Danialou Sagbohan à sa descente à l’aéroport le vendredi dernier : « Le Festival des Arts Vodoun a été un succès total »

novembre 14, 2016

Le  Festival des Arts Vodoun édition 2016 a vécu du  22 au 23 Octobre 2016 à Bruxelles.  Le vendredi 11 novembre 2016, aux environs de 20h30,  la délégation conduite par Danialou Sagbohan est revenue au bercail. Pour l’artiste, cet événement a été d’une réussite puisqu’il a changé tant du côté des blancs et des africains  la perception qui est faite du vodoun. 

Grâce au  Festival des Arts Vodoun,  la richesse de la culture béninoise en l’occurrence, le vodoun sous toutes ses facettes   a été fait découvrir  aux Africains et au monde entier. Cet évènement, initiative  de la  section Belgique du Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (Hcbe), sous la direction du délégué général Monsieur Kinoss Dossou s’est donc tenu du 22 au 23 Octobre 2016 à Bruxelles. Au cours du festival, il y  a eu  des conférences, débats animés par des professeurs d’université, des chercheurs et des prêtres vodoun venus du Bénin, de Haïti, de Cuba. Des séances de gastronomie étaient  au menu de même que des expositions, concerts de musique d’inspiration vodoun. Le géant concert, l’apothéose de l’événement a été animée par l’homme-orchestre Danialou Sagbohan. Occasion pour le public de revisiter un pan de la culture béninoise, à travers plusieurs rythmes et danses faits dans les couvents et lors des grandes manifestations royales  au Bénin. « J’étais vraiment content de voir des gens qui ne sont mêmes pas africains exhibés à ce festival des pas de danses de vodoun. J’ai vu des prêtes, des religieux en soutane danser les rythmes vodoun.   C’était très émouvant. Le festival a été un succès total. J’ai déjà des élèves lesquels viendront de la Hollande, d’Allemagne qui attendent venir au Bénin rien que pour prendre la percussion vodoun. A travers donc mon spectacle, j’ai fait comprendre aux festivaliers que moi je suis dans la musique vodoun. Et le vodoun, c’est beaucoup de percussions et beaucoup de mélodies. Je fais comprendre que le vodoun c’est de l’art. Vu l’engouement que nous avons eu sur le terrain, je dis qu’il fallait absolument faire ce déplacement. Si ce festival devrait se rééditer, il faudra travailler sur la compréhension de vodoun aux compatriotes. Le festival des arts vodoun est un festival culturel. La culture est la seule chose que le Bénin a à vendre au monde », a confié Danialou Sagbohan à sa descente de l’avion à l’aéroport cardinal Bernardin Gantin. Son souhait est de voir rééditer l’événement pour le bien de la culture béninoise.  Il faut noter que ce festival est un évènement majeur de renforcement de l’attractivité de la destination Bénin, de rayonnement international de la culture béninoise et de notre patrimoine national des arts vodoun en particulier.

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Ministère du tourisme et de la culture :  Le « mépris » du ministre  Ange N’koué dénoncé par les acteurs culturels

novembre 14, 2016

La plateforme des confédérations  et des fédérations d’artistes et d’acteurs culturels du Bénin sont très remontés contre le ministre du tourisme et de la culture Ange N’koué. Elle l’a fait savoir le vendredi 11 novembre 2016 au Hall des arts lors d’une conférence de presse. Elle  a, au cours de celle-ci  dénoncé le «  mépris » de la part de leur autorité de tutelle.

Les réformes en cours dans le secteur de la culture, le projet du budget  exercice 2017 et la problématique du Bureau béninois  et des droits d’auteurs et des droits voisins (Bubedra), voilà les trois axes sur lesquels s’est déroulée la conférence de presse organisée par la plateforme des confédérations et des fédérations d’artistes culturels du Bénin. Pour le porte-parole de la plateforme des confédérations et des fédérations d’artistes culturels du Bénin Pascal Wanou, trois raisons justifient le « mépris » du ministre Ange N’koué. Il y a, dit-il, le mépris des règles et des réalités  du secteur culturel malgré l’existence des lois qui régissent le secteur. A côté de cela s’ajoute le « mépris » de la vérité et de l’intelligence de l’autre et le mépris des hommes et des acteurs culturels. Au regard de tout ceci et aux dires de Pascal Wanou, cela montre que le ministre Ange N’koué s’impose pour faire passer ces décisions.  Le cas qui les a touchés le plus est la rencontre qu’elle a eue avec le ministre Ange n’koué le 09 août 2016.  Au cours de cette rencontre aux dires de Pascal Wanou, le ministre Ange N’koué leur a présenté magistralement le nouveau visage du fonds de la culture par son entendement. « Nous lui avions fait des propositions. Mais le ministre Ange N’koué n’a pas pris celles-ci en compte », a dit Pascal Wanou. La plateforme des confédérations et des fédérations d’artistes culturels du Bénin a entrepris des démarches. Face à toutes ces démarches, il va se poser des problèmes juridiques sans précédent lorsqu’il va s’agir d’engager les actions de la part du ministre Ange N’koué.

Parlant du projet de budget exercice 2017 du ministère du tourisme et de la culture, Pascal Wanou a fait observer qu’il y a une grande déception et un sentiment de révolte. Ce budget revu à la hausse passe de six milliards-cinq à trente-cinq milliards sept. « Nous ne voyons aucune explosion. Mais il y a d’injustice à corriger dans ce budget  », a martelé Pascal Wanou. Il urge donc de faire toutes les corrections qui s’imposent, a souhaité Pascal Wanou. Pour lui, le ministre Ange N’koué n’est pas en train d’aider le chef de l’Etat à réussir son mandat.

