Que peut faire la jeunesse ?

novembre 2, 2016

Nous avons l’habitude de suivre certains responsables de mouvements de jeunes intervenir au nom de tous les jeunes du Bénin. Ce qui nous invite à nous demander, si les uns et les autres comprennent  le sens de ce mot. Nous avons préféré en ce qui nous concerne définir le mot jeunesse en disant qu’il s’agirait d’une certaine robustesse physiologique et mentale. Ce qui concerne quand même des femmes et des hommes d’un certain nombre d’âge. Etre jeune ne doit pas être une fin en soi. En nous plaçant au plan physiologique, nous pouvons dire que la jeunesse est constituée de celles ou ceux-là détenant une endurance physique terrifiante.Comment faut-il gérer un tel avantage pour qu’il soit profitable à notre pays par exemple ? Nous commençons par répondre en disant que, vue sous cet angle, concerne sa capacité de participer à l’édification édifiante du pays. Le progrès politique, économique et social d’un peuple ou d’une nation, ne se conçoit pas sans une contribution effective de la jeunesse. Elle se révèle comme un facteur important du progrès. La jeunesse peut se politiser non pas pour soutenir un homme, une organisation politique ou un gouvernement, mais pour une prise de conscience obligatoire en face des problèmes qui se posent à notre pays. Une généralisation effective des discussions politiques objectivement faites par ladite jeunesse. Car dans notre pays sous-développé ou en voie de développement pour parler de façon vulgaire, où est entreprise la tâche de consolidation de la souveraineté nationale par la construction d’une économie viable tournée vers nos villages et campagnes, il appartient aux jeunes d’être déjà au contact  des problèmes qui accablent notre pays, pour parfaire dans l’avenir, ce long et patient travail en succédant valablement aux générations actuelles. Par son dynamisme, sa foi, sa lucidité, son désintéressement, la jeunesse doit jouer son rôle de ferment, son  rôle d’avant-garde dans la réalisation de cette difficile mission qu’est le redressement complet de notre pays, combien flouer dans moult domaines. Mais elle peut jouer ce rôle si elle s’organise solidement. La pluralité des mouvements de jeunes sans plan d’action commun précis, la coexistence de plusieurs mouvements ayant en fait les mêmes objectifs ne peuvent aboutir qu’à une jeunesse désemparée ou affaiblie dont l’influence dans la vie nationale demeure, demeurerait épiphénoménale. Par conséquent, si le progrès de notre pays est largement conditionné par la cohésion de notre jeunesse, il le sera aussi et surtout par la conviction qu’elle aura à se former de manière excellente, à intérioriser les problèmes de la nation afin de pouvoir être brillamment présente dans le sens social du terme, en tout moment de l’histoire nationale. Il urge que la jeunesse  comprenne, surtout les jeunes dits intellectuels, que si les capitaux constituent les impératifs catégoriques de la modernisation de notre pays, les cadres nationaux bien formés sont et seront pour lui une nécessité d’importance capitale. Les difficultés auxquelles est confronté notre pays sous-développé font que la technique et la technologie pures ne suffissent point. Il faut que chaque cadre technique ou tendant vers la technologie, soit doublé d’un homme politiquement et moralement armé, conscient de ses responsabilités envers son pays et ayant foi en son avenir radieux. La jeunesse peut participer brillamment dans le domaine économique en s’opposant catégoriquement au phénomène de disproportion monstrueuse des salaires, à l’immobilisme bureaucratique dû à un embourgeoisement de l’élite qui est le résultat d’une culture mal intégrée à la réalité tangible de notre cher pays, le Bénin. Cela suppose que la jeunesse doit se salir les mains en se mobilisant pour des tâches complètes de redressement économique : réalisation des travaux collectifs d’investissement humain, la formation des centres de travail, constitution de coopérative. Cela implique que les jeunes surtout scolarisés, doivent se débarrasser du mythe de l’homme d’élite pour qui le travail manuel est une malédiction. Une fois encore, la dissymétrie révoltante des salaires doit entrer dans le coma, parce qu’elle est la cause de ce recul honteux devant les travaux manuels. La jeunesse ne doit pas seulement aimer l’atmosphère euphorique des grandes villes, mais elle doit partir à la découverte des campagnes de notre pays, qu’elle doit chercher à transformer en apportant un peu plus de bien-être, d’hygiène, de lumière. Elle doit construire aussi des pistes, des hôpitaux, des écoles, procéder à l’extension des terres cultivables, améliorer les méthodes de culture, stimuler l’ardeur de nos forces laborieuses. Les jeunes ne doivent pas oublier qu’il leur incombe de faire régner l’amour et la volonté de Dieu, parmi nos concitoyens en étant à même de réaliser la réconciliation de l’homme avec lui-même et avec Dieu.

 Lazare SOTCHOUME

Les primes d’accord, mais sauvons les vies d’abord

octobre 28, 2016

Introduction

L’article 31 de la Constitution dispose que « l’Etat reconnaît et garantit le droit de grève. Tout travailleur peut défendre, dans les conditions prévues par la loi, ses droits et ses intérêts soit individuellement, soit collectivement ou par l’action syndicale. Le droit de grève s’exerce dans les conditions définies par la loi ».

Cependant, face à ce droit ‘de vie ou de mort’ sur la personne humaine lorsqu’il s’agit de la grève du corps médical, la conscience morale et la liberté s’invitent dans le débat ; c’est ainsi que nous pouvons lire dans Gaudium et Spes au N° 16 : « Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même mais à laquelle il s’est tenu d’obéir. Cette voix qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : ‘fais ceci, évite cela’ car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir et c’est elle qui le jugera ».

