Prolifération des centres de formation sportive : Laxisme, amateurisme et crise fédérale font des dégâts

14 août 2012 par  

Au Bénin, les centres de formation sportive naissent comme des champignons. Loin des normes requises et avec le laxisme de la puissance publique, la plupart exercent dans un désordre et un flou total. La fermeture du Cifas et ses conséquences psycho-sociales illustrent bien le désastre.

Le Centre international de formation Ajavon Sébastien (Cifas) a fermé ses portes le 20 juillet 2011. Après cinq ans seulement d’existence. Loin d’être une affaire banale, cette fermeture plonge joueurs, parents d’enfants, éducateurs et autres usagers du centre dans un désarroi total.
Et pourtant ! Lorsque le Cifas lançait ses activités le 11 octobre 2006, tous les espoirs étaient permis. Même si la première promotion d’une centaine d’apprenants n’a pas comblé toutes attentes. Près de 75% de l’effectif est remercié. Le recrutement jugé biaisé et complaisant est repris. Dès lors, en complément des rescapés de la première génération, une centaine de jeunes talents ont intégré le centre. La direction technique est confiée au Franco-belge, Patrick Aussems (2006-2008). Mais, ses méthodes sont de plus en plus contestées par ses collaborateurs. Dans la foulée, il est nommé directeur technique nationale de la fédération béninoise de football. Son remplaçant, le Français Bernard Deferrez, prend fonction en août 2008. C’est une référence dans l’Hexagone en matière de formation à la base. En raison des relations conflictuelles avec certains responsables administratifs du centre, il va jeter le tablier en mai 2009. Soit, neuf mois après. Un 3e Français, Lionel Soccoïa, arrive. Sous ce dernier, Cifas fait une saison correcte en Ligue 2. Le centre est sacré champion et rejoint l’élite en 2010. Sa première saison en Ligue 1 professionnelle était prometteuse. Après la phase aller, Cifas était classé 4e sur 14 équipes. C’est alors que la crise au sein de la fédération béninoise de football (Fbf) éclate. Le championnat est d’abord suspendu, puis définitivement arrêté. En fait, le Cifas était le plus grand centre d’excellence au Bénin où les conditions d’apprentissage (scolaires et sportives) sont optimales. Les infrastructures sportives relèvent de la dernière génération. Sur les cinq années d’existence, les résultats académiques sont bien satisfaisants. Au Bac, le taux moyen est de 60%. Que ce soit au Bepc ou au Cep, il est de 80%.

