.
· La région et la religion sur un tapis d’allégeance politique au chef remplacent la compétence et le mérite dans le positionnement des cadres et l’attribution des marchés publics.
· Selon le dernier rapport du Syndicat de l’Administration Centrale des Finances, l’Administration publique béninoise est politisée et régionalisée. Le dépouillement d’un sondage ayant porté sur 218 Agents montre que les critères de nomination dans l’Administration sont : l’appartenance politique suivie de l’appartenance régionale puis religieuse. Nulle part ne se trouvent la compétence et autres critères objectifs connus, tels que l’expérience, l’ancienneté et la compétence. Il y a là un véritable problème pour le rendement dans l’Administration qui conjugue désormais des frustrations, alimente des querelles interpersonnelles et qui soumettent les travailleurs à une psychose constance d’instabilité à leur poste, du fait des renouvellements fréquents de gouvernement et de la guerre ouverte aux honnêtes gens.

Mes propositions
· Libre cours doit rester à l’ascenseur social pour la promotion de la compétence et du mérite.
· Privilégier des politiques sociales qui prennent en compte le grand nombre en lieu et place des actions démagogiques, ostentatoires et à visées électoralistes: micro crédit aux plus pauvres, gratuité césarienne, gratuité des inscriptions à l’Université etc..
· La République doit rester un recours impartial pour tous et aucun agent de l’Etat ne doit se sentir marginalisé pour des raisons ethniques, religieuses ou politiques.
· L’argent doit cesser d’être le roi et le maître en tout donnant ainsi la chance à l’homme « ETRE » en lieu et place de l’homme « AVOIR ».

DEBAT POLITIQUE BIAISE

Ma conception du débat politique
L’option du pluralisme démocratique exige de tout, le respect du principe du débat contradictoire. Il va sans dire qu’aucun pouvoir établi ne peut se considérer comme détenteur de la vérité absolue. L’opinion publique a donc besoin de points de vue contradictoires et libre cours doit être donné à leur expression par l’opposition et une société civile libre et crédible.

Mon Constat
· Une initiative digne des périodes monarchiques a bâillonné la presse béninoise dans sa grande majorité, avec la signature de contrats aux clauses plus évocatrices de la volonté des hommes du pouvoir à s’ériger en détenteurs uniques de la vérité. Ceux qui veulent rester professionnels sont menacés voire persécutés. Ce sont là l’une des causes de la régression du Bénin dans les classements régionaux et internationaux et le prochain rapport des reporters sans frontières n’augure pas de perspectives meilleures.
· Les hommes politiques qui expriment ouvertement leurs désaccords par rapport au pouvoir en place n’ont plus droit aux antennes des médias publics et même aux espaces publics d’échanges. Ainsi, on assiste à une monopolisation de l’image et des espaces par les chantres du Changement avec, à l’appui, des marches de soutien télécommandées qui infantilisent la population et désacralisent nos valeurs socioculturelles et les hommes qui en sont les garants (manipulation de têtes couronnées).
· La statut de l’Opposition s’est écarté de l’esprit et la lettre de la loi de 2004.
· Les libertés syndicales reconnues mondialement sont bafouées sous des prétextes fallacieux défendus par un ministre de l’Intérieur vite démenti par le Maire de Cotonou.
· Les démons de la division sont plus que jamais de retour, aussi bien dans les familles, dans les partis que dans les régions et le pays tout entier.

Mes propositions
· Redorer le blason de la presse et des médias terni par trois années de gestion autocratique afin que la liberté retrouvée et assortie d’une action de veille démocratique reste la sentinelle du développement et de l’image de notre pays.
· Surseoir aux manipulations des consciences à coups de billets de banque et d’intimidation et à l’assaut des instruments de contre-pouvoir que sont notamment le Parlement, la HAAC , la CENA, etc.
· Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire est un comportement coupable qui frise la complicité. Il faut souscrire résolument, sans tomber dans l’activisme et les dénonciations sans fondement, à une critique constructive sous-tendue par des propositions alternatives. C’est notre sens du devoir.
· Créer les conditions objectives qui permettent à l’Opposition et aux Syndicats de s’exprimer librement et de jouer leur rôle dans une démocratie moderne.

LE RECUL DU SENS DES VALEURS
Ma conception du sens des valeurs
C’est l’intégration systématique de nos actes et pensées dans un cadre vertueux. Le sens des valeurs garantit une gestion harmonieuse des hommes et des ressources et assure une concorde sociale, base d’un développement autocentré et auto-entretenu. Les valeurs ne sont ni partisanes ni discriminatoires ; elles se cultivent et ne souffrent d’aucun rejet dans le temps ni dans l’espace.

Mon Constat
Depuis 2006, une imposture plonge le pays dans une négation des valeurs au profit du mensonge, de la division des familles, des partis politiques, des religions, des régions, voire de tout le pays, au profit de l ‘incompétence doublée de l’escroquerie intellectuelle, de duperie, de gaspillage des ressources humaines et financières, du manque de leadership éclairé, de la culture de la démagogie, du culte de la personnalité, etc.