1) Adéquation Grève Primes et Conscience

Avez-vous lu la manchette du journal «l’Indépendant» dans sa livraison du 26 octobre 2016 ? Mauvais suivi de nouveaux nés au service de Néonatologie de l’ex hôpital Lagune : Danger de mort et infanticides à la crèche de l’Homel(des bébés abandonnés et livrés à la mort).

Que diriez-vous de ce qui est écrit à la UNE de «Actu Express»du 27 Octobre 2016 qui titre « La santé des populations sacrifiée sur l’autel du mercantilisme » ?

Et plus encore, le canard de la semaine du 27 Octobre 2016 qui titre «les hôpitaux publiques transformés en mouroirs» où on peut lire en chapeau « descente dans un monde où ceux qui sont censés sauver la vie des citoyens se transforment en complices passifs des souffrances qu’endurent ces derniers pour des raisons de revendications syndicales ».

Ne savons-nous pas que la vie de l’homme est un bien qui vient de Dieu dont elle est l’image et l’empreinte, la participation et son souffle vital ? Comme telle, la vie humaine est sacrée et inviolable dans tous les moments de son existence. L’homme ne peut donc en disposer à son gré.

A ce stade de l’analyse, notre conscience nous interpelle car celle-ci est un trait caractéristique de la dignité humaine située à la fois en nous et en dehors de nous, elle est nourrie par la liberté qui l’oriente vers la vérité et la maintient dans la fidélité aux normes objectives de l’évangile de la vie. Dès lors, vie, liberté et vérité sont des biens inséparables.

L’on ne se trouve pas dans la vérité si on n’accueille pas la vie et si on ne l’aime pas de même s’il n’y a pas de vraie liberté sans la vérité.

Aussi, séparer la liberté de la vérité objective rend impossible, la fondation des droits de la personne humaine sur une solide base relationnelle et donne lieu à des comportements arbitraires et totalitaires aussi bien des individus que des institutions.

J’attends qu’on me rétorque l’objection de conscience ; mais le vrai problème de l’objection de conscience n’est pas seulement celui de son affirmation mais aussi celui de sa limitation, afin d’éviter qu’une affirmation sans discernement du droit d’objection ne comporte une anarchie de fait et une soustraction arbitraire aux obligations de la loi.

Conscience sans droits est symptomatique d’une contradiction et pas seulement provocatrice. Il serait vraiment étrange, pour ne pas dire paradoxal qu’à une époque où la volonté humaine s’arroge « le droit de créer des droits »en abattant l’une après l’autre les limites que la nature d’éthique, la religion et la culture humaniste elle-même avait jusqu’ici indiquées qu’en ce même temps l’homme soit blessé dans l’intime de sa conscience.

Eu égard à tout ce qui précède, peut-on se rendre coupable d’un homicide volontaire ou involontaire pour des questions de primes ?

En effet, une prime est une somme versée à un salarié, mais distincte de son salaire habituel. Elle présente donc un caractère relativement exceptionnel, même si sa périodicité peut être annuelle voire mensuelle. Elle vient donc en supplément du salaire habituel et a souvent pour objet de récompenser le salarié pour avoir accompli une performance jugée satisfaisante (prime au mérite, prime d’assiduité ou de ponctualité) ou pour compenser une difficulté particulière des fonctions dévolues à ce salarié (prime de risque ou prime de sujétions particulières).

Par contre, une indemnité est une somme d’argent destinée à dédommager quelqu’un d’un préjudice subi. Elle peut prendre plusieurs formes :

Supplément au traitement des fonctionnaires destiné à couvrir certaines sujétions (indemnité de résidence).

Somme généralement forfaitaire versée aux salariés pour compenser une augmentation du coût de la vie.

Le salaire étant lui-même défini comme un revenu qui est payé à la force de travail, il peut être considéré comme le principal et les primes et indemnités comme accessoires.

De là vient la problématique de l’action syndicale. Faut-il aller en grève pour le principal ou pour l’accessoire ? Surtout lorsque l’action doit entraîner une mort d’homme après une souffrance ?

Après la satisfaction des revendications, les morts ressusciteront-ils ?Notre conscience reste interpellée. Des allégations mensongères pour couvrir des actes répréhensibles, nous n’en voulons pas.

Ne rejetons pas sur l’Etat (autrui) les conséquences de nos propres actes car si la grève est la cessation collective et concertée du travail par les salariés d’une entreprise en vue d’appuyer des revendications professionnelles, elle est un droit individuel qui s’exerce collectivement. C’est un droit qui appartient à chaque salarié. Chacun est libre de faire ou de ne pas faire d’où la question de la liberté.

Il existe des cas où l’on perçoit concrètement que la protection de la conscience postule deux actions de fond préliminaires, convergentes et interdépendantes. D’un côté, il est nécessaire de se réapproprier une vision intégrale de l’homme et de sa dimension transcendante, sans laquelle il n’est pas possible d’opérer un équilibre d’intérêts qui en respecte et en garantisse la liberté, ni d’éviter la pente le long de laquelle la conscience perd ses caractéristiques d’aiguillon et de stimulant qui lui sont propres, jusqu’à devenir une conscience « isolée », comme le dénonce le pape François (cf. exh. ap. Evangeliigaudium, nn.1, 8 e 282) enfermée dans ses propres intérêts et où il n’y a de place ni pour l’Autre ni pour les autres.

D’un autre côté, il est nécessaire que la défense de la conscience passe par la promotion d’une formation correcte de celle-ci. « Une conscience bien formée est droite et véridique » (CEC n.1783) ; c’est seulement ainsi, à travers ce travail de formation constant et engageant, que la conscience devient un sanctuaire, moment de dialogue et de confrontation, évitant la dérive commode d’un « isolement » dangereux et d’une confusion avec l’arbitraire individuel.

