Que peut faire la jeunesse ?

2 novembre 2016 par  

Nous avons l’habitude de suivre certains responsables de mouvements de jeunes intervenir au nom de tous les jeunes du Bénin. Ce qui nous invite à nous demander, si les uns et les autres comprennent  le sens de ce mot. Nous avons préféré en ce qui nous concerne définir le mot jeunesse en disant qu’il s’agirait d’une certaine robustesse physiologique et mentale. Ce qui concerne quand même des femmes et des hommes d’un certain nombre d’âge. Etre jeune ne doit pas être une fin en soi. En nous plaçant au plan physiologique, nous pouvons dire que la jeunesse est constituée de celles ou ceux-là détenant une endurance physique terrifiante.Comment faut-il gérer un tel avantage pour qu’il soit profitable à notre pays par exemple ? Nous commençons par répondre en disant que, vue sous cet angle, concerne sa capacité de participer à l’édification édifiante du pays. Le progrès politique, économique et social d’un peuple ou d’une nation, ne se conçoit pas sans une contribution effective de la jeunesse. Elle se révèle comme un facteur important du progrès. La jeunesse peut se politiser non pas pour soutenir un homme, une organisation politique ou un gouvernement, mais pour une prise de conscience obligatoire en face des problèmes qui se posent à notre pays. Une généralisation effective des discussions politiques objectivement faites par ladite jeunesse. Car dans notre pays sous-développé ou en voie de développement pour parler de façon vulgaire, où est entreprise la tâche de consolidation de la souveraineté nationale par la construction d’une économie viable tournée vers nos villages et campagnes, il appartient aux jeunes d’être déjà au contact  des problèmes qui accablent notre pays, pour parfaire dans l’avenir, ce long et patient travail en succédant valablement aux générations actuelles. Par son dynamisme, sa foi, sa lucidité, son désintéressement, la jeunesse doit jouer son rôle de ferment, son  rôle d’avant-garde dans la réalisation de cette difficile mission qu’est le redressement complet de notre pays, combien flouer dans moult domaines. Mais elle peut jouer ce rôle si elle s’organise solidement. La pluralité des mouvements de jeunes sans plan d’action commun précis, la coexistence de plusieurs mouvements ayant en fait les mêmes objectifs ne peuvent aboutir qu’à une jeunesse désemparée ou affaiblie dont l’influence dans la vie nationale demeure, demeurerait épiphénoménale. Par conséquent, si le progrès de notre pays est largement conditionné par la cohésion de notre jeunesse, il le sera aussi et surtout par la conviction qu’elle aura à se former de manière excellente, à intérioriser les problèmes de la nation afin de pouvoir être brillamment présente dans le sens social du terme, en tout moment de l’histoire nationale. Il urge que la jeunesse  comprenne, surtout les jeunes dits intellectuels, que si les capitaux constituent les impératifs catégoriques de la modernisation de notre pays, les cadres nationaux bien formés sont et seront pour lui une nécessité d’importance capitale. Les difficultés auxquelles est confronté notre pays sous-développé font que la technique et la technologie pures ne suffissent point. Il faut que chaque cadre technique ou tendant vers la technologie, soit doublé d’un homme politiquement et moralement armé, conscient de ses responsabilités envers son pays et ayant foi en son avenir radieux. La jeunesse peut participer brillamment dans le domaine économique en s’opposant catégoriquement au phénomène de disproportion monstrueuse des salaires, à l’immobilisme bureaucratique dû à un embourgeoisement de l’élite qui est le résultat d’une culture mal intégrée à la réalité tangible de notre cher pays, le Bénin. Cela suppose que la jeunesse doit se salir les mains en se mobilisant pour des tâches complètes de redressement économique : réalisation des travaux collectifs d’investissement humain, la formation des centres de travail, constitution de coopérative. Cela implique que les jeunes surtout scolarisés, doivent se débarrasser du mythe de l’homme d’élite pour qui le travail manuel est une malédiction. Une fois encore, la dissymétrie révoltante des salaires doit entrer dans le coma, parce qu’elle est la cause de ce recul honteux devant les travaux manuels. La jeunesse ne doit pas seulement aimer l’atmosphère euphorique des grandes villes, mais elle doit partir à la découverte des campagnes de notre pays, qu’elle doit chercher à transformer en apportant un peu plus de bien-être, d’hygiène, de lumière. Elle doit construire aussi des pistes, des hôpitaux, des écoles, procéder à l’extension des terres cultivables, améliorer les méthodes de culture, stimuler l’ardeur de nos forces laborieuses. Les jeunes ne doivent pas oublier qu’il leur incombe de faire régner l’amour et la volonté de Dieu, parmi nos concitoyens en étant à même de réaliser la réconciliation de l’homme avec lui-même et avec Dieu.

 Lazare SOTCHOUME

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