 La problématique du Bubedra

Les problèmes du bureau béninois du droit d’auteurs et des droits voisins sont multiples et multiformes. Il y a, aux dires de  Eric Thomson le dossier « Copie privée ». Cet état de choses n’arrange pas les artistes du fait de l’utilisation et de l’exploitation de leurs œuvres à partir des nouveaux supports de consommation que sont clef Usb, carte mémoire, disque dur, téléphones.Malgré la mise en œuvre des dispositions de la loi relative au droit d’auteur au Bénin ce phénomène de « Copie privée » demeure toujours. Prenant l’exemple du Burkina Faso, la Côte d’Ivoire ou ses droits sont bien respectés, le Bénin par contre bafoue ces dispositions. «  Le Chef de l’Etat n’a qu’à instruire le ministre Ange n’Koué pour que cette loi soit prise en compte », a martelé Eric Thomson

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Festival des Arts Vodoun à Bruxelles : La délégation conduite par Danialou Sagbohan au bercail ce jour

novembre 12, 2016

La première édition du Festival des Arts Vodoun s’est tenue du 22 au 23 Octobre 2016 à Bruxelles. Cette initiative saluée par plus d’un  a été l’initiative  de la  section Belgique du Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (HCBE), sous la direction du délégué général Monsieur Kinoss Dossou. Après le festival, la délégation conduite par Danialou Sagbohan rentre au  bercail ce jour vendredi 11 novembre 2016.

Mission accomplie. Grâce au  Festival des Arts Vodoun, la richesse de la culture béninoise en l’occurrence, le vodoun sous toutes ses facettes a été fait découvrir  aux Africains et au monde entier. Désormais, beaucoup savent que le vodoun a joué un rôle positif chez beaucoup de personnes. Le présent festival qui s’est donc tenu du 22 au 23 Octobre 2016 à Bruxelles a donc eu à  changer la perception qui est faite du vodoun. Les manifestations se sont déroulées  en trois étapes. Il a eu  des conférences, débats animés par des professeurs d’université, des chercheurs et des prêtres vodoun venus du Bénin, de Haïti, de Cuba.Des séances de gastronomie étaient  au menu de même que des expositions, concerts de musique d’inspiration vodoun. Ce festival a pris  fin sur un géant concert animé par l’homme orchestre Danialou Sagbohan après des activités en Amsterdam, Lille. Le comité d’organisation a tout mis en place pour faire de l’événement une réussite totale. Après un festival réussi, la première  délégation conduite par Danialou Sagbohan et le Professeur Koffi  rentre ce jour vendredi 11 novembre 2016 au pays avec une grande satisfaction tant du public que des organisateurs.  Rappelons que  le Festival des Arts Vodoun est initié par la section Belgique du Haut Conseil des Béninois de l’Extèrieur (HCBE), sous la direction du délégué général M. Kinoss Dossou. Il faut dire que cette première édition sera élargie aux représentations artistiques en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Ce festival est un évènement majeur de renforcement de l’attractivité de la destination Bénin, de rayonnement international de la culture béninoise et de notre patrimoine national des arts vodoun en particulier. L’organisation de ce festival original à travers les différentes séquences prévues, cadre fort heureusement avec la stratégie de promotion et de vulgarisation des traditions des arts et autres pratiques endogènes.

Victorin Fassinou

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Miss Naïades 2016 : Cotonou abrite le Concours panafricain de beauté le 12 novembre (Une vingtaine de pays africains en compétition)

novembre 7, 2016

Le Concours panafricain de beauté, les Naïades, édition 2016, se tiendra  le  samedi 12 novembre 2016 dans la grande salle Vip de Dream Beach à Cotonou. Cet événement culturel d’envergure internationale va connaître la participation des représentantes de vingt-six  (26) pays africains. C’est ce qu’ont annoncé les organisateurs à la faveur d’une conférence de presse qu’ils ont organisé le vendredi 04 novembre 2016 au Bénin royal hôtel à Cotonou.

Des dauphines d’une vingtaine de pays africains seront en compétition à Cotonou  pour la couronne de beauté « Miss Naïades ». Pour le Comité d’organisation, ce concours panafricain de beauté qui consiste à faire compétir  les dauphines de plusieurs pays africains, fera danser et faire voir de belles prestations de taille. En effet, Naïades, c’est le nom donné à  la première élection du concours miss dans le monde. Les  quatre candidates qui se sont  présentées à ce concours  étaient belles au point où, aucune d’entre elles n’est rentrée en possession de la couronne de beauté.  Faire progresser le concept né en 2001, c’est ce qu’ambitionne le comité d’organisation. Nous voulons montrer au monde qu’on peut partir de mine de rien pour une grande chose, a laissé  entendre le promoteur, M. Eustache Mikida. Les plus belles voix de la musique africaine seront de la partie pour agrémenter la soirée qui s’annonce glamour. L’événement sera  également riche  en sonorités. Parmi les artistes annoncés, nous  citerons, Dj Mix, Sessimè, Edou. Plusieurs innovations sont donc annoncées pour marquer le 13ème anniversaire. A en croire le promoteur, M. Eustache Mikida, pour la circonstance assisté du Président Alain Adjibadé, l’événement va connaître pour cette édition pas mal d’innovations. Outre l’élection, la soirée sera agrémentée par des défilés de modes de grands stylistes qui viendront de plusieurs pays d’Afrique.   « La fête sera belle. Ne vous faites pas conter l’événement »,  ont lancé  les organisateurs, qui ont  promis offrir au public un spectacle époustouflant. Rappelons que l’objectif visé par ce concours est de contribuer à une intégration culturelle et de promouvoir la beauté de la femme africaine. L’ambition du groupe est de ramener toute l’Afrique et le monde entier à l’événement.

