Interview de Zoxéa, artiste-musicien Franco-béninois : « Le Bénin, c’est une grande partie de ma famille… »

22 octobre 2008 par  

A l’occasion du stage de perfectionnement que les jeunes footballeurs de France Bénin Football Plus ont effectué en France il y a un peu plus d’un mois, nous avons rencontré un compatriote musicien. Bien connu sous le nom d’artiste de Zoxéa, Jean-Jacques Kodjo est son vrai nom. Il est le fils de Jules Kodjo, cet ancien international béninois et promoteur de  l’Association FBF+.  Adepte du rythme Hip Hop, Zoxéa et son groupe « Les Sages Po’»  (dont fait partie son frère Melopheelo) font aujourd’hui flamber toute l’Europe. Très peu connu dans le pays de son père, il rêve de pouvoir s’y produire à la première occasion.
Fils d’un footballeur qui fait de la musique, ce n’est pas courant !
En effet, ce n’est pas courant mais le football et la musique ont toujours été deux grandes passions pour moi. J’ai commencé le football à 5 ans et je n’ai pas lâché les terrains jusqu’à mes 20 ans. J’évoluais alors à un assez bon niveau mais ma carrière musicale a pris son envol et j’ai du faire un choix.

Tu fais du Rap, pourquoi ce choix.
La musique a toujours été une passion et le rap m’a attiré tout spécialement. Je l’ai découvert à travers le smurf, une danse des années 1980 popularisée par Sydney et son émission H.I.P.H.O.P.

Et comment en es-tu arrivé là ?
Dans notre famille, on a tous une fibre artistique plus ou moins développée. Quand j’étais petit, on allait dans des soirées afro-antillaises organisées par mes oncles et tantes pour faire la fête jusqu’à l’aube. A cette même époque, j’étais un inconditionnel de Mickael Jackson et, à chaque fête, réunion et anniversaire, mes parents me forçaient gentiment à danser devant tout le monde car, je dois l’avouer, j’excellais dans l’art de reproduire exactement les pas du King de la Pop.
Ensuite avec mon frère, Melopheelo, on a commencé à gratter des textes en s’inspirant des rappeurs américains style Grand Master Flash, Rakim, Meli Mel. Notre oncle nous avait acheté une encyclopédie sous forme de cassettes audio et on s’était enregistré sur ces cassettes au lieu de s’en servir pour étudier.
Par la suite on a formé le groupe SPR (Soul Pop Rock) avec Dany Dan. Nous nous sommes plus tard renommé les Sages Poètes de la Rue tout en gardant les mêmes initiales. Depuis on ne s’est pas quitté. Et à l’instar de certains groupes ayant débuté à la même époque, on est encore là comme diraient deux de nos collègues du 93.

Certainement des démêlées avec ton père pour ce choix, lui  qui t’aurait voulu footballeur ?
Non, pas du tout. Au contraire, nos parents nous ont toujours supportés et encouragés dans nos choix artistiques ou sportifs. Ce qui primait était notre réussite scolaire.
Cela dit, lui comme moi étions conscients de mon potentiel footballistique et ce serait mentir de dire qu’on ne s’était pas imaginé évoluer au plus haut niveau de la compétition. Hormis le fait que ma carrière musicale commençait à me prendre pas mal de temps, j’ai été contraint de m’éloigner des terrains à cause d’une douleur au genou.

Star en France et presque inconnu dans le pays de ton père, il y a un hic !
(rire) Non je ne dirais pas inconnu. Surtout avec Internet qui permet à mes cousins Béninois de se tenir au courant de l’actualité musicale française dont ils sont friands. Mais il est vrai que je dois remédier au fait de ne jamais avoir fait de concert là-bas si je veux y asseoir mon statut.

Combien d’Albums à ton actif à ce jour ?
Entre mes albums avec les Sages Poètes de la Rue, ceux en solo et ceux avec les collectifs Beat de Boul et IV My People, il doit y en avoir une quinzaine.