Mes propositions
Le bien, le beau, le bon et le parfait ne peuvent jaillir que de l’intersection de la connaissance, de l’expérience et du sens des valeurs. Il importe donc de promouvoir un sens des valeurs qui cultive en chacun :
· la responsabilité, celle qui nous permet d’assumer tous nos actes;
· le respect dans ses trois composantes : respect de soi, respect de l’autre, respect du bien commun;
· la vérité, qui se définit comme la cohérence entre le dire et le faire. C’est l’origine première du respect de la parole donnée.
· l’humilité, qui permet de nous remettre en cause pour toujours tendre vers la perfection sans faire du tort à qui que ce soit.
· la solidarité, cette valeur authentiquement africaine qui nous permet de dépasser les clivages pour construire ensemble.

Les dix reculs du changement

Recul N°1 : Le statut de l’opposition
La loi a été votée en 2004 et un décret d’application pris en novembre 2008 ; la décision du sort de l’opposition devrait faire l’objet de concertation si tant est que l’on veut rester collé aux idéaux de 1990 ; elle devrait être l’oeuvre de tous et acceptée par tous. Or, il est aujourd’hui établi que les dispositions devant du décret ne reflètent en rien l’esprit et la lettre de la loi en la matière.

Recul N°2 : La Cena
L’instance d’organisation des élections, (CENA), une innovation qui fait la fierté de notre pays, est de plus en plus sacrifiée sur l’autel des intérêts égoïstes d’un pouvoir avide de tout. La CENA est donc politisée à outrance et manipulée de toutes parts avec des intimidations, des pressions et la corruption comme règle.

Recul N°3 : La cohésion sociale
Réveil des démons de la division à coups de billets de banque ; des propos régionalistes sont tenus par de hauts responsables et prêtés même au chef de l’Etat. La guerre de clans a pris d’assaut tous les conseils municipaux, mettant en péril l’idéal de développement que prône la décentralisation.

Recul N°4 : La liberté de presse
Des contrats de bâillonnement et autres censures ont franchi les frontières et ont fait régresser le Bénin dans le classement africain et même international, L’opposition est interdite d’antenne sur les médias pourtant publics, le harcèlement fiscal, les chantages et menaces sont le lot quotidien pour priver le peuple de la vérité sacrée de l’information.

Recul N°5 : La gouvernance économique
La corruption d’Etat a pris le pas sur tout et l’Assemblée Nationale est devenue son haut lieu d’action avec des débauchages de députés à coup d’argent du contribuable suivie par les hautes sphères de l’administration publique et les institutions de la République : référence au dossier CEN SAD et autres grands travaux. L’impunité dans l’affaire SBEE a dressé le lit à la corruption généralisée.

Recul N°6 : La liberté d’expression
Les marches et grognes téléguidées de début de mandat pour se passer des gens d’expériences étaient déjà les signes précurseurs de la mise à mort de toute expression en désaccord avec le système naissant. Aujourd’hui, seuls les hommes du régime sont autorisés à s’exprimer. Les syndicats sont interdits de marche, leur seul moyen d’expression, et leurs dirigeants traqués ; l’opposition est interdite de rassemblement, de manifestations.

Recul N°7 : Le climat des affaires
Les hommes d’affaires nationaux sont traqués ou contraints à l’exil, quand ils n’embouchent pas la trompette du pouvoir en place. Le Bénin peut-il devenir émergent sans des Béninois qui émergent? Le bourgeoisie locale est nécessaire au développement économique et social. Or, « Créer une entreprise est un parcours du combattant », a dit un promoteur béninois des PME. Le classement DOING BUSINESS de la SFI déclasse le Bénin de huit rangs pour la création d’entreprise et de quatre rangs globalement en 2008.

Recul N°8 : Gestion du pays
Aucune référence aux acquis antérieurs comme la Conférence Economique Nationale et les National Long Term Prospective Studies (NLTPS) – Bénin Alafia 2025. Même des lois votées sont biaisées sur l’autel de l’inexpérience et de l’incompétence dans la démarche de leur mise en application (loi sur la sécurisation foncière). Manque d’un cadre programmatique de développement; absence de méthode et d’organisation rationnelle du travail.

Recul N°9 : Le climat social
Le climat social est vicié en raison du manque de neutralité qui gagne certains corps constitués et certaines personnalités membres d’institutions. Ils ne doivent leurs postes qu’à leur N’ont de place pour travailler dans l’Administration ou ne gagnent des marchés que ceux qui sont d’une « utilité politique » pour le régime. On note une résurgence des vieux démons du régionalisme et du tribalisme. La classe ouvrière béninoise n’a de cesse de condamner le positionnement des cadres sur la base de leur appartenance religieuse.

Recul N°10 : Sens des valeurs
L’injure, le mensonge et la mauvaise foi sont devenus la règle, en raison du manque d’arguments pour défendre les actes posés, Les valeurs, telles que la responsabilité, le respect, la dignité, l’humilité, la vérité et la solidarité sont mises à mal. Le sens du devoir nous interpelle; la porte du Changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur.