Victorin Fassinou

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Appuis aux créateurs d’œuvres d’art : Le Centre fait don de matériels de travail au sculpteur Charly Djikou

novembre 3, 2016

Le Complexe culturel (Le Centre ) basé à Godomey a procédé hier mercredi 2 novembre 2016 à la remise de don de matériel de travail à l’artiste sculpteur, Charly Djikou. Dans les locaux dudit Centre, le  Directeur Général du Centre arts et cultures de Godomey (Le Centre)  Dominique Zinkpè a réaffirmé l’engagement de la structure a toujours être aux côtés des artistes pour le bien de la culture.

Le développement de l’art et l’amélioration des conditions de vie   et de travail des artistes, créateurs d’œuvres d’art est belle et bien la préoccupation du centre arts et cultures (Le Centre) de Godomey. En témoigne la remise de don de matériels  de travail qu’il a fait hier à l’endroit de l’artiste sculpteur, Charly Djikou.  Estimé à 5000 euros environs, ce don est tout un ensemble d’instruments modernes utilisés dans le travail de sculpture de la pierre. Aux dires, de Hyppolite Atakou, qui a présenté le matériel,  l’artiste Charly Djikou a été choisi par le Promoteur du centre  Robert Vallois pour recevoir ces outils. Et pour cause, M. Vallois lors de sa visite au Bénin, a été séduit par le travail  et le professionnalisme de l’artiste.  Aux dires du Directeur Général du Centre arts et cultures de Godomey (Le Centre)  Dominique Zinkpè, à travers ce don, M. Vallois et le Centre voudraient inciter l’artiste  à mieux faire et d’autres artistes de toutes disciplines à donner le meilleur d’eux- mêmes de par leur travail. Dans son mot, M. Zinkpè a salué l’audace de l’artiste récipiendaire d’aller  vers  le travail de la pierre.  A travers donc ses œuvres, Charly a montré  que le Bénin a de très belles pierres.  Ce don est donc juste un encouragement  de Centre et de Robert Vallois. A son tour, le récipiendaire, a reconnu les mérites de M. Vallois et son soutien constant aux côtés des artistes béninois. Pour lui, le présent don est la preuve patente de l’engagement de M. Vallois et de l’équipe de coordination de «Centre ». « Depuis que je travaille, c’est la première fois que je reçois un outil en guise d’encouragement. Je ne vais pas dormir sur mes lauriers. Ce matériel de travail est venu me motiver davantage à toujours bien faire ce que je fais avec passion depuis des années. J’utiliserai, ces outils à bon escient » a-t-il confié.  Aux dires du  Directeur général, Dominique Zinkpè, cette remise n’est qu’un début. Le meilleur reste à venir de la part du Centre.

Victorin Fassinou

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Fitheb Migratoire Lokossa 2016 : Lokossa satisfait des deux jours de spectacles (Encore un pari gagné pour Erick-Hector Hounkpê et son équipe)

novembre 2, 2016

La cité de l’Espérance, connue sous l’appellation de Lokossa  a accueilli du vendredi  28 au samedi 29 octobre 2016,  les manifestations du Fitheb Migratoire 2016.  Occasion pour le public de la localité de découvrir pas mal de groupes artistiques et troupe de théâtre de par leurs prestations. Pour la population, ces deux jours du Fitheb migratoire de Lokossa 2016 se sont déroulés à la satisfaction de tous, raison pour laquelle, les spectateurs ont tous décerné un satisfecit au Directeur du Fitheb, Erick-Hector Hounkpê et son équipe pour cette initiative du Fitheb Wxe Xi.

Lectures scéniques, des représentations théâtrales, et des animations faites de danses et rythmes traditionnels. Tel est le cocktail d’activités qu’a offert le comité d’organisation du  FITHEB Migratoire  Lokossa édition 2016, aux populations de la ville de Lokossa. A travers donc, ce riche répertoire, les  populations de la ville ont vécu pendant les deux jours une  messe du théâtre digne de nom. C’est l’enceinte du Complexe scolaire Enfant Adolescent Epanouis de Lokossa qui a accueilli le vendredi 28 octobre la première activité. Il s’agit de la première lecture scénique. Ici, le  public essentiellement fait  d’élèves, de lycéens  et de quelques enseignants a eu droit à une présentation spéciale de la pièce théâtrale   La Secrétaire particulière» du Professeur Jean Pliya, ce livre au programme pour la classe de 4ème. A l’occasion, les jeunes ont été incités à s’intéresser à la chose théâtrale. Après cette activité, à l’esplanade de la Maison des jeunes de Lokossa, les spectateurs ont eu droit des prestations du groupe « Assi lé assi mè bôbô bô ». Mais avant, il y a eu une plage de jeux où les meilleurs ont reçu sur champs des lots de consolations faits d’étrennes du Fitheb et d’autres gadgets offerts par quelques bonnes volontés.  Le clou de la soirée a été le spectacle de théâtre présenté par la Compagnie trait-Union. A travers donc la pièce « le collectionneur de vierges » de Florent Couao-Zotti, les comédiens de la compagnie ont fait voyager le public dans un monde fait d’humour, de fou-rire, et riche en leçons de vie.  Ceci avec la complicité de cinq acteurs bien avertis du théâtre. La première journée a pris fin avec la satisfaction du public qui ne faisait que faire pleuvoir les tonnerres d’applaudissements.

Mission bien accomplie !