Sous cet angle, je considère précieux le souvenir de ce qu’a affirmé saint Jean-Paul II dans le message envoyé à l’occasion de la Journée mondiale pour la paix de 1991 et intitulé : « Si tu veux la paix, respecte la conscience de tout homme ».

2) Entre «sauver la vie»et les primes, choisissons «sauver la vie»

Les êtres humains sont dotés d’une valeur intrinsèque inhérente à leur nature et d’un caractère transcendant. Les êtres humains ne peuvent donc pas être traités comme des objets inanimés ni même comme des animaux non humains. Quelque chose fait qu’ils méritent d’être protégés sans se poser de questions et sans aucune exception.

Pour certains matérialistes, cette soi-disant particularité est totalement injustifiée puisque, pour eux, les êtres humains ne sont qu’une collection de particules matérielles qui, à leur tour, sont composées d’atomes et de particules subatomiques. Alors, pourquoi réserver aux êtres humains un traitement différent de celui des autres entités matérielles ? Pourquoi ne pas traiter un être humain comme nous le faisons d’un rocher, d’une plante ou d’un insecte ? Sinon comment comprendre le traitement que font certains médecins aux urgences avec les grands accidentés baignant dans le sang et abandonnés à leur triste sort ? Que dites-vous de certaines sages-femmes qui ont leurs yeux rivés sur NOVELAS au cours de la gravido-puerperialité de leurs sœurs parturientes ? Que dire de celles qui passent le clair de leurs temps à ne s’occuper que des malades recommandés ? Comme nous le verrons plus loin, la plupart d’entre nous avons eu conscience à un moment ou à un autre d’être plus que la somme de ses composants. Cette conscience n’est pas réservée aux personnes à tendance religieuse ou spirituelle, non plus qu’aux philosophes.Elle s’impose à tout être humain.

L’évidence de la qualité spirituelle de l’être humain est d’une importance essentielle. Nier cette qualité revient à ignorer les différences entre la conscience animale et humaine ; à ignorer la conscience des horizons illimités de la Vérité, de l’Amour, de la Bonté, de la Beauté et de l’être ; à ignorer les dons de créativité et enfin, à ignorer la capacité d’un être humain à chercher un Dieu transcendant. Le moindre doute avant de rayer d’un trait l’ensemble de ces évidences doit nous retenir d’adhérer au matérialisme réductionniste, d’assimiler intelligence humaine et intelligence animale et de renier la capacité humaine à la transcendance. Si l’on s’écarte de ces positions simplistes, on reste ouvert à la qualité unique de l’être humain et à sa valeur particulière.

CONCLUSION

Bien vrai il faut réclamer ses droits, le cas d’espèce c’est les primes, c’est l’argent. Le débiteur reconnaît avoir dû et propose rembourser en quatre échéances. Ce que refuse le créancier. De toutes les façons, il n’y a pas délit. En fait qu’elle est la valeur de l’argent ? Il existe deux mythes courants :

Mythe numéro 1 : L’argent est mauvais.

En réalité, il n’est ni bon ni mauvais. Il est neutre.   «L’amour de l’argent est la racine de tous les maux». Ce que nous devons faire, c’est utiliser les choses et aimer les gens. Lorsque nous inversons cette règle, nous allons au-devant de problèmes. Si nous aimons les choses, nous finirons par utiliser les gens. Dieu affirme que les êtres humains sont toujours plus importants que les biens matériels.

Mythe numéro 2 : L’argent est la clé du bonheur.

À l’évidence, ce n’est pas non plus vrai. Si l’argent était une garantie du bonheur, les gens les plus riches seraient les plus heureux.

Voyez les propos tenus par deux hommes les plus riches de leur époque :

– « J’ai gagné des millions, mais ils ne m’ont pas apporté le bonheur » John D. Rockfeller (1839-1937, industriel américain qui a fait fortune dans le pétrole)

– « J’étais plus heureux lorsque j’étais mécanicien » Henri Ford (1863-1947, industriel de l’automobile, l’une des plus grande fortunes de son temps)

Pour terminer, convenons avec CONFICIUSque «l’homme de bien chérit la vertu, l’homme de peu les biens matériels. L’homme de bien porte en lui le sens de la loi, l’homme de peu ne pense que privilèges.»

Pour terminer, et si j’introduisais une proposition de loi à l’Assemblée portant suppression du droit de grève aux médecins, infirmiers, sages-femmes et autres paramédicaux avec recommandations au gouvernement pour les mesures d’accompagnement ? Que diriez-vous ?

Louis VLAVONOU, Député à l’Assemblée nationale

Rompre avec les erreurs du passé

octobre 28, 2016

77 réformes, 299 projets pour 9039 milliards de F Cfa. C’est en substance le contenu de l’ambitieux programme d’actions du Gouvernement de Patrice Talon pour engager la transformation structurelle de l’économie béninoise sur cinq ans. Avec un retard de quelques mois, ce programme a été enfin dévoilé après son adoption lors du conseil hebdomadaire des ministres tenu le 26 octobre 2016. A en croire des sources proches du Palais de la Marina, cet ambitieux programme fera l’objet d’une vulgarisation comme ce fut le cas au temps de Kérékou pour permettre aux Béninois de bien effectuer la veille citoyenne autour de sa mise en œuvre.