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Mauvaise gestion sous le changement : Les trois locomotives acquises à l’Ocbn étaient en rebus depuis 1965

juillet 30, 2009

L’Organisation Commune Bénin-Niger (Ocbn) est malade. Disons-le franchement au regard des irrégularités de gestion qui s’observent sous la direction de M. Rigobert Azon. L’on aurait tout mis en œuvre pour cacher la réalité au chef de l’Etat. Même si c’est avec la complicité du ministre de tutelle, il s’avère que le soleil ne pourra être caché par une main. En témoignent des déclarations de personnes ressources exerçant au sein de la structure ferroviaire, et mieux, les constats sont flagrants.
Encore un autre scandale sous Yayi Boni ! En charge du transport des personnes et des marchandises au Bénin et au Niger, l’Organisation Commune Bénin-Niger (Ocbn) assurant auparavant la liaison ferroviaire entre Cotonou et Parakou, est malade. Malade par la faute de certains agents qui ne veulent pas que les efforts du président Boni Yayi pour ressusciter l’organisation soient perceptibles, mais également et surtout, par la complicité des responsables à la tête de la structure qui ne pensent qu’à leurs intérêts. A moins que le ministre de tutelle confirme le contraire et rapporte au chef de l’Etat la réalité des choses. Pour le moment, ce qu’il convient de dire et de porter à l’attention du Dr Boni Yayi, c’est que les problèmes financiers ont eu raison de cette entité des transports au Bénin. En effet, c’est conscient du désastre économique et social auquel était vouée la maison, que le Président Boni Yayi a récemment accordé une subvention à l’Organisation, afin qu’elle puisse s’équiper de nouvelles locomotives et relancer ainsi ses activités, interrompues depuis très longtemps. Mais, parlant de locomotives, ce sont trois CC en rebus depuis 1965, que le Dg a préférées, après des couches de peintures qu’on leur a passés pour paraître neuves. Il suffit d’aller à l’atelier de la gare pour constater que c’est de la ferraille badigeonnée. « Des amas de fer qui vous lâchent, comme ce fut le cas la dernière fois lorsque le réservoir a cédé laissant couler tout le gas-oil qui y était », ont même confirmé des mécaniciens cheminots. Et comme un malheur ne vient jamais seul, depuis décembre 2008, les travailleurs en général n’ont plus perçu un copeck de leurs salaires. D’autres parlent de neuf mois exactement, en dépit des assurances que le chef de l’Etat lui-même avait données pour éponger ces dus. Ce qui pourrait a priori justifier cette situation, c’est qu’aux dires de certains agents, la Direction générale n’a pas su favoriser la trésorerie de l’entreprise. Le contrôleur des services financiers à l’Ocbn, M. Richard Abédjakou n’est pas allé par quatre chemins pour dévoiler quelques raisons de cet échec. Selon lui, la défaillance vient du nouveau système de bons de chèques qu’aurait préféré le Dg à la place des bons de caisse qui existaient auparavant et, qui rend la tenue de comptes difficile, voire impossible. La preuve, c’est qu’il ne lui paraît pas aisé de faire le bilan de 2007, encore moins celui de 2008, les documents financiers n’étant même pas saisis parce que des bons de chèque restent encore injustifiables. A cela s’ajoute la non application des mesures d’assainissement de la situation sociale et économique de l’Ocbn prises en Conseil des Ministres, il y a quelques mois. On avait tantôt parlé de la situation des employés qui s’aggrave au fil du temps, plongeant des familles entières dans la précarité. Mais ce que beaucoup de citoyens ignorent, c’est que l’achat des nouvelles locomotives chanté et vanté a des dessous pourris. Tenez ! Il paraît que ces vieilles locomotives ne peuvent même pas faire des rampes, c’est-à-dire remonter une pente, alors qu’elles consomment deux fois plus que les BB dont disposait la structure ferroviaire. Par ailleurs, des indices de surfacturation ont été révélés par d’autres agents qui indiquent que des réparations ont été faites sur le véhicule de fonction du Dg à des montants exorbitants, alors que pour le Dga par exemple, ils soutiennent le contraire. C’est vrai que les pannes pourraient être variables, mais il n’en demeure pas moins que la procédure normale de réparation n’étant pas respectée, les soupçons pourraient être confortés.

La mauvaise gestion des hommes

« Allez voir ce qui se passe au magasin, dans les ateliers. Des plates-formes sont en train d’être réalisées par des cheminots. On leur a intimé l’ordre de tout faire pour que le train voyageur commence par circuler normalement au plus tard le 01er Août 2009 entre Cotonou et Parakou. Mais, jusque-là, rien….Qu’est-ce qui pouvait justifier cela », se désolent la plupart des cheminots. Sûrement la mauvaise gestion des hommes, avec la création d’un nouveau syndicat de «cheminots patriotes» comme certains l’ont répété, au cours de nos investigations. « Le chef de l’Etat doit savoir que tous ceux qui crient son nom, ne sont pas vraiment sincères avec lui. Les vrais patriotes sont ceux qui défendent la même cause de développement que lui », ont-ils ajouté. « Nous à l’Ocbn, nous sommes de cœur avec lui puisque depuis vingt ans, c’est lui le seul à penser à la rénovation de l’Ocbn » Voilà l’autre pan de la réalité que nous avons entendue de la bouche des cheminots qui n’ont pas manqué de souligner les pratiques sectaires et même régionalistes de leur directeur. Ne vous étonnez pas lorsqu’ils ajoutent que pour des raisons que seul le Dg Rigobert Azon maîtrise, des affectations aussi fantaisistes les unes que les autres sont faites, parfois avec des injonctions musclées pour faire respecter l’ordre. Le cas de M. Richard Abédjakou, agent comptable récemment affecté de son poste à la Division matériel et traction  où il n’a aucune expérience, reste encore vivace dans la mémoire de beaucoup d’agents à l’Ocbn. Il eût fallu que les grognes et autres protestations fusent des travailleurs, pour amener le Dg à abdiquer. Tout compte fait, la situation est pire qu’on ne le fait savoir au chef de l’Etat, confirment ces agents. Pour éviter que le président de la république ne dise pas après qu’il n’est au courant de rien, ils sollicitent son attention particulière sur la situation. Pour l’heure, avant qu’il ne soit trop tard, ils proposent déjà que l’Inspection générale de l’Etat fasse un tour dans la maison, pour réaliser le drame qui se joue contre le Dr Boni Yayi.