Le deuxième jour au  Complexe scolaire  »Carrefour de la Réussite », la deuxième lecture scénique pour la présente saison a été présentée. C’est   Le Gong  a Bégayé» de Apollinaire Agbazahou , l’ouvrage au programme de la classe de la seconde,  qui a été lu par  les élèves , ces comédiens en herbe.  En une heure environ, ces apprenants ont fait savoir à travers la lecture les facettes de l’œuvre  qui est un plaidoyer pour une histoire de danxomènou décomplexée. Les atteintes fixées pour l’activité ont été atteintes puisqu’à l’unanimité, les élèves ont reconnu que la présente lecture scénique  les a sensibilisés à la culture théâtrale et  d’améliorer  leur niveau de lecture.  Le but de l’exercice de la lecture scénique, aux dires du Directeur du Fitheb Erick-Hector Hounkpê est de de sensibiliser à la culture théâtrale et   de mettre sur pieds des clubs des amis du Fitheb. L’ambition de son équipe, est d’amener les jeunes élèves et lycéens vers les loisirs saints pour des futurs dirigeants saints.  Le souhait de son staff est donc, poursuit-il, de voir ces clubs organiser régulièrement des lectures scéniques qui vont impacter positivement le milieu scolaire et d’amener ces jeunes à aimer le théâtre. « Un peuple sans théâtre, c’est un peuple cercueil », a fait savoir Hounkpê qui ajoute que la lecture scénique est une porte vers le spectacle. Sur l’esplanade de la Maison des Jeunes de Lokossa, le public de Lokossa  a vu du beau. Dans une première partie, les groupes Yémalin,  et les 3D ont égayé, pendant près de quarante-cinq minutes les spectateurs qui n’ont pas voulu se faire conter  l’événement. S’en est suivi le  spectacle « L’Origine des fous » de  Alexandre Atindoko et de Jean-Louis Kedagni.

L’artiste  Baba emballe le public dans une mésaventure ridicule

Mais avant, il y a eu  le passage, one-man-show, très attendu du public, de l’artiste Gérard Hounnou alias Baba qui  a reçu l’assentiment des milliers de spectateurs venus assister à la soirée sur l’esplanade de la Maison des jeunes de Lokossa. D’abord l’annonce de l’artiste après une série de prestations de groupe d’animations, a suscité pendant quelques minutes des tonnerres d’applaudissements. Trente secondes après, une voix retentit derrière la foule et tente d’évoluer vers le podium. A 21h51, l’artiste apparaît dans un accoutrement comique. « C’est Baba ! C’est lui-même », éclate de rire le public.  Sans habit, il porte un cache-sexe métallique d’une couleur rouge vive qui est bloqué par un cadenas de taille importante. « Non ! Ce n’est pas moi ! Vous pensez que vous pouvez me créer de problèmes », lance Baba jusqu’à s’installer sur la planche. Seul sur scène, l’artiste emporte le public très attentif dans un one man show piquant qui va installer le public dans un enthousiasme. Baba, cet artiste comédien béninois aux talents authentifiés a tenu en haleine le public de Lokossa à travers cette création humoristique d’un niveau approprié. Il s’agit de  « M’Pigo » traduit  littéralement « je refuse ». Dans son one-man-show, l’artiste dans un récit entrecoupé d’humours et de plages de rires, justifie les raisons du choix de son costume, cette trouvaille métallique. En effet, dans « M’Pigo », il s’agit d’un homme qui a connu de mésaventure en matière de vie conjugale. Sa première femme dotée à 800.000 F cfa, ne sait pas faire la cuisine. L’époux passa des mois à faire la diarrhée. Après cette expérience malheureuse, l’homme prit encore une autre femme avec une dot plus coûteuse (900.000 f cfa). Celle-ci de teint clair, fit trois enfants avec celui-ci. La situation s’est donc empirée davantage puisque des trois enfants qu’ils ont eu, un seul est son enfant. Ses trois parcelles ont été partagées à son insu. Lui et le seul enfant n’ont rien eu. C’est cette  vicissitude qui oblige cet homme à opter désormais pour le célibat. La famille gênée de voir leur fils dans le célibat prit une troisième femme à cet homme. Mais cette femme sorcière a également des parents sorciers et douze enfants tous sorciers. En sept jours seulement, la nouvelle  femme envoûte toute la maison. Ne pouvant pas la renvoyer pour ne pas désobéir à ses parents, l’homme alla se renseigner à la mairie pour l’obtention d’un certificat de célibat. Le maire s’y oppose. A cette triste situation s’ajoute le décès de son frère. Celui-ci aurait succombé pour défaut de sang. Les rapports sexuels abusifs ont provoqué une anémie qui prit le dessus en l’aidant à passer de vie à trépas. Notre homme va chez le médecin pour qu’il le rende impuissant mais sans succès. Il commença par chercher d’autres solutions. C’est là, l’idée du cache-sexe métallique. Il commanda chez son soudeur sa camisole qu’il ferme à cadenas. Il jeta par la suite, la clé dans un cours d’eau : game over. Les tentatives de la femme pour avoir cet homme et avoir un rapport sexuel avec lui ont été vaines puisque ce slip ne peut plus s’enlever comme les autres. L’homme réussit donc son coup. Pendant donc une dizaine de minutes, Baba a offert un one-man-show époustouflant qui a emballé le public dans une mésaventure ridicule. La femme révoltée mobilisa les autres femmes pour une marche de protestation suivie de la lecture d’une motion au ministère de la famille.  Un spectacle qui a laissé le public sur sa faim à cause de la chute brutale de la scène.

Victorin Fassinou

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Lecture scénique de La Secrétaire particulière»  et du Gong a Bégayé» : Le Fitheb Wxe Xi donne envie de lire  et d’aller au théâtre aux élèves de Lokossa

octobre 31, 2016

Les deux jours de la messe du théâtre dans le cadre  du Fitheb migratoire Lokossa ont enregistré deux lectures scéniques. Il s’agit de la  pièce théâtrale La Secrétaire particulière» du Professeur Jean Pliya et le Gong  a Bégayé» de  Apollinaire Agbazaou. Des moments qui ont permis à ces jeunes apprenants des lycées et collèges de cette ville Cité de l’espérance d’être désormais motivés à lire et à s’intéresser plus à la chose théâtrale.

