La délinquance verbale

29 juillet 2010 par richard 

La confusion en politique est aussi une arme. Dans l’affaire ICC-services, nous voilà plongés dans le brouillard avec une information colportée pour porter atteinte à la réputation d’autrui. Pour exciter les sots, voici une rumeur distillée pour dire que l’ancien Président de l’Assemblée Nationale et candidat unique de l’Union Fait la Nation (UN) aurait acheté un appartement à Paris avec l’argent d’ICC-services. C’est de la distraction qui n’emballe personne. Deux faits  nous confortent dans notre indifférence face à la faiblesse de l’argumentation  dans la communication. Il s’agit d’abord du renouveau inventé dans l’académie du droit pénal avec ce que le chantre du  » droit présidentiel  » appelle le délit de proximité. Ensuite, vient cette curieuse image à deux drapeaux jamais rencontrée dans les agences ICC-services. Ce sont deux considérants qui nous fondent à affirmer avec conviction que l’argumentaire dans la communication de la majorité présidentielle souffre de plusieurs infirmités qu’il convient d’énumérer. Elles ont pour noms, la mauvaise qualité des attaquants de point, l’incohérence du discours et la fébrilité des faits souvent fabriqués.
De la qualité des porteurs de la réplique, il y a de gros soucis à se faire. Rachidi Gbadamassi et consorts ne sont pas assez qualifiés pour porter la réplique aux cadres de l’union Fait la Nation. Ce choix stratégique pèse sur la crédibilité de forme. Dans une société où le porteur de la parole influence le contenu du message, on peut imaginer la désolation des populations devant leur écran en découvrant le défaut de qualité de ceux qui portent la réplique à Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji. Par exemple, lorsqu’un adolescent met au garde-à-vous les braves cadreurs et preneurs de son de la prestigieuse télévision nationale pour injurier Bruno Amoussou  sous-prétexte qu’il est le patron des jeunes de la mouvance, c’est de l’irrespect, de l’insolence et manifestement la révélation d’une culture de base contestable. Ceux qui financent une telle activité sont complices de promotion de la délinquance verbale.
Le fonds du discours est incohérent sinon anachronique. Les transactions en question ont eu lieu en 2009. Aujourd’hui nous sommes en juillet 2010. Le communiqué de la cellule de communication de Me Adrien Houngbédji est assez éloquent avec des précisions de traçabilité. On peut tout reprocher à Houngbédji mais jamais on ne peut le soupçonner de membre d’association d’escrocs.  » Le délit de proximité « , une révolution dans le lexique de droit universel inventé par les thuriféraires de l’apocalypse  doit -elle conduire à des grossièretés au point d’infantiliser le débat grave, angoissant qu’est l’affaire ICC-services. 
Enfin, la fébrilité des arguments se traduit par le goût de l’injure, de la calomnie et surtout l’attrait pour le gain facile. Ainsi, détruire la réputation de l’autre pour s’enrichir devient le leitmotiv d’une adolescence qui refuse de se nourrir aux belles lettres et préfère la sensibilisation injurieuse.  Triste destin d’une jeunesse dressée pour injurier afin  de satisfaire des fantasmes de la délinquance verbale.

 Herbert Houngnibo

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