L’une des observations qu’on est tenté de faire après avoir pris connaissance des grandes lignes de cette boussole du régime « du Nouveau départ » est que le Président Patrice Talon rêve grand pour son pays qu’il entend placer sur l’orbite des grandes Nations. Ce programme qui s’articule autour d’une ambition et d’une volonté puissante de relancer de manière durable le développement économique et social du Bénin prendra appui sur 03 piliers. Ces 03 piliers à l’heure tour portent 07 axes stratégiques qui ont conduit au choix du scénario du « décollage ». L’ambition du Chef de l’Etat étant de faire passer le Bénin d’une économie de pauvreté au décollage économique pour améliorer les conditions de vie des Béninois.

Comme on peut bien le constater, le rêve est grand et les ambitions sont nobles pour la période 2016-2021. Mais seulement, il va falloir être très prudent pour ne pas tomber dans les erreurs du passé.  » Qui trop embrasse, mal étreint « , dit l’adage. Si le Président Boni Yayi n’a pas pu en 10 ans lancer le Bénin sur l’orbite des pays émergents, ce n’est pas parce qu’il n’avait pas la volonté et l’ambition. C’est plutôt parce qu’il a manqué de méthode. Le Président Patrice Talon a la chance de travailler avec pratiquement les mêmes personnes qui ont conduit avec son prédécesseur ses différents programmes d’actions du gouvernement qui n’ont malheureusement rien donner. Il lui faut donc tirer leçons des méthodes hasardeuses utilisées par Boni Yayi. C’est pour cette raison que je voudrais plaider pour une évaluation régulière des différentes actions inscrites dans l’ambitieux programme d’action du gouvernement de la rupture. Il ne faut pas foncer tête baissée en s’écartant toute les fois de la boussole qu’on s’est soi-même imposée comme le faisait Boni Yayi.

Je le sais. Talon n’est pas Yayi. Et comme l’a si bien dit le ministre d’Etat Pascal I Koupaki, le décollage que prône Talon est à notre portée vraiment par le travail acharné, la méthode, l’organisation, la rigueur et la gouvernance éthique à tous les niveaux. Mais le hic est que lorsqu’on ouvre grandement nos yeux, on retrouve autour de Talon des gens qui ont servi Yayi pendant des années et qui ne se sont pas montrés à la hauteur de la tâche qui leur a été confiée. Il va falloir faire attention à ces gens-là qui ont l’art de confondre politique politicienne et développement. En tout cas, un homme averti en vaut deux.

C’est ce que je crois !

Affissou Anonrin

Un affermage au visage humain

octobre 26, 2016

Affermage des hôpitaux de zone de Covè, de Djidja et de Djougou. Le sujet enflamme la toile et alimente les débats dans plusieurs milieux. Valentin Djènontin, ancien Directeur général adjoint du Centre national hospitalier et universitaire Hubert C. Maga de Cotonou voit à travers cette décision du gouvernement une  » calamité « .

 » Je ne suis pas contre que l’on confie la gestion à des privés. Mais celui qui reçoit la gestion de ces hôpitaux, a l’obligation de faire le retour sur investissement (…) La dotation aux amortissements, ce sont des charges qui doivent être incorporées au prix de revient, autrement dit au prix de prestation. Donc ce sont les clients, les usagers qui sont appelés alors  à payer (…) Si l’Etat ne peut pas faire de bénéfice, le privé à qui on a confié ces hôpitaux va chercher une marge à côté du retour sur investissement ( …). Au lieu d’assister à un service public pour alléger les souffrances des populations, nous allons assister pratiquement à des cliniques (…) « , a confié l’ancien ministre de la justice de Boni Yayi à nos confrères de Canal 3.

Poursuivant ses propos, Valentin Djènontin a dit que  » l’obligation pour l’opérateur privé de recruter un personnel pointu devrait renchérir le coût de la prestation « . Il suggère donc que le mode de gestion de ces hôpitaux tienne compte de la philosophie sociale qui gouverne leur construction. Il urge, a-t-il dit de garantir la qualité des soins, la continuité du service public et en même temps un coût social abordable pour nos populations qui sont en grange majorité démunies.

Tout comme l’ancien ministre Djènontin, l’honorable AssanSeibou a aussi donné de la voix dans une tribune qui a fait le tour des réseaux sociaux.  » Je trouve un vif intérêt à la question d’affermage en débat. Je remercie donc ceux qui l’ont inscrite. Le sujet est d’autant plus important pour les membres de ce forum que l’hôpital de zone de Djougou est concerné à cette étape du processus.

Je partage et remercie ceux qui ont levé l’équivoque pour montrer que l’affermage n’est pas une privatisation mais un peu plus qu’une gérance libre en ce sens qu’elle admet tout investissement d’envergure sans souffrir de préalable ou astreintes handicapantes pour l’opérateur économique « , a écrit l’ancien député pour planter le décor.

Dans une démonstration qui tranche avec toute hypocrisie et se référant aux aspirations profondes des populations face aux insuffisances de l’existant, l’honorable AssanSeiboua applaudi la chance qu’offre cette opportunité d’affermage, de voir émerger un centre de référence même s’il sera privé. Pour l’honorable Seibou, la question du coût des prestations sur laquelle les gens font la fixation est un point important du compromis sur lequel l’Etat peut envisager, en tant que propriétaire, des mesures qui favorisent le fermier de façon à lui permettre de fixer des coûts abordables pour le citoyen.

Outre ces deux positions, plusieurs autres points de vue ont été exprimés à la faveur de la liberté d’expression garantie par la Constitution du 11 décembre 1990. Et lorsqu’on fait une lecture croisée, la convergence vers la préservation du volet social est constante. Qu’ils s’appellent Valentin Djènontin, AssanSeibou et autres, tous militent pour que dans la fixation des prix des prestations, on pense aux pauvres populations des localités où sont installés ces hôpitaux.