Le Complexe scolaire Enfant Adolescent Epanouis de Lokossa. C’est là que la première lecture scénique a été  donnée le vendredi 28 octobre. Le public essentiellement fait d’élèves, de lycéens  et de quelques enseignants a eu droit à une présentation spéciale de la pièce théâtrale La Secrétaire particulière» du Professeur Jean Pliya, ce livre au programme pour la classe de 4ème. Cette lecture scénique évidemment caractérisée par l’imitation du personnage qu’incarne le présentateur dans ses faits, gestes, comportements et propos, a été plus  vivante et accompagnée du document par chacun des élèves comédiens en herbe. Ils sont une dizaine à présenter cette lecture au public qui a donné l’occasion de faire voyager les spectateurs dans le livre. Le message semble bien passé au regard des témoignages recueillis auprès de ces élèves à la fin. Grande a été leurs satisfactions de prendre part donc à cette activité qui s’inscrit dans le cadre du Fitheb Migratoire à Lokossa. Et cela n’a pas du tout été  pour eux du temps perdu. Le  message fort qu’a véhiculé la présente lecture scénique se trouve être  « les mauvaises pratiques de la société béninoise auxquelles s’adonnent certains responsables d’entreprises vis-à-vis de leurs collaborateurs ». Malgré que ces jeunes aient pris connaissance du texte à une heure de la présentation, le spectacle a été vivant et n’a laissé indifférent  le Directeur du Fitheb, Erick-Hector Hounkpê , et d’autres aînés de la chose théâtrale à savoir , Alougbine Dine , Directeur de l’Ecole internationale du théâtre du Bénin (EITB) et Sébastien Davo présents à ce spectacle. « Si c’est la première fois que ces enfants lisent ce texte, ils ont de l’avenir », a fait savoir Alougbine Dine qui a invité ces jeunes à s’intéresser au théâtre.  Le théâtre ouvre la tête et rend l’apprenant intelligent,  a-t-il ajouté avant de plaider pour que le Directeur du Fitheb apporte d’autres spectacles à ces élèves.  Le Directeur de l’établissement, Georges Béhanzin, a à son tour remercié  le Directeur du Fitheb pour cette idée d’amener la lecture et le théâtre  vers les élèves.

Mettre sur pieds des clubs des amis du  Fitheb

Le deuxième jour au  Complexe scolaire  »Carrefour de la Réussite », la deuxième lecture scénique pour la présente saison a été présentée. C’est le  »Le Gong  a Bégayé», de Apollinaire Agbazahou , l’ouvrage au programme de la classe de la seconde,  qui a été lu par  les élèves , ces comédiens en herbe.  En une heure environ, ces apprenants ont fait savoir à travers la lecture les facettes de l’œuvre  qui est un plaidoyer pour une histoire de danxomenou décomplexée. Les atteintes fixées pour l’activité ont été atteintes puisqu’à l’unanimité, les élèves ont reconnu que la présente lecture scénique les a sensibilisés à la culture théâtrale et  d’améliorer  leur niveau de lecture.  Le but de l’exercice de la lecture scénique, aux dires du Directeur du Fitheb Erick-Hector Hounkpê est de sensibiliser à la culture théâtrale et  de mettre sur pieds des clubs des amis du Fitheb. L’ambition de son équipe, est d’amener les jeunes élèves et lycéens vers les loisirs saints pour des futurs dirigeants saints. Le souhait de son staff est donc, poursuit-il, de voir ces clubs organiser régulièrement des lectures scéniques qui vont impacter positivement le milieu scolaire et d’amener ces jeunes à aimer le théâtre. « Un peuple sans théâtre, c’est un peuple avec cercueil », a fait savoir Hounkpê qui ajoute que la lecture scénique est une porte vers le spectacle.

Victorin Fassinou

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Espace culturel Africa Sound City  : Toujov enflamme le public de Cotonou ce samedi

octobre 28, 2016

L’artiste chanteuse de nationalité béninoise Ruth Yolande Tomèty plus connue sous l’appellation de Toujov donne ce samedi 29 novembre 2016 un concert live à l’espace culturel Africa Sound City à Cotonou dans la vons face à la pharmacie Kindonou. Ce  spectacle tant attendu par le public et les fans de l’artiste s’annonce être époustouflant. 

« Mon concert de Africa Sound City donnera, sera inédit. Il y aura de l’électricité en l’air. Je dis mille regrets aux absents », a laissé entendre l’artiste chanteuse Toujov.  Comme de tradition chez l’artiste, ce concert sera l’occasion de sensibiliser le public  sur plusieurs maux qui minent  le pays. La plupart des morceaux qui seront exécutés sont des messages de paix d’amour de travail bien fait, du respect mutuel. Le cocktail prévu pour être servi est un mélange de variétés faites de musique moderne, traditionnelle et moderne d’inspiration traditionnelle. Le présent concert live  va  également  offrir au public  de découvrir la femme de talent  et la bête de la scène

