Graves dysfonctionnements dans la construction du nouveau siège du parlement : Le gouvernement du ‘’Nouveau départ’’ s’engage à situer les responsabilités

9 novembre 2016 par  

Le Ministre du Cadre de Vie et du Développement durable, José Didier Tonato et le Garde des Sceaux, Joseph Djogbénou, ont animé conjointement hier 8 novembre 2016, une conférence de presse sur le dossier de la construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale, dont les travaux ont démarré depuis le 04 novembre 2008.  Les deux membres du gouvernement, en faisant successivement des appréciations techniques et juridiques,  ont abordé l’état les différentes phases du projet initié depuis 2002, les milliards investis sans suite favorable et le niveau actuel de la construction de ce siège du parlement. Les acteurs impliqués seront détectés et poursuivis juridiquement.

D’entrée, il urge de préciser que le Conseil des Ministres du vendredi 4 novembre dernier, a autorisé le Ministre du cadre de Vie et du Développement Durable à commanditer un audit technique des ouvrages réalisés en vue d’apprécier la durabilité, de réévaluer le coût définitif d’achèvement du siège de l’Assemblée nationale. Dans ce cadre, il est instruit également aux fins d’apprécier les responsabilités et la pertinence des différents prestataires impliqués dans ce chantier et de commanditer un  audit financier de tous les comptes du projet, et enfin de faire une évaluation juridique  afin d’apprécier la portée et les conséquences de toutes les procédures devant les juridictions.

 Par ailleurs, depuis l’avènement de la Rupture, le Ministre José Didier Tonato a mis sur pied un comité ad hoc pour procéder à une évaluation aux plans juridique, technique et financier, l’exécution des travaux de construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale. Les résultats de ce comté ont conclu à un nouveau coût d’objectif global de près de quarante et un milliard pour la finalisation de tous les travaux de cette première, y compris plus de 2.5 milliards de contentieux, un surcoût de plus de 700 millions dus à la suspension des travaux, 7 milliards de travaux complémentaires et plus de 300 millions de dégradations et avaries. Soit une estimation de 11 milliards de Fcfa de surcoût au projet dû à la suspension et au retard dans sa réalisation, non compris les coûts liés aux éventuelles condamnations en justice. Il faut noter qu’après sept ans du démarrage des travaux marqué de deux ans de suspension, le projet présente une image très mauvaise. On peut noter, entre autre, Le montant total délégué par le Maître d’Ouvrage à la Serhau-Sa est de 22.512.309.758 Fcfa, soit 55,32% du coût d’objectif, le montant total engagé par cette société y compris les honoraires du contrôle et  de la Serhau-Sa elle-même est de 20.730.422.722 Fcfa soit  50,94% du coût d’objectif, depuis janvier 2016, en dehors du lot 11 B Aménagement extérieur-assainissement) qui a évolué timidement, les travaux de tous les autres lots sont presqu’à l’arrêt pour des raisons de validation des travaux supplémentaires et de prise de nouveaux contrats ou avenants y relatifs et il resterait encore à mobiliser pour l’achèvement des 63,66% des travaux, plus de 18 milliards de Fcfa.

De dysfonctionnements graves sont également relayés, au nombre desquels on peut citer, la non maîtrise du coût et du délai d’achèvement du projet, l’existence de travaux non attribués après sept ans d’exécution du projet qui était prévu pour durer deux ans, l’enregistrement de plusieurs travaux supplémentaires sur tous les lots, un trop perçu de 150.254.601 Fcfa par la Serhau-Sa sur des honoraires, des discordances entre les points financiers de paiement des prestataires et les décomptes validés par le maître d’ouvrage, 1.400.000.000 fcfa saisi par la justice suite à une plainte du Groupement Emcr… Vu toutes ces irrégularités notées dans ce projet de construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale, le  Gouvernement du Président Patrice Talon, pour des raisons de créer des conditions d’un aboutissement heureux et dans un délai raisonnable de cette infrastructure impatiemment et légitimement, a pris ses responsabilités pour faire le point de la gestion précédente et situer les responsabilités techniques, et financières au niveau de tous les acteurs impliqués dans la gestion de ce projet.  Cette initiative, à en croire le Ministre Joseph Djogbénou témoigne de l’importance attachée à la construction du nouveau siège de parlement. « Les résultats seront traités juridiquement », a-t-il souligné.

Joseph-Martin Hounkpè

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