Entretien avec le photographe d’art Séraphin Zounyèkpè : « Je suis toujours à la recherche permanente de l’insolite »

29 mars 2013 par  

Il est un béninois. Très connu  en Belgique, en Croatie et  à Manchester en Angleterre, de par ses œuvres.  Séraphin Zounyèkpè, photographe, réalisateur de vidéo d’art d’une minute et plus, cherche toujours à marquer la différence et à  se faire distinguer dans le monde à travers la photographie artistique. Toujours à la recherche permanente de l’insolite, il a fait un film qui a remporté deux prix consécutivement (3è  place) en Belgique et en Croatie en 2011. Il ambitionne aussi  porter haut l’étendard de son pays le Bénin,  toujours à travers ses œuvres photographiques et vidéastes.

Dites-nous comment vous êtes venu à la photographie artistique ?
(Sourire) Je suis venu à la photo d’art par la vidéo. Quand vous faites l’une, vous êtes tenté par l’autre. Au fait, la photographie générale est mon activité principale, bien avant la vidéo. Avec l’évolution de ce domaine, et surtout avec l’avènement du numérique, les possibilités sont devenues énormes et j’en profite comme tout le monde, amateur comme professionnel. Je suis donc à cheval entre les deux. Je ne peux plus abandonner l’une au détriment de l’autre parce que j’ai suivi une formation bien précise en la matière depuis 2006 dans un studio à Ouidah  appelé « Photo la meilleure », avant de suivre des stages.

Quelles sont vos relations avec l’Association Kultur-forum Süd-Nord?
L’association Kulturforum Süd-Nord par le biais de son Directeur Stephan Köhler que j’ai connu en 2011,  lors d’une exposition  vidéo organisée par l’association Aîzo, à l’issue d’un stage, m’a permis de me faire connaître un peu partout à travers le monde par mon travail. Stephan  qui est  un globe-trotter et qui a archivé mes œuvres sur son ordinateur, n’hésite pas à les montrer partout où il passe. Ainsi, cette initiative m’a permis de faire ma première exposition collective à Manchester en Angleterre en juin 2012, soit un an et  quelques mois après notre première rencontre. Puis, fin 2012 début 2013, il m’a sélectionné pour participer à la Biennale Regard Bénin édition 2012. Mes relations entre l’Association Kulturforum Süd-Nord sont donc très fortes.

Partout dans le monde où vos images ont fait  l’objet d’exposition collective, elles ont tout le temps épaté les visiteurs. Quels sont vos secrets ?
(pause et sourire). Je ne dirai pas que j’ai un secret. C’est d’abord la passion que j’ai pour ce que je fais malgré toutes les difficultés que vous pouvez imaginer. Je cherche toujours à marquer une différence et à me faire distinguer dans ce que tout le monde fait en matière de photographie. Je suis toujours à la recherche permanente de l’insolite. J’ai un objectif que je poursuis en permanence : c’est la lutte contre les inégalités sociales. A travers mes œuvres, je m’évertue  à attirer l’attention du public sur certaines pratiques que je qualifie de mauvais chez-nous en Afrique et au Bénin en particulier. J’ai fait un film qui a remporté deux prix consécutivement (3è  place) en Belgique et en Croatie en 2011. Je vous assure que ce film parmi tant d’œuvres d’autres vidéastes du monde, a fait écho et continue de parler de mon cher beau pays le Bénin dans plusieurs pays.

Et quel était le thème abordé ?
J’en venais. Ce film intitulé « L’autre côté »  pose le problème du manque de courtoisie des usagers de la route qui ne veulent pas du tout céder le passage aux piétons quand ils veulent traverser la route. Ailleurs, même en ayant la priorité, les automobilistes et autres accordent quelques secondes aux piétons pour qu’ils passent de l’autre côté en toute sécurité. Ce film est un véritable outil de sensibilisation  que je voudrais bien mettre à la disposition du Centre  national de sécurité routière (Cnsr) pour sensibiliser les piétons et les usagers de la route.

Qu’avez présenté pour la  Biennale Regard Bénin 2012 ?
Je n’aime pas rater les occasions. Comme c’était un grand rendez-vous, j’ai  présenté deux photos parlantes et instructives. Ici, j’ai mis en exergue l’utilisation abusive du bois entrainant la déforestation au siège de la GIZ ainsi que quelques vidéos réalisées au Centre culturel américain et à l’hôtel du port. Je continue de recevoir les félicitations des festivaliers qui ont pris part à cette biennale.

Quels commentaires font les visiteurs de vos œuvres ?
Tout le monde ne peut naturellement pas apprécier la même chose selon le même angle. D’ailleurs, les critiques de certains font évoluer le travail. Parmi les visiteurs, il y a certains qui me font des critiques et je les prends en compte pour pouvoir évoluer. Mais autres trouvent bien ce que je fais. C’est pour cette catégorie de visiteurs, que je dois maintenir ce cap du travail bien fait afin de  mériter la couronne de la gloire partout dans le monde.

Après cette biennale, quelles sont vos prochaines destinations ?
En juin prochain, mon film  « L’autre côté «  sera exposé au musée de Brême en Allemagne pour une période de 3 mois. Encore une fois, la diplomatie de Stephan Köhler a encore payé. J’attends une décision de la biennale de Venise en Italie qui s’est intéressée à mes œuvres exposées au Manchester. En dehors de ceux-ci, il y a d’autres événements culturels qui me font la cour.

Et vos projets personnels ?
Je veux toujours améliorer ma performance. Je travaille d’ailleurs pour y arriver. Je souhaiterais  qu’après tout, mes œuvres puissent être vendues à travers le monde et que je puisse faire partie des grands artistes de la planète. Je veux que mon nom fasse parler de mon pays dans certains pays et ce, même à des grands rendez-vous culturels. Il est vrai que seul  je ne peux rien, avec le soutien  des uns et des autres je parviendrai vite à ces objectifs.

Propos recueillis par Victorin Fassinou

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