A quand ta 1ère prestation au Bénin, voire en Afrique ?
J’ai déjà joué en Côte d’Ivoire et au Maroc. Comme on dit, jamais deux sans trois et j’espère que la prochaine fois que je jouerais sur le sol Africain ce sera chez moi au Bénin. Quand ? Je ne peux pas te le dire encore. Cela dépendra des organisateurs. Avis aux amateurs.

Que penses-tu du Bénin ?
Je garde un très bon souvenir de mes deux séjours là-bas. Les gens sont gentils et très généreux pour la plupart. Ils essayent de faire de grandes choses même avec peu de moyens, à l’image des débuts de France Bénin Football +. Enfin, l’akassa poisson que j’ai dégusté avec mon oncle Antonin est inoubliable. Le Bénin pour moi, c’est une grande partie de ma famille, l’autre partie étant en Guadeloupe et en France Métropolitaine.

As-tu été victime de racisme ?
Oui, j’ai déjà été victime de racisme dans différentes mesures en France comme au Bénin. J’en dis juste que c’est nul et que l’avenir est dans le brassage des cultures et le métissage.

Qui est en fait Zoxéa ?
De son vrai nom Jean-Jacques Kodjo, alias Zoxea, est né le 11 novembre 1974 et grandit dans la cité Castéja à Boulogne-Billancourt dans la banlieue parisienne.
Il est un des trois membres des Sages Poètes de la Rue avec son frère Melopheelo et Dany Dan. Ils font leurs premières apparitions sur la scène Hip Hop en 1993 sur la compilation Cool Sessions et en 1994 sur la bande originale de La Haine avec le mythique Bon Baiser du Poste.
Ils sortent leur premier album Qu’est-ce qui fait marcher les Sages en 1995. Loin des tendances hardcore, Zoxea et ses confrères Sages Po’ préfèrent une approche old school sur des rythmes jazzy.
Les Sages Po’ surfent sur la vague de ce premier succès et fondent leur propre structure : Beat de Boul. Leur but est d’aider les groupes de leur quartier à sortir de l’ombre. Parmi ses artistes se trouvent les célèbres Lunatic, Malekal Morte, Movez’ Lang et Less du Neuf, groupes qui ont propulsé des artistes comme Booba ou L.I.M. au sommet. Dans la Sono, le premier projet du collectif, sort en 1997 et les Sages Po’ reviennent l’année suivante, en 1998, avec leur deuxième album Jusqu’à l’Amour. Fidèle à la philosophie Sages Po’, cet album est acclamé par leur public et les médias.
Zoxea rebondit sur ce succès pour lancer sa carrière solo. Il collabore avec Busta Flex sur son album éponyme où il produit le hit J’fais mon Job à plein temps, et il prend part aux Freestyle Sessions avec NTM. Il partage la scène avec ces derniers pendant la tournée nationale 93 Party et produit On est encore là sur leur album éponyme. Enfin, il lance le collectif IV My People avec Kool Shen et Busta Flex.
En février 1999, Zoxea lance son premier album solo : A mon tour d’briller. L’album est sacré disque d’or à la fin de la même année et montre le talent de l’artiste en solo avec d’excellent featuring comme Beat de Boul, Don Choa, Lord Kossity, Melopheelo et Kool Shen.
En 2000, il participe au deuxième projet Beat de Boul, Dans la Ville, avec Melopheelo, Dany Dan mais aussi les Movez’ Lang, Nysay et Sir Doum’s.
Il reprend le chemin des studios en 2002 avec Dany Dan et Melopheelo pour la sortie de leur troisième album intitulé Après l’Orage et prouve que la magie Sages Po’ est toujours là.

En 2003, Zoxea et son frère Melopheelo créent leur propre label : KDBZik, pour préserver leur indépendance. En 2004, le deuxième album solo de Zoxea intitulé Dans la Lumière sort sur ce label. La même année, Zoxea réalise le tube Un Ange dans le Ciel pour Kool Shen et apparaît sur l’album Dernier Round de ce dernier.
L’année suivante, les Sages Po’ sortent leur quatrième album : Trésors Enfouis. Le public toujours fidèle réserve un bon accueil à cet album concept.