Je joints ma voix aux leurs pour plaider la même cause. Mais hélas !  La vérité est là car en prenant la décision de confier ces hôpitaux aux privés, le Président Talon et ses ministres ont leur raison que le commun des Béninois ne connait malheureusement pas. Pour ma part d’ailleurs, l’affermage dans le secteur de la santé est trop osé. Si ce n’est que pour régler les problèmes de mauvaise gestion, d’inconscience professionnelle, de vente clandestine de médicats…qui ont cours dans nos hôpitaux, on peut bien faire autrement. Maintenant qu’il constitue la panacée pour Talon, il faut qu’il ait un visage humain !

C’est mon cri de cœur !

AffissouAnonrin

Aller au-delà de la cession

octobre 24, 2016

Le conseil des ministres en sa session ordinaire du mercredi 19 octobre 2016 a tranché. Les 06 usines de transformation de produits agricoles et les 02 rizeries de Glazoué de Malanville seront intégralement cédées à des privés. La décision n’est pas restée sans être motivée.

 » La transformation locale des produits agricoles est une exigence dans la dynamique économique de notre pays, qui a initié un programme d’installation de six usines dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Promotion et de Mécanisation Agricole. Il s’agit des usines de Kpomassè (transformation de tomate) Allada (fabrication de jus d’ananas), Zakpota (jus d’orange), Bantè (transformation de pomme de cajou en alcool), Parakou (amande de cajou), Natitingou (jus de mangue) ; des rizeries installées à Malanville et à Glazoué. Ces 8 usines de production sont des unités pilotes pour susciter l’investissement privé dans le secteur agricole. Il faut donc engager une dynamique de partenariat public-privé « , a argumenté Pascal I. Koupaki, Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République pour justifier le bien-fondé de la décision gouvernementale. Pour concrétiser cette décision, le Ministre de l’Economie et des Finances a été instruit pour procéder au lancement de l’appel d’offres qui devra conduire à la cession intégrale de ces unités de production.

Je ne peux que m’en réjouir car dans l’un de mes cris de cœur, j’avais plaidé pour que le gouvernement sauve les tonnes de tomates produites par nos braves paysans et qui finissent à la poubelle chaque année faute de transformation. Face à cette décision du Président Patrice Talon, j’ai vraiment des raisons de jubiler parce qu’au-delà de ces tomates de Kpomassè et d’ailleurs, ce sont aussi les oranges de Zakpota, les ananas d’Allada et les mangues de Natitingou qui seront sauvées pour la création d’une plus-value, gage de développement de ces localités du Bénin frappées par une extrême pauvreté alors que le potentiel est là.

Ce n’est pas un appel de pied encore moins une « bip » comme on le dit en langage GSM. Le Chef de l’Etat et son gouvernement ont très bien fait en se penchant sur le sort de ces trésors laissés à la poubelle qu’ils ont hérités de Boni Yayi. Le fonctionnement à plein régime de ces usages relèguera au passé les scènes auxquelles nous sommes habitués dans ces localités du Bénin où chaque année, plusieurs tonnes de produits agricoles finissent dans les poubelles. A Zakpota, grand bassin de production d’orange au Bénin (plus de 15.000 tonnes d’orange par an), les autorités locales se félicitent en tout de cette décision du gouvernement. Pour ces autorités, il faut aller au-delà de la cession intégrale de ces unités de production et créer les conditions pour sortir ces véritables trésors de la poubelle.

Je me joins à ces autorités pour plaider la même cause. Un processus de cession de ces usines à des privés a déjà échoué. Nous ne souhaitons pas que celui-ci échoue. Mais s’il n’aboutissait pas, il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités en faisant tourner ces usines dans le cadre d’un partenariat public-collectivité territoriale. Car en les laissant dans l’état dans lequel elles se trouvent en ce moment, on risque de perdre à jamais plusieurs milliards de F Cfa d’investissements. Oui ! Des cas existent déjà. Allez à la brasserie d’Abomey et vous allez vous en rendre compte. Construite au temps de la révolution, donc avant la privatisation de la béninoise, cette brasserie est aujourd’hui le refuge de bandits de grand chemin et la loge de divers de types de reptiles. Au fil des années, elle a été dépouillée de toutes ses composantes dans un saccage sauvage. Même la société IBB Tasor qui a pris après le risque de la racheter n’a pas pu ramener à la vie. Elle est demeurée un cimetière de milliards de F Cfa d’investissements. Il ne faut pas que les 06 usines de transformation de produits agricoles et les 02 rizeries de Glazoué et de Malanville connaissent ce triste sort.

C’est mon cri de cœur !

Affissou Anonrin

Qui condamner ?

octobre 20, 2016

Il est crié actuellement sur tous les toits que notre pays, le Bénin est en train de vivre une certaine morosité économique, ce qui signifie que beaucoup de béninoises et de béninois ne trouvent point de l’argent facilement. Il est dénoncé en outre, une certaine mévente dans nos marchés. Est-il clair que les béninois apprécient tellement l’argent plus que tout. Leur préoccupation est qu’il circule à flot. C’est vrai, tout le monde a raison. Parce que sans argent l’existence même n’a plus de sens, quand on oublie la présence de Dieu.