qu’est Toujov depuis des années. Une occasion à ne pas rater donc.  En effet, femme polyvalente,   Ruth Yolande Tomèty alias  Toujov   a atteint le virus de chanter à l’âge de 12 ans où elle a commencé par composer ses propres chansons. La toute première est « Pardonne moi papa ». Après plusieurs années de perfectionnement dans le domaine, elle sort son premier opus «Merci» en 2006. En 2007, Toujov sort un single sur l’histoire du royaume d’Allada : «Kpozêhouê». Cette même année, elle prend part au festival «Lissa» du célèbre groupe Gangbé Brass band. En 2008 où elle a participé au festival Sica, elle offre au public béninois, deux chansons dont la première est dédiée à la femme vierge. En 2008, elle sort un second single intitulé «Démidjêté» qui est consacré à la sensibilisation sur les dangers de l’utilisation du téléphone portable au volant. Cette chanson l’amène à participer  aux campagnes de sensibilisation qu’organise le Centre national de sécurité routière (Cnsr). Un an plus tard, elle signe son deuxième album, «Le défi». Ce livre sonore est une compilation de huit (08) morceaux qui abordent plusieurs thèmes de la vie dont l’amour, le courage et l’espoir en Dieu. Les rythmes les plus  pratiqués par l’artiste  sont  ceux de son  pays le Bénin. Il s’agit de  Tchinkoumè, Massè et Agbadja. Pour satisfaire les fans des rythmes modernes, elle fait aussi le  Zouk, et le  Soyoyo. L’année 2011  a compté plusieurs de ses projets. Il s’agit notamment du projet «La musique béninoise ira loin (Mbil)» qui a connu un succès très appréciable. En février 2013, elle signe son troisième livre sonore qu’elle baptise « Ma Mission ». Cet album qui fait suite  au  deuxième album lancé en 2009, est un livre sonore longtemps  attendu par les mélomanes béninois et étrangers. Ce livre sonore est un mélange  de plusieurs  rythmes béninois bien dansants et  agréables à l’oreille. Pas mal de sujets sont abordés dans cette phonographique. Comme l’artiste en a l’habitude  pour son premier et deuxième album, ce disque est  un véritable canal utilisé pour conscientiser le peuple béninois et  accompagner les actions de développement de la Nation qui sont actuellement menées par certains patriotes en l’occurrence le Gouvernement. Plusieurs langues sont utilisées par Toujov dans cet album pour faire passer son message. Au nombre de ces langues, nous citerons, le Fon, le Mina, le Français et l’espagnol. Outre ce concert, l’artiste a pas mal d’initiatives visant la promotion de la culture béninoise, en projet. A court terme, elle  ambitionne  donner d’autres spectacles live avant 2017.

Victorin Fassinou

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Scarifications faciales au Bénin : De véritables marques d’identité en voie de disparition

octobre 27, 2016

scarificationJadis symboles de marque d’identité et de fierté, les scarifications faciales sont en passe de mode aujourd’hui. En effet, le contact avec les pratiques occidentales, la modernisation, la globalisation, voire l’acculturation de l’africain en général et du béninois en particulier, ont hélas progressivement fait le lit à l’abandon de plusieurs pratiques culturelles et rites traditionnels dont notamment, les scarifications faciales.

L’homme ne s’est humanisé au cours de l’histoire qu’en devenant progressivement un être culturel, c’est-à-dire un être qui ajoute ou substitue aux activités spontanées et instinctives, une activité réfléchie, finalisée et médiatisée par des artifices divers, qui se sont présentés sous forme d’outils et d’instruments simples, avant de se complexifier prodigieusement au cours de l’évolution. Ces artifices ont eu, tout au début de l’évolution de l’humanité, une finalité pratique et utilitaire, en permettant à l’homme de se procurer la subsistance, et ils avaient alors pour fonction de prolonger ou d’accroître la puissance de la force humaine. Cependant, si tous les artifices culturels inventés par l’homme n’ont pas toujours été utilitaires, les scarifications sont un art qui a constitué, de tout temps et dans toutes les sociétés où elles sont pratiquées, une dimension fondamentale de la culture humaine. Les scarifications sont beaucoup plus qu’une simple activité ludique ou une occupation strictement utilitaire.

En effet, l’histoire des scarifications est aussi vieille que celle du monde. Dans les temps anciens, les populations du Danxomey (actuel Bénin), se servaient des signes divers pour marquer leurs origines raciales ou familiales. On scarifie donc hommes, femmes, enfants, pour les intégrer dans la tribu. Cette pratique pour une grande part, exprime l’appartenance à tel groupe ethnique, telle fraction de la société ou tel échelon de la hiérarchie. Cependant, parfois, les soucis utilitaires présidant à cette pratique n’excluent pas que le besoin esthétique d’embellissement puisse intervenir dans la motivation de certains de cet usage.

Notre pays compte près d’une cinquantaine de groupes socio-culturels. On trouve dans chaque groupe presque des scarifications rituelles, des scarifications identitaires, celles-ci se rapprochant beaucoup plus de celles correspondantes aux groupes socio-culturels.

Les scarifications faciales sont pratiquées tant chez les femmes que chez les hommes. Ces scarifications, de dimensions variables, sont pratiquées soit sur les tempes – elles sont de petites dimensions chez les Peulhs par exemple et peuvent aller des tempes au menton chez les Haoussa et les Bariba ; il s’agit alors de véritables balafres -, soit sous les yeux et sur les joues. Selon leurs dimensions et leur situation sur le visage, il est possible de classer les individus dans une catégorie ethnique et sociale déterminée. Leur caractère ethnique, à base de symbolisme, est très net dans certains cas. Les scarifications selon certains témoignages, ont d’autres fonctions. Parfois, elles sont à but thérapeutiques ou de protection. Ainsi donc, même si en majorité, les béninois le font pour s’identifier dans la société ou pour montrer leur appartenance à une divinité vodoun, on scarifie parfois hommes, femmes, enfants pour les soigner, les protéger… C’est le cas des scarifications non identitaires qui suivent en fait des principes médicamenteux à but thérapeutique ou de protection. Un autre type de scarifications est dit «abikou», destiné aux nouveaux-nés pour leur permettre de survivre, dans les cas des mères qui ont perdu plusieurs enfants.

Une véritable carte d’identité

Les scarifications renseignent au simple coup d’œil l’initié sur l’ethnie, la ville, voire la famille d’un individu. Certains considèrent leurs marques comme un insigne de patriotisme. D’autres y voient encore un gage de beauté. D’autres encore pensent que ce marquage tribal peut, tout en attestant l’origine du sujet, lui valoir un régime en faveur. En milieu rural par exemple, ces scarifications servent à attester la légitimité d’un enfant. Elles leur donnent le sentiment d’être les fils légitimes de leurs ancêtres.