Denis Magnidet

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Marche des centrales et confédérations syndicales hier : Le gouvernement a finalement cédé face à la détermination des travailleurs

juillet 30, 2009

La marche des travailleurs interdite par le gouvernement la semaine dernière, ne pouvait  pas avoir meilleures répercussions. Après la paralysie de l’administration pendant quarante-huit (48) heures au cours de la semaine, le gouvernement n’a pu rien faire hier pour retenir la marche des travailleurs. C’est une marrée humaine qui a battu le macadam de la place de l’Etoile Rouge au ministère des finances via Cadjèhoun, où ils ont présenté devant une demi douzaine de ministres leurs revendications.
Maintenant c’est  fait. Après la tentative étouffée de la semaine dernière, les travailleurs ont tout mis en œuvre pour se faire écouter hier jeudi 30 juillet. La marche des centrales et confédérations syndicales a eu lieu sans connaitre de résistances. Travailleurs et membres de la société civile se sont unis pour la même cause.  Sur les pancartes et banderoles qu’ils tenaient dans leurs mains  de la place de l’Etoile Rouge  au ministère des  finances en  passant par le carrefour Vèdoko et la Place du souvenir, on pouvait lire : «les travailleurs réclament de meilleures conditions de vie et de travail»  , «le pillage de nos milliards, ça suffit ! «,  «Halte à la dictature», «ça ne change pas»   ou «non au changement qui affame».  Des messages qui laissaient présager les motifs de la protestation. Mais,  c’est au ministère  des finances qu’on aura beaucoup plus d’explications sur les mobiles du mécontentement des travailleurs soutenus par la société civile. Dans la motion lue par Mme Françoise Hodonou au nom des participants à cette action de grande  mobilisation, les travailleurs ont exigé la satisfaction d’un certain nombre de revendications. Il s’agit, entre autres,  de l’arrêt de la mise en cause de leurs acquis ; l’arrêt  de la hausse des prix : l’annulation des décisions d’augmentation des prix de l’électricité de l’eau, des produits pétroliers; l’arrêt des privatisations des entreprises publiques, Bénin-Télécom Sa, Sbee-Soneb, Pac, Sobemap, Sonacop et, l’arrêt  de la mise à l’index mensongère des travailleurs innocents pour mauvaise gestion. Pour recevoir cette motion, il y avait autour du tout nouveau ministre de l’économie et des finances M. Idriss Daouda, cinq autres ministres du gouvernement. C’est  donc à cette équipe gouvernementale que le secrétaire général  adjoint de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin, M. Paul Essè Iko  a remis la motion qui a été lue. Puis, Urbain Amègbédji choisi pour intervenir au nom de la société civile, a réaffirmé que son organisation est pleinement associée à la manifestation, pour dénoncer un certain nombre de dysfonctionnements. Selon lui, après le musellement de la presse, après le vol de la place de la société civile dans la commission de mise en place de la Lepi, le gouvernement a empêché une marche. Ce sont là des situations qui l’ont amené à crier non aux pratiques liberticides. « La  démocratie est la seule richesse que nous possédons. Ne la détruisez pas ! », a-t-il martelé devant les ministres. Abordant l’affaire Cen-Sad, il a exprimé son refus face la commission de clarification, avant de suggérer que le dossier soit remis à la justice. Après  les interventions des uns et des autres, c’est le maître des lieux qui prendra la parole. Pour le ministre Idriss Daouda, le dossier Cen-Sad connait déjà beaucoup  d’évolution et s’agissant des autres revendications, il a promis que les réponses appropriées seront données au moment convenu.

Plus de mal que de peur

Tout montre que le gouvernement a sans doute compris qu’il n’avait pas bien mûri ses réflexions en interdisant la semaine dernière la marche des travailleurs. En atteste le dispositif sécuritaire mis en place pour quadriller la marche d’hier. Sans risque de se tromper, on pourra dire que le gouvernement qui aurait  analysé tous les schémas qu’il était possible aux manifestants de développer hier, s’y est investi davantage. L’effectif  de militaires et  policiers mobilisés hier pour la circonstance faisait pratiquement le triple du contingent déployé sur le terrain le mardi 21 juillet dernier. Il y en avait sur tous les artères pour réguler la marche. Même les hauts gradés étaient descendus sur le terrain. Parallèlement, aucune présence d’hommes en uniformes, armés jusqu’aux dents comme ils l’étaient le 21 juillet dernier devant la bourse du travail, n’a été constaté. Ceux qui  étaient sur le terrain n’ont pas eu du mal à accomplir leur tâche, dans la mesure où ils ne  se sont pas postés aux niveaux des artères, mais ont suivi la marche au fur et à mesure qu’elle évoluait. Aussi, ne faut-il pas oublier que la marche interdite la semaine dernière a causé plus de mal que de peur à l’économie nationale, étant entendu que c’est la conséquence directe de la paralysie qui a gagné l’administration publique en début de semaine.