Il est entendu souvent que tout ceci se vit à l’avènement de la rupture ou du « Nouveau départ ». Les promoteurs de ces concepts en sont vraiment responsables ? Ce que nous pouvons dire à propos d’une telle préoccupation est que la plupart des personnalités se trouvant au cœur dudit Nouveau départ, ont pratiqué moult prédateurs de l’économie béninoise. Elles ont contribué à effectuer la promotion au haut niveau de ceux-ci. Et c’est à ce niveau que le mimétisme intellectuel fait souffrir le Bénin  et beaucoup de pays africains. Nos « Akowé », c’est-à-dire, nos cadres ou intellectuels hautement diplômés honnêtement ou malhonnêtement exagèrent dans la gestion des fonds publics. Ils oublient que ce ne sont pas seulement la bouche et les jouissances charnelles qui assurent le développement certain et libérateur d’un pays. Mais surtout la tête et les mains qui peuvent jouer convenablement un tel rôle. Car, tout ce qui représente la grandeur de la civilisation de certains continents bien connus apparaît comme un poids insurmontable qui pèse sur notre pays et notre continent comme une chape de plomb. Il est à comprendre que les études doivent se donner la mission de former des citoyennes et des citoyens à cœur honnête, à une âme élevée et généreuse envers nos pays souffrants et croulants. De nos jours, tous les diplômes qui servent à gagner des émoluments et autres avantagesgrandiloquents détruisent nos pays en lieu de les construire. Formons des citoyens pouvant détenir de riche nature, c’est-à-dire la bonté, l’esprit, l’éthique et l’amour désintéressé. Dans le cas contraire, nous continueront de patauger dans la fourberie et la malhonnêteté quasi généralisées. Nous le répétons ici : les peaux noires ne doivent pas être synonymes de mentalités noires. Evitons de nous embourber davantage dans l’ère de la médiocrité come le devinait Gustave Le Bon. Nous sommes d’accord avec la liberté d’expression   qui ne doit pas être confondue avec le bavardage ennuyeux.

Un pays qui bavarde sera toujours incapable de se dire la vérité. Alors que sans  la vérité il n’y a pas de grandeur. Sans grandeur, est-il vécu l’ignorance, la pauvreté incurable, la méchanceté ridicule. Comme Virgile, nous disons ;Timeo Danaos et dona ferentes c’est-à-dire, je crains les grecs et leurs présents. Autrement dit, les développements des idées savantes désorientent les citoyens, au lieu de leur servir des idées faciles à comprendre.

Lazare Sotchoumè

Attaquer le mal à la racine maintenant

octobre 12, 2016

La ville de Cotonou est sous l’eau. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Et dès que les nuages commencent par s’amonceler dans le ciel, les Cotonois ne savent plus où donner de la tête. Ils deviennent tous malheureux. Dame pluie ne leur laisse aucune chance. Il suffit en effet de quelques minutes d’averse seulement pour que leurs habitations se transforment en de véritables lacs charriant toute sorte d’immondices.

Ces derniers jours, le spectacle qu’offre Cotonou, grande métropole du Bénin est tout simplement désolant. Les quelques jours de pluie ont laissé derrière elles des séquelles dans presque tous les quartiers. Mêmes les places publiques et autres grands monuments de la ville qu’administre Léhady V. Soglo ont été touchés. Samedi dernier, impossible de circuler librement dans les alentours de l’historique place de l’Etoile Rouge. Idem sur l’esplanade du Stade de l’Amitié. Dans plusieurs maisons, les séquences du grand orage du samedi 8 octobre 2016 sont encore là. Des quartiers sont encore inaccessibles parce que l’eau a pris d’assaut les rues et ruelles.

Face à cette situation qui a rendu malheureusement impuissants beaucoup de Cotonois, des voix se sont élevées pour faire le procès des actuelles autorités de la Mairie de Cotonou. Les 3 CI, ce fameux programme lancé depuis des années par le maire Léhady Soglo pour lutter contre les inondations à Cotonou ont montré leurs limites. Cette position est d’ailleurs partagée par beaucoup de gens. Et c’est d’ailleurs à juste titre que certains se sont interrogés sur l’utilité des grands caniveaux et autres collecteurs qui ont été réalisés à coût de milliards de F Cfa à Cotonou grâce à l’appui des partenaires.

Oui ! Chacun a le droit de critiquer les 3 CI. Oui ! J’accepte aussi qu’on s’interroge sur les caniveaux. Je veux bien qu’on pose d’autres questions. Mais après l’avoir fait, je veux aussi qu’on se regarde en face pour se dire la vérité. Les autorités actuelles de la Mairie de Cotonou ne peuvent pas aller au-delà de ce qu’elles font actuellement pour lutter contre les inondations à Cotonou. Elles ont atteint comme un ressort leur limite d’élasticité surtout dans un contexte où l’incivisme s’est érigé et règne en maître partout. C’est un leurre que de continuer par croire que Léhady et ses collaborateurs peuvent seuls quelque chose contre les inondations à Cotonou. C’est un fléau qui les dépasse. Et il faut donc expérimenter autre chose.

Dans cette affaire, il faut que la raison d’Etat soit évoquée pour déplacer ceux et celles qui continuent par occuper encore les exutoires naturels des eaux. Ceci, dans le respect des dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990 encore en vigueur dans notre pays, bien entendu. Le ministère du cadre de vie qui mobilise les ressources pour réaliser de grandes infrastructures d’assainissement ne doit plus aussi continuer par fermer les yeux sur l’incivisme des Cotonois qui ont le vilain plaisir de boucher volontairement les caniveaux et les collecteurs avec des déchets d’origine diverse. Osons le dire ! A Cotonou, la règlementation en matière d’érection d’immeubles n’est pas respectée. On construit n’importe comment et n’importe où. Et c’est bien cela qui fait que certaines qui jadis n’étaient inondées connaissent aujourd’hui l’inondation. Cela ne doit plus continuer si on veut que Cotonou soit vivable. Le mal doit donc être attaqué courageusement par la racine.

C’est ce que je crois !