On observe au Bénin, plusieurs types de scarifications dont on ignore parfois l’origine et les significations. Chaque groupe ethnique a un dessin qui lui est propre en la matière. C‘est ainsi qu’une strie verticale sur chaque joue signale par exemple, un homme ou femme de la famille Adjovi de Ouidah, tandis que deux stries verticales au-dessus de chaque tempe est propre aux Hountondji originaires d’Abomey. Quant aux Houédah, on remarque deux stries  au-dessus de chaque joue, aux tempes et au front. Cependant, trois stries horizontales sur chaque joue renseignent sur un individu d’Oyo. On rencontre dans le Zou et une partie de la Vallée, les « Holli » qui portent deux stries horizontales sur chaque joue. Dans le Borgou et l’Atacora, on distingue également des scarifications identitaires.

Une pratique douloureuse et à risque

A l’inverse de la peinture et du maquillage, superficiels et passagers, les scarifications créent une modification définitive des tissus cutanés. Le soin de leur réalisation incombe aux patriarches, gardiens de la tradition.

Les scarifications sont donc volontairement créées par l’altération du derme et sont le résultat de cicatrices. L’incision est la technique la plus courante, la peau pouvant être entamée soit par de petites saignées, soit par de longues estafilades. Les instruments sont les mêmes que pour les tatouages, mais s’y ajoutent des lames et des couteaux. Parmi les ingrédients déposés sur les plaies figurent des hémostatiques, (c’est-à-dire des produits qui arrêtent l’hémorragie) mais aussi des cicatrisants. Parfois, on met dans la blessure une teinture naturelle qui colorera la cicatrice.

Il est possible de relever la diversité des motifs en creux ou en relief, dessinant des traits courts et fins, plus ou moins denses, plus ou moins étendus, isolés ou groupés en lignes parallèles.Les marques réalisées par des professionnels varient grandement. Certaines ne sont que de légères incisions alors que d’autres de profondes entailles que l’on élargit avec les doigts.

Une tradition sur le déclin

De nos jours, les scarifications passent de mode. Le fait crève à l’œil aujourd’hui qu’une importante et charmante partie de ce riche patrimoine culturel est  en passe de disparition.

En effet, beaucoup de jeunes hommes et femmes seraient très heureux de se débarrasser de leurs marques. Ce qui hier, était un sujet d’orgueil au sein du clan devient un opprobre à cause des railleries dont on est victime dans d’autres parties du pays.

De toute évidence, la popularité des scarifications décline rapidement. Si les psycho-sociologues expliquent ce fait par la modernisation qu’apportent les jeunes happés par la culture occidentale,il faut ajouter à cela que la douleur, les risques d’infection, mais aussi le mépris et la discrimination dont l’enfant risque d’être victime plus tard, sont autant de facteurs qui amènent les parents à rejeter ce marquage de nos jours.

Aujourd’hui, les jeunes préfèrent se faire plusieurs trous dans les oreilles pour y arborer des boucles d’oreilles que de porter de belles stries tribales au visage. D’ailleurs, il n’est pas rare d’entendre dire de ces «jeunes civilisés» que les scarifications sont des pratiques ancestrales dépassées qu’on ne saurait perpétuer de nos jours avec l’évolution actuel du monde. S’acculturer est donc facteur «d’évolution ou de mode». En clair, la société africaine traditionnelle a été gravement ébranlée par le choc de la colonisation. Tout a été remis en cause : les genres de vie et les croyances, les activités quotidiennes et les relations sociales, les valeurs et les règles de conduite, les pratiques religieuses ainsi que les manifestations culturelles.

Beaucoup de manifestations et pratiques dont les scarifications faciales par exemple, comme du reste l’ensemble des valeurs culturelles de la société traditionnelle, ont été bousculées ou abandonnées ou alors progressivement disparu sous les effets de la modernisation, introduite par la colonisation. L’histoire récente révèle à tout observateur attentif qu’au fur et à mesure des progrès de la scolarisation, de la technologie et de l’urbanisation accélérée, donc de la modernisation, les pratiques et les valeurs esthétiques traditionnelles sont abandonnées : les scarifications et autres pratiques culturelles comme le tatouage, les ceintures de perles, les tresses et les graisses végétales, les peintures corporelles.

En effet, en apportant avec elle l’école, l’idéologie et les conceptions qu’elle véhicule, les nouveaux modes de vie, en substituant les manières, les modes et les mœurs occidentales aux pratiques et relations personnelles, la colonisation a introduit des germes et des causes de déstabilisation et de désintégration des structures et des valeurs religieuses, politiques, morales, esthétiques traditionnelles.

De nos jours encore, le mimétisme dans maints domaines de la vie sociale de nos pays dits pourtant indépendants, manifeste le degré avec lequel l’Afrique a été marquée par la domination coloniale.

La jeune fille béninoise dite «civilisée» préfère se procurer un bijou importé d’Europe, s’habiller chez les couturiers de Paris et de Londres ou leurs succursales à Cotonou ; et à la place des tresses traditionnelles, elle arbore la perruque artificielle coiffée dans un salon spécialisé de la place. Elle substitue les produits cosmétiques importés aux matières végétales (huiles et graisses naturelles) ; elle ne porte de camisole et de pagne qu’à la maison ou lorsqu’elle doit se rendre à une manifestation sociale traditionnelle : nos pratiques et valeurs traditionnelles, notre authenticité et l’autochtone relevant pour elle de l’archaïque, de l’arriérisme et du désuet.

Cependant, si cette attirance de la jeune génération à la culture d’ailleurs traduit l’expression féconde d’un libéralisme total dans les comportements, il faut reconnaître que le risque de l’abandon de ses origines propres est grand! C’est dans ce contexte de dissolution des valeurs et de crise que l’engouement et la propension de la jeunesse vers une nouvelle spiritualité et des valeurs nouvelles doivent être promus et soutenus.

