Sans détour: Le cauchemar ICC
25 juillet 2010 par richard
Moins qu’un cauchemar, l’affaire ICC est un drame. Il fait douter le pouvoir déconcentré et partant en amont, le pouvoir central. Cela s’appelle, manque de sérénité. En de pareilles circonstances, la priorité est à la méditation et au respect des textes. A moins que le gouvernement apprécie la situation comme une exception qui vaille la prise de mesures exceptionnelles. Là aussi, la procédure est consacrée par la loi fondamentale. L’arrêté préfectoral qui interdit le meeting des responsables de l’Union Fait la Nation est inadéquat et à la limite, un non sens administratif.
L’affaire ICC ne saurait suspendre l’application de la constitution du 11 décembre 1990 qui garantit les libertés publiques. Notre constitution autorise aussi les partis politiques à animer la vie politique. Un des actes d’animation est l’organisation d’un meeting. Le Préfet des départements Zou-Collines a interdit toutes manifestations au motif que les regroupements projetés par les partis politiques sont de nature à aller contre le gouvernement. Pire, le préfet préjuge qu’il s’agit de manifestions contre les structures de placement d’argent. Il résume son état d’âme dans l’objet de son message radio : » …tenue de meetings tendancieux… » L’allusion est manifeste et caricaturale.
Pourquoi le préfet aurait-il voulu que les manifestations soient de nature à soutenir un camp dans une démocratie adulte ? Les partis politiques en question ne sont pas de la majorité présidentielle. Ils sont de l’opposition. La démocratie, c’est le choc des idées non convergentes. Les épargnants médusés ne sont pas tous des militants » Cauris « . Ils ont aussi de l’opposition, » UN » et » ABT « . Voilà pourquoi les leaders de ces deux entités opposées à l’action gouvernementale ont tenu, me semble-t-il, des discours mesurés.
La décision du préfet n’est pas équitable. Pendant que la décision est en vigueur, il y a eu des manifestions en faveur du régime. Pourquoi ne doit-on pas accepter que les citoyens d’obédience contraire à celle du préfet puissent s’exprimer, soit pour indiquer une des meilleurs voies de sorties de crise, soit pour désapprouver des actes ou faits répréhensibles.
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas l’opposition qui a transmis au parlement le dossier de l’ex- ministre Zinzindohoué Armand plongé ou trempé dans l’affaire ICC ? Dès lors, il y a lieu de ne pas jouer au zélé, au serviteur sans repères et prendre des décisions aussi impopulaires qu’anticonstitutionnelles. (Armand Z., l’ami…l’a appris à ses dépens). Cette remarque vaut mieux une relecture de la décision préfectorale qui plonge encore et davantage le Bénin dans les ténèbres des libertés confisquées.
Nous ne sommes pas dans un état policier. Nous sommes dans un Etat de droit. Il n’appartient pas au préfet de juger de la nature du meeting. Ce sont les propos et les actes des organisateurs des meetings réguliers qui permettront de se faire une opinion. Parler de » meeting tendancieux « , c’est dit que les services d’informations générales de l’Etat déconcentré sont fonctionnels au point où » il est revenu » au Préfet que les meetings portent sur la gestion de la crise liée à ICC-services. Ce qui est curieux puisque la faillite des services d’informations générales est la preuve de l’existence de la structure d’escroquerie dénommée, Icc-services. En somme, le cauchemar ICC trouble l’administration déconcentrée. Il rend nerveux les préfets qui succombent à l’anxiété et sont contraints d’exécuter des instructions fragiles. Le commandement territorial, c’est moins le risque zéro que la gestion du risque. Il appartient au gouvernement de mettre en œuvre des plans de gestion de la parole et non des plans d’interdiction de la parole.
Herbert Houngnibo




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