Poterie de Sè : Une identité qui s’impose sur le marché béninois
8 avril 2010 par La Presse du Jour
A quelques quatre-vingt-dix (90) kilomètres de Cotonou, une petite localité du Sud Ouest du Bénin fait parler d’elle à travers une activité traditionnelle : la fabrication de plats, de casseroles de cuisine, de jarres, de pots de fleurs et autres objets d’art à base d’argile cuite. Votre journal vous amène à découvrir, les merveilles et la beauté de la Poterie. Une culture et un art qui s’imposent sur le marché tout en nourrissant son homme au grand dam des ustensiles modernes.
Un après midi de jeudi. Nous sommes dans une rue de Sê, un arrondissement de la commune de Houéyogbè. Malgré la chaleur, deux dames sortent, des paniers sur la tête, et se dirigent vers les bas-fonds, à la sortie du village. En fait, il s’agit des femmes qui travaillent tous les jours pour produire la poterie. L’argile, la matière première, s’achète aux abords des zones humides, dans les bas-fonds avec un panier dont l’unité de mesure est appelée « Quinsivi ». Selon les informations que nous avons reçues sur place, le « Quinsivi » est vendu à 500 F Cfa, un peu moins d’un Euro. Là-bas, dans les bas-fonds, c’est une autre industrie et un autre monde qui récupèrent la boue argileuse pour la revendre. C’est au retour de ces femmes que le travail d’équipe commence. Ces bonnes dames se sont constituées en une association dénommée Groupement des femmes potières de Sè (Gfps) dont la Présidente est Madame Béssan Houingan Denise. C’est un groupement de douze femmes spécialisées dans la fabrication de la poterie. Aux dires de ces femmes, le travail se fait tous les jours, sur commande ou non. La matière première ramenée des bas-fonds est séchée au soleil puis trempée dans de l’eau et pétrie avec les pieds et les mains. Un véritable travail traditionnel. Vient ensuite le moment décisif : le façonnage de l’argile pétrie en différents objets de cuisine, de décoration et parfois de construction (Tuile). Une journée entière de soleil permet de sécher l’article au « four » pour le rendre dur. La cuisson des tuiles, quant à elle, dure dix heures de temps en moyenne et celle des canaris cinq heures. Voilà en substance comment se font les jarres dont la seule évocation fait penser à l’arrondissement de Sè dans la commune de Houéyogbè.
Le groupement : une entreprise
Le groupement est une organisation bien structurée et gérée par une Présidente, Madame Béssan. Elle est assistée d’une Vice-présidente et d’une secrétaire Générale. Le groupement a bénéficié d’un terrain de l’administration locale et d’un fonds canadien, ce qui lui a permis de construire un siège et d’obtenir le matériel nécessaire pour la bonne marche du travail. Les activités du groupe sont financées par la Caisse locale de crédit agricole et mutuel (Clcam) de la localité. Les recettes sont gérées de la manière la plus simple et sur avis consultatif de tous les membres. Une partie constitue le fonds de roulement, une autre est épargnée pour rembourser les crédits et la troisième partie est distribuée aux membres pour subvenir aux besoins quotidiens des ménages. Les commandes sont directement livrées aux clients alors qu’une boutique au bord de la voie Cotonou – Azové sert à l’exposition de l’autre partie de la production. Il est à noter que les activités sont plus intenses en période de sécheresse. Pendant la pluie, le travail tourne au ralenti parce que les bas-fonds sont inondés. Dans ce cas, l’extraction de l’argile devient chose difficile. Le « Quinsivi » d’argile devient cher sur le marché et la production n’est plus rentable. A part le groupement, il y a des actions individuelles. Des femmes travaillent donc dans le secteur en individualité. La poterie de Sè a une histoire et une bonne partie de sa population s’y adonne avec aisance. Pour ce qui est de l’impact économique, les enquêtes ont révélé que cette activité influe positivement sur l’économie de Sè. C’est l’une des activités qui ont financé, en partie, à travers les taxes perçues, la construction du marché de l’arrondissement. Elle emploie une main d’œuvre considérable et procure aux ménages la majeur partie du revenu familial. Elle attire également les touristes en visite ou en transit dans le Département
« Un plus au budget familial »
Selon les membres du groupement, le travail occupe pratiquement toute la journée et elles ne peuvent que féliciter leurs époux qui comprennent bien les enjeux. Elles affirment qu’ils les aident énormément, ce qui fait que le ménage n’en prend pas un coup. Le revenu de chaque membre du groupement est une bouffée d’oxygène pour le budget familial, ont-elles aussi reconnu. Elles estiment toutefois que parfois elles enregistrent des pertes dans la fabrication et la vente, ce qui a une influence sur le gain mensuel. C’est la seule occasion où le mari trouve à dire sur « ce travail qui retient sa femme au dehors toute la journée ».
Histoire de la jarre
Selon la légende, une femme originaire de Sè aurait épousé un chasseur dans un village d’à côté (Djrè). Un jour, le mari est allé à la chasse et a vu des génies en train de travailler l’argile pour lui donner la forme d’une jarre. Impressionné, le chasseur est revenu rapporter la découverte à sa femme et a souhaité qu’elle le suive le lendemain pour aller voir ce qui se fait dans la brousse. La dame de retour a rapporté la découverte à ses parents à Sè qui ont voulu qu’elle mette la technologie au service de ses sœurs avant de regagner le domicile conjugal. Depuis, la pratique s’est perpétuée et est devenue l’une des grandes activités génératrices de revenus dans la localité. Elle se transmet de la mère à la fille et fait partie intégrante, de nos jours, de l’identité culturelle de Sè.
Médard Essiu (Coll)




impressionant comme activité.j’en suis séduit.Moi je suis un jeune étudiant Béninois vivant à Porto Novo et actuelement à la maison faute de soutient et de moyens.je suis dynamique et enthousiaste.j’ai fait le marketing et l’action commerciale et j’aimerais savoir s’il serait possible de bénéficier de la par de cette organisation ou regroupement d’une oportunité qui peut me permettre de combler mes temps que je passe à la maison.je suis au 97 87 65 78.Dans l’attente d’une réponse,je vous témoigner ma considération.