Fort heureusement, l’espoir est permis, avec les masses populaires qui, elles, profondément attachées à leur culture et à leurs valeurs traditionnelles, peu concernées par les perturbations, les complexes et les contradictions engendrées par la modernité et saisissant la vanité des fausses valeurs importées, et incitées d’autres part par la crise des valeurs du monde occidental, se remettent et renouent avec la tradition.

L’identité culturelle d’un peuple, c’est le droit qu’il a de rester lui-même envers et contre toutes les formes d’assimilation et de cultures du monde contemporain. Lequel monde contemporain est caractérisé par une tendance au nivellement culturel, conséquence de la dépendance économique ou politique des pays en voie de développement par rapport aux pays développés.

Cir Raoul HOUNGBEDJI

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5 questions à Yawovi Adem SIEKRO, Chef Bureau Lomé du Comité International de la Croix-Rouge : «Le CICR s’efforce de prévenir la souffrance des populations»

octobre 27, 2016

Le samedi 22 octobre 2016, la Croix-Rouge Béninoise a tenu  son assemblée  générale élective à Porto-Novo.  En marge  de cette assemblée, nous avons interrogé Monsieur Yawovi Adem SIEKRO, chef de bureau du CICR à Lomé. Notre invité  est revenu sur la mission du CICR, les actions de prévention de la délégation régionale d’Abidjan, le rôle du CICR dans la libération  de quelques lycéennes de Chibok et les nouvelles perspectives pour la société nationale de la Croix-Rouge du Bénin.

 

yaoviAdem SIEKRO, à quoi sert le CICR en ces temps de paix, comme nous l’observons au niveau de la sous-région ouest-africaine ?

Le Comité International de la Croix-Rouge est une organisation humanitaire qui a pour mission d’apporter protection et assistance aux victimes de conflits armés et d’autres situations de violence. Le CICR s’efforce, vous vous en doutez, de prévenir la souffrance des populations par la promotion et le renforcement du droit et des principes humanitaires.

Dans un souci d’efficacité, le CICR est structuré de manière à couvrir toutes les régions du monde. Ainsi la délégation régionale d’Abidjan dont dépend le bureau de Lomé couvre 5 pays : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Burkina Faso, le Bénin et bien sûr le Togo. Cette région étant relativement calme, ce sont essentiellement des activités de prévention et d’appui aux sociétés nationales qui y sont menées.

In concreto, quelles actions mène la délégation régionale?

Au titre des actions que nous menons au niveau de la délégation régionale, on peut citer l’assistance aux déplacés et aux réfugiés dans les crises qui ont secoué ou qui continuent de secouer les pays comme le Mali, le Niger ou le Nigéria.Ainsi, les populations installées dans les provinces de l’Oudalan et du Soum, dans le Sahel burkinabé ou celles dans les Etats de Kano et de Bornu au Nigéria. La crise post électorale en Côte-d’Ivoire a fait naître des besoins importants  en matière humanitaire. Heureusement, les choses se sont nettement améliorées mais, le CICR continue de mener ses activités dans l’Ouest du pays pour soutenir les populations qui reviennent notamment du Libéria. Les délégués du CICR visitent des détenus en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Burkina Faso et au Togo, puisque nous avons aussi mandat de par les Conventions de Genève, de visiter les personnes détenues en relation avec un conflit armé ou une situation de violence afin de nous assurer qu’elles sont détenues dans des conditions qui préservent leur dignité. Les observations du CICR à la suite de ces visites sont adressées de façon confidentielle aux autorités. Beaucoup d’actions sont menées comme par exemple, le soutien aux sociétés nationales à travers la fourniture de matériel, la formation, les conseils, et les moyens financiers.  Nous organisons aussi des concours de plaidoirie dans le cadre de la promotion du Droit International Humanitaire

On entend dire que le CICR a joué un rôle  essentiel dans la libération de 21 filles  du Lycée Chibok ? Quel a été ce rôle ?

Le CICR est une organisation neutre. C’est pourquoi nous ne sommes pas impliqués dans les négociations politiques qui ont conduit à la libération des lycéennes de Chibok. Notre rôle a été celui d’un intermédiaire neutre à qui les deux parties en présence ont fait confiance ; nous avons donc apporté la logistique pour transporter les filles du lieu de leur libération vers leurs familles. Et nous sommes prêts à jouer le même rôle, si d’autres négociations aboutissent à la libération des autres filles et que les parties nous le demandent.

La Croix-Rouge du Bénin a retrouvé son unité depuis le samedi dernier. Peut–on dire que la médiation de la délégation  d’Abidjan a porté ses fruits ?

Il faut plutôt dire que c’est tout le Mouvement international de la Croix-Rouge qui est venu en soutien à la Croix-Rouge Béninoise, puisqu’en plus du CICR, la Fédération internationale des Sociétés de Croix-Rouge et de Croissant Rouge (FICR) aussi était présente aux côtés de la CRB. C’est une bonne nouvelle qu’une société nationale retrouve sa cohésion, son unité. Un travail patient et méthodique a été entrepris par les membres de la société nationale. Ce qui a abouti à  l’assemblée générale conformément à la loi. On se réjouit  de ce retour à la quiétude et on souhaite vivement qu’ensemble, les membres de cette société nationale recommencent par travailler pour le bien des personnes vulnérables au Bénin.

Quel est votre message à l’endroit de la communauté de la Croix-Rouge du Bénin ?

Je voudrais d’abord féliciter tous les membres et volontaires qui ont bien accepté de faire preuve de patience et d’esprit de collaboration afin d’arriver à doter la société nationale d’organes désormais représentatifs. C’est aussi l’occasion pour moi d’exhorter les uns et les autres à poursuivre dans la même lancée afin que les Béninoises et les Béninois qui ont besoin de leurs actions puissent être fiers d’eux. Je vous remercie.

 Réalisé par Herbert Tauyé

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