Quelques propos pour galvaniser la troupe avant la marche

Gaston Azoua Sg/ Cstb : Vous êtes admirable, car il n’est pas facile de se fâcher deux fois  et  qu’on soit toujours déterminé comme vous. La raison est de votre coté. Les communiqués ont parlé de défalcations ; mais,  ils peuvent défalquer six mois de salaire. Ils vont rembourser. Par rapport à tout cela, les lois sont claires ; lorsque vous faites des actions pour des acquis historiques, il n’y a pas de défalcation. Soyez serein.

Pascal Todjinou Sg/Cgtb :  C’est honorable. Malgré les intimidations, tout s’est passé normalement. Le gouvernement a capitulé. Votre détermination a affaibli ce pouvoir en décrépitude. Le pouvoir qui se veut démocratique peut-il refuser des manifestations pour les libertés ? En 2005 et 2006 nous avons lutté pour certains ici et aujourd’hui, pourquoi tout cet acharnement. La lutte continue pour  de victoires plus fulgurantes.

Dieudonné Lokossou Sg/Csa-Bénin : Je voudrais remercier  le maire de Cotonou qui s’est vite démarqué de la démagogie d’un ministre qui ment. Je présente les excuses  des centrales et confédérations syndicales aux travailleurs de   l’Ortb qui ont été victimes du système. Est-ce que, nous qui sommes acquis à la démocratie, nous pouvons faire un coup  d’Etat. Le coup d’Etat c’est dans les urnes en 2011. On veut tout vendre dans le pays et nous sommes contre.

Georges Kakai Glèlè Sg/Cosi : Pendant que nous préparons cette marche, nous avons reçu  beaucoup de soutiens, des  G et F  et de la société civile. Nous ne saurions admettre qu’on remette en cause les droits que nous avons acquis au prix de hautes luttes.

Métognon Sg/ Fesyntra-Finances : Le gouvernement  a choisi l’intoxication comme mode de gouvernement. Mentez, intoxiquez, il restera quelque chose disait l’autre. Dans la marche, les travailleurs se reconnaissent. La liberté, c’est vous. Les informations de la conférence de presse, il y en a encore. Nous les donnerons au fur  à mesure que le mouvement se poursuit.
Représentant de l’Unstb : Je voudrais vous encourager à tenir bon. La république est en péril. Nous avons dit à la sortie de la conférence nationale des forces vives de la nation plus jamais ça.

Urbain Amègbédji  du centre Afrika Obota : Il n’y a pas de travailleurs, il y a le peuple. Nous avons décidé d’être à vos cotés pour libérer les contre-pouvoirs, lutter pour les libertés,  pour que les caisses de l’Etat soient épargnées de la corruption. Il faut que le pouvoir ne porte plus atteinte aux libertés et pour ce faire, il faut dire non.
Huguette Akplogan Dossa  du réseau social Watch Bénin : Entre la société civile et les syndicalistes, il n’y a qu’un pas. A cause des femmes et des enfants vulnérables, nous avons soutenu cette  marche. Restez à l’écoute de vos secrétaires généraux ; vous savez qu’il  y a des dénigrements car, il y en a qui ose. La société civile est avec vous car votre revendication est juste.

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La rose de pique !

juillet 30, 2009

A la salle  » Baobab  » du Novotel de Cotonou, Madame Célestine Zanou, l’ex-candidate à la présidentielle de l’an 2006, a lancé des piques. A l’endroit comme à l’envers, ce fut un séisme suivi d’un grondement de tonnerre. En cette matinée du jeudi 30 Juillet, la chaleur des mots prononcés a vite fait monté le mercure. Les carnets verts ont pris des notes au crayon qu’aucune gomme ne saurait effacer.
En arrière d’un bouquet de micros -assurément libres- se dressait une dame en rose écarlate avec un décor qui annonçait le cyclone de la littérature qui dérangera la rédaction du discours de veille d’indépendance du Chef de l’Etat. Avant que la parole lui soit donnée, j’ai eu un frisson de peur pour elle, Célestine Zanou, pour son courage de femme visiblement déterminée à affronter les  » loups  » pour une éventuelle rectification du changement en ses travers renouvelés.
 Au nombre de dix (10), elle peint le changement  en des reculs thématiques : le statut de l’opposition, la Commission Electorale Nationale Autonome (Cena), la cohésion sociale, la liberté de presse, la gouvernance économique, la liberté d’expression, le climat des affaires, la gestion du pays, le climat social et le sens des valeurs.
 Cette fille des années 1960, année de l’indépendance, juste au portillon de la cinquantaine, exprime son désarroi. Elle appelle au sens de devoir avec un logo supplémentaire en dehors de la mosaïque des couleurs : une charrette portant une grosse Afrique contenant un Bénin d’où le soleil luit à partir du nord-ouest. Les rails – nouveau mot dans son lexique – étaient entrecroisés en un point où la wagonnette devrait faire une déviation pour retrouver une paire de rails pour la destination.       
  Le chroniqueur politique très attentif au symbolisme comprend bien le sens de l’alternance de cet art plastique. Mme Célestine Zanou est résolument pour la rectification du changement par les urnes.
D’où tient-elle ce courage pour affronter le régime en ses fondamentaux, au point d’user une expression imagée qui, sans doute, mettra à nouveau hors de lui-même le Président de la République ?  » A force de  danser  dans l’obscurité, on finit par casser ses plats propres « . 
 La trilogie de la méthode d’approche est séduisante : Ma conception, Mon constat, Mes propositions.
 » J’ai voulu mourir à la guerre : La mort n’a pas voulu de moi  »  . Elle a donc acquis droit et expériences pour s’inviter dans le débat national par devoir et par conscience. Devoir, car c’est sa génération qui est au pouvoir ; une lignée de progéniture de l’indépendance. Et par conscience, car Mme Célestine Zanou a un léger handicap sans gravité. C’est elle qui a proposé au chef de l’Etat, le mauvais crocodile de la mare gouvernementale. Mais au moment où elle le proposait, le reptile n’avait que l’aspect d’un gecko de toilette. Le voilà métamorphosé en alligator. Leçon d’observation :  » C’est le serpent que tu as élevé qui mordra un jour la maisonnée « .