La crise est passée par là 
Depuis toujours, le milieu du football béninois est en proie à des crises intestines cycliques. En août 2009, une nouvelle équipe fédérale s’installe à la faveur d’une assemblée générale qui consacre, a priori, la fin d’une crise de confiance entre les membres du Comité exécutif sortant. M. Moucha-rafou Anjorin, président sortant, a rempilé avec le soutien décisif de M. Sébastien Ajavon, richissime homme d’affaires et promoteur du Cifas. Quelques mois seulement après, des fissures apparaissent. Ceux qui se sont mis ensemble pour vaincre un camp – celui des frères Didavi – ne s’entendent plus sur les orientations à donner pour le renouveau du football béninois. En toute évidence, un conflit de leadership est né entre MM. Ajavon, nommé entre temps président de la Ligue professionnelle de football, et  Anjorin, président de la Fbf. ce dernier estimant que l’homme d’affaire empièterait sur ses prérogatives. Pendant que Ajavon pense que son « associé » n’est pas prêt pour les réformes. Le 20 décembre 2010, 12 des 15 membres du Comité exécutif de la Fbf – dont Sébastien Ajavon est le chef de file –  déposent leurs tabliers. « …Après plus de 15 mois passés au sein de ce comité, nous avons constaté que M. Moucharaf Anjorin n’avait aucune volonté de changer ses anciennes pratiques… », s’était-il désolé plus tard. L’objectif de la démission collective étant de mettre Anjorin en minorité, et de provoquer une assemblée générale extraordinaire aux fins de le destituer. Une bataille juridique s’en est mêlée avec la complicité et le diktat de la Caf et de la Fifa qui ont pris position pour Anjorin. Même la décision du Tribunal arbitral du sport (Tas), saisi par le camp Ajavon, n’a rien arrangé. Cette juridiction s’est contentée de la forme pour renvoyer dos-à-dos les protagonistes. A ce jour, le dossier est pendant devant les tribunaux ordinaires du Bénin. Entre temps, après une communication jugée partisane du ministre des sports en Conseil des ministres, le gouvernement béninois reconnait le bureau de membres cooptés de Anjorin. Le ministre Didier Akplogan qu’on dit très proche du camp Anjorin est accusé par les contestataires pour connivence.
Dès lors, M. Ajavon, ne voulant pas  aller contre une décision de son Etat, a opté pour un retrait pur et simple des activités du football au Bénin. Le 20 juillet 2011, il annonce la fermeture du Cifas. Entre autres raisons évoquées, il y a « … la généralisation de fraudes au niveau des âges des joueurs, empêchant les jeunes formés dans les centres de formation de participer aux compétitions internationales, la non délivrance de licences fédérales aux jeunes athlètes du Cifas, le refus d’enregistrement des conventions de formation des jeunes sportifs par la Fbf, l’inexistence de championnats de catégories d’âges et des centres de formation, l’inexistence de loi sur la pratique du sport professionnel au Bénin pour protéger les athlètes et les promoteurs de centres de formation sportive etc.). Griefs corroborés par M. Félix Côme d’Oliveira, ancien directeur du Cifas. Selon ses explications, l’arrêté 2001 N°099 qui règlemente l’existence des centres de formation sportive exige en son article 4 la délivrance de licence fédérale à tout athlète de centre de formation. Ce que la Fbf a toujours refusé aux enfants du Cifas. Pour lui, « un enfant recruté gratuitement coûte en moyenne 1.200.000f Cfa/an. Et M. Sébastien Ajavon ne peut pas injecter de l’argent éternellement, et à fonds perdus. Toutes choses qui n’offrent aucune garantie au promoteur qui est en droit de s’attendre à un retour sur investissements en vue de la survie du centre », a déploré M. d’Oliveira.

Beaucoup de légèreté
A y voir de près, l’Etat béninois n’a pas bien joué son rôle. Ce qui a compliqué la situation de crise ayant abouti à la fermeture du centre. Les arguments avancés par le promoteur du Cifas n’étant pas dénués de tout fondement. Effectivement, il n’y a pas de loi votée pour protéger les investissements dans les centres de formation sportive et les sportifs eux-mêmes. Pire, l’application du seul arrêté ministériel qui pourrait contraindre les acteurs du secteur de formation n’est pas stricte. La preuve, la fédération béninoise de football n’a jamais délivré de licences aux jeunes apprenants, ni enregistré la convention de formation des jeunes sportifs. L’argument avancé par les responsables de cette structure fédérale est qu’un enfant en formation dans un centre ne peut avoir de licence. Ce qui est en contradiction flagrante avec les exigences de l’arrêté 2001 N°099/MJSL/DC/SGM/DNS/SA portant conditions générales de création, d’ouverture, de fonctionnement et de contrôle des centres de formation sportive. Un arrêté signé le 13 mai 2001 par le ministre des sports d’alors, M. Valentin Aditi Houdé.
L’autre situation mal gérée par l’Etat béninois est la fugue en Hexagone d’un jeune pensionnaire du Cifas. En 2010, la sélection cadette du Bénin a participé au tournoi de football de Montaigu en France. Le Cifas a fourni une dizaine de joueurs. Sur le chemin de retour, le jeune Affo Gnambo disparait. Toutes les tentatives pour le retrouver sont restées vaines jusqu’à ce jour. Insidieusement, la responsabilité est portée au Cifas alors que le joueur est parti en France au nom du Bénin. Une situation qui a constitué un blocage à quatre autres produits du centre invités à faire des tests de recrutement. Le consulat de France ayant exigé que le fugitif soit retrouvé avant d’accorder de nouveaux visas aux jeunes footballeurs du Cifas. Par conséquent, jusqu’à sa fermeture, le centre n’a pu placer officiellement un seul joueur formé. Ce qui laisse un arrière-goût d’inachevé. Un véritable gâchis qui ne dit pas son nom.