Affissou Anonrin

Maintenir la veille citoyenne

octobre 11, 2016

Ils ont demandé qu’on lui colle la paix. Ils, ce sont ceux-là qui pensent qu’on en fait trop déjà et que les actes que pose le Président Patrice Talon ne doivent pas être passés au scanner de la critique même si ces actes-là écorchent de temps en temps la loi fondamentale du Bénin adoptée le 11 décembre 1990. Ils sont dans leur droit. Seulement, ce qu’ils pensent savoir n’est pas universel.

Le Président Patrice Talon n’a jamais éprouvé une quelconque gêne quant aux critiques qui sont formulées contre ses actes. Où se trouve alors le problème ? Pourquoi des gens veulent-ils qu’on laisse le Président tomber dans les mêmes dérives que celui qui l’a précédé ? Certainement qu’ils livreront plus tard à l’opinion ce qui les a motivés à décréter l’omerta.

Osons le dire ! Le Président Patrice Talon est une chance pour le Bénin. Car depuis 26 ans, c’est le seul Président que nous avons élu et qui a juré faire un mandat unique de cinq ans, période sur laquelle il a annoncé de profondes réformes pour redonner aux Béninois la joie de vivre. C’est vrai  et nous le confessons. Succéder à quelqu’un Boni Yayi n’est pas une chose facile car ce qui a été vendangé en 10 ans est énorme. Et si Talon a décidé de le renverser en cinq ans la tendance, il faut vraiment lui laisser le temps, lui coller la paix comme l’a dit l’autre. Mais hélas !

Ne l’oublions pas. Nous sommes dans un pays où jusqu’à preuve de contraire, la parole est libre et l’omerta est suicidaire. Et c’est ce qui fait d’ailleurs l’essence du processus démocratique dans lequel le Bénin s’est engagé depuis 1990. Au Bénin, les libertés individuelles et collectives ont été chèrement acquises et pour rien au monde, on ne pourra pas demander aux hommes comme Paul Essè Iko, Laurent Mètognon, Goras Gaglozoun…et pourquoi pas aux Béninois lambda, de se taire au moment où se profile à l’horizon le spectre de la confiscation de ce droit acquis.

On ne peut pas se taire sur tout ce que fait notre bien-aimé Président. On ne peut pas se taire lorsque le Président et certains de ses ministres n’ont pas déclaré leurs patrimoines comme le veulent la Constitution et la loi sur la lutte contre la corruption et les infractions connexes en République du Bénin. On ne peut coller la paix au Président Talon lorsque son gouvernement interdit les activités des associations d’étudiants, acte contraire aux dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990 et à la loi 1901. On ne peut se taire non plus lorsque le gouvernement transmet hors délai à la Cour Constitutionnelle pour contrôle de constitutionnalité des lois votées par l’Assemblée Nationale. On ne peut pas se taire lorsqu’une partie importante de certains actes importants pris par le gouvernement ne sont pas enregistrés au journal officiel de la République du Bénin. On ne peut pas se taire. Car se taire, c’est amener le Président Talon à rater le précieux rendez-vous des cinq années que lui confère son ascension à la magistrature suprême de notre pays dans les conditions que nous savons.

Oui ! On doit parler. Et c’est pourquoi je plaide pour que tous ceux qui ont la possibilité de parler parlent pour que le Chef ne se trompe pas et que lorsqu’il se trompe qu’il puisse de corriger.  Nous devons oser dire au Chef et avec la plus grande courtoisie due à son rang que tel ou tel acte qu’il vient de poser n’est pas juste. C’est la seule manière pour nous de l’aider à réussir. La veille citoyenne doit donc se poursuivre quoi qu’en soit le prix à payer. Personne ne sera de trop ; sauf ceux qui veulent induire le Chef que moi j’aime bien dans les erreurs du passé, celles commises par son prédécesseur et qui coûtent très chères au Béninois aujourd’hui.

C’est ce que je crois !

Affissou Anonrin

Un peu de visibilité sur les réformes universitaires

octobre 10, 2016

L’enseignement supérieur au Bénin est à l’ère des grandes réformes. Malheureusement, très peu de parents d’étudiants sont informés de ces réformes-là. Mis à part le resserrement de la carte universitaire qui a fait grand bruit, plusieurs autres réformes sont déjà annoncées par les autorités universitaires, avec à leur tête, le Recteur Brice Sinsin de l’Université d’Abomey-Calavi. Les Recteurs des autres Universités, on les entend malheureusement moins.

A la rentrée prochaine, l’accès dans les facultés ne sera plus possible pour n’importe quel quidam. Pour s’inscrire, chaque étudiant doit d’abord obtenir le quitus d’une commission qui a préalablement statué sur son dossier. Tant pis pour les enfants de pauvre qui n’auraient pas été retenus. Cette réforme, beaucoup de parents ne la connaissent malheureusement pas encore.

En dehors de cette réforme dont l’une des conséquences pourrait être l’impossibilité aux enfants de pauvres d’accéder à l’enseignement supérieur, plusieurs autres réformes ont été annoncées il y a quelques jours par le Recteur Brice Sinsin. Ces réformes touchent la Faculté des lettres, arts et sciences humaines. Selon les informations révélées par nos confrères du Journal  » La Nouvelle Tribune », cette grosse faculté en termes d’effectif et de départements n’existera plus. Elle sera saucissonnée en plusieurs instituts. On aura donc l’Institut des arts, l’Institut de géographie, l’Institut des sciences sociales, l’Institut des sciences de l’éducation…Il est aussi annoncé que l’Ecole du patrimoine africain (Epa) sera placée sous la tutelle scientifique de la Flash tout en gardant son statut d’Institution internationale comme l’Irsp qui est sous la tutelle scientifique de la Faculté des sciences de la santé.