En 2006, Zoxea apparaît en featuring dans l’album du phénomène R’n’B français M. Pokora sur l’Enfer du Samedi Soir. L’année qui suit, il revient avec le Beat de Boul et sort Dans un Autre Monde où, pour la première fois, des artistes non-boulonnais sont mis en avant.
Zoxea va bientôt sortir un projet en collaboration avec Lord Kossity intitulé H.O.O.D. Il travaille aussi sur son troisième album solo intitulé Tout dans la Tête et sur le cinquième album des Sages Poètes de la Rue, fidèle aux vraies valeurs du Hip Hop comme la paix et l’unité sur des rythmes jazzy, des bons beats classiques et des lyrics bien aiguisés comme ils savent le faire.

Biographie des Sages Poètes de la Rue

Les Sages Poètes de la Rue : Dany Dan, Melopheelo et Zoxea, est un groupe de Hip Hop français qui a profondément influencé et continue d’influencer la scène musicale que ce soit à travers leur travail collectif ou leurs carrières solos.
Formés à Boulogne en 1987, les Sages Poètes de la Rue font leur première apparition sur la compilation Cool Sessions produit par Jimmy Jay en 1993 et sur la bande originale du mythique La Haine en 1994 avec leur titre culte : Bon Baiser du Poste.
Loin de la tendance hardcore, les Sages Po’ défendent une approche old school sur des rythmes jazzy et sortent leur premier album Qu’est-ce qui fait marcher les Sages en 1995. Jimmy Jay et MC Solaar en sont les producteurs exécutifs et les Sages Po’ signent leurs propres beat et paroles. La même année, ils collaborent avec Sinclair sur un remix du hit Tranquille.
Les Sages Po’ surfent sur la vague de ce premier succès et fondent leur propre structure : Beat de Boul. Leur but est d’aider les groupes de leur quartier à sortir de l’ombre. Parmi ses artistes se trouvent les célèbres Lunatic, Malekal Morte, Movez’ Lang et Less du Neuf, groupes qui ont propulsé des artistes comme Booba ou L.I.M. au sommet. Dans la Sono, le premier projet du collectif, sort en 1997 et les Sages Po’ reviennent l’année suivante, en 1998, avec leur deuxième album Jusqu’à l’Amour. Fidèle à la philosophie Sages Po’, cet album est acclamé par leur public et le média.
Un autre projet Beat de Boul : Dans la Ville, sort en 2000 et les Sages Poètes de la Rue retrouvent le chemin des studios en 2002 pour leur troisième album Après l’Orage. Bien qu’éternels indépendants, ils décident de tenter l’aventure des maisons de disques et sortent cet album avec BMG. Après l’Orage montre que Zoxea, Melopheelo et Dany Dan ont conservé la magie de leurs glorieux débuts.
Leur quatrième album Trésors Enfouis sort en 2005. Il offre des titres inédits jamais sortis aux fans du groupe devenu mythique dix ans après la sortie de leur premier album. Quant à Beat de Boul, le troisième opus prend une nouvelle direction et met des groupes non-boulonnais en avant avec Dans un Autre Monde en 2006.
Les Sages Po’ travaillent sur la sortie d’un cinquième album fidèle aux vraies valeurs du Hip Hop comme la paix et l’unité sur des rythmes jazzy, des bons beats classiques et des lyrics bien aiguisés comme ils savent le faire.

Pascal Hounkpatin

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Commentaires

2 Réponses à “Interview de Zoxéa, artiste-musicien Franco-béninois : « Le Bénin, c’est une grande partie de ma famille… »”

  1. AMAZO le 26 novembre, 2010 22:38

    Bonjour,
    Je me permet de préciser que, dans votre biographie des sages po’, vous oubliez de dire qu’il y a eu 2

  2. AMAZO le 26 novembre, 2010 22:42

    Bonjour,
    Je me permets de préciser que dans votre biographie des sages po’, vous oubliez de dire que l’album Trésors enfouis comprend 2 volets, le premier sorti en effet en 2005 et le second, en 2008. On peut donc dire qu’ils préparent actuellement leur 6ème album et non leur 5ème.

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