Houngnibo Tauyé-Herbert

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Célébration du 49è anniversaire de l’indépendance du Bénin : Abdoulaye Bio Tchanè sera à Lokossa

juillet 30, 2009

Le 1er août prochain, le Bénin va célébrer le 49è anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. C’est la ville de Lokossa qui a été retenue pour abriter les manifestations officielles de cette fête. Selon des sources proches du comité national d’organisation des manifestations officielles, plusieurs personnalités ont été conviées à cette fête. Au nombre des personnalités invitées, se trouve l’actuel président de la Banque ouest-africaine de développement, le Béninois Abdoulaye Bio Tchanè. Des sources proches de son entourage indiquent qu’il honorera bel et bien ce rendez-vous. Déjà, beaucoup s’interrogent sur ce que sera l’ambiance ce jour-là, surtout lorsqu’on se rappelle que  la présence de M. Abdoulaye Bio Tchanè à la dernière édition de la fête patronale des Popo (Nonvitcha) avait créé un grand remous. Le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi n’avait pas en effet apprécié la présence de Bio Tchanè en ces lieux, et il l’a d’ailleurs fait savoir aux cadres et autres personnalités du Mono qui ont bénéficié de promotion grâce à lui. En tout cas, beaucoup craignent que Bio Tchanè ne ravisse la vedette au Chef de l’Etat, surtout que les deux se sont depuis quelques temps inscrits dans la perspective des présidentielles de 2011.

Affissou Anonrin

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Manifestations officielles du 1er août 2009 : Pourquoi Adrien Houngbédji sera à Lokossa

juillet 30, 2009

Me Adrien Houngbédji, président du Prd sera à Lokossa pour célébrer le 49è anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance. Son absence aux manifestations officielles de la fête nationale traditionnellement remarquée par les Béninois depuis l’élection de Boni Yayi  comme ce fut le cas à Abomey en 2007 et à Parakou en 2008, ne sera qu’un vieux souvenir.
Selon les responsables du Prd, la présence de Me Adrien Houngbédji à Lokossa s’impose aujourd’hui en raison de la situation critique du pays et de l’urgence de rassembler les Béninois pour l’unité et le développement du pays. Pour eux, trois raisons expliquent cette présence. C’est d’abord l’attachement du Président Houngbédji à l’unité nationale. Depuis quelques mois, des menaces sérieuses pèsent sur l’unité de notre pays. Les actes du gouvernement, la gestion des ressources humaines de l’Etat et même des propos tendancieux de ministres en fonction ont sérieusement fragilisé la cohésion de notre pays et le sentiment de fraternité qui règne dans le pays. Dans cette période où le régionalisme devient un axe politique du gouvernement, il paraît nécessaire que le Président Houngbédji en tant qu’éminent membre de l’intergroupe dont le slogan est « l’Union fait la Nation », réaffirme l’attachement d’une immense majorité de Béninois à l’union du pays par sa présence à cette fête nationale. Ensuite, on ne peut pas cacher que le Bénin vit des heures graves, des semaines et des mois difficiles. L’entourage du Président Houngbédji explique que les années précédentes le Président Houngbédji a souhaité montrer son mécontentement et marquer sa ferme opposition à la politique du gouvernement qui est faite d’injustice, de violences électorales et de violations des droits et libertés. Aujourd’hui, cette politique dénoncée très tôt par le Président Houngbédji se révèle au grand jour par une déliquescence du pouvoir. Par sa présence à Lokossa, le Président Houngbédji doit rassurer le peuple et lui signifier qu’il est très attentif à la situation actuelle du pays. Enfin, nos sources indiquent que Me Houngbédji va également à Lokossa non seulement pour la fête du 1er août mais aussi pour témoigner de sa reconnaissance à un ami, le maire de Lokossa Sossou Dakpè. C’est même un de ses premiers soutiens politique en 2006. Même s’il est passé au G13, le maire Sossou Dakpè est d’abord et avant tout un ami qui, lors des élections présidentielles de 2006 a accueilli le Président à Lokossa, l’a fait passer de quartier en quartier, de village en village, de maison en maison. On dit même qu’il l’a souvent hébergé à chacune de ses visites à Lokossa. On peut dire qu’il a mouillé le maillot pour que Houngbédji soit élu en 2006 à la présidence de la République. Celui-ci va donc profiter pour lui témoigner de son amitié.