L’initiative est louable car elle permettra les grands problèmes auxquels l’Université d’Abomey-Calavi et les autres universités naissantes sont confrontées dans leur fonctionnement et dans l’organisation de la transmission puis de l’évaluation de la connaissance dans ce haut lieu du savoir. Oui ! Osons le dire. La pagaille a assez duré au point où on se demande s’il faut continuer par accorder du crédit aux diplômes qui sont délivrés par les Universités publiques du Bénin.

Tout en saluant ces premiers pas qui sont posés, nous plaidons pour qu’une grande visibilité soit donnée à ces réformes. Elles doivent être connues de tout le monde et non d’un petit groupe. L’information autour de ces réformes doit être accessible à tout le monde et non à une minorité. Encore qu’il est temps, les grands médias du pays doivent être mis à contribution pour éviter l’intoxication dont les réseaux sociaux sont des spécialistes.

Au-delà des facultés classiques, le ménage doit être aussi fait dans certaines écoles et instituts. Oui ! Il y règne dans ces écoles un désordre qui ne dit pas son nom. L’entrée dans les écoles et autres Institut de l’Université d’Abomey-Calavi par exemple, et pourquoi pas des autres Universités n’est plus au mérite. L’espèce sonnante et trébuchante a commencé par dicter sa loi, faisant ainsi le lit à une généralisation de la privatisation de l’enseignement supérieur. La tendance peut être inversée. Au nom de la qualité de l’enseignement dispensé dans ces hauts lieux du savoir.

C’est mon cri de cœur !

 

Affissou Anonrin

Ne pas tomber dans le piège

octobre 7, 2016

Le conseil des ministres du mercredi 6 octobre 2016 a accouché d’une décision historique. Le gouvernement du Président Patrice Talon au sein duquel pullulent pourtant d’éminents défenseurs des droits de l’homme a décidé d’interdire toutes les manifestations sur les quatre universités publiques du Bénin. Raison évoquée, la préservation de la sécurité. En clair, ni l’Unseb, ni la Fneb, ni le Synraes (puisque les professeurs qui font partie de la communauté universitaire manifestent aussi) encore moins l’Uneb et je ne sais plus quelles autres organisations estudiantines ne pourra organiser quelque manifestation sur ces universités.

Sur la toile et dans plusieurs milieux syndicaux, des voix se sont rapidement élevées pour condamner cette décision gouvernementale. Les rouges de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin dont le Secrétaire général est Paul Essè Iko ont demandé au Président Patrice Talon de ne pas franchir la ligne rouge. Un peu comme pour paraphraser l’autre. Le remuant Dieudonné Lokossou de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) n’a pas lui aussi manqué de désavouer Patrice Talon et ces ministres à travers cette décision qu’ils viennent de prendre. Au niveau des syndicats des étudiants, c’est aussi le tôlé ¨général. Chaque responsable syndical est allé de son imagination et de sa verve pour dénoncer le coup d’arrête du régime Talon à la liberté syndicale garantie par la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 à travers plusieurs de ses dispositions.

 » Interdire d’activités même temporairement les associations d’étudiants sur les différents campus du Benin me paraît grave comme décision d’un gouvernement qui prône la rupture et le nouveau départ. Évoquer de plus des raisons de sécurité apparaît aussi comme un aveu d’échec du pouvoir qui nous dirige depuis 6 mois. Je n’ose même pas conclure que de graves menaces planent sur les libertés dans ce pays « , tel est le commentaire qui a été fait de cette décision par mon confrère Gaspard Adjamonssi sur sa page Facebook.

Selon l’article 25 de la Constitution du 11 décembre 1990,  » L’Etat reconnaît et garantit, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d’aller et de venir, la liberté d’association, de réunion, de cortège et de manifestation. Plus loin à l’article 31 de cette même loi fondamentale encore en vigueur en République du Bénin, il est clairement écrit ceci :  » L’Etat reconnaît et garantit le droit de grève. Tout travailleur peut défendre, dans les conditions prévues par la loi, ses droits et ses intérêts soit individuellement, soit collectivement ou par l’action syndicale. Le droit de grève s’exerce dans les conditions définies par la loi « .

En prenant la décision interdisant les manifestations sur les campus universitaires, le gouvernement du Président Talon a-t-il pris la peine de lire ces dispositions de la Constitution ? La question mérite en tout cas d’être posée. Ayons le courage de le reconnaître. La décision de Talon est en conflit avec la loi fondamentale du Bénin. Je ne parlerai pas de violation puisque je ne suis pas le juge constitutionnel. Mais la réalité est là et saute à l’œil. Cette décision de Talon doit être combattue au nom de la préservation des acquis de la conférence nationale.de février 1990.

Nous devons protester contre cette décision car se taire, c’est tomber dans le piège tendu par le Président Patrice Talon. La protestation à laquelle je convie les uns et les autres ne sera pas violente encore moins bruyante. Face à cette provocation du gouvernement, je n’appellerai pas les Etudiants et les Enseignants des quatre universités publiques du Bénin à une révolte population ou à prendre d’assaut les rues. Je les inviterai à user de toutes les voies de recours qu’offre la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 pour dire non à cette imposture. Je plaide pour que la décision du gouvernement soit tout simplement déférée devant la Cour Constitutionnelle et après chacun pourra aviser.

En tout cas, ce sont les premiers signes d’une dictature qui ne dit pas son nom qui sont ainsi annoncés. Aujourd’hui, ce sont les Etudiants et indirectement les enseignants des quatre universités publiques du Bénin qui sont visés. Demain, ce sera le tour de qui ? Certainement des syndicalistes et pourquoi pas des politiciens et des autres composantes importantes de la Nation. Il urge d’agir. Bien entendu dans les règles de l’art.

C’est ce que je crois !

Affissou Anonrin

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