FBF+, un exemple de réussite
Certains centres ont fait de l’éducation une priorité. C’est le cas par exemple de l’Association France Bénin Football Plus (FBF+) présidé par notre compatriote Jules Sourou Kodjo qui vit en France depuis des décennies. Plusieurs centres intégrés de préformation sont créés pour l’apprentissage des enfants en football. On peut citer les centres intégrés de Parakou, Lokossa, Savè et Missérété. Aussi, un point d’honneur est-il mis sur la scolarité des enfants qui vivent en régime externat chez leurs parents. Mieux, tous les enfants sont initiés à l’informatique. « C’est ce dernier point qui justifie ‘’le Plus’’  de notre association… », se plaît à dire le vieux Kodjo. Cette année 2012, la bonne nouvelle est tombée. Mathieu Kouatonou et David Kiki, deux jeunes pensionnaires de FBF+ placés il y a trois ans en seconde au lycée Raoul Follereau de Belfort en France (régime sport et études) viennent de décrocher leur Bac. Ce qui constitue un cas rare de projet réussi. Même si les tribulations des responsables de FBF+ en rapport avec les problèmes engendrés par la crise du football freinent de plus en plus les ardeurs.

Les conséquences psycho-sociales sur les usagers

 La gestion des centres de formation sportive au Bénin n’est pas des plus optimales. Une situation confuse qui crée beaucoup de dommages aux usagers.
Le Cifas a fermé depuis le 20 juillet 2011. L’Etat béninois n’a guère prévu de mécanisme pratique pour gérer les conséquences de ces genres de situation. Aujourd’hui, l’avenir de la plupart des apprenants, voire des usagers est hypothéqué.
A Parakou, la plus grande métropole du nord-Bénin située à 410 km environs au nord de Cotonou, nous avons rencontré le jeune Mama Seïbou, ex capitaine de la sélection nationale cadette du Bénin, et ancien pensionnaire du centre. Il n’a pas voulu parler du Cifas. Sur notre insistance et après hésitation, il lâche, les yeux embués de larmes : « c’est cruel ce qui est arrivé. J’ai passé cinq ans au Cifas et j’y ai laissé une partie de ma vie. Avec sa fermeture, tous mes espoirs se sont évanouis. C’est vrai que j’évolue aujourd’hui avec les Buffles de Parakou. Mais, ce n’est plus la même chose. Mon évolution est bloquée quelque part »,  dit-il, très amer. Alors qu’il était en classe de 3e, Mama Séïbou a dû retourner à Parakou, la ville où il été sélectionné cinq ans plus tôt. « C’est à l’âge de 12 ans que mon enfant a été retenu pour intégrer le centre Cifas à Cotonou. Je n’étais pas consentante parce que je le trouvais encore trop fragile. Mais, son père m’a convaincue et j’ai fini par le laisser partir…», a rappelé dame Mariam, la mère de l’enfant rencontrée à son domicile à Parakou. Pour elle, tout allait bien et les espoirs étaient permis avec ses résultats prometteurs. Et subitement, patatras !!! « Le centre ferme et l’enfant nous revient meurtri, complètement découragé et démotivé. Aujourd’hui, il ne fréquente plus. Son avenir est hypothéqué. Mais, nous ferons tout pour le remettre à l’école. Car, un enfant sans éducation et sans qualification professionnelle est un candidat à la délinquance. Nous voulons du bien pour notre rejeton et sommes prêts à tous les sacrifices », a confié Sieur Salifou Mama, son père géniteur.
De l’impression générale qui se dégage de notre entretien, c’est comme s’il y a eu de la trahison de la part des responsables du Cifas. « En venant chercher notre enfant, on a promis en faire une star du football, ou lui donner des armes au plan scolaire. La conclusion aujourd’hui est qu’aucun des deux objectifs n’est atteint. Le promoteur Ajavon a certainement ses raisons en fermant le centre. Nul ne doute de ses bonnes intentions. La preuve est que tous les pensionnaires du centre sont entièrement pris en charge. Je condamne plutôt l’Etat béninois qui a laissé faire et qui n’a pas su infléchir cette décision à temps », a regretté dame Mariam.