Les rendez-vous manqués, de vieux souvenirs

Pour ce qui est des rendez-vous manqués de 2007 à Abomey et de 2008 à Parakou, les proches d’Adrien Houngbédji rappellent les situations qui avaient prévalu à ces périodes là. Avant le 1er août 2007, on se rappelle que plusieurs militants du PRD avaient fait l’objet d’une arrestation arbitraire et nombre d’entre eux jetés derrière les barreaux. C’était dans le cadre des violences ayant émaillées le dernier jour de campagne des élections législatives de mars 2007. Alors que les faits établissaient clairement la culpabilité des responsables FCBE de Porto-Novo qui ont fait preuve de provocation et d’intolérance, aucun d’entre eux n’avait été ni appréhendé par les forces de l’ordre ni jeté en prison. L’arrestation des militants PRD avait été alors perçu par les Béninois comme un acte d’injustice et un règlement de compte politique. Le Président du PRD avait alors expliqué qu’il ne pouvait pas avoir le cœur à la fête alors que ses militants ont été injustement jetés en prison et que leurs familles étaient privées de leurs fils. A Parakou en 2008, l’absence du Président Houngbédji avait été fortement remarquée. Malgré la présence des Présidents Zinsou, Kérékou, Soglo et des Présidents de presque toutes les institutions de la République, le gouvernement et les partisans du chef de l’Etat s’était particulièrement focalisé sur la seule absence du Président Houngbédji. Elle a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais le gouvernement a oublié qu’avant le 1er Août 2008 l’actualité était animée par le problème de la sécurité des hommes politiques. En effet, des menaces de mort parvenaient à certains députés opposés à l’action du gouvernement. On se souvient de cette lettre manuscrite qui faisait état de personnalités à anéantir. Le Président Houngbédji était en tête de cette liste des personnalités menacées. Cette fut retrouvée dans les casiers des députés qui en avaient parlée au cours d’un point de presse. Les collaborateurs du Président Houngbédji avaient également dénoncé la violation du domicile du Président Houngbédji car des caméras avaient été installées dans les locaux de la Dana en face de la Résidence du Président Houngbédji à Adjina. Le but de cette manœuvre à la soviétique était de surveiller les faits et gestes du président des Tchoco Tchoco ou connaitre les visiteurs de ce dernier. C’est dans ces conditions que le parti avait jugé imprudent de laisser le cortège du Président s’ébranler sur près de 500 km entre Cotonou et Parakou pour assister aux festivités du 1er Août à Parakou.

Euloge Badou

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Réapparition du dossier Titan après la sortie de l’ancien porte parole du gouvernement Kérékou : Gaston Zossou fait toujours courir le camp Yayi

juillet 29, 2009

Depuis le dimanche 19 juillet 2009 où l’ancien ministre porte-parole du gouvernement Mathieu Kérékou est sorti de sa réserve, c’est la panique dans le camp des forces cauris. On cherche par tous les moyens à lui coller quelque chose. En désespoir de cause, c’est l’affaire Titan bien connue des Béninois qu’ils ont déterrée. La preuve que Gaston Zossou a semé la panique dans le rang des yayistes.

« Zogang » continue de faire courir le camp Yayi. On se rappelle qu’au lendemain de sa sortie médiatique, le dossier Titan, oublié depuis des années a refait surface à la surprise générale. Ceux qui pouvaient comprendre ont vite détecté l’origine de cette manœuvre de diversion: le pouvoir qui tenait à tout prix à noyer les critiques objectives qu’il a faites au cours du débat sur Canal 3. Mais très vite, les initiateurs de ce coup ont constaté que cela n’a pas fait mouche tout simplement parce que les Béninois qui connaissent ce dossier ne sont pas dupes. Le gouvernement voulait leur faire croire qu’on peut trouver des poux sur une tête sans cheveux. Par la suite, il a été demandé à certains ministres de préparer la réplique. Une offre qui n’intéresse personne parce que tous les membres du gouvernement savent que dans le dossier Titan, aucune charge ne pèse sur Gaston Zossou. Au contraire, si Boni Yayi veut bien que la vérité soit connue, c’est son entourage immédiat qui sera à nouveau ébranlé. Alors, c’est la recherche à tout prix d’éléments nouveaux contre Gaston Zossou qui a commencé. On cherche et les instructions sont formelles pour qu’on en trouve. En attendant, votre journal se propose de faire la lumière sur ce qu’on veut faire passer comme un gros scandale imputable à l’ancien ministre de Kérékou. Mais en réalité il ne s’agira que d’un rappel dans la mesure où il n’y pas de faits nouveaux dans le dossier. Il s’agit d’une affaire de corruption dans le cadre des présidentielles de 2011. La société américaine Titan a réussi à corrompre certaines autorités béninoises en finançant une partie de la campagne du Général Mathieu Kérékou dans l’espoir de gagner des marchés dans le domaine des télécommunications. Un dossier sur lequel la justice américaine s’est déjà penchée et le verdit est connu. C’est la société Titan qui a été condamnée pour violation de la loi américaine qui interdit de telles pratiques aux sociétés du géant mondial. Le gouvernement a été donc très mal inspiré en revenant sur ce dossier sur lequel nous nous proposons de faire toute la lumière dans nos prochaines parutions. Ce qu’on retient pour l’instant est que Zogang est la nouvelle bête noire du pouvoir.

Grégoire Amagbégnon

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Tractations pour 2011 : Bientôt une nouvelle surprise du G4

juillet 29, 2009

Les responsables de l’alliance G4 se concertent depuis quelques jours à huis clos. Des rencontres jugées très fructueuses par certains participants. Selon les dernières informations qui nous sont parvenues, le candidat de ce groupe au rendez-vous de 2011 sera connu très prochainement. Ce que beaucoup de Béninois souhaitent pour le G4 est en passe de se concrétiser. C’est en tout cas ce qui se dessine pour le moment.

Les responsables du Prd, du Psd, du Madep et de la Rb depuis un moment ne cessent d’échanger sur l’équation 2011 et surtout comment y aller. Jusque-là, on sait que si le groupe a du mal à se décider, c’est bien parce que la balle est entre deux camps. Une situation qui, en politique, ne facilite naturellement pas les choses ou du moins ne permet pas de prendre vite les décisions. A preuve, lors de la dernière sortie de l’»Union fait la Nation», Me Adrien Houngbédji répondant aux questions des journalistes a fait remarquer que le G4 aura en tout cas un candidat qui sera connu avec le temps et qui pourrait être lui comme quelqu’un d’autre. A plusieurs reprises, le premier adjoint au maire de Cotonou, par rapport à la même question n’a donné que la même réponse. On peut comprendre toute la difficulté pour ce groupe politique de dégager un candidat unique pour le rendez-vous de 2011. Car, à vrai dire, il est question pour le G4 de voir qui de Léhady Soglo ou de Me Adrien Houngbédji peut faire l’affaire pour que l’alternance se réalise à nouveau en 2011. Heureusement, les dernières informations laissent croire que les difficultés sont presque surmontées et que le consensus est en train d’être réalisé. L’essentiel aurait même été déjà fait si bien que le reste n’est qu’une question de temps pour que les Béninois constatent qu’en dehors des vœux, les responsables du G4 ont effectivement fait le pas nécessaire. Ainsi, au plus tard à la fin du mois d’août 2009, le candidat de l’alliance sera officiellement présenté au cours d’une manifestation géante. Ce sera à coup sûr le déclic pour le rendez-vous de 2011. C’est dire qu’effectivement, ces leaders politiques ont compris que sans l’union, il leur sera difficile de tourner la page Yayi. Une logique à laquelle a adhéré Force Clé qui s’investit sérieusement dans le combat pour le vrai changement dans notre pays en 2011.

Grégoire Amagbégnon

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La spirale des erreurs !

juillet 29, 2009

Le gouvernement poursuit ses erreurs dans la gestion de la crise sociale marquée par l’interdiction de la marche des centrales syndicales. Le gouvernement et son chef ont fait le choix de l’affrontement. En ses revers se dégage une odeur de carbone. La fumée qui se répand ressemble bien à  celle  d’un incendie volontaire. 
Au commencement était l’interdiction de la marche. Une interdiction prononcée par le préfet sur instruction d’un ministre de l’intérieur  qui a l’excuse de n’avoir jamais assisté à un cours de droit administratif. La sortie audacieuse du chroniqueur sur la chaîne de télévision de service public n’a pas fait changer d’avis ni au ministre de l’intérieur ni au chef du gouvernement. La marche interdite est une aberration. Il y a eu pire que cela : la marche de l’opposition qui n’a pourtant pas ébranlé une certaine quiétude du régime. Autrement dit, si la marche était autorisée elle n’aurait pas créé le trouble imaginaire à l’ordre public. Autour du Président de la République, il n’y a rien de légal, d’utile et de pertinent. Pour citer un de mes jeunes collègues, je voudrais répéter que l’interdiction de la marche était inopportune.  Au lieu de gérer les effets de l’interdiction, le gouvernement  a fait le choix de l’énervement et de la provocation, symptômes de la faiblesse d’âme.
Et comme si la malédiction faisait la ronde autour du gouvernement, les illettrés politiques qui se sont emparés du pouvoir ont rendu public un communiqué digne d’amateur en art politique. Celui-ci use de provocation pour envenimer une situation déjà préoccupante. Le texte apparemment rédigé dans un  » four  »  à colère tient à souligner  »  le caractère illégal , illégitime et inutile de ces mouvements de protestation qui n’ont pas  pour but la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs qui ne sont nullement menacés  » . Voilà encore des mots qui engendreront à coup sûr de pires maux pour l’avenir des relations Syndicats-gouvernement. C’est une erreur de plus. Et pourtant, on admet que l’erreur est humaine. C’est persister dans la spirale des erreurs d’immaturité, qui est purement diabolique. Le gouvernement a fait un choix suicidaire. Ce n’est pas le fruit d’une concertation, mais la volonté d’un chef à engager un bras de fer illégal, illégitime et inutile.
Le mouvement de débrayage observé permet de tirer des conclusions, ou, à défaut, de se faire une opinion. La popularité de ce gouvernement est au bas des sondages. Il y a de plus en plus de mépris de l’opinion publique, qui voit à travers le régime actuel un prédateur des libertés publiques.

par Marie-Richard Magnidet

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