Dégâts incommensurables
Toujours sur place à Parakou, nous avons rencontré Anzim Gounou (18 ans), un ex pensionnaire du Cifas qui garde un très mauvais souvenir de son passage dans ce centre. Il y a passé trois ans et faisait partie de l’effectif qui a fait monter l’équipe du centre de la 2e à la 1ere division. La joie de la montée a rapidement fait place à un sentiment de regret. Car, selon lui, très peu de promesses liées à la montée ont été tenues par les responsables du centre. « Nous avons été remerciés en monnaie de singe. On nous a promis monts et merveilles pour la montée. Nous avons rempli notre part de contrat. Non seulement on ne nous a presque rien donné, mais habilement, on a sorti du centre la grande majorité de l’effectif pour d’autres joueurs extérieurs au Cifas », lâche-t-il, très énervé. A l’en croire, son rêve est complètement brisé et il se console pour le moment en jouant avec les Buffles, le club de Parakou. « Malgré les nombreuses sollicitations de clubs de Cotonou, je n’ai plus envie de refaire une autre aventure. C’est comme si un ressort est cassé en moi », confit-il. Beaucoup d’autres anciens pensionnaires du Cifas rencontrés et qui ont requis l’anonymat ressentent les mêmes sentiments de rejet, d’abandon, voire de trahison. D’autres parents rencontrés à Abomey, Cotonou et Porto-Novo sont très déçus de la fin dramatique du Cifas. « Je croyais que c’était juste une décision politique pour obliger les gouvernants à intervenir dans la crise du football au Bénin. Mais à ce jour, rien n’a été fait. Il faut se convaincre que le centre a fermé définitivement. J’ai tenté de réinscrire mon enfant dans un collège de la place. Il n’a plus le goût des études. Il reste nostalgique du Cifas et la nuit, ne fait que délirer : ‘’… je veux retourner au Cifas. Sans le Cifas, je ne suis plus rien. Pdg Ajavon, fait quelque chose pour nous…‘’, hurle-t-il souvent la nuit. J’en suis vraiment préoccupé », s’est inquiété ce parent d’enfant.
Pendant plusieurs mois, de jeunes athlètes ont séjourné au Cifas grâce à une convention signée avec la Fédération béninoise d’athlétisme (Fba). En peu de temps, leur progression est bien notable, a confessé M. Théophile Montcho, patron de l’athlétisme béninois. Mais aujourd’hui, ces apprenants sont réinscrits ailleurs. Avec forcément des conséquences néfastes sur leur évolution.
Du côté des éducateurs, c’est aussi l’amertume. Ils étaient environ soixante pour s’occuper de la centaine de jeunes répartis en quatre catégories (U12, U14, U16 et U18). Pour la plupart, ils se sont retrouvés sans emploi du jour au lendemain. « Je suis enseignant de sport et je gagnais bien ma vie au Cifas. C’était une entreprise formidable. On y voyait l’avenir du football béninois. Mais, en raison des incongruités de certains dirigeants de football mus par l’intérêt personnel, tout est remis en cause. A ce jour, je n’ai plus un emploi permanent et sécurisé. J’ai de plus en plus du mal à joindre les deux bouts… », a confié un éducateur du centre qui a requis l’anonymat. Et ces propos résument la nouvelle vie de nombre d’entre eux que nous avons rencontrés.
Il faut dire que la situation qu’on déplore aujourd’hui est la résultante de la désinvolture de l’Etat béninois depuis plusieurs années.
En effet, le recensement effectué en début de l’année 2012 par le ministère des sports fait état de 29 centres de formation en football. Trois seulement remplissaient les critères établis par l’Office béninois de sport scolaire et universitaire (Obssu). Il s’agit de Bénin foot Academy de Cotonou, Adefob Académie foot de Bohicon et Dimension foot de Godomey.

De graves dysfonctionnements
Par contre, une demi-douzaine sont déclarés éligibles, mais doivent satisfaire à des critères importants tels que la certification des diplômes des encadreurs et/ou l’identification des terrains propres à eux. Tout le reste est loin du compte. Pas d’inscription au Journal officiel, pas d’agrément du ministère de tutelle, et/ou pas d’infrastructures sportives adéquates etc. On jongle, on ‘’se débrouille’’ comme on peut.
C’est vrai, beaucoup de centres de formation ne sont pas en régime Sport et Etudes. Les enfants y viennent pour apprendre à jouer au football. Pour les études, on fait comme on peut. Pour ne pas dire qu’on fait semblant d’y jeter un regard bienveillant. Ailleurs, c’est la valeur marchande de l’apprenant qui importe. Lorsqu’on projette sur une moyenne de 45 enfants par centre de formation, on envisage déjà 900 jeunes exposés. Sans oublier les failles et points de faiblesse de la dizaine de centres Sport et Etudes disséminés dans tout le Bénin.
A SAEM Promotion de Natitingou (Centre des Arts, Sports et Métiers) qui se situe à plus de 600 km au nord de Cotonou par exemple, malgré les efforts, des situations préoccupantes sont à déplorer. Une centaine d’apprenants y séjournent. Quelques enfants sont déscolarisés et ne s’adonnent qu’au football. Alain Satingo Anato, pensionnaire du centre, ne va plus à l’école depuis le début de l’année scolaire 2011-2012. Selon ses dires, il a dû abandonner en classe de 1ere par manque de soutien de ses parents qui vivent dans la commune de Zè, une banlieue située à une trentaine de km au nord de Cotonou. A l’en croire, il mise tout sur le football pour s’accomplir. Ce qui le rend presque insouciant de sa situation précaire. « Pour le moment, je ne peux pas faire autrement. Cette année est déjà perdue. Avec la promesse de certains proches, je vais reprendre les cours l’année prochaine. Mais, je suis certain de réussir en football… », confit-il. En fait, il n’est pas seul dans le cas. Trois ou quatre autres pensionnaires du Centre de Natitingou sont également concernés.
Pire, un nombre important d’apprenants voient par moment leur scolarité suspendue pour non payement de contributions scolaires. C’est par exemple ce qui s’est passé juste avant les congés de Pâques en avril dernier. Il a fallu attendre la reprise des cours pour voir la situation se régulariser. Interpellé sur ces manquements graves, le promoteur du centre, M. Adrien Houandjinou, réaffirme ses bonnes intentions depuis plus d’une décennie pour les enfants. « C’est vrai, le centre est payant. (Ndlr : de 300.000 à 400.000 F.CFA). Mais, près de la moitié sont des enfants en situation difficile que nous récupérons et qui ne paient pratiquement rien. Donc, ce sont les contributions des uns qui permettent de supporter les autres. Et quand ces subsides ne viennent pas à temps, nous avons du mal à honorer nos engagements vis-à-vis des tiers », confesse le promoteur du centre. Même le ministère des sports qui y a placé une bonne trentaine d’enfants peine à honorer son engagement. Pour atténuer les difficultés, le promoteur envisage créer très prochainement des unités pédagogiques au sein de son centre pour la scolarité de ses protégés.

L’Etat prend-il enfin conscience ?
Pendant longtemps, chaque centre a fonctionné comme elle peut, sans aucun contrôle – ou presque – des structures compétentes de l’Etat béninois. Et cela au mépris de l’arrêté 2001 N°099/MJSL/DC/SGM/DNS/SA portant conditions générales de création, d’ouverture, de fonctionnement et de contrôle des centres de formation sportive.. Aujourd’hui, l’Etat semble avoir pris la mesure du danger qui découle de son insouciance. En mars 2012, l’Office béninois de sport scolaire et universitaire (Obssu), une structure sous tutelle du ministère chargé des sports au Bénin, a rencontré les responsables des centres de formation sportive. L’objectif est de les informer sur les nouvelles règles qui vont désormais régir leur fonctionnement (voir encadré). A en croire M. François Zinsou, plus rien ne sera plus comme avant. Avec M. Didier Akplogan-Djibodé, le nouveau ministre chargé des sports, tous les centres de formation sportive doivent se conformer à la réglementation en vigueur. Les contrevenants seront punis. Des sanctions qui peuvent aller jusqu’à la fermeture. Par contre, les meilleurs centres vont bénéficier de subventions de l’Etat, a-t-il promis. Dès lors, la mise en œuvre de ces mesures est attendue avec beaucoup d’espoir et d’impatience.

Réalisé par Pascal Hounkpatin avec le soutien de l’Association danoise des journalistes d’investigations